‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 47 sur 234 · Eid gegen Königthum und Anardie. Benezch · texte numérisé non relu

Eid gegen Königthum und Anardie. Benezch

... C’est bien à contre-cœur que le Directoire a assisté à la cérémonie du serment contre la royauté et l’anarchie; il ne s'attendait pas qu'un membre du Conseil des Cing-Cents en réveillerait l'idée !).!

Le départ du ministre de l’intérieur [Benezech] pour la Belgique est relatif à trois objets: d'étouffer les factions qui agitent cette province: d'établir un mode plus simple de perception pour les revenus annuels, et enfin de destituer ceux des agents de la République qui ont fait élever des plaintes contre leur cupidité et leur despotisme. Je connais peu d'hommes plus propres à réussir dans cette commission que le ministre Benezech : il a de l’ordre dans les idées, de l’affabilité dans les manières et beaucoup de caractère dans l'âme . ..

86. Ginbrud der Schladht von Nivoli. Unterrebung mit Rerobell,

Hier on était encore triste ici de la malheureuse issue de l'expédition d'Irlande; à présent on est joyeux des grands succès de l’armée d’Italie?). Jamais nouvelle n'est venue plus à propos pour relever l’opinion du gouvernement dans l'esprit du peuple et jamais chance n'est plus remarquable encore dans la fortune du Directoire. Curieux d’examiner moi-même l'impression que cette victoire aurait produite sur l’esprit des directeurs, je me suis rendu avant-hier au soir au Luxembourg. Tout y était plein de cette nouvelle: les représentants des deux Corps législatifs venaient successivement faire leurs compliments de félicitation. Les ministres de tous les départements s'y trouvaient également. Ce-

1) In der Situng ber Fünfhundert am 11. Januar war biefe Ceremonie von Delle ville angeregt und am 21. Januar, bem Jahrestag der Hinrichtung Lubwig’s XVI., voll-

zogen.

2) Shladt bei Rivoli, 14. Januar.

Jan. 23.

Jan. 27.

Jan. 27.

Jan. 30,

112 Urkunden No. 86—87.

pendant la phrase la plus généralement répétée au milieu de cette allegresse était celle-ci: »nous avions bien besoin de cet événement, car véritablement nous commençions à être découragés — vive Bonaparte! ce qui prouve qu'on n'avait eu aucun sujet de s'attendre à ce nouveau triomphe. Je dois dire au reste que la joie des directeurs se rapportait principalement à l'idée que ces grands avantages &branleraient la eour de Vienne et la détermineraient à la paix. C'était là le grand objet de leurs pensées . . .

»Des succès pareils à ceux que nous venons de remporter«, me dit le sieur Rewbell, »doivent mener à la paix du continent, nous y comptons ; mais si, contre notre,attente, l'Autriche persistait à prolonger l’effusion du sang humain, conviendrait-il au roi de Prusse de voir de sangfroid l'Allemagne dévastée et exposée encore au fléau destructeur de la guerre? Conviendrait-il à ses intérêts politiques que nous cédassions à l’orgueil de Vienne et à ses prétentions? il est impossible de le penser. Que reste-til à faire à°ce monarque pour rendre la paix à l'Europe? Rien que de se déclarer le médiateur de l'Allemagne et le protecteur des princes de l'Empire. Cette démarche convient à sa gloire, à nos intérêts et à la conclusion de la paix. Qu'il veuille y réfléchir!) . . .

Avant de me retirer, Rewbell me prit à part et me dit: »vous connaissez tout l'intérêt que j'ai voué à la Prusse; eh bien, avertissez qu'il convient de se hâter de prendre un parti, car la paix nous sera commandée de manière que nous serons forcés peut-être de négliger nombre d'intérêts et notamment celui de l'Allemagne; c'est là ce que nous aurions à cœur d'éviter. Au reste vous serez prévenu à temps des conditions que proposera l'Autriche, vous pouvez y compter. Rewbell a des moments d’&panchement à la {suite des repas, et celui-ci en était un de ce genre . ..

87. Denfihrift des Grafen Haugmwig. Berlin 1797 Januar 30 ?). Concept von Geh. Sekretär Teiche; corr. und gez. Daugwit. Die Beziehungen Preußens zu Frankreich feit dem Frieden von Bajel. Der Vertrag vom 5. Auguft 1796.

Lorsque des raisons majeures firent prendre au Roi la résolution de faire sa paix séparée avec la France, le premier soin de S. M. était de

1) In bem bierauf bezüglichen Exrlaffe beift es: vous savez combien il me serait doux de contribuer à hâter la reprise des négociations et à en assurer le succès; mais il m'est impossible d'y intervenir sans blesser ma dignité et sans détruire la considération et l'influence dont il m'importe de jouir en Allemagne, à moins que la France ne consente d'avance à restituer les provinces qui appartiennent au corps de l'Empire et dont elle a fait la conquête. (12. Febr.)

2) Diefe Dentidrift war für ben ruffiichen Hof beftimmt. Bergl. and Hüffer 3, 18.

Beridt von Sandoz.Rollin. Dentidrift von Gaugiit. 113

rendre par là le repos et la tranquillité à ses propres sujets. Mais la Prusse méridionale et occidentale jouissait à peine d'un calme mal assuré encore, et d’après les principes de subversion de tout ordre social qui caractérisent le gouvernement français, e’était courir les chances d'un bouleversement total que de permettre aux armées de la République de pénétrer jusqu'aux bords de l'Elbe. Rien cependant ne s’y opposait la paix faite, et les faibles débris de l'armée anglaise, joints aux troupes hanovriennes dont le découragement était à son comble, n'auraient, de l'aveu de leurs généraux mêmes, opposé aucune résistance. On savait du reste que le gouvernement français avait formé le plan de se rendre maître des côtes de la mer du Nord jusqu'à l'embouchure de l’Elbe, et il suffit de connaître le système de ceux qui gouvernent, d'isoler l'Angleterre, de la séparer du continent et de lui fermer les ports de la Méditerrannée, de l'océan en Europe, et de la mer du Nord, pour ne plus avoir de doute à cet égard. On connaissait les plans formés contre le pays de Hanovre; l’envahir et renverser son gouvernement était un projet aussi facile dans son exécution qu’alarmant pour les États voisins.

Les embouchures du Weser et de l’Elbe entre les mains des Français, et les cercles de Westphalie et de la Basse-Saxe (dans lesquels les provinces du Roi se trouvent coupées et dispersées) sansculottisés, menagaient de si près la tranquillité et peut-être l'existence même de la monarchie prussienne et auraient porté au moins les coups les plus sensibles à son commerce, qu'il fallait nécessairement songer aux moyens d'empêcher toute invasion de la part des Français dans le Nord de l’Allemagne. C'est là ce qui a donné l’idée et amené le besoin de la ligne de démarcation et des arrangements qui ont eu lieu à cet égard par la convention additionnelle de la paix de Bâle. Elle fut tablée sur l'espoir d’une paix générale et prochaine.

Mais le refus de la cour de Vienne d'accéder à la neutralité de cette partie de l'Allemagne qui fut comprise dans la première ligne, et les événements qui eurent lieu à cet égard à la fin de la campagne de 1795, obligerent le roi à songer à contracter de nouveaux engagements avec le gouvernement français, afin d'assurer pour tous les cas linviolabilite de la neutralité de cette partie du Nord de l'Allemagne qui, par sa position topographique, intéresse de plus près ses propres États. Les Français refusèrent d'abord de contracter de nouveau des engagements au sujet de la neutralité du Nord de l'Allemagne, et depuis sa violation aux environs de Francfort en octobre 1795 jusqu'au 5 août 1796, elle ne reposait effectivement sur rien. En attendant, les armées autrichiennes furent forcées d'abandonner la plus grande partie de l'Empire. Les troupes françaises l’occupérent, et à la fin de juillet, elles étaient maîtres

Bailleu, Preußen u. Grantreid. 1. 8

Jan. 30.

Yan. 30.

du cerele du haut et du bas Rhin, de celui de Franconie, de la Souabe et d’une grande partie de la Bavière. La Saxe fut en danger, et il est de fait qu'on craignait à Leipzig l'approche des Français. C'était menacer les frontières de la Prusse d'un côté où elle s'était crue jusqu'à présent à l'abri des événements, et il fallait aviser promptement aux moyens de lui assurer de nouveau l'état de neutralité qui devait être le fruit de la paix de Bâle. Par les stipulations de cette paix seules, on aurait dû se eroire sans doute suffisamment garanti, pour ne pas avoir à s'attendre à une invasion ennemie de la part des Français; mais le cercle de la haute Saxe envahi et désorganisé par eux, aurait présenté les mêmes dangers que ceux qu’on avait eraints l'année passée sur les bords du Weser et de l’Elbe et aurait même rapproché le théâtre de la guerre d'une manière alarmante du centre de la monarchie. Il n’y avait donc plus à balancer, et il fallait en venir à la conclusion d'une nouvelle convention au sujet de la neutralité du Nord de l'Allemagne. Elle est connue de toute l'Europe, et elle assure, surtout après l'accession de l'électeur de Saxe à cette neutralité, un état de tranquillité à une grande partie de l'Allemagne; ce qui, durant la continuation de la guerre, a fait l'objet de la sollicitude constante du Roi. Mais il n’en était pas de même de la part des Français. Aveuglés par le succès de leurs armes, ils reçurent avec indifférence les propositions faites par nous, d'assurer de nouveau la neutralité au Nord de l'Allemagne, et ils finirent par s'y refuser absolument, en déclarant qu'ils ne s'y détermineraient qu’en autant que le Roi prit des engagements secrets avec eux relatifs à la pacification future. On n'avait négligé aucune des occasions qui s'étaient présentées dans les différents pourparlers qu'on avait eus avec les ministres français, pour leur donner à connaître que le Roi, en sa qualité de membre du Corps germanique, n'avait d'autres vœux que de voir la constitution et le territoire de l'Empire maintenus dans toute leur intégrité; que les liens étroits qui attachent S. M. à la maison d'Orange lui inspirent également le vif désir de voir cette maison rétablie dans ses charges et dignités en Hollande. S. M. n'a pas cessé de faire usage des arguments qui lui ont paru les plus propres à appuyer vis-à-vis de la France ses propositions à ce double égard; mais au moment où les armées françaises, en possession de la plus grande partie de l'Empire et toujours victorieuses, inspiraient au gouvernement de la France une confiance sans bornes, il était impossible d'obtenir de Ini le but qu’on s'était proposé à l'égard de la neutralité du Nord de l'Allemagne sans contracter d’autres stipulations relatives à la paix générale. Mais on n'a qu'à lire avec attention la convention qui fut conclue à cet égard, pour voir avec quel soin on a évité de ne rien arrêter qui fût contraire à

Dentirift des Grafen Haugwiß. 115

l'intérêt des puissances coalisées. La convention en elle-même n’est qu'éventuelle. Ce n'est que pour le cas où à la paix on fût obligé de céder à la France la rive gauche du Rhin, et qu’alors, pour dédommager les princes séculiers qui perdraient à cet arrangement, le principe des sécularisations serait devenu indispensable, que le Roi consent à accepter ledit principe, en se stipulant pour lors les objets qui doivent servir de dédommagement à S. M. pour la perte quelle ferait en ce cas de ses provinces d’outre-Rhin. Le tendre intérêt que le Roi prend au bien-être de la maison d'Orange était surtout un grand motif pour lui, d’aviser pour tous les cas à assurer à ses augustes parents un état quelconque, dans la supposition possible que le rétablissement de cette maison en Hollande fût jugé inadmissible. Il en est de même quant à l'intérêt que le Roi a pris en tout temps à la maison de Hesse.

Cet arrangement éventuel, pris le 5 août de l’année passée avec le gouvernement de la France, et dans un temps où les circonstances et la position où elle croyait se trouver ne lui permettaient point, de son propre aveu, de favoriser l’accomplissement des vœux que le Roi avait manifestés à l'égard de l'intégrité de l'Empire et du maintien de sa constitution et au sujet du rétablissement de la maison d'Orange en Hollande, n'avait alors et n’a moins encore à présent rien d'obligatoire pour le Roi que dans la supposition de l'admission à la paix future des deux principes sur lesquels il se fonde. S'il faut en croire aux nouvelles qu'on a reçues à cet égard et qui paraissent très authentiques, la cour de Vienne a pris d'un autre côté ses mesures pour s'assurer ses indemnités moyennant des sécularisations dans l'Empire, et il doit être de fait qu’elle a demandé au pape entr'autres celle de l’évêché de Liége.

Il s’en faut de beaucoup que les circonstances dans lesquelles la France se trouvait au commencement du mois d'août de l’année passée et lors de la conclusion de la convention soient les mêmes, et il reste à savoir si ce qui a paru inadmissible dans ce temps à son gouvernement ne serait pas écouté plus favorablement dans un moment où le besoin de la paix se manifeste en France comme partout ailleurs; mais quoi qu'il en soit, le Roi ne cessera de mettre au jour le double vœu sur lequel il n’a cessé de s'expliquer vis-à-vis du gouvernement français.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris.

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