Staatsftreih vom 18. Gructibor
... Les mesures hostiles du Directoire contre le Corps législatif Sept. 10.
avaient été retenues par l'hésitation du sieur Rewbell, et nullement Pailleu, Preußen u. Frantreid, 1. 10
Sept. 10.
par d'autres considérations: du moment où elle a cessé, les mesures ont eu leur exécution ... Jamais entreprise n'était devenue plus facile : les grenadiers qui composaient la garde du Corps législatif, séduits et gagnés, ont commencé à l'approche de ceux du Directoire à déposer leur chef Ramel; puis se réunissant, ils ont prêté main forte pour investir les deux Conseils et arrêter les représentants. Il n'y a eu de résistance que de la part de la commission des inspecteurs de la salle et du général Pichegru personnellement: tout le reste a été saisi et transporté au Temple comme un troupeau de moutons. Les délibérations secrètes du triumvirat se tenaient chez le sieur Barras, où les directeurs Carnot et Barthélemy n'étaient jamais convoqués, comme on le pense bien. Malgré cela, ils étaient instruits des résolutions prises contre eux et cherchaient à s'en garantir. C'était trop tard. Le malheureux Carnot ne s'attendait pas qu'une mort violente serait le terme de ses travaux et de sa réputation. Ayant cherché à s'évader par une porte qui avait une issue sur le jardin du Luxembourg, il l’a trouvée gardée par des gens armés du Faubourg St. Antoine; rentré chez lui, il était resté seul avec son frère : à l'heure signalée, entre minuit et une heure, ces mêmes gens, apostés par Barras, sont entrés dans sa chambre, l'ont assailli avec fureur ainsi que son frère et les ont massacrés l'un et l'autre à coups de bayonnette. C'est au moins ce qui en a été débité le lendemain ...
A la même heure où Carnot était assassiné, le directeur Barthélemy, qui attendait avec effroi l'issue de cette nuit, recevait les arrêts chez lui ; un officier, suivi de 15 grenadiers, prenait possession de son appartement. »De la part de qui x interrogeait le sieur Barthélemy. »Du Directoire«. »J'en suis membre«. »Vous êtes un traître et mon prisonnier«. Ici la faiblesse de ce directeur s'est montrée; à cette apostrophe, la fièvre l'a pris, et il a gardé le lit depuis ce moment jusqu'à ce que le lieu de son exil soit décidé. Le publie le plaint par un sentiment de compassion, et point par un sentiment d'estime ...
La probabilité du succès était, comme on vient de lire!), du côté du Directoire. Malgré cela je sais que la plus grande inquiétude a régné au Luxembourg depuis minuit jusqu’à 8 heures du matin; on y craignait qu'un parti caché ne se montrât; on craignait un mouvement des Jacobins; enfin on y eraignait, comme dans toutes les affaires de ce genre, qu'une circonstance imprévue n'y devint contraire et n’en fit échouer l'exécution. Quelle entreprise! il était audacieux de la concevoir, et il semblait impossible de l’achever sans effusion de sang. Cependant tout a fléchi et tout a cédé sans montrer la moindre résistance, et il est
1) Bergl. ben Beriht vom 22. Juli, S. 139.
Berichte von Sanboÿ-Nollin aus Paris. 147
fort à présumer que les départements suivront l'exemple de Paris. L'indifférence des Parisiens sur ces événements a été extrême et telle à faire croire qu'ils n'en étaient pas l'objet. Ce sont les Athéniens à l'époque de leur décadence. Quelle entreprise contre la constitution! Le Directoire s'est mis, au moyen de ce nouvel ordre de choses, en possession des finances, de l'armée et de toute l'autorité. Les deux Conseils ne sont plus dès ce moment que ses machines à décret.
Le ministre de la justice a été l’auteur de ce plan d'attaque !): il vient d'en obtenir la récompense par sa nomination au Directoire . . .
Carnot, qu'on disait assassiné et de la mort duquel j'ai rapporté toutes les circonstances, ne l'est pas; il n'en a fait courir de bruit, à ce qu'on prétend, que pour échapper plus facilement aux poursuites de ceux qui le cherchaient?) . ..
125. Mittheilungen von Larevellière-Lepeaur über ben Staatsftreich vom 18. Fructibor.
. »ll ne faut pas croire«, me disait le sieur Larevellière-Lepeaux ?,, »que nous ayons procédé rigoureusement et injustement envers nos collègues Barthélemy et Carnot; non, nous avons observé jusqu'au dernier moment les ménagements qui leur étaient dus. Peu d'heures avant l'exécution de notre entreprise du 4 septembre, nous leur avons déclaré que nous étions résolus de rentrer dans nos droits ou de périr: ensuite nous leur avons demandé s'ils voulaient partager notre fortune et nos périls, ou rester passifs en faisant l'abandon de leurs liaisons et attendre l'événement. Carnot, devenu irascible et intraitable, a pris la parole; il a dit que non seulement il ne ferait point cause commune dans cette entreprise, mais qu'il la dénoncerait hautement et protesterait à la face de la nation qu'il n’en était point le complice. (C'était, selon lui, un acte arbitraire, qui devait engloutir le Directoire et la République. Barthélemy, son fidèle écho depuis deux mois, a partagé la même opinion, ajoutant qu'il tremblait sur le sort de sa patrie. (C’est donc là votre dernière résolution à tous deux? les ai-je interrogés comme président, mes collègues ont besoin d'en avoir de nouveau la confirmation. Carnot l’a répétée en son nom et en celui de Barthélemy, en élevant la voix et en frappant du poing sur la table. Alors je leur ai signifié de
1) Merlin jelbft leugnet dies. Berge. Wachsmutb II, 618 Anm. 110,
2) »Carnot, que j'ai vu, m'a révélé la cause du bruit de sa mort. A peine était-il sorti du Luxembourg par une porte dérobée, qu'il a vu massacrer à ses yeux un homme qu'on avait pris pour lui. Beridt von Sandoz, 9. Februar 1500.
3) Bergl. damit die Mittheilungen von Yarevelliere -Lepeaur in feinen Memoiren, Revue historique 10, 88. 89.
Sept. 10.
Sept. 14.
Sept. 14.
Sept. 21,
148 Urkunden No. 125—127,
se retirer, et d’attendre les mesures de sûreté qui seraient prises à leur égard; ear nous ne leur avons rien dissimulé, pas plus qu'aux membres des Cing-Cents qui étaient ennemis irréconciliables. Barthélemy a pleuré lorsqu'on l’a mis en état d’arrestation, et Carnot a cherché à s’évader lorsqu'on a consigné les deux portes de son appartemente.
»L'heure de l'entreprise sonnée, ce n'a pas été sans inquiétude, continua Larevellière-Lepeaux, »que nous en avons attendu l'issue; la tranquillité de Paris et de la France en dépendait; nous étions bien assurés d'une partie des grenadiers des deux Conseils, mais nullement de tous: et ces derniers pouvaient résister et grossir le nombre de nos ennemis. Le général Augereau avait pris l'engagement envers nous de ne faire feu qu'à la dernière extrémité. Francais et Parisien, comme je le suis, disait-il, je ne verserai pas le sang des Français comme celui des ennemis de ma patrie. Nous avons en horreur les prêtres réfractaires et les émigrés, et nous mettrons tout en œuvre pour en purger le sol de la République: mais pour le reste, nous n'avons aucun intérêt de trouver des coupables, et nous chercherons à faire aimer notre gouvernement, plutôt que de le faire eraindre«
126. Gleihgiltigkeit ber Parifer bei bem Abbrud der Verhandlung mit England ; Außerungen über Malmesbury. Barthélemy.
Abbruch der Berhandlungen mit England in Lille. Cette rupture, qui, il ya un mois, aurait produit ici la plus forte sensation, a été reçue dans les circonstances présentes avec la plus grande indifférence. Les Parisiens sont devenus insensibles aux révolutions, à la paix et à la guerre, et enfin à tout, hormis à l'argent. »C’est un sot que ce lord Malmesburye«, me disait hier le sieur Merlin: »c'est un tartuffe«, disait à son tour le sieur Rewbell: »c'est un perfide menteur«, disait le ministre des relations extérieures; »c'est un homme de beaucoup d’esprit«, remarquaient de leur côté les premiers négociateurs français de Lille ...
Pauvre Barthélemy ! on lui avait fait insinuer peu d'heures avant son arrestation, et c'était de la part du Directoire, de prendre la fuite ; les portes avaient été laissées ouvertes à dessein; mais il a été inébranlable à vouloir rester et à être jugé, et c'était bien plus par un sentiment de crainte que par un sentiment de courage. Au reste on l’a si peu soupçonné d'être un conspirateur, qu'on n'a pas même mis le scellé sur ses papiers. Ses deux frères, qui étaient restés avec lui jusqu'au moment de son départ, n'ont pas inspiré le moindre ombrage et continuent de le pleurer. Il n'est pas plus question ici de Carnot que s’il n'avait jamais existé: il est beaucoup question au contraire de Pichegru . . .
Berichte von Sanboy- Rollin. Denkichrift von Alvensleben. 149
127. Dentihrift des Freiheren von Alvensleben. Berlin 1797 Oktober 1. Rep.9 J 3. Cigenbänbig, gez. Alvensleben.
Précis des faits qui ont précédé et suivi les conventions du 5 août 1796.
Si, par la convention additionnelle de Bâle du 17 mai 1795, on a stipulé une ligne de démarcation, . .. et si Sa Majesté s'est engagée par l’article 3, comme elle l’a fait, de garantir »qu'aucunes troupes ennemies de la France ne passent cette partie de la ligne«; enfin si, par un article secret, le Roi s'est encore engagé, »à prendre l'électorat de Hanovre en dépôt, dans le cas que le gouvernement de Hanovre se refusât à la neutralité, il n'en est pas moins vrai que cette ligne de démarcation, qui a si cruellement fait trainer la négociation de Bâle, ligne qu'il était pourtant impossible de soutenir et de faire respecter faute de moyens, comme je l'ai souvent manifesté, et nommément dans mon mémoire du 1° avril 1795, mais sans qu'on ait daigné y faire attention alors, — il n’en est pas moins vrai, dis-je, que cette ligne a été violée; car le 10 octobre 1795 le feldmaréchal Clerfait passa près de Seligenstadt le Mein, de manière qu'il ne resta au prince de Hohenlohe, qui commandait le cordon, qu'à sauver nos droits de garantie par une protestation en forme, envoyée sous date du 11 octobre au feldmaréchal Clerfait. Le prince de Hohenlohe était autorisé à en agir ainsi par un ordre du Roi du 6 octobre, concerté à Potsdam avec S. Exc. M. le comte Haugwitz, dans lequel S. M. dit en termes „daß biefer (General Jourdan) mit aller Billigfeit darauf dringe, wegen genauer Refpektirung der Neutralitäts-Linie von Seiten Ofterreich® Sicherheit zu erhalten. — Die Franzofen können «8 wiffen, daß ich abfichtlic mit meinen Truppen in Hinficht auf die Demarcationg-Qinie nichts weiter als dieje in eigentlichem Berjtande bezeihnen wollen, um nicht in unnübe Händel und Thätlichkeiten verflochten zu wer: den, — jo überlaffe id €. D. zuvörderft dagegen die geeigneten Vorftellungen zu machen und jo viel Energie, als ohne Schwertfchlag denkbar ift, in die Sache zu legen. Wären diefe VBorftellungen frudtios, — E. D. anbeimgeben, fich Lediglich auf die Dedung der Ansbad-Bayreuthiichen Provin: zen zu bejchränfen“. Le feldmaréchal Clerfait, à la vérité, dans sa réponse du 12 octobre, ne tint pas compte de cette protestation, vu que sa cour ne lavait jamais instruit de cette prétendue ligne de démarcation et de son devoir de la respecter, tandis qu'il répliqua que s'il existait une ligne de démarcation, elle avait été enfreinte le premier {sic !] par le passage du Rhin que les Français avaient effectué le [5 septembre] 1795 près d'Eichelcamp. Quand même nous convenions que l’Eichelecamp à la rigueur ne pouvait être censé tenir à la ligne de démarcation, et que c'était simplement en vertu d'un arrangement particulier des officiers des
Ott. 1.
150 Urfunben No. 127.
deux armées que l'Eichelcamp avait été censé par les gens mal instruits enclavé dans la ligne de neutralité, nous n'en faisions pas moins valoir cet argument et celui de l'intention du général Jourdan annoncée au prince de Hohenlohe de ne plus vouloir respecter la ligne de neutralité, tandis que, exactement dans ce moment, elle était déjà enfreinte de fait par le feldmaréchal Clerfait, — nous ne laissions pas, dis-je, que de faire valoir ces arguments dans notre réponse au mémoire de M. Caillard du 20 novembre 1795, par lequel il portait fortes plaintes contre l'infraction de la ligne par les Autrichiens et contre les rassemblements de Hanovriens, Hollandais etc. derrière la ligne de neutralité '\; au reste nous disions en termes clairs dans la note responsive du 25 novembre 1795 : »le Roi instruit en même temps de toutes ces circonstances, n'ayant ni l’obligation, ni le pouvoir de défendre cette même ligne contre les deux partis opposés, dont l’un se déclarait sur le point de l’enfreindre et l’autre la transgressait par le fait, n'avait pas de choix par rapport au parti qui lui restait à prendre, et se vit obligé d'y renoncer également de son côté pour cette partie de l’Allemagne, en ordonnant au prince de Hohenlohe de se replier dans les margraviats de Franconie avec le corps d'observation qu'il avait à ses ordresc.
C'est ainsi que nous niâmes officiellement, en contradiction évidente de l’article 3 de la convention, l'obligation de garantir la ligne de neutralité, et que nous déclarions notre impuissance à le faire, comme je l'avais prévu et pressenti dans tous mes mémoires sans être écouté ; car s'il n'était question que Die Linie zu bezeichnen, ce qui est pourtant bien différent de garantir, on pouvait se passer d’armements si dispendieux.
La ligne de démarcation une fois violée, les reproches directs et indirects de la France et de l'Autriche ne nous furent pas épargnés, notamment on accusa le prince de Hohenlohe de connivence avec les Autrichiens.
Telle était notre situation équivoque, qui le devint plus encore par le vague de l'expression dont nous nous étions servis vis-à-vis de M. Caillard: cette partie de l'Allemagne, sans pourtant indiquer avec précision où la ligne de neutralité devait encore être censée exister, quand les progrès rapides des armées françaises et l'insuffisance de notre ligne de démarcation tant prônée par ses fauteurs et tant déconseillée par moi fit prendre le 15 février 1796 au Roi (je suppose, par les conseils de S. Exec. M. le comte Haugwitz, le département n'en ayant eu
1) Bergl. hierüber Häuffer 2, 30. 46; Oüffer 1, 299.
Dentidrift des Freiheren von Alvensleben. 151
aucune connaissance avant). la résolution 1° de négocier avec la France une nouvelle ligne de démarcation, {ce qui était encore avouer indirectement que les droits sur l’ancienné ligne ne subsistaient plus), et de faire de cette neutralité du Nord à stipuler par cette ligne, une condition sine qua non de la conservation de la paix; 2° d'inviter les cours de Hanovre, de Cologne, de Brunswick, de Cassel, de Holstein, de Münster, d’Oldenbourg, de Saxe, de Lübeck, de Hildesheim et de Mecklembourg, de même que les villes de Hambourg, Brême, Lübeck, Mühlhausen, Nordhausen et Goslar, à se concerter avec S. M. provisoirement sur les mesures à prendre pour que, au cas que la réponse de la France ne fût pas satisfaisante, on fût à même de mettre le Nord à l'abri de l'invasion ; 3° de charger le ministre Struensée de pourvoir aux fonds nécessaires. Ne pouvant pas arrêter la marche telle qu'elle était prescrite, puisque d'abord le 16 elle fut mise en exécution, je erus au moins de mon devoir de donner le 21 février 1796 le votum allemand ci-joint ad acta !}.
Si, par la phrase: „zwar hatte der vorjährige Feldzug Ereigniffe berbeigeführt, welche veranlafjen, dieffeits die zum Bebuf jener Neutralität mit Frankreich eingegangene Demarcations-Linie aufzugeben“, dont nous faisions usage dans nos lettres cireulaires du 15 février 1796 écrites aux princes et villes qui devaient être associés à nos mesures militaires, nous avouions diplomatiquement de n'avoir pu faire respecter la ligne de démarcation, nous ne pouvions espérer d’inspirer beaucoup de confiance pour celle que nous proposions. Aussi les réponses furent en partie évasives, déclinatoires, vagues, suspensives, mais toujours faibles et portant en principe que ce serait pour nous complaire qu'on se prêterait et qu'enfin on se réglerait sur les contingents futurs. La première convention de démarcation que nous soutenions exister et ne pas exister selon que nous le trouvions de notre convenance, tandis que les Français en agissaient à peu près de même, n'était remplacée par rien que par la méfiance la plus prononcée de part et d'autre, méfiance qui fut nourrie particulièrement près de la République par l’activité diplomatique que mettait publiquement M. de Dohm à réunir les princes du Nord de l'Allemagne et par la connaissance qu'on avait en France des propositions qu'on nous faisait de toutes parts pour rentrer dans la coalition, en attendant que nos négociations ne nous attiraient que des rebuffades particulièrement à Hanovre, pays pour lequel proprement nous trouvions bon de nous sacrifier, et que cela amena avec la France des explications sans fin sur nos préparatifs militaires; c'est dans cette crise, où je craignais que par nos fausses manœuvres, étant trop faibles pour les soutenir, puisque
1) Bergl. No. 35.
Oft. 1.
Dft. 1.
152 Urkunden Wo. 127—128.
M. de Struensée nous avait dit en termes clairs et nets qu'il n'avait pas de fonds, tandis pourtant que c'était lui qui en devait fournir, et que la création d'un papier-monnaie dont le comte Haugwitz commençait à parler comme d'un moyen facile à se tirer d’embarras, me paraissait devoir entrainer la perte absolue de l'État et une mesure inadmissible sous tous les points de vue, sens dans lequel je m'en expliquais ouvertement; — c'est dans cette crise, dis-je, que je donnais ad acta mon votum français du 6 juillet 1796), peu instruit, comme le département l'était toujours des intentions du Roi connues au comte Haugwitz seul. Lui aussi, sans la concurrence du département, signa la convention de neutralité du 5 août et la convention secrète du 5 août, toutes les deux d’après les ordres donnés à lui de bouche par Sa Majesté.
Bien loin de les critiquer, quand même je n'ai pas concouru à leur rédaction, et les envisageant même comme nécessaires dans la crise où nous nous trouvions, pourtant je dois observer :
1° que les avantages ménagés à la Prusse ne sont pas en proportion des obligations que la France nous [impose] et des pertes que nous avons essuyées et que nous devons faire encore ;
20 qu'on en est venu finalement plus ou moins au point que j'avais déjà proposé lors de la négociation de Bâle devoir faire la base de notre traité de paix, observations qui alors furent traitées d’inadmissibles et qui pourtant exactement alors, vu les bonnes dispositions de la France non aigrie encore par les soupçons et par nos démarches indirectement menaçantes, auraient, si l'on [en] avait fait l'application, 1° fait obtenir des conditions bien plus avantageuses, 2° nous auraient épargné deux conventions de neutralité et les frais de deux lignes de démarcation, 3° forcé indirectement le Nord de l'Allemagne à faire sa paix, particulièrement après la terreur panique qui s'était emparée au mois de janvier 1795 de toutes ces provinces, qui n'ont eu dans la suite pour boulevard que nos conventions, 4° auraient épargné à plusieurs de nos provinces et nommément à celle de Minden le poids d’un cantonnement constant qui les ruinera pour toujours, 5° et nous aurait évité le faux jour sous lequel nous n'avons paru que trop souvent; 6° enfin à la dernière extrémité, si aussi la paix du Nord n'avait pas eu lieu, nous aurions toujours conservé nos provinces de Westphalie si intactes, que le) sont restées celles de Franconie lors de la dernière invasion des Français de ce côté, tandis que, par les plans que nous avons adoptés, nous avons eu des dépenses enormes, fatigué depuis trois années une partie de notre armée d'une manière très marquante, obtenu des avantages incertains et modiques,
1) Bergl. No. 58.
Dentirift von Alvensleben, Erlaf an Sanbo;-Rollin. 153
inspiré de la défiance à toutes les puissances, de la confiance nulle part, contracté des obligations vis-à-vis de tout le monde, sans gagner en force et en solidité comme nous aurions pu le faire.
Telle est notre situation d'aujourd'hui, que le congrès, préparé déjà en avril à Halberstadt et Brunswick par des négociations et discussions préliminaires, siégeant depuis le 22 juin 1796 à Hildesheim, très fastueux dans ses discussions, très déchiré par les partis de Hanovre, de Holstein et le nôtre, très faible dans ses opérations, procure du jour à la journée de la nourriture et quelque argent pour les dépenses extraordinaires à l'armée qui est censée devoir garantir tout le Nord de l'Allemagne contre l'infraction de la ligne de démareation . . . Cette armée, censée être de 41500, nommément 25 mille Prussiens, 15 mille Hanovriens et quinze cents Brunswickois, est toujours incomplète, moitié mobile et moitié non, et constamment répartie dans des cantonnements très resserrés ou dans ses garnisons ordinaires. Enfin je laisse à décider si cette armée, aujourd'hui tolérée par la France et l'Autriche, mais vue d’un mauvais œil par une puissance comme par l'autre, empêcherait un instant les Français de violer la neutralité du Nord, le seul but qu'elle peut et doit avoir.
128. Grlaf an Sandoz-Rollin in Paris. Berlin 1797 Dftober 2. Die Alltanz- Anträge Franfreiche.
... Quant à l'utilité d'un concert entre lui [le gouvernement frangais] et moi sur les conditions de la paix continentale, personne ne peut en être plus convaincu que moi, et je me suis déclaré prêt à y entrer, pourvu qu'il veuille se pénétrer de la différence qu'il y a entre un tel concert, fondé sur la confiance réciproque et sur une connaissance réflechie de nos intérêts communs, et des mesures extrêmes qui, loin de remplir le but, aboutiraient au contraire à un bouleversement général, précipiteraient la Prusse dans la crise qu'on prétend vouloir lui faire éviter et l'exposeraient à des dangers incalculables, dont à coup sûr jamais la France ne pourrait la retirer . . .. Il n’est que trop vrai que s'il est au monde une puissance qui, par l'étendue de ses conquêtes et surtout par la perspective dangereuse qu'offrent sa conduite et ses principes, doit exciter une attention générale, c'est bien la France elle-même, qui, pour regagner une certaine confiance, devrait commencer par montrer la modération, la bonne foi et les égards pour d’autres gouvernements dont il ne paraît pas que ceux qui président au sien se fassent une loi dans ce moment . .. Sa façon d'agir envers ceux qu'elle a mis dans sa dépendance, n'est assurément pas encourageante pour des liaisons telles
Oft. 1.
Oft. 2.
Oft. 2.