Napoleon Bonaparte und Barras
. .. Les imprécations du président Barras contre l'Angleterre !) ont encouru la censure des gens éclairés et ont été blâmées généralement. Elles n'ont pas échappé au général Bonaparte, qui en a fait de sérieux reproches à son ami, tels que ceux-ci: »pourquoi me rendre témoin de ces menaces? pourquoi me faire douter de la grandeur de la République, en s’abaissant, comme on le fait, à injurier une puissance rivale? Vous provoquez ainsi la nation anglaise, en ne croyant provoquer que son ministère, et vous vous exposez à la voir réunie pour vous combattre. Je croyais le Directoire bien supérieur à ces petites passions: il eût été beau, grand et digne de lui de ne faire aucune mention dans ce discours de cette expédition: rassembler en silence les hommes et les moyens qui devaient la mettre en exécution, eût été cent fois plus imposant. Le sieur Barras s’est disculpé à son tour: »Vous ne connaissez pas le caractère des divers partis qui agitent la République: parler faiblement de cette expédition, n'eût pas enflammé les patriotes à la seconder; n’en point parler du tout, eût été exciter les Jacobins à accuser le Directoire d'être en connivence avec le ministère britannique: il fallait éviter l'un et l’autre de ces écueils. Il est done à observer qu’on a eu la discrétion d'écarter tout ce qui était relatif au roi d'Angleterre, comme un moyen de respecter sa dignité et de laisser une porte ouverte aux négociations. »Toutes ces raisons, a repris Bonaparte, »ne changent rien à ma façon de penser: si la République française est devenue la première puissance de l’Europe, elle doit en prendre le langage: si elle ne l’est pas devenue, elle doit montrer un langage plus modérée. Cette petite scène a eu lieu entre le directeur et le général en présence de plusieurs personnes . .
On a vu les affections de chacun des directeurs à l'égard de ce général le jour de sa présentation. Tout a déjà changé depuis ce moment. Bonaparte a l'art d'attacher et de captiver les hommes, comme celui de diriger ses entreprises. François de Neufchâteau est revenu à son parti:
1) In der Rebe von Barras am 10. December.
Dec. 14.
Dec. 22.
166 Urfunden Jo. 141—143.
de manière qu'il possède une majorité absolue dans le Directoire. Rewbell et Merlin n'ont pas partagé le même enthousiasme: ils attendent encore et se rendront finalement . . .
142, Banquet zu Ehren Bonapartes; feine Haltung.
(Nicht iffrirt) Les deux Corps législatifs, empressés également de montrer au général Bonaparte leurs sentiments d'amitié et de reconnaissance, lui ont donné, le 20 de ce mois, un banquet civique. C'était un dîner de 750 couverts, servi sur une seule table, dans l'immense galerie du Muséum. Le Directoire, les ministres et le Corps diplomatique y ont assisté. La plus grande harmonie et cordialité ont régné parmi les convives, et on a eu ici une preuve non équivoque de la parfaite réunion des trois pouvoirs de la République française. Chaque santé a été portée alternativement par le president des Cinq-Cents et par celui des Anciens, et des coups de canon tirés à l'extérieur du palais des Tuileries les répétaient au loin. Ce banquet civique a commencé à huit heures et a duré jusqu'à onze heures du soir.
{(Gbiffrirt] Il n'en faut pas douter : l'esprit de conciliation du général Bonaparte a opéré cette réunion remarquable. La confiance dont il jouit dans le Directoire est telle, qu'on ne prend aucune mesure sans le consulter, et celle qu'il a acquise dans les deux Conseils n'est pas inférieure. Les chefs et les meneurs de ces derniers sont devenus ses admirateurs, et le dur et inflexible Sieyès est du nombre; un langage modeste, plus réfléchi que spirituel et plus mélancolique que gai, sont ses moyens de plaire et de captiver . ..
Berichte von Sandoy Rollin aus Paris.