Unterrebung mit Talleyrand
... Le ministre des relations extérieures, que j'ai vu hier matin, Sehr. 28.
1) Bergi. die Erflärung von Segut im Moniteur 6, 814.
Gebr. 28.
174 Urkunden Ne. 152—154,
m'a dit: »Le Directoire est inquiet de la grande influence que le lord Elgin gagne à Berlin: il croit y voir une ligue du Nord et un système plus intime de liaisons avec l'Angleterre: je combats et je rejette bien loin cette idee ; je crois apercevoir au contraire dans les principes énergiques du jeune roi une confiance absolue dans sa propre puissance et une aversion bien décidée pour tout ce qui pourrait l'affaiblir, tel que des ligues et des liaisons mal-entendues; il est aussi impossible dans mon opinion de vouloir concilier la Prusse avec l'Autriche, qu'il est impossible de cimenter une amitié solide entre l'Angleterre et la France, ou entre l'Autriche et la France; des intérêts opposés et des haines traditionnelles s'y opposeront toujours. Vous aurez pu l'observer aussi bien que moi«, ajouta-t-il, »la France est une jeune république qui commet des fautes par inexpérience et par ivresse, et qui jette sa gourme; la guerre ne fera que les perpétuer et les étendre au loin. Pourquoi? parce que l'éducation actuelle est pour la guerre, parce que les succès des armées républicaines ont électrisé l'esprit national, et parce que le métier de soldat offre des chances et des avancements plus rapides et plus honorables que tout autre état. C’est la paix . . . qui doit refroidir cela et réveiller les anciennes habitudes; c'est elle qui fera fermenter dans l'intérieur, et qui mettra bientôt le Directoire aux prises avec la nation. Mais tel est l'effet des contradictions du monde politique: le Directoire veut décidément la paix, croyant mettre fin à ses travaux et à ses peines: et l'Europe veut la guerre, croyant peut-être mettre fin à l'inquiète ambition du Directoire. On ne réfléchit pas assez que l'esprit directorial changera nécessairement tous les trois anse.
Mes objections à ces réflexions de Talleyrand ne furent faites de ma part que pour dissimuler mieux que je partageais depuis longtemps la même opinion. En quoi je me trouvai surtout parfaitement d'accord avec lui, c'était sur le mauvais choix des agents et des employés de la République dans l'étranger. Il cita Mengaud à Bâle comme un sot présomptueux; il gémit de pitié de trouver dans sa lettre aux cantons de Fribourg et de Lucerne que la France n'avait que des idées de bienveillance à l'égard de la Suisse; il ne s'agissait en effet que de renverser la forme de ces gouvernements . . .
Le ministre des relations extérieures continuant ses ouvertures confidentielles, m'assura que le général Bonaparte considérait l'entreprise [contre l'Angleterre) comme fort hasardée, et préférait de négocier !la paix avec l'Angleterre, plutôt que d'effectuer cette descente, ce qu'on croira sans aucune peine. Îl est en guerre ouverte présentement avec le sieur Rewbell pour la nomination d’un ministre de la guerre. Le premier propose un successeur en la personne de Berthier, et le directeur
Berichte von Sandoz-Rollin aus Paris. 175
propose à son tour le général Joubert. Les suffrages du Directoire sont
partagés entre ces deux compétiteurs, de manière que selon toutes les 5%. ?5-
apparences ni l'un ni l’autre n'obtiendra cette place . . .
Le sieur Talleyrand me parla du traité d'alliance défensive, et non pas offensive, avec la République cisalpine !): c’est lui qui l’a rédigé en secret. Il pensait que toutes les puissances d'Italie en seraient satisfaites. J'y ai bridé les Cisalpins«, observait-il, »avec des chaînes de fer, et ils ne pourront pas concevoir une idée ambitieuse sans la permission du Directoire; cela était nécessaire avec des têtes follement exaltées, et qui pensaient qu'une armée était un droit pour conquérirx. »Bon avis, disais-je; »vous sentez que le mauvais exemple en cela est émané du centre du Directoire«. Il en convint . ..