Kampf zwifchen bem Direftorium und ben Fünfbunbert
... Une lutte terrible s'est élevée entre le Conseil des Cing-Cents et le Directoire exécutif, et elle est vraisemblablement celle du royalisme constitutionnel et du républicanisme. L’esprit du nouveau tiers commence ainsi à prédominer. Ce n’est pas une lutte propre à contrebalancer les divers pouvoirs du gouvernement, non, c'est au contraire un foyer d'animosités, de haines, et qui, prolongée, doit amener des vues ambitieuses dans la constitution de la France ou des scènes sanglantes; à mesure que le Conseil des Cing-Cents s'attache à ôter au Directoire exécutif la nomination des places de l'administration, la surintendance de la trésorerie nationale, la surveillance des ministres des départements, en exigeant leur responsabilité, et enfin à l'isoler et à le dépouiller de toute autorité, le Directoire exécutif de son côté a recours à tous les moyens qui sont en son pouvoir pour affermir son existence et sa considération politique. Il encourage et favorise sous main la reprise des clubs et des associations populaires. Il réveille la secte des Jacobins oubliée, méprisée, et s'en entoure, et fomente, sous prétexte de l’affermissement de la République, des factions qui aigrissent et attisent la discorde.
Berichte von SandozRollin. Findenftein an Renfner. 133
Plusieurs membres éclairés du Conseil des Cing-Cents et des An- 1797 ciens, tels que Boissy d’Anglas, Thibaudeau, Pastoret, et tels que Por- uni 22. talis, Delmas et Dupont de Nemours, sentent combien il importe de ménager la dignité et l'autorité du Directoire exécutif. Ils sentent qu’en voulant l’attaquer trop vivement, on court le danger ou de le voir ressusciter les Jacobins pour se soutenir, ou d’ameuter les royalistes pour renverser la République, deux écueils également dangereux. Les sieurs Portalis et Thibaudeau ont employé chacun de son côté leur entremise pour conjurer les efforts des deux partis. On ne sait encore que penser de leur réussite. Le Directoire semble montrer plus de roideur que le nouveau tiers des Cing - Cents; il dit et répète trop imprudemment: on connaîtra nos forces quand on voudra les provoquer; on connaîtra surtout que si nous n'avons pas envahi une permanence absolue et l'autorité, c'était par esprit d’obeissance aux lois et par amour de l’ordre et de la paix.
Mais difficilement, à mon faible avis, le Directoire pourra-t-il s'étayer des Jacobins pour régner en France. Ce serait élever contre lui la haine de la nation, et ce serait précipiter le renversement de la constitution présente. Quelque tendance que le peuple français ait aujourd'hui pour l’agiotage et toute espèce de frivolité, on ne peut le distraire à pas facile de son exécration pour les Jacobins: elle est trop profondément enracinée. Des gens qui cherchent le prétendant dans toutes les affaires, croient apercevoir ici l’effet de ses intrigues pour parvenir à la royauté; j'ose assurer qu'il n'en est rien. Le nouveau tiers n'a eu nullement ce prince en vue dans ses attaques, et il n’en a pas même bonne opinion. Non, il s’agite pour une monarchie constitutionnelle, sans avoir réfléchi comment et par qui elle pourrait être occupée. C'est précisément ce dénuement de combinaisons et de système, qui fait l'affermissement de la constitution directoriale . . .
110. Schreiben des Grafen Findenftein an den Geh. Legationsrath Renfner!). Berlin 1797 Juni 26.
Unterrebung mit Gaillarb.
... M. Caillard a reçu un ordre de témoigner au ministère du Roi Juni 26.
que les arrangements pour la paix commençant à prendre couleur et tendant à une prochaine conclusion, il fallait s'expliquer et se montrer
1) Renfner concipirte für Findenftein die Schreiben an Haugmwig, während ber Ab: wejenheit bes lebteren in Pyrmont.
Juni 26.
134 Urkunden No. 110—111.
sans détour et d’une manière qui ne laissät plus de doute: que la France souhaitait en conséquence qu'il plût à S. M. d'annoncer une détermination fixe et précise sur l'objet des sécularisations et qu'elle donnät connaissance de sa résolution à la soutenir et de la manière dont elle voulait le faire; que la cour de Vienne n’attendait que cela pour en faire autant et pour s'emparer de son côté des bénéfices qui étaient à sa convenance, mais qu'elle ne pouvait pas en parler la première pour ne pas compromettre son caractère impérial. Sur la réflexion que je lui fis comme de mon chef et en prenant le tout ad referendum, que le Roi avait les mêmes ménagements à garder comme membre de l'Empire; que c'était proprement à la France à proposer la premiere ce moyen comme le seul qui pôt trancher le nœud gordien, et que le Roi s’en tenait à cet égard aux engagements contractés par la convention secrète du 5 août, il me répliqua que cette convention, qui n'était qu'éventuelle, ne suffisait plus; que c'était, à le bien prendre, le silence que S. M. avait gardé sur son accomplissement, et la délicatesse et les ménagements dont elle avait usé vis-à-vis de la cour de Vienne, qui avaient donné des soupçons en France sur l'espèce de nullité où la Prusse voulait rester à cet égard; qu'il était temps de les détruire: que S. M. ne risquait pas de perdre par là son influence dans l'Empire; qu'elle serait soutenue par les états les plus marquants tels que le landgrave de Hesse et le duc de Wurtemberg, qui avaient les mêmes intérêts à souhaiter les sécularisations, et que l'électeur de Saxe même, malgré son attachement à la constitution, n’y serait pas contraire, puisqu'on lui ferait son lot en lui procurant le territoire d’Erfurt et quelques parcelles qu'il convoitait depuis longtemps; que S. M. pouvait compter dans tous les cas sur la France, qui se faisait fort de la soutenir et de terminer ce grand objet; à quoi il ajouta qu'il ne me cacherait pas que la cour de Vienne, malgré les égards que le Roi lui avait témoignés jusqu'ici, ne laissait pas que d'employer sous main tous les moyens propres à mettre la Prusse mal avec la France et à nourrir et fomenter les soupçons dont il m'avait parlé . .. Je crois que . . . l’on pourrait . . . faire observer à S. E. M. le comte de Haugwitz de ma part que cette affaire me paraissait très délicate, en ce que d’un côté elle fournirait à l'Autriche le moyen de faire retomber tout l'odieux de ces sécularisations sur le Roi et nous susciterait une nouvelle tracasserie avee l'empereur de Russie, et que d'autre part une réponse vague et évasive donnerait peut-être à la France l'occasion et le prétexte de se tenir quitte de ses engagements envers le Roi et la maison d'Orange.
Findenftein an Renfner. Bericht von Sanboz-Rollin. 135
Berichte von Sandoz -Rollin aus Paris.
111. Äußerungen Barthelemy's über die Unterbanblungen mit Öfterreich. Unzu: friebenbeit mit Bonaparte. Stellung Bartbelemy's innerhalb bes Direl: toriums.
. »Vous saurez, me dit Barthélemy, »et j'aimerais bannir avec vous toute réticence diplomatique, qu'aussi longtemps que le ministre des relations extérieures actuel sera conservé, je ne me mölerai point de la partie politique: vous en connaissez peut-être la cause, et il serait fastidieux d'en retracer le souvenir. J'ai aujourd’hui connaissance des négociations de paix avec l'Autriche, et je puis vous assurer que je les comprends aussi peu qu'auparavant, Jamais traité ne fut plus hérissé de difficultés sans cesse renaissantes; sur rien on n’est encore d’accord}; les dédommagements proposés en Italie sont contestés: les objets de sécularisation seront consentis moyennant des sacrifices très chers: et enfin les instructions qui doivent servir de base à ce traité, sont des pièces de rapport dont le général Bonaparte fera usage selon son bon plaisir. Votre cour, en demandant d'être instruite de l'état de ladite négociation, demande ce que le Directoire ignore lui-même. On dirait que ses négociateurs n’agissent que pour eux-mêmes et n'ont aucun compte à rendre. Le Directoire, et j'en suis certain, s’est opposé hautement à la cession de la Bavière à l'Autriche: malgré cela je ne voudrais pas garantir qu'on n’en fit de nouveau le sujet de quelque proposition : attendez-vous à tout de la part de ceux qui sont chargés de traiter une paix aussi importantes . ..
Cette manière de voir et de dire était le résultat de l'humeur et du chagrin du directeur Barthélemy ; on ne saurait absolument y donner une entière confiance. Il l'a senti; ear il m'a recommandé avec les plus vives instances de ne faire mention de lui et de ses idées qu'en chiffres, dussé-je même profiter de l'avantage d’un courrier extraordinaire. On se faisait un jeu d'arrêter ceux-ci, selon lui, et d'enlever leurs dépêches ...
Les efforts du général Bonaparte de vouloir républicaniser l'Italie et le monde, ont terni ses victoires et sa gloire: on ne lui en tient déjà plus aueun compte ici, et on le soupçonne de vouloir se faire fort de son armée pour s'affranchir de toute obéissance et de toute responsabilité. Il rend aussi peu compte des sommes d'argent qu'il touche, qu'il rend compte de la négociation qu'il traite avee Vienne. Ce général, à l'exemple de ceux de Rome, est devenu aussi puissant qu'indépendant. Cependant le Directoire ne reste pas immobile dans ses soupçons ; il s'est assuré secrètement des généraux Augereau et Masséna, et même du commissaire général Berthier, pour déjouer au besoin les projets am-
Juni 28,
Juli 4.
136 Urkunden No. 111—114.
bitieux de Bonaparte et s'assurer de la fidélité de son armée. Ce dernier, qui doit en avoir eu quelque avis, s'est entouré de la légion des Polonais et en a fait en quelque manière sa garde ordinaire .
Barthélemy ne jouit d'aucune influence dans le Directoire; il laisse dire et faire sans montrer aucune opposition. Ses amis et tous ceux qui souhaitent un autre ordre de choses en France, n’ont pas été contents de son début et moins encore du peu de fermeté qu'il déploie pour partager l'autorité, et c'était ce début néanmoins qui devait fixer son rang et sa supériorité dans le Corps directorial. Le seul des directeurs avec lequel il paraît le plus en liaison dans ce moment est Barras, et c'est celui qui est nul pour le suffrage et l'influence. Cependant ses amis espèrent encore que l'éloignement du ministre des relations extérieures qu'on annonce comme prochain, lui facilitera les moyens de reprendre l’ascendant qui lui conviendrait en politique et de gouverner dans cette partie ...
112. Geipräh mit Talleyrand. Verhandlungen zwifchen Carnot und Bortalis und Dupont be Nemours.
... Le sieur Maret qui a été porteur des instructions relatives au congrès de Lille, a confié à un de ses amis que toute espérance de paix s'évanouissait depuis qu'il en avait eu connaissance. Il a ajouté qu’une des premières précautions à prendre, dans le cas où le sieur Delacroix eût dans cet intervalle un successeur, serait de les changer entièrement. Cela dénote à quel degré l'existence de ce ministre est précaire. Tout retentit ici du bruit de sa chute, et si l'opinion publique doit influer sur son sort, la durée de son ministère sera fort abrégée. Les sieurs Colchen et Talleyrand-Périgord sont ceux qu'on désigne pour ses successeurs ; ce dernier réunit toutefois le plus grand nombre de suffrages dans les deux Corps législatifs. Son caractère est fort, ses lumières sont reconnues, mais sa moralité est corrompue et dépravée. Il m'a dit confidemment il y a peu de jours: »je servirai de moyen de réconciliation entre le Directoire et les deux Conseils; je veux la paix et je hais les menées et les projets révolutionnaires; mais jusqu'à présent je n'ai aucune certitude d'être appelé au ministère, et tont se réduit à des promesses et à des ouvertures vagues . ..
Avant-hier matin, les représentants Portalis et Dupont de Nemours ont porté au directeur Carnot leurs instances pour le renvoi des quatre ministres des finances, de la justice. de la marine et des relations extérieures. »Le salut de la République en dépend. Nous avons fait rejeter la résolution qui vous ôtait la surveillance de la trésorerie natio-
Berichte von Sandoz.Rollin aus Paris. 137
nale; le Conseil des Anciens fera plus encore, il &tendra votre influence, votre autorité, et affermira la constitution de 1795«. Tels étaient leurs principaux arguments pour décider le sieur Carnot à se prononcer; mais celui-ci ne s’est point encore rendu à ces instances. »Rien n’affaiblit plus l'autorité d'un gouvernement que l'abandon qu'il fait des ministres qui ont mérité sa confiance, et ce premier acte de faiblesse mène à d’autres qui ont des suites funestes. Qui garantira donc que les ministres proposés aujourd'hui ne déplairont demain et n'exigeront pas un nouveau sacrifice « ? . ..
Sybel 4, 585.