‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 59 sur 234 · Minifiermejel. Delacroix · texte numérisé non relu

Minifiermejel. Delacroix

(Nicht diffrirt| Peu d'heures après le départ de ma dépêche [du 15 juillet] les ministres de l’intérieur, de la police, de la marine et de la guerre !}, ont reçu leur démission et les sieurs François de Neufchâteau, Lenoir-Laroche, Pléville-Pelet et général Hoche les remplacent dans leurs départe-

1) Sandoz vergifit, biebei die Entlafjung von Delacroix zu erwähnen.

Zuli 18..

Juli 18.

Juli 22,

138 Urkunden No. 114—116.

ments respectifs, [diffrirt| et les ministres de la justice et des finances restent, eux qui avec le sieur Delacroix faisaient le principal objet des plaintes et des réclamations des deux Corps législatifs. Le publie en est étonné et mécontent.

Ce renvoi imprévu des ministres de la guerre, de l'intérieur et de la police générale, qui avaient l’applaudissement de la nation, a été l'effet d'une altercation très vive, qui s'est élevée dans le Directoire lorsque le sieur Carnot a proposé l'éloignement des quatre ministres désignés précédemment !}. On l’a soupçonné de vouloir s'arroger une influence absolue sur tous les départements, en y nommant des personnes de son choix et de son affection. Les directeurs Barras, Larevellière et Rewbell se sont réunis à sy opposer formellement. Ils ont déclaré qu'ils n'y consentiraient pas sans que lui, Carnot, fit l'abandon de son côté de ceux qui lui étaient le plus attachés; ils l'ont déclaré avec colère et avec serment. Dans cette extrémité le président s’est vu dans la nécessité, ou de manquer à la parole donnée aux représentants des deux Conseils, ou de se brouiller irrévocablement avec ses collègues. Il a cédé aux circonstances, et a abandonné ses amis. Le sieur Barthélemy n’a pris d'autre part à cette scène que d'y avoir été présent ...

Mais quel choix que celui des ministres nommés ci-dessus! Tous, à l'exception de Talleyrand-Périgord et de Pléville, sont étrangers aux affaires, et sont soupçonnés de jacobinisme, et tous sont du choix des directeurs opposants. Cependant le sieur Delacroix a continué jusqu'à présent les fonctions de sa place. Il ne s’est point douté de sa disgräce que hier matin, lorsque le secrétaire général, le sieur Lagarde, est venu lui conseiller de la part du Directoire de donner sa démission, plutôt que de la recevoir. Il se croyait inébranlable dans son poste. Ce ministre s'est montré chicaneur et difficultueux jusqu’au dernier moment; bien loin de se rendre aux instances du sieur Lagarde, il a déclaré qu'il ne quitterait le portefeuille et sa place qu'à l'instant où il en recevrait la notification expresse du Directoire. Les autres ministres s'étaient soumis volontairement à donner leur démission . ..

115. Pläne des Direftoriums gegen ben Rath ber Fünfhundert. Siviejpalt im Schofe bes Direltoriums.

... Que projette le Directoire? quelles sont les machinations secrètes qui le font agir?... Ses projets sont de faire enlever et arrêter ceux des membres du Corps législatif qui lui sont opposés par caractère et par principes, et l'entrée de plusieurs régiments dans Paris tendait à lui

1) Bergl. Sybel 4, 586 fig.

Berichte von Sanboz-Rollin ans Paris. 139

en faciliter l'exécution. Lorsque l'avis d'une mesure aussi violente a été ouvert par le sieur Rewbell, les directeurs Carnot et Barthélemy s'y sont opposés fortement, mais ayant été résolue à la majorité, ils ont protesté de nouveau contre cet acte d’injustice et l'ont consigné dans les registres du Directoire. Il y a cinq jours que cet avis a été mis en délibération, et il y en a plus de quinze que la marche des troupes sur Paris est commandée. Cela prouve que les trois membres, bien assurés de leur pluralité, avaient devancé lesdits ordres et les mesures de force à employer. Cependant l'éveil des deux Corps législatifs, l'éclat de leurs réclamations, la division qui en est résultée dans le centre même du Directoire, tout cela ajournera nécessairement cet acte de violence . ..

Certainement une lutte à forces ouvertes entre le Directoire et le Corps législatif aurait tourné au désavantage de ce dernier. L'armée intérieure et extérieure sont républicaines et sont dévouées à l'autorité du Directoire; mais cette lutte l'aurait perdu dans l'esprit des Parisiens et de la nation, et c’est l'opinion publique qui détruit ou fortifie la puissance exécutive . . .

116. Scheinbare Ausföhnung zwifchen bem Direltorium unb bem Nath ber Fünf: hundert. Barras und Kewbell.

Juli 22,

(Nicht Hiffrirt]) Qui l'aurait pensé? Le plus grand calme a succédé Juli 29.

tout à coup à la fermentation qui régnait entre le Directoire et le Corps législatif. On a eu l'air de se repentir de part et d'autre d'avoir donné trop d'éclat à des inculpations fâcheuses. L'intervention de quelques représentants a amené des explications amicales et l'oubli des passions et des haines. Tout semble être rentré aujourd'hui dans l’ordre. On ne parle que du bien de la patrie, de celui de la paix et de la force qu’acquiert un gouvernement au dehors comme au dedans lorsqu'il inspire une grande considération. Tant de variabilité dans le choc même des différents pouvoirs ne doit point surprendre. On la verra se répéter souvent dans la suite du temps. Un rien réveille et agite une nation si inflammable que celle-ci, et un rien la distrait et l'appaise . . . Tant d'objets réveillent ici les passions, qu'on ne saurait croire à la durée d'aucune réconciliation . . .

(Chiffrirt] Les projets d’oppression contre le Corps législatif ont été abandonnés. Les trois directeurs qui en étaient les complices sont revenus à l'opinion de Carnot et de Barthélemy. Ainsi la division qui régnait à ce sujet dans l’intérieur du Directoire exécutif a cessé pour le moment, mais Barras et Rewbell ont failli de se trouver dans le plus

QGuii 29,

Aug. 3.

Aug. 7.

140 Urkunden No. 116—119.

grand embarras. On a recueilli les preuves matérielles des ordres expédiés de leur part pour la marche des deux régiments sur Paris. Ils devaient être dénoncés et mis en accusation hier au Corps législatif, si le rapprochement ne fût pas survenu. La femme du dernier m'en a fait indiscrètement l'aveu . . .

117. Äußerungen Talleyrand’s über die Unterbanblungen mit Öfterreih und England.

.. „»Qu’on ouvre les feuilles de l’'histoire«, observa Talleyrand, »on y verra que la cour de Vienne n'a jamais eu la volonté dans aucun temps de faire la paix; elle y a toujours été forcée, soit quand les subsides lui ont manqué, soit aussi quand elle a obtenu par lassitude tout ce qui était de sa convenance. Son système est de faire la guerre jusqu’à l’extinction de tous moyens, alors elle n’est pas vaincue, et battue elle traite en vainqueur '). Vous l'avez bien dit: cette négociation a été manquée dans le principe . . . Que de fautes accumulées et qui amèneront les plus malheureuses conséquences! Devait-on abandonner une négociation de cette importance aux mains de deux jeunes généraux dont le plus âgé n’a pas plus de 28 ans? Convenait-il au général Bonaparte de proclamer en Italie qu'il marcherait bien plus contre le Corps législatif à Paris que contre Vienne ?)? et fallait-il oublier les grands intérêts qui l'occupaient? Que veut le ministère de Vienne, reprit-il, en prolongeant la négociation et en évitant de la conclure ? il veut la reprise du Milanais, de la Lombardie, et la conquête de l'État vénitien pour dédommagement de la Belgique. Le parti autrichien opérera l’une au premier éloignement des troupes françaises, et l'occupation de l'Istrie et de la Dalmatie lui assurera la possession de ces provinces. Dans ces circonstances critiques, mon opinion est de forcer la paix de Vienne par celle de l'Angleterre. J’en ai fait hier la proposition au Directoire qui l'a approuvée. Le chancelier Pitt veut sincèrement la paix, et je viens de rouvrir les moyens de rapprochement entre les deux puissances que le sieur Delacroix avait fermés d'une manière absolue« . . . Je sais par un des confidents intimes de Talleyrand qu'il est entièrement opposé au système de la gauche du Rhin ...

118. Ausf8bnung atvifen bem Direktorium und ben Fünfpundert. (Nicht diffrirt) La conclusion du rapport des inspecteurs de la salle

1) In Berlin fbrieb man hierauf: ce ministre paraît connaître à fond la politique tortueuse de la cour de Vienne (15. Auguft). 2) Bei ber feier bes 14. Juli.

Berichte von SanboyMolin aus Paris. 141

avait été de demander compte au Directoire des mesures qu'il avait prises 1797 pour punir les auteurs de la marche des troupes sur Paris. Sa réponse de- *"8- 7vait être donnée dans trois jours. Il était occupé d'y satisfaire, lorsque des conférences sont survenues entre le Directoire et ces mêmes inspecteurs de

la salle des Cing-Cents. Des explications franches et amicales ont mené

à une réconciliation qu'on eroit sincère et durable. Le Directoire a pro-

mis de chasser de Paris tous les militaires réformés, de faire une proclamation dans les armées pour les détromper sur les fausses impressions

qui leur avaient été données du Corps législatif, et enfin d'y faire publier

le décret qui règle qu'aucun corps de troupes ne s'approche de Paris à douze lieues de distance. Cette réconciliation ne sera avouée du Corps législatif qu'après l'exécution des promesses données et qu'après la réponse qui en fera l'objet. Celle-ci est attendue demain. Ai-je besoin

de dire que c’est à l'intervention du Conseil des Anciens que ladite réconciliation est due, et que c’est à elle que la France devra souvent le maintien de sa tranquillité et de sa constitution présente? Trop de faits l'attestent déjà suffisamment.

(Chiffrirt| Quelle que soit la durée de l'arrangement en question, il est le fruit de l'esprit de douceur et de conciliation du président Carnot et du sieur Barthélemy. La présence des directeurs Rewbell et Larevellière- Lepeaux qui n’ont paru que tard auxdites conférences a failli de tout brouiller et de tout rompre; leur caractère s’y est montré dur, inflexible et impérieux ... Une considération qui a le plus influé sur le rapprochement en question, c’est celle que ces dissensions intérieures ralentissaient et éloignaient la paix, qui faisait l'objet de leurs vœux; on devait sacrifier à ce bien de l'humanité les passions et les animosités personnelles ...

119. Gefpräd mit Rewbell und Larevellière: Lepeaug über ben Kampf zwifchen Direltorium und Näthen. Napoleon Bonaparte.

... En apparence la réconciliation semblait être faite, en réalité Aug. 11. elle n'est rien moins que consolidée. J'ai pu m'en convaincre dans un entretien que j'ai eu il y a deux jours avec les directeurs Larevellière- Lepeaux et Rewbell. Quelle aigreur, quelle haine et quelles imprécations! J’en ai tiré un mauvais augure pour l'avenir. »Que veut le nouveau tiers? disait le sieur Rewbell: »il veut renverser le Directoire et la constitution : il veut relever le trône en France et y asseoir ce petit libertin de duc de Chartres. L'engagement secret en a été pris et signé entre 67 membres du Corps législatif, et ils n’&pient que l’occasion et le temps de le mettre en exécution. Pauvres gens! Ils croient le Directoire

Aug. 11.

Aug. 13.

endormi sur leurs menées, tandis qu'il veille à les déconcerter: ils oublient que la force armée est à nous. que les armées sont à nous, et que la puissance exécutive est à nous. »On peut bien dissoudre un Corps legislatif«, observait le sieur Larevellière-Lepeaux, »et le reconstruire, et c'est au Directoire à suppléer à ce que la constitution n'a pas prévu et statu&«. »Le projet des représentants, a repris le sieur Rewbell, était de me mettre en état d'accusation avec deux de mes collègues pour la prétendue marche des troupes, je le sais; s'ils l'eussent osé, je les mettais en état d'accusation à mon tour pour l’arrangement d'Orléans ; c'était à voir alors qui aurait sauté d'eux ou de moi, et la force en aurait décidé. En se ralliant, comme ils l'ont fait, à tous les royalistes, ils forceront le Directoire de se rallier peut-être à tous les Jacobins, à ces Jacobins qu'il avait pris pour système d’&carter de toutes les places . . .

Le ministre de Sardaigne !) est venu me confier qu'on soupçonne à Turin le général Bonaparte d'avoir été le mobile secret des dernières tentatives faites contre le gouvernement existant et de vouloir même les faire répéter . ..

Le général Bonaparte jouit aujourd'hui de la plus grande faveur du Directoire, j'en ai été témoin; dans cette même conversation que je rapporte ci-dessus, il a été désigné par les directeurs Rewbell et Larevellière-Lepeaux comme le bouclier de la constitution présente. Cela a fait oublier tous les bruits et tous les soupçons répandus à son sujet, ceux par ex, qu'il s’est fait accorder sur les caisses des nouvelles Républiques des pensions annuelles de 960 mille livres de France, et ceux qu'il visait au Directoire à vie desdites Républiques . . .

En attendant la réconciliation pleine et sincère des deux principaux pouvoirs de la constitution, les employés, les fonctionnaires publics et l'armée de l'intérieur ne sont pas payés. Le Directoire ne veut pas débourser un sou pour ne pas se trouver sans ressources, et le Corps législatif ne veut pas lui donner de l'argent afin de l'arrêter dans ses entreprises . ..

120. Zalleyrand und Newbel. Fortdauernde Spannung gwijden Direktorium und Rüthen. Berfude zur Ausföhnung.

... La doctrine du ministre Talleyrand n'a pas eu encore l’approbation du Directoire, et son influence sera lente peut-être à l’acquerir. Je sais que le jour où il fit lecture des nouvelles instructions à donner aux négociateurs français de Lille, le sieur Rewbell les censura, les méprisa

1) Graf Balbo. Über die Aufftände in Piemont, Ende Juli 1797, vergl. Biandi 2, 585 fig.

Berichte von Sanboy-Rollin aus Paris. 143

et les rejeta comme frivoles; il dut en produire de nouvelles modifiées 1797 sur l'esprit et le système de ce directeur. Le sieur Barthélemy a montré *Ws- 13. ici la même faiblesse que de coutume; il n’a rien dit pour défendre le rapport de son ami... J'ai appris hier des présidents Dumolard et Dupont de Nemours que cinq députés de leurs Corps devaient avoir aujourd’hui au soir un entretien avec quelques membres du Directoire,

et qu’ils étaient chargés de proposer des moyens de réconciliation. Ceux-

ei prêchent la réunion et la concorde; tant d'autres prêchent la discorde,

et de ce nombre sont M"® de Stael et le sieur Constant... .

121. Spannung zwifchen bem Direktorium und ben Fünfhundert. Mittheilungen Zalleyrand’8 über ben Sant zwiihen Carnot und Barras. Beichluf, einige Mitglieder der Räthe zu verbaften.

...L’esprit de défiance entre le Directoire et le Corps législatif est Yug. 20. porté au comble ; chacun des deux pouvoirs multiplie les destitutions pour se narguer et pour montrer sa puissance. On voit d'un côté celles des commissaires de la trésorerie nationale, dont le but est d'empêcher qu'ils ne mettent les 18 [10] millions du Portugal à la disposition du Directoire!); on voit de l’autre celles des administrateurs de Paris, uniquement pour s'être montrés favorables à la formation de la garde nationale, ces actes d'autorité se multiplieront encore et allumeront la discorde . .. Dans cet état de choses la guerre est prête à éclater, si le Conseil des Anciens n'intervient pas plus activement à tempérer la fermentation. Le temps presse. Le moyen d'y parvenir ne serait pas, comme il en a été question dans un de ses derniers comités, d'envoyer le Corps législatif à Metz; cela ne ferait au contraire que multiplier les partis et les factions d’un bout de la France à l'autre ...

Mais les divisions qui règnent dans l’intérieur du Directoire ne sont pas inférieures à celles dont je viens de parler . . . J'en ai appris quelques particularités de la bouche même du ministre Talleyrand, et V. M. sentira combien elles doivent être ensevelies dans le plus profond secret. Il sortait du Directoire lorsque je l’ai vu, et était encore ému et agité de la scène à laquelle il venait d'assister. Le sieur Carnot n'ayant pas voulu signer comme président un message du Directoire tendant à arrêter l'organisation de la garde nationale, le sieur Barras s’est levé de sa place, l’a traité de misérable et d'homme dont les mains étaient encore teintes de sang; l'autre s’est levé à son tour et l’apostrophant d’a-

1) Der Bertrag vom 10. bez. 20. Auguft fipulirt die Zahlung. von 10 Millionen von Seiten Portugals an Franfreihd. Ein Arrêté bes Direltoriums vom 26. Oftober - erflärte ben Bertrag flir non avenu.

Aug. 20.

Aug. 24.

144 Urkunden No. 121—123.

venturier et de bête, lui a dit que sans sa qualité de directeur, il l'aurait fait se repentir sur l'heure de ses injures. »Qu’ä cela ne tiennex, a répondu Barras, »et finissons dans l'instant mêmer. Ils étaient près d'en venir aux mains, lorsque les autres directeurs ont interposé leurs représentations et les ont séparés. Mais la haine et le ressentiment restent. Dans le récit dont je viens de rendre compte, le ministre Talleyrand avait l'air de dire: dans quel moment suis-je entré en place! le moyen de travailler utilement au retour de la tranquillité générale! Cependant il conservait encore un peu d'espérance. »Si je puis parvenir, disait-il, »à conclure honorablement les deux paix en négociation. je regarderai cet événement de nature à concilier celle de notre intérieur. Ce motif m'y fait travailler avec la plus vive ardeur« . . . Les négociateurs autrichiens montrent depuis la reprise des conférences plus de cordialité et plus de sincérité dans leurs discussions que par le passe; il en augure bien pour la paix. Une lettre particulière du sieur de Thugut qui le félicite sur sa nomination, sert encore à le fortifier dans cette idée . . .

On n’a attendu que la fin de la présidence de Carnot pour mettre de nouveau en délibération l'arrestation de plusieurs membres du Conseil des Cinq-Cents. La résolution en a été prise il y a deux jours dans la majorité connue du Directoire, et l’execution fixée à la nuit d'hier. On ne l'a différée, à ce que j'apprends, que dans l'espérance de détacher quelques membres du parti antidirectorial . . .

122, Haltung Rewbel’s in bem Kampfe zwifcen Direltorium und Räthen.

On a vu comment l'attaque contre le Corps législatif était résolue pour la nuit du 19 au 20 de ce mois. Tout était disposé dans cet objet au moment où on y pensait le moins. Le sieur Rewbell, ébranlé par les représentations de ses amis et ému par les pleurs de sa femme, l’a fait ajourner. »Vous ne pouvez rien perdre«, a-t-il dit à ses collègues, »en temporisant, et vous pouvez gagner beaucoup dans l'esprit du peuple en montrant votre modération; soyez calmes et forts. Les sieurs Barras !) et Larevellière-Lepeaux, indignés de cette marque de faiblesse, ont voulu le ramener à leur première résolution; cela a été en vain. Ila tenu bon, et a renvoyé l'attaque méditée. Dès ce moment le bruit a été répandu dans le public que la réconciliation était signée entre les deux principaux pouvoirs de la constitution. Il n’en est rien . .. Les préparatifs de guerre continuent, le Directoire exécutif vient de faire entrer

1) Am 24. Auguft äußerte Barras in Gegenwart von Sandoz: »mes collègues sont de bons bourgeois de Paris; pour être habile à gouverner, il ne faut être ni père, ni époux et fermer l'oreille à toute sensibilités. Bericht vom 25. Auguft.

Berichte von Sandoz:Rollin aus Paris. 145

les troupes qui étaient garnisonnées dans les environs, de manière que 1797

la capitale est cernée et mise en quelque sorte en état de siége . .. Vas. 24. J'ai vu le directeur Rewbell, je l'ai trouvé calme envers le Corps

législatif et fort animé contre les prêtres; c’étaient eux, selon lui, qui

attisaient le feu de la discorde et les éléments d'une contre-révolution.

Sa physionomie et son langage étaient plus gais que de coutume . . .

123. Distuifion im Direltorium über die Grenze gegen Dentichland; Talleyrand, Newbell, Carnot, Bartbelenm.

... Le Directoire est divisé en politique comme en administration. Aug. 31. Le ministre des relations extérieures l'a éproyvé en dernier lieu, ayant voulu représenter qu'un des grands moyens de faciliter la paix avec l'Autriche était de reprendre les frontières déterminées par les prélimipaires de Léoben, et d'abandonner cette prétendue frontière militaire, qui ne servirait qu'à rendre la paix peu stable. Le sieur Rewbell s’est emporté à cette proposition; il a déclaré qu'il ne signerait jamais pour sa part la paix avec l'Autriche qu'il ne l’eût éloignée des deux rives du Rhin, et il a traité d’ignorantissimes tous ceux, et le sieur Talleyrand lui-même, qui soutenaient un système opposé. Ce dernier n'a point fléchi; il a sontenu qu’en prolongeant la frontière en question, on ne la fortifiait pas davantage, et qu'en empiétant sur l'Empire, on augmentait les prétentions de l'Empereur et ses demandes en indemnités; que si le but de la paix extérieure était utile au Directoire pour gagner la confiance du peuple, il fallait la dégager de toutes les entraves qui en retardaient la conclusion . .. Le sieur Carnot s'est rangé de l'avis du ministre. Ce n'était pas une frontière plus ou moins étendue que la nation demandait, c'était la paix, et le moyen qui devait y conduire plus promptement, était celui qu'il fallait préférer. Le sieur Barthélemy s'est aussi peu prononcé dans cette occasion que dans les autres. Il a gardé un silence profond, lui qui aurait pu, par ses connaissances diplomatiques, ramener le Directoire à d'autres principes et soutenir la doctrine de son ami. La conduite politique de ce directeur est aussi singulière, que la nullité de son caractère et de son influence. On le voit recevoir et accueillir chez lui tous les représentants qui sont ennemis du Directoire, et même tous ceux qui sont affichés dans le publie comme royalistes ; il les admet faute de caractère pour les renvoyer . .

Düffer 1, 371.

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