Napoleon Bonaparte. Talleyrand
... La faveur du général Bonaparte gagne dans le Directoire, bien loin de s’affaiblir. Il n’est pas de jour qu'il ne s’y rende et n'y travaille comme s’il en était membre, et il n’est pas de jour qu'il ne soit consulté sur la majeure partie des objets qui y sont proposés. Tel est l'effet de son ascendant et mieux encore de son esprit de conciliation, que la plus grande réunion règne aujourd'hui dans le Directoire et que le gouvernement marche avec assurance et vigueur. Je pourrais même dire, avec stabilité, s'il gouvernait moins minutieusement et moins arbitrairement . . .
Mais que résultera-t-il de cette grande faveur et de ce grand ascendant du général Bonaparte? La fera-t-il servir à sa propre ambition et à s'élever à la toute-puissance? Je ne vois rien qui puisse faire soupçonner seulement un semblable projet. La santé de ce général est faible et sa poitrine est fort délabrée: son goût pour les lettres et la philosophie et son besoin de repos et de faire taire les envieux le mèneront à vivre de retraite et d'amitié . . .
»Rien n’est plus risible, me dit Talleyrand, que d'entendre le langage des ministres impériaux sur la ligne de démarcation de la République française : tantôt ils s’obstinent à dire que l'intégrité de l'Empire sera maintenue avec la plus scrupuleuse exactitude; tantôt que Mayence ne doit point être évacuée: tout cela dans le moment même où le comte de Cobenzl convient avec nous par écrit du jour où cette place de Mayence et d'autres doivent être mises en notre possession. N'est-ce pas là une mauvaise dérision? Quant aux plénipotentiaires français, reprit le ministre, je les crois peu propres à leur commission; on me les représente comme peu confiants, peu sociables et peu conciliants« . . . Le crédit de ce ministre se soutient sur l'amitié de trois directeurs: mais les sieurs Rewbell et Larevellière- Lepeaux lui sont entièrement con-
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traires. Ces derniers ont affecté de le montrer en n’assistant pas au bal qu'il a donné au général Bonaparte!) ...