‹ Preussen und Frankreich von 1795 bis 1807Chapitre 79 sur 234 · Außerung Talleyrand's über eine neue Coalition · texte numérisé non relu

Außerung Talleyrand's über eine neue Coalition

... Talleyrand m'a dit: »on trayaille à la paix à Rastatt, et il n'y Miu 22. aura pas de paix. Il se prépare dans le Nord une coalition qui em- | brasera de nouveau l'Allemagne et l'Europe, et Vienne a été invitée d'y" accéder !}. L'envoi précipité du général Bernadotte à son ambassade n'a eu d'autre motif que d'éclairer ce qui se célait à cet égard et si celleei voudrait y entrer. On doute en général à Berlin et ailleurs que le Directoire soit disposé sincèrement à la paix, et je puis vous garantir que ses dispositions sont néanmoins telles et qu'il y travaille de bonne foix . .

158. Unterhandlungen mit ber cisalpinijchen NRepublit. Pläne gegen Malta und Agypten.

... Le traité d'alliance convenu ici entre la France et la République Mir 24. cisalpine a excité beaucoup de surprise et de mécontentement dans les deux Conseils de la dernière et a été rejeté ensuite par celui des Anciens. La nouvelle en est venue ici avant-hier aux plénipotentiaires Visconti et Serbelloni. Quand le Directoire français, a dit le ministre Testi dans une note, voudra traiter la République cisalpine en État indépendant, elle sera toujours son amie; mais quand il voudra la traiter en esclave, elle ne lui saura plus aucun gré de l'avoir affranchie du joug de l'Autriche; le traité d'alliance serait notre honte et notre ruine. Le peu d'habitude où l’on est ici d'éprouver des oppositions semblables a allumé beaucoup d'humeur et de ressentiment. Le traité est fait, a-t-on dit; l’armée est là; l'obéissance doit s’ensuivre. Puis Talleyrand a

1) In Berlin erwiberte man bierauf: le gouvernement français pourrait-il se cacher qu'en continuant sur le même pied, il fait effectivement tout ce qui dépend de lui pour amener une réunion de tous les souverains contre les principes révolutionnaires qu'il paraît propager et contre les mesures qui semblent avoir pour but de les. soutenir? (Erlaf vom 6. April 1798.)

März 24.

IS0 Urlunben No. 158—159.

mandé les plénipotentiaires Visconti et Serbelloni, et leur a dit: »le Directoire croit s'apercevoir que les deux Conseils cisalpins sont influencés par des créatures de l'Autriche, et qu'il devient nécessaire d'en faire l'épuration; faute de cela, le gouvernement serait entravé, et l'amitié entre les deux Républiques très refroidie«. Serbelloni, seul présent à ce discours pour raison d'indisposition de son collègue, a dit: »mais vous avez exigé trop d'argent d'une République naissante: mais il n'existe pas de richesse capable de payer 18 millions de livre de France !); mais la comparaison de 3 millions de florins que nous avons payés à l'Empereur, avec celle de 18 millions de livres à payer à la République française, est désavantageuse et fâcheusec. »Comptez-vous pour rien les frais énormes de la guerre passée, l'accroissement de votre territoire, et l'avantage d'avoir été élevés au rang de puissance indépendante % a répliqué le ministre des relations extérieures. Il s'est résumé par déclarer que le traité devait être repris en bonne et sérieuse considération, et devait être ratifié sans aucun autre délai . ..

L'on équipe à Toulon avec la plus grande activité sept vaisseaux de ligne et trois frégattes, et l’on y rassemble près de 18 mille hommes de troupes. Le plus grand mystère règne sur le but de cet armement: les uns l’attribuent à une entreprise contre Malte: les autres au projet de se réunir à Carthagène avec onze vaisseayx de ligne espagnols, et de chasser les Anglais de la Méditerranée ; “les autres enfin à la grande expédition contre l'Égypte, à laquelle le général Bonaparte donne toujours la préférence. Peu de temps encore, et le mystère de cet armement sera éclairei. Je suis porté à soupçonner qu'on tentera peut-être d'enlever Malte d'un coup de main, en même temps qu'on fera voile pour l'Égypte. Le Directoire dissimule ses vues sur ladite île, sachant combien il serait facile au grand-maitre de se jeter dans les bras de l'Angleterre, qui dès ce moment aurait la surveillance et la clef de la navigation du Levant . ..

Talleyrand a justifié hier dans le Directoire le rejet de l'alliance de la part des Cisalpins; il a dit que c'était un premier acte d'indépendance qui, s'il était réprimé, produirait un mauvais effet parmi les alliés de la République française: qu'il s'occuperait incessamment de redresser celui des articles qui avait paru trop humiliant, la préférence donnée aux officiers français pour commander les armées de la République cisalpine ?) . ..

1) Rad Art. 6 des Vertrages vom 21. Februar hatte bie Cisalpina filr ben Unterhalt eines franzöfifchen Heeres jährlich 18 Millionen zu zahlen.

2) Nach Art. 8 des Vertrages fichen bie Truppen ber Cisalpina unter ben Befehlen jranzöfiigher Generale.

Beridte von Sanboz-Rollin aus Paris. 151

159. Sertrag mit der Gisalpina. Rewbell und Merlin, Talleyrand. Francois von Neufchätean. Geipräb mit Talleyrand und Napoleon Bonaparte.

Le sieur Talleyrand n'a eu que l'honneur d'avoir voulu contenir le ressentiment du Directoire sur le rejet du traité avec les Cisalpins; il n'a rien obtenu davantage. Un arrêté du Directoire s’en est suivi, dont la forme était aussi dure que le contenu: l'on y menaçait la République cisalpine qu'en cas de persévérance dans son refus, on la remettrait en état de conquête et de réquisitions. Par une bizarrerie assez singulière, dans le temps que le Directoire envoyait un courrier avec cet arrêté foudroyant, un autre courrier extraordinaire arrivait ici de Milan avec l'acceptation pure et simple du traité en question. On a eu quelque regret de sa précipitation; mais on n'a pris aucune mesure pour en détruire le mauvais effet. Ainsi le traité d'alliance et de commerce entre les Républiques française et cisalpine subsiste dans toute sa rigueur, et les représentations de Serbelloni et de Talleyrand n'ont abouti à rien.

Dans ce même temps une scène assez vive s'était élevée entre les directeurs Rewbell et Merlin; l'indifférence et les retards de l'Empereur à envoyer un ambassadeur ou un ‘ministre à Paris, en était l'objet. »Souffrir ces délais«, disait le premier, »c'est encourir le danger de voir l'Empereur manquer à ses engagements de paix, et c'est affaiblir notre considération en Europe; il n'y a pas d’empereur qui tienne, et il est temps de sortir de cette humiliation; mon opinion est donc qu'il faut déclarer à la cour de Vienne que si dans un terme fixé elle n’envoie pas ici ou un ministre ou un agent public, le Directoire fera retirer à l'instant même son ambassadeur«. »Il faut être conséquente, disait le sieur Merlin; »vous avez dit que l'étiquette de la République française était de n’en point avoir; n’agissez done pas en sens contraire de ce principe, et ayez plutôt l'air de ne pas vous apercevoir de cette négligence autrichienne; si vous y réfléchissez, l'avantage est de votre côté. Vous apprendrez par votre ambassadeur ce que vous avez intérêt de savoir, et l'Empereur ne saura rien de tout ce qui se passe dans votre intérieur ; mon opinion est done que la grandeur de la République française consiste à laisser l'Empereur parfaitement libre sur cet objet, plutôt qu'à vouloir le contraindre à l'envoi d'un ministre à Paris«. »Je n’entends ici depuis quelque temps que des opinions de robin«, a repris brusquement le sieur Rewbell, »et j'en suis fatigué Le sieur Merlin s'est contenu, mais n'oubliera pas l'injure. On est allé aux voix sur cette discussion, et elles ont été partagées, de manière qu'on n'a pu prendre aucune détermination. Le sieur Larevellière-Lepeaux s'est rangé de l'avis de Rewbell; Barras et François de Neufchâteau de celui du sieur Merlin.

März 25.

März 28.

182 Urkunden No. 159—161.

Je cite ces suffrages comme caractérisant en quelque sorte leurs penchants politiques.

Quel bien ne serait-ce pas, si Talleyrand entrait dans le Directoire ! On en parle aujourd'hui dans le publie comme d'une nomination possible, et il est assez habile pour en éloigner l'idée, afin de ne pas élever des intrigues contraires, si la majorité du Conseil des Anciens lui était acquise. Je crois connaître assez ce ministre pour être convainen que son système serait extrêmement favorable à la Prusse et au repos de l'Europe. Plus d’ebranlement dès ce moment et plus de commotion ; quelles que fussent même les contradictions qu'il pourrait essuyer de Rewbell sur certains objets, il aurait l’art ou de le ramener à ses idées, ou d'obtenir la majorité des suffrages. L'opinion que j'ai de lui est celle que quelques puissances en ont déjà prise. La cour d'Espagne et celle de Portugal lui ont fait faire en dernier lieu une proposition assez remarquable : que s’il avait besoin, pour entrer dans le Directoire, d'une somme de 1500 mille francs, elle serait mise à ses ordres, au moment où il le

jugerait convenable; qu'il pouvait y compter, ainsi que sur le secret le

plus inviolable. Je tiens cette particularité de l'ambassadeur d'Espagne même [del Campo}, qui a effectué la commission, et je requiers sur cette anecdote le même silence qu'il a exigé de moi.

Les directeurs tireront, au reste, fidèlement au sort sur celui d’entre eux qui devra sortir; je le sais positivement. François de Neufchâteau, affecté du triste rôle qu'on voulait lui faire jouer à cette occasion, a déclaré fièrement à ses amis qu'il croyait être aussi propre au directoriat que tel autre de ses collègues !) . ..

Le sieur Talleyrand et le général Bonaparte m'ont dit que rien n'assurerait mieux le repos de l'Allemagne et n'affermirait la paix du monde, qu'une alliance entre V. M. et la République française; Talleyrand surtout attache le plus grand intérêt à cette idée . . . Ma réponse à ces propositions a été très mesurée et circonspecte. (a été de dire: la paix sur le continent bien consolidée déterminera probablement la politique future de la Prusse et celle de ses alliances futures: jusqu'à cette époque elle restera religieusement neutre. Le général Bonaparte était extrêmement rêveur et distrait lorsque je lai vu; ses discours portaient même l'empreinte de l'humeur et du découragement. »Concevezvous dans votre politique, me disait-il, que la République française veuille la paix dans le Nord de l'Europe, et veuille la guerre dans le Midi de l'Europe? On s'y perd. J'y vois une suite de malheurs incal-

1) Schen am 8. Februar berichtet Sandoz, daß Brançois der ausjheibende Direktor jein werbe.

Berichte von Sanboy-Rollin aus Paris. 153

culables et un bouleversement qui ne saurait être favorable à ceuxmêmes qui l'auront excité. Il serait temps que le Directoire terminä ses entreprises et remit le glaive des armées dans le fourreau: l'humanité a besoin de respirer«. Le général commence à faire mystère de son départ pour les côtes de l'Océan, et ses amis l’annoncent très prochain, aux premiers jours du mois d'avril. Son vœu serait de commander de préférence l'expédition contre l'Égypte; mais son embarras est toujours de se démettre de celle contre l'Angleterre . . .

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