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Auswärtige Politik der verfchievenen Parteien. Rewbell

... Quelle est l'opinion politique de ce parti démocratique, qui März 19. l'emporte si souvent par sa masse dans les délibérations? Eh bien! il est l'ennemi déclaré de l'Autriche; il a le désir de la réduire au dernier degré de faiblesse, pour l'empêcher de nuire, et il a celui d'élever grandement la puissance de la Prusse. Les républicains, que je nommerai directoriens, adhérent à ces mêmes principes, mais d'une manière moins

Mary 19.

April 3.

122 Urtunben No. 96—99.

exagérée; ils désirent une paix avantageuse, prêts à y sacrifier une partie de leurs conquêtes, et de plus quelques dédommagements pour y parvenir; mais les constitutionnels et les royalistes sont les vrais partisans de l'Autriche et ne le dissimulent pas. Ce sont eux qui voudraient la paix demain, au prix même de la cession de la Bavière; ce sont eux qui préfèrent de s’allier plutôt avec l'Empereur qu'avec la Prusse, dans la persuasion d'effectuer leurs projets. Et ce sont eux encore qui conspirent sous main à fonder un gouvernement semblable à celui d'Angleterre, tel roi d'ailleurs qu'on voulüt y appeler; car ils tiennent peu au prétendant, et ont une idée peu avantageuse de sa capacité. Mais ces constitutionnels et ces royalistes, divisés entre eux et sans caractère, projettent sans cesse, et n'exécutent rien. Cette question ainsi résolue, il résulte que ces derniers, et enfin tous les émigrés, conjureront au moment de leur retour en France pour l'Autriche contre la Prusse, qu'ils prêcheront le retour aux anciennes liaisons avec l'Empereur, et qui sait même? l'appui de son ressentiment contre la dernière ...

L’ascendant du sieur Rewbell sur le Directoire étonne même lorsqu'on l'explique. C'est l'histoire peut-être de toutes les influences. Dans les moments de conspirations successives qui ont eu lieu ici, les membres du Directoire étaient souvent étourdis et déconcertés:; Rewbell, seul courageux et ferme, prenait des mesures de vigueur, et entrainait le suffrage de ses collègues. Cette impression donnée, ses discours comme ses actions ont eu la plus grande supériorité, et l'on s’est habitué à le considérer comme le salut du gouvernement français et de la République; mais ses opinions, bonnes souvent dans les jours de discorde et de troubles, deviennent mauvaises et dangereuses dans ceux de l’ordre et de la paix ..

Häuffer 2, 101.

97. Unterredung mit Carnot und Delacroig über die preußiiche Friedensvermitte-

lung. Napoleon Bonaparte.

Après toutes les espérances qu'on avait formées ici de voir V. M. s'emparer de la paix de l'Allemagne, on ne pouvait qu'être surpris et affecté du dernier mémoire remis au sieur Caillard, et dont V. M. a daigné me transmettre une copie!). Je m’en suis assuré hier par moimême, d'abord dans un entretien avec le sieur Delacroix, et ensuite dans un autre avec le sieur Carnot; tous les deux ne concevaient pas

1) Die preufifche Antwort auf Gaillarb's Note vom 28. Februar ift vom 18. März; vergl. Häuffer 2, 100; Hüffer 1, 319; Sybel 4, 477.

Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 123

cet éloignement subit et imprévu de la médiation, et tous les deux en 1797 prenaient déjà des sujets d’ombrage sur les dispositions de V. M. envers "Pt 3la France. Sandoz bemerkt ihnen, daß Preußen durd die zweifelhafte Haltung Ruklands zur größten Vorficht verpflichtet jei. »Que peut craindre le roi de Prusse de la Russie dit Delacroix, »une déclaration de guerre? eh bien, dès ce moment ce monarque ralliera à lui la Turquie, la Suède, la France et la grande majorité des princes de l'Allemagne ; diversion formidable et à laquelle le nouvel empereur pensera sérieusement avant de s'y exposer. Que peut-il craindre encore une fois? L'épuisement de l'Autriche en hommes et argent est à son comble, et ne doit lui donner aucune appréhension de ce côté-là. La paix conclue même avec l'Empereur, jamais la République française ne souffrira qu'on attaque le roi de Prusse: elle volera à son secours, sans engagements, sans traité et sans alliancex . . . »Il est une vérité constantes, ajouta le sieur Carnot, »et que les événements futurs confirmeront : les deux cours impériales n'auront jamais d'autre système que d’abaisser la maison de Brandebourg, et la France républicaine n'aura jamais que celui d'élever sa considération et sa puissances . . .

Je l'ai dit: Tascendant de Bonaparte sur le Directoire augmente chaque jour davantage: il peut être porté au point à devoir l’embarrasser, et je pense que ce moment est déjà venu. C’est lui qui prétend insurger toutes les provinces autrichiennes où il passera, et qui prétendait devoir insurger l'État de Venise, pour assurer ses derrieres et sa retraite . ..

Hüffer 1, 321.

98. Gefpräd mit Carnot über eine Allianz Frankreichs mit Preufen.

. »La paix faite«, dit le sieur Carnot, »que deviendra la Prusse en Aprit 18. restant isolée comme elle l'est aujourd'hui? Elle se trouvera exposée au ressentiment des deux cours impériales, et le premier fruit qu’elles voudront retirer de leur repos, sera de lui déclarer la guerre; il n'en faut pas douter. Nous ne lui dirons pas de contracter une alliance avec la France, pour se garantir du danger qui la menace: mais nous l'engagerons à y songer. L'intérêt que nous avons voué au roi de Prusse et à la gloire de son règne, détermine uniquement ces désirs et ces dispositions de notre part . ..

99. Ginbrud der Nachricht von Unterzeichnung der Gricbespräliminarien. Unterrebung mit Karnot.

.. [Richt Hiffrirt] La joie que le peuple de Paris a montrée à la nou- April 29.

April 29.

Mai 1.

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velle de la paix'), a été des plus vives. Elle est pour lui l'oubli des calamités passées, le retour de la tranquillité et de l’ordre, et l’extirpation du Jacobinisme. Les autres partis étaient éphémères, faibles et peu dangereux. C’étaient des factieux sans faction, et c'étaient des royalistes sans amour pour le prétendant. (Chiffrirt) Mais nulle voix de louange ne s'est fait entendre pour le Directoire; toutes les acclamations ont été généralisées sous le mot de République, qui dans le langage du peuple n'a rien de commun avec les gouvernants. Cependant ce silence est moins l'effet de la haine pour ces derniers, que celui de la légèreté et d'une indifférence absolue ; le peuple de Paris, livré à l'agiotage et à tous les genres de brocantage, est insensible aux triomphes de Bonaparte comme aux victoires des armées; insouciant et frivole, il est immobile à tout, hormis à l’argent, et ne fait aucun cas de sa souveraineté et de sa puissance . . . Mittheilungen Garnot'8 über die Friedensunterhandlungen mit Ofterreid. »Le général Bonaparte a eu ordre . . . de déclarer combien le Directoire tenait fortement à procurer un établissement au prince d'Orange qui püt lui servir de dédommagement, et de déclarer qu'il existait à ce sujet une convention avec la Prusse qui le liait à cet engagement«. lei le directeur Carnot s’interrompit pour me dire: »je dois à l'intérêt que j'ai voué à la Prusse de vous confier la manière dont ces deux articles ont été accueillis. Les généraux Merveldt et Bellegarde, à peine en furent-ils instruits dans les conférences qui précédèrent la signature des préliminaires, qu'ils exhalèrent en imprécations et en reproches contre la cour de Prusse; sa neutralité avait été plus perfide à l'Empereur que l'inimitié déclarée de la France. Ce n'étaient pas, selon eux, les arrangements avec la dernière qui éprouveraient des oppositions; c'étaient uniquement ceux qui auraient rapport aux intérêts de ladite cour et qui seraient contestés fortement. L'Empereur ne dissimulait pas ses sentiments à cet égard?)«. Dois-je croire à ces confidences? Tout ce qui passe par la bouche ou la plume des Français est si fort altéré que je ne sais qu’en penser ...

Hüffer 1, 364.

100. Hewbell's Unzufriedenheit mit ben Griebens-Bräliminarien. Benebig.

... Rien n'est plus vague et plus indéterminé que les préliminaires; le sieur Rewbell, avec lequel j'ai conversé hier au soir, en était étonné et aigri au dernier degré. Je l’ai trouvé également fort vacillant sur les limites de la gauche du Rhin, et mes arguments l'ont ébranlé

1) 18. April, Sricbens : Präliminarien von Leoben. 2) Abnlide Mittheilungen über Außerungen Dervelbt's erhielt Sandoz aud von Clarke. Bericht vom 3. Juni.

Berichte von Sanboy-Rollin aus Paris. 125

sans le convaincre. Les grands succès des armées l'ont ébloui et l’ont ramené à désirer des conquêtes; heureusement trois de ses collègues ne partagent pas ses idées, et il y a eu avant-hier matin des débats très vifs dans le Directoire sur ce sujet; mais le sieur Rewbell est impétueux et despote dans ses opinions.

La république de Venise éprouve ici les plus fortes tracasseries depuis quelques jours; je soupçonne presque qu'on veut faire servir quelque partie de son territoire à procurer du dédommagement à l'Empereur ...

101. Unterrebung mit ben Direftoren und Delacroir Über die ricbens- Präfiminatien. Gerlichte Über Napoleon Bonaparte.

... Les trois directeurs Carnot, Rewbell et Letourneur ont été d'accord à me dire que les préliminaires signés à Léoben ont été trop précipités et laissent une infinité d'objets indéterminés. Tous l'ont été également à me confier qu'une certaine partie desdits préliminaires n'a pas été rendue publique, telle que celle des dédommagements promis à l'Empereur, et celle des arrangements à négocier pour le stathouder et les princes de Wurtemberg et de Bade . .. Leur projet étant de donner beaucoup d'importance à un congrès qui deviendrait pour l'Europe une seconde paix de Westphalie, ils sont résolus de nommer trois plénipotentiaires pour y assister. Leur désir est que V. M. veuille en nommer deux de son côté munis d'instructions pour agir de concert avec ceux de la République et de ses alliés; l’on ne réussirait en rien qu'en marchant sur la même ligne et en se ralliant, pour ainsi dire, contre l'Autriche . ..

Les trois directeurs ont été presque toujours d'accord sur les objets que je viens de rapporter. Seulement le sieur Rewbell a montré quelque répugnance concernant la limite du Rhin: il veut des conquêtes ;

il croit que les victoires en établissent le droit. Mais l'opinion des deux Conseils et celle du public aurait prévalu à cet égard, si même la ma-

jorité du Directoire eût montré l'ambition d'étendre les limites de la France ...

Le ministre Delacroix prétend qu'il serait possible de revenir sur .. les préliminaires dans ce qui concerne la gauche du Rhin; il prétend que l'établissement du prince d'Orange dépendant de cette limite, il est de l'intérêt de la Prusse comme de la France de la reprendre; il prétend que ce serait moins la cession d’une partie de la Bavière à l’Autriche qui serait préjudiciable à la Prusse, que la non-exécution de la convention secrète; outre que celle-ci y trouverait un agrandissement

Mai 1,

Mai 7.

Mai 7.

Mai 15,

de puissance, plusieurs princes de l'Allemagne qui lui sont devoues y auraient de grands avantages . . .

Dirai-je présentement les motifs qu'on attribue au général Bonaparte pour avoir précipité la signature des préliminaires? Ils appartiendraient, s'ils étaient vrais, aux petites passions et à une basse jalousie. Il est accusé d'avoir voulu devancer l’arrivée du sieur Clarke pour n'être pas frustré de la gloire d’avoir terminé la guerre. Mais dirai-je surtout qu'on accuse ce même général d'avoir été séduit par les Autrichiens au moyen d’une somme considérable? Le mystère qu'on emploie à semer cette inculpation, m'y rend incrédule . ..

Hüffer 1, 273, 364.

102. Grlaf an Sandoz: Rollin in Paris. Berlin 1797 Mai 15. Preußens Stellung zu ben Bebingungen bes franzöfich - öfterreichiichen Friedens.

Die Friedens-Präliminarien von Leoben. J'en infère, à ma grande satisfaction, que le principe d’un dédommagement convenable à accorder à la maison d'Orange y a été généralement établi; que la Bavière ne sera abandonnée ni en tout ni en partie à la cour de Vienne, et que celle-ci trouvant son indemnisation principale en Italie, il ne sera question tout au plus que de lui céder encore Salzbourg et Passau; enfin la rive gauche du Rhin sera positivement restituée à l'Empire, à l’exception de ce qui se trouve déjà réuni à la France et de telle petite lisière qui servirait peut-être à assurer ses frontières. Je reprends ces divers objets, en observant, quant au premier, qu'il ne saurait absolument plus être question de chercher le dédommagement de la maison d'Orange dans le pays de Hanovre, et que jamais je ne pourrais y consentir, puisque, indépendamment de toute autre raison, ce serait porter un coup mortel à ma considération et à mon influence dans l'Empire . . . Je ne vois que le moyen des sécularisations à l'aide duquel il puisse être pourvu au sort de cette maison, ainsi qu'aux réclamations que dans tous les cas j'aurai à faire valoir pour mon propre compte, soit à l'égard de telle petite partie de mon territoire au delà de la Meuse qui pourrait être comprise dans les nouvelles frontières de la République, soit pour la perte des revenus de mes provinces transrhénanes dont je suis privé depuis la paix de Bâle; soit enfin pour mes péages sur le Rhin, s'il était question comme on le prétend, de rendre la navigation de ce fleuve entièrement libre. Or la France étant surtout intéressée au premier de ces objets, il me paraît qu'il lui importe infiniment de porter le plus tôt possible la cour de Vienne à l'admission du principe dont il s’agit . ..

Hüffer 1, 365.

Sdriftiuebfel mit Sandız-Rollin in Paris. 127

Berichte von Sandoz: Hollin aus Paris.

103. Das Direktorium und die Parteien. Napoleon Bonaparte und Benedig.

... Le jour du tirage approche: chacun des directeurs tremble de tomber du faîte de l'autorité dans les ténèbres du néant . .. Le vœu du public est que le sieur Rewbell soit le sortant: son air dur et sévère, son langage brusque et son irascibilité lui ont aliéné la majeure partie des deux Corps législatifs. Qu'on le sache bien: il n'existe pas encore de parti d'opposition en France, car les criailleries de quelques mauvais journalistes ne sauraient usurper ce nom; mais le gouvernement, fondé comme il l’est aujourd'hui, fera naître nécessairement un parti de ce genre, et je vois déjà Boissy d’Anglas et Cambacérès se déclarer pour l'opposition . . .

Les affaires de Venise sont au dernier degré de leur crise. Un courrier du général Bonaparte est arrivé ici avant-hier, porteur des procèsverbaux de tous les assassinats commis sur les Français, et porteur en même temps de la demande formelle de pouvoir déclarer la guerre à cette république ; le général la provoque, et le Directoire s'y refuse. On ne sait qui l’emportera de ces deux autorités. Ce devrait être le premier si ses discours aux deux députés vénitiens !) sont exacts : »le Directoire juge sur le droite, a-t-il dit, »et moi, j'agis sur les faits: il y a trop longtemps que votre gouvernement inquisitorial dure; il m'était réservé de l'anéantir« Le Directoire a délibéré avant-hier sur l'objet de la déclaration de guerre, et il ne s’est arrêté sur rien; il sent qu'il ne peut adresser un message de cette nature aux deux Conseils sans l’accompagner de raisons suffisantes pour justifier une rupture. En effet, Venise est humiliée; Venise demande à deux genoux qu'on mette à mort ceux de ses sujets qui sont coupables, qu'on change la forme de son gouvernement, et qu'on démembre même son territoire selon la convenance de la politique française, mais qu'on épargne sa capitale et ses malheureux habitants. Ce ne serait plus une vengeance que d'aller plus loin, ce serait un acte de barbarie; mais le général Bonaparte, devenu une seconde autorité dans le gouvernement français, n’attendra pas peut-être le décret du Corps législatif et marchera sur Venise; tout doit le faire supposer.

Le Directoire commence à sentir péniblement le poids des triomphes de ce général, et il le soupçonne de viser au protectorat de la Lombardie; aussi plusieurs de ses membres ont opiné de lui accorder sur-lechamp la démission qu'il avait demandée, comme le seul moyen de rompre ses projets ambitieux ?) . ..

1) Franz Donato und Leonarbo Giuftiniani. Bergl. übrigens Romanin 10, 123. 2) Carnot äußerte bald darauf: "nous aurions bien voulu éloigner ce malbeureux

Mai 15.

Mai 21.

Mai 30,

128 Urkunden No. 104—107.

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