Napoleon Bonaparte und das Direktorium. Benebig
Tandis que le Directoire disait et publiait iei qu'il envahirait Rome Mir 4. et détrônerait le Pape, que le sort en était jeté, le général Bonaparte écoutait de son côté des propositions de paix et consentait à négocier aux conditions à la vérité les plus dures. Mais tel est l’ascendant que ce général a pris sur l'esprit du gouvernement: tout ce qu'il dit et fait a son approbation; cette dernière mesure l’a obtenue également ... Au reste l’indécente plaisanterie de Bonaparte d'envoyer à Paris la madonne de Lorette a été tolérée, mais n'a pas fait rire. Le Directoire sent chaque jour davantage la nécessité d’avoir un culte, et il ouvre successivement ici plusieurs églises, pour contenter le vœu et la religion des habitants de cette capitale . . .
Venise élève ici les plus fortes defiances, et je ne serais pas étonné qu'on mit garnison française dans toutes ses places frontières. On l’accuse de favoriser ouvertement les Autrichiens, et entre autre de leur fournir les vivres dont ils ont besoin. Lorsque le général Augereau a présenté au Directoire !) les drapeaux pris à Mantoue, il y a fait remarquer un drapeau vénitien et en a tiré, en présence du ministre de Venise [Querini], des conclusions très malhonnêtes. En vain celui-ci a fait tout son possible pour les repousser ; la prévention est restée . . .
93. Unterrebung mit Carnot, Rewbell und Letourneur über die preußifche Friedens: vermittelung.
... J'ai trouvé hier trois membres du Directoire dans des disposi- Mär; 10. tions telles que le frère de Carnot me les avait annoncées; c’est-à-dire
1) Am 28. Februar.
März 10.
Mary 14.
120 Urkunden No. 93-96.
voulant de préférence la paix continentale, mais ne voulant pas également récuser la paix générale. Leur souhait est que la négociation relative à ce sujet puisse bientôt être mise en activité. On comprendra bien que ces trois membres sont Rewbell, Carnot et Letourneur; les deux autres jouissent dans ce moment de trop peu d'influence en matière politique, pour rechercher leur conférence et leur opinion. Ces directeurs me montrèrent, dans le cours d'une conversation qui fut assez longue et animée, leurs doutes sur un changement de principes de l'Angleterre à l'égard de la Belgique et leur résolution de ne jamais se départir de la réunion de cette province à la France. »Croyez-en notre energie«, dirent-il en élevant la voix, »si cette puissance est impérieuse dans ses propositions, nous ne le serons pas moins à les rejeter autant de fois qu'elle les produira; nous soutiendrons plutôt une guerre éternelle que de renoncer à une acquisition qui est liée avec le système que nous avons adopté en Hollandec . . .
»A quoi servira-t-il au roi de Prusse«, dit Rewbell, »de se porter pour médiateur de la paix de l'Allemagne, s'il n'en retire pas des avantages bien déterminés? nous ne le concevons pas. L'époque est venue où il doit coopérer avec la République de France à abattre la maison d'Autriche, et cette époque ne se retrouvera plus dans les siècles à venire ..
"Que la Prusse y réfléchisse bien !« dit Carnot; »si elle ne coopère pas avec la République française à abattre et à réduire la puissance autrichienne à ses États héréditaires, nous n’aurons rien fait; la Prusse retrouvera dans peu d'années un ennemi outré du plus profond ressentiment, et qui ne cherchera qu’une alliance avec la Russie pour se vengers ...
Resumant ensuite ce qui avait fait le sujet de notre entretien, je demandai de nouveau aux trois membres du Directoire, s'ils agréeraient l'intervention de V. M. pour une pacification générale, et s'ils avaient déjà donné une réponse consonnante au sieur Delacroix ? Ils s'accordèrent à répéter qu'ils auraient préféré pour une infinité de raisons une paix partielle, mais qu'ils ne refuseraient pas une paix générale, et qu'ils s'expliqueraient de la sorte lorsque le sieur Delacroix ferait son rapport ...