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Die franzöfifhen Finanzen. Innere Lage

(Nicht Hiffrirt] A chaque nouvelle campagne on a mis en doute si la France République pourrait la soutenir. J'entends proferer aujourd’hui les mêmes propos que j'ai entendus tenir l'année dernière. C'est de dire: le crédit est perdu; les hypothèques nationales n’ont aucune valeur, et enfin les ressources sont comblées. Cependant la France a soutenu cette nouvelle guerre avec honneur et y a obtenu des

Berichte von Sanboz-Nollin aus Paris. 109

avantages en tous genres qu'on ne prévoyait guères. Elle n'a fait aucune autre opération remarquable en finances, que d'échanger des assignats méprisés contre des mandats d'une valeur incertaine.

Que lui reste-t-il à imaginer aujourd'hui, si elle est forcée, comme Je le présume, à courir la chance d'une sixième campagne? elle constituera encore des papiers sous une autre forme, telle que celle des cédules hypothécaires et inscriptions, et elle leur donnera pour sûreté les biens nationaux. Le crédit de ce nouveau papier sera aussi misérable sans doute que celui des précédents; on doit s'y attendre. Mais la cupidité des fournisseurs et des approvisionneurs n’en sera point refroidie. Ils offriront toujours et sans cesse leurs services et leurs avances, aussi longtemps qu'ils auront la faculté d'échanger leur papier pour des biens nationaux. Ceux-ci présentent des appas et une source de bénéfices incalculables. Ainsi la guerre enrichit les traitants sans appauvrir absolument l'État, car l'aliénation successive des biens en question ne lui ôte qu'un revenu annuel peu considérable. J'en ai entendu évaluer la perte à trois millions six cent mille livres par année.

[(Gbiffrirt) Que fera done encore la République pour subvenir aux besoins de cette campagne? D'abord il ne faut pas croire que le trésor national soit épuisé, comme le Directoire affecte trop souvent de le répandre; l’histoire des rentiers l'y oblige. Carnot m'a dit à différentes fois, et j'ai la preuve de son allégué, qu'au rebours de la plupart des puissances de l'Europe qui prônent et étalent leurs richesses et leurs ressources, la République française met le plus grand soin à cacher les siennes: »cependant on doit penser«, ajoutait-il, »que le Directoire, responsable comme il l'est envers la nation, ne s’embarquera pas dans une guerre sans s'être occupé des moyens de la soutenire. Ensuite j'observe que le papier hypothécaire émis en cireulation pour une somme de 400 millions, présentera toujours une valeur réelle de 100 millions au gouvernement, tel déchet qu'il puisse encourir.

De plus, le numéraire qui est actuellement dans le trésor national et qui n’en sortira que pour les besoins pressants de la guerre, offre déjà des ressources présentes et actives . . .

Voudrait-on mettre encore en doute que, si la guerre est réduite à la défensive sur le Rhin, comme je crois que le Directoire en a le projet, les moyens analysés ci-dessus sont plus que suffisants pour soutenir une nouvelle campagne”? Aussi je le vois parfaitement rassuré à cet égard.

(Nicht Hiffrirt] Mais les factions! mais les élections! mais les prêtres déportés et rentrés! voilà de quoi embarrasser et inquiéter le Directoire exécutif. Ce n’est pas assez, ajoutent les mécontents, de pouvoir combattre et repousser l'ennemi extérieur: la grande affaire est de contenir et de sub-

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1797 juguer celui de l'intérieur toujours renaissant et indomptable. A cela je

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réponds que si le Directoire a pu dans sa naissance terrasser et dissiper une foule de factieux et de terroristes, il est bien à présumer que dans l'époque d’une année où il a assis son autorité et augmenté ses moyens de force, il réussira plus facilement encore à écraser ces mêmes brouillons et factieux.

(Cbiffrirt) Qu'on veuille y réfléchir: . . . les tentatives maladroites et souvent imprudentes du premier [Directoire! ont plus affaibli jusqu'à ce jour qu'augmenté son autorité, mais qu'un homme de génie et de caractère paraisse, et tout sera asservi!

Nicht hiffrirt) Le Directoire veut décidément la paix. Je l'ai dit et répété à plusieurs reprises. Il l'aurait conclue avec l'Autriche et l'Angleterre, s'il n'avait vu l'impossibilité de la traiter séparément avec la première. La crainte de la rentrée des armées dans le sein de la France, ne ralentira jamais cette résolution. On oublie que celles-ci, composées en grande partie de fils de fermiers et de propriétaires, n’attendent que l'époque de la pacification générale pour retourner dans leurs foyers et reprendre leurs travaux champêtres. Cette raison, qui rend la désertion plus rare que par le passé, contribuera également à les contenir dans l'obéissance . . .

(Chiffrirt] La Prusse doit se porter pacificatrice du continent. Il appartient au grand caractère d'humanité et de justice de V. M. de mettre un terme à la terrible guerre qui bouleverse l'Allemagne et de rallier à elle tous les princes de l'Empire qui en éprouvent encore les déplorables effets. C'est à elle à poser les premières bases de la paix; ... c'est à elle à décider par ex. si la France étendra ses conquêtes jusqu'au Rhin, ou si elle se renfermera dans ses anciennes limites . . . Dès que ces grands objets auront été discutés et arrêtés avec l’une des puissances belligérantes, V. M. est en droit de se déclarer contre celle qui refusera de les admettre . ..

84. Grlaÿ an Sandoz:Rollin in Paris. Berlin 1797 Januar 23. Bedingungen für eine etwaige Vermittlung Preußens.

... Rien ne serait plus doux à mon cœur que de concourir efficacement par mon interposition à épargner à l'humanité la prolongation du fléau qui la désole . .. Mais il faut observer avant toutes choses . . . que je ne pourrais jamais me mettre seul à la brêche, en intervenant pour cette pacification de la manière que vous proposez. Je vous confierai cependant, sous le sceau du plus grand secret, que j'ai déjà pris des mesures pour connaître exactement les dispositions et la façon de penser du nouveau souverain de Russie pour tout ce qui se rapporte aux bases

Schriftwechfel mit Sandoz-Rollin in Paris. 111

de la future pacification, et que j’attends avec le plus grand intérêt d'en être informé pour décider ultérieurement la conduite qu’il me conviendra de tenir. Mais dans tous les cas, comme je ne pourrais jamais me charger d’un rôle que je serais le premier à envisager comme étant contraire

Jan. 23.

à mon honneur, s'il s'agissait de dépouiller mes co-états de l'Empire

germanique, je ne me résoudrais à une entremise pareille qu'autant que J'aurais, de la part de la France, la certitude préalable qu'elle consentirait à restituer tout ce qui appartient au corps de cet Empire, en en exceptant le cercle de Bourgogne ou les Pays-Bas . . .

Hüffer 1, 317.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris.

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