Unternehmung gegen Ägypten. Unterrebung mit Talleyrand
... L'aide de camp Marmont, ami et confident de Bonaparte, m'a donné au sujet de l'expédition contre l'Égypte quelques particularités qui peuvent intéresser V. M. Neuf vaisseaux de ligne et dix frégates composeront l'escadre destinée à cette croisade lointaine, et 30 mille hommes de troupes formeront l’état de ses forces. On travaille nuit et jour à l'équipement de ladite escadre, et l’on croit sa sortie fixée au 15 mai prochain?) . ..
J'ai vu hier matin le ministre des relations extérieures, qui ne m'a plus dissimulé le but de l'armement de Toulon; c'eût été trop méfiant de sa part. En confirmant une partie des particularités rapportées ci-dessus, il a gémi de voir l'ébruitement qu'on a donné à ladite expédition, et il l'a attribué à l'arrêté maladroit du Directoire *), qui enjoignait au général Bonaparte de se rendre à Brest dans un terme détermine, arrêté auquel il n'a pas obéi. Le sieur Talleyrand m'a avoué de plus qu'il était avec Magallon, consul en Égypte, l'auteur de cette grande entreprise et qu'il en attendait les plus grands succès. »Elle av, disait-il, »un but historique et politique : le premier, en recueillant les
1) Über Sorry's Verhaftung f. Moniteur 6, 794. 2) Die Abfahrt fand am 19. Mai flatt.
3) Bom 2. Avril.
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monuments qui peuvent servir à débrouiller l'histoire de cette partie du globe; et l’autre, en éloignant l'attention et les forces du gouvernement de ces idées révolutionnaires qui auraient bouleversé l'Europe; la République universelle est une chimère aussi grande que la monarchie universelle l'a été . ..
Sandoz fordert Zurücdziehung der franzöfiichen Truppen vom rechten Rheinufer. »Le rapport que j'ai faite, continua Talleyrand, »sur la retraite des troupes françaises est entièrement conforme à votre demande. Il aurait vraisemblablement ramené la majorité du Directoire à ses conelusions, si une démarche de la cour de Vienne n'avait réveillé des soupçons sur ses vues politiques et suspendu cette décisions . . .
164. Der Aufruhr gegen Bernabotte in Wien. Unterrebungen darüber mit Newbell und Talleyrand.
Un courrier de l'ambassadeur Bernadotte est arrivé ici de Vienne le 23 de ce mois en huit jours de temps; il était porteur de dépêches qui ont annoncé l'insulte faite à l'hôtel et à la personne de cet ambassadeur dans une émeute populaire, et qui ont donné lieu à une séance du Directoire exécutif, qui a duré depuis dix heures du matin jusqu'à cinq heures de l'après-midi. Des le lendemain, la nouvelle de cette insulte était répandue à Paris et y a causé autant de surprise que d'irritation. Quelques-uns, et c'est le plus petit nombre, ont blâmé l'ambassadeur d'avoir arboré sur sa porte le drapeau tricolore, comme un signe nouveau et inusité, et ont blâmé le ministère de Vienne d’avoir tardé pendant cinq heures à employer la force armée pour dissiper la populace. Ces fautes commises ainsi des deux parts peuvent servir à faciliter une réparation et à empêcher une rupture décisive entre les deux puissances. Dans le jour même de la réception de ces dépêches de Vienne, le départ du général Bonaparte, fixé au lendemain, a été contremandé, et l'expédition dont il est le chef a été ajournée.
Peu d'heures après avoir appris ces nouvelles, je me suis rendu à tout hasard au Luxembourg, pour essayer de voir l'un ou l’autre des directeurs; j'étais impatient de juger de l'impression qu'elles auraient causée, et de pressentir les suites qu’elles pourraient avoir. Le sieur Rewbell m'a reçu. Sa conversation était celle d’un homme aigri et irrité. »Vous avez appris, se mit-il à dire, »l'outrage fait à Bernadotte, qui n'est autre chose qu'un guet-apens abominable de l'Angleterre et de la Russie. Comment donner une autre signification en effet à des violences de cette nature? et comment justifier surtout le procédé d’avoir laissé l'ambassadeur de la République exposé pendant cinq heures aux
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vociférations et aux coups d'une populace effrénée? Vienne a 30 mille hommes de garnison; Paris, qui est un monde en comparaison, n’en a pas autant, et cependant un juge de paix et le premier état-major de quartier n'aurait pas besoin de prendre les ordres du Directoire pour secourir un ministre étranger qui serait attaqué: tous feraient leur devoir en pareil cas. Mais on le voit, cette scène avait été préparée et fomentée par l'argent de l'ambassadeur l'Angleterre, et secondée par le ministre de Russie; leur conduite après l'événement n’a que trop justifié ces soupçons . .. Notre ambassadeur ne croit pas que l'Empereur et l'Impératrice aient suscité la populace contre lui, comme un prétexte d'une nouvelle guerre, non; il rend compte d’une conversation qu'il a eue la veille avec l'Impératrice, qui prouverait le contraire !). Cette princesse lui ayant montré des craintes sur Naples et lui ayant témoigné qu'elle ne serait tranquille à cet égard qu'après avoir reçu une déclaration positive du Directoire qu'il ne serait rien entrepris contre ce royaume, l'ambassadeur l'avait assurée qu'il recevrait bientôt une pièce semblable, et lui avait fait en attendant les protestations les plus propres à la tranquilliser; protestations qui avaient satisfait pleinement cette princesse, au point qu'elle l'a remercié de lui avoir rendu, dès ce jour même, le contentement et le repos. Le Directoire veut la conservation de Naples et de la Sardaigne, observa le sieur Rewbell, et saura la maintenir. Que gagnerait-on de reprendre une nouvelle ligue pour déclarer la guerre à la France? Nous sommes plus aguerris et plus forts que nous n'avons jamais été. Ce ne sera pas une opération militaire facile que d’arracher à la République Mayence, Kehl et Luxembourg; on y consumerait bien des hommes et bien du temps. Qu'on nous laisse done tranquilles; car si on met aujourd'hui la France en jeu, et qu'on lui fasse tirer l'épée, je vous le dis: tout moyen de conciliation avec Vienne sera épuisé ; il faudra qu'elle périsse ou que nous succombions. L’Allemagne en sera bouleversée, et sera couverte de sang et de carnage.
»Le Directoire ne cherche pas et ne veut pas la guerre; il exigera une réparation de la cour de Vienne, celle de la punition et de la mort des chefs des mutins qui ont insulté l'ambassadeur. Si on la refuse, il avisera aux moyens de se la procurer, et tout l’odieux et les funestes effets en retomberont sur le ministère de Vienne. lei il échappa à Rewbell, dans l'abandon de cette conversation, de dire: »il n’y a que cette détestable Angleterre qui aura déjoué présentement toute entreprise contre elle; car la nécessité de surveiller une nouvelle ligue et une nouvelle guerre nous forcera de rassembler des forces d'un autre
1) Bergl. ben Bericht Bernabotie's darüber bei Hüffer 2, 250. 251.
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côté et d'être préparés à tous les événementse. Il finit par me dire que l'arrivée de Bernadotte à Paris et son rapport circonstancié donneraient la juste mesure de l'événement qui avait eu lieu . . . Vorftellungen von Sandoz-Rollin: »Mais à qui la faute s'il existe des ligues? Vous avez l'air de les craindre, et vous faites néanmoins tout votre possible pour les alimenter, les resserrer et les fortifier. Ce que je vais vous représenter appartient à la politique du monde. Ne donnez-vous pas, par exemple, l'alarme à l'Europe par vos entreprises sur l'Italie, sur l'Allemagne, sur la Suisse et sur Genève? Avez-vous dit un seul mot, publié une seule déclaration de votre résolution de laisser la Suisse à ellemême, et de votre résolution de reprendre vos premiers engagements de ne point vous immiscer dans les gouvernements étrangers? Prenez ce langage, et toutes les ligues seront dissoutes à l'instant«. »C’est mon idee«, reprit le sieur Rewbell. »J’ai soutenu dans le Directoire qu'une de nos premières démarches devait être de rassurer la cour de Naples contre toute entreprise de notre part et de rassurer également l'Empereur à cet égard; nous y procéderons dans peu de jours. Le seul objet de notre politique dans ce qui s’est passé en Suisse, et surtout dans la réunion de Genève, a été de faciliter nos communications avec l'Italie pour secourir la Cisalpine. Cependant le Directoire est pénétré d’une grande vérité, c'est qu'il n’existera jamais de paix stable en Italie et dans le Nord de l'Allemagne qu'à l'époque où une alliance sera conclue entre la Prusse et la France; il serait temps d'y songer« . . .
Il est à remarquer que la conversation dont je viens de donner le précis à V. M. s'est tenue à 11 heures du soir dans le jardin attenant à son appartement. Rewbell me l'avait proposé pour se dérober aux curieux importuns qui l’assiegent. Le lendemain, je passai chez le ministre des relations extérieures, sur son invitation. L'objet en était de m'apprendre l'événement de Vienne, dont il ne me croyait pas instruit, etil mena répété une partie des particularités rapportées ci-dessus; mais son opinion sur cette affaire était bien différente de celle de Rewbell: il gémit de cet incident fächeux, comme pouvant embraser de nouveau l'Allemagne et l'Europe, et il bläme la conduite de Bernadotte comme celle d'un jeune homme léger et imprudent. »Son devoir eût t&«, disait-il, »d’adoueir les faits au lieu de les aggraver, et son devoir eût été aussi de rester pour demander une réparation éclatante, et en cas de refus, de partir; mais non, il s'en va, prenant pour modèle la conduite de l'ambassadeur Bonaparte à Rome, sans réfléchir qu'il n'existe aucune comparaison à faire entre Vienne et Rome. J'ai parlé dans ce même sens au Directoire, continua le ministre des relations extérieures, lorsque j'y ai été appelé pour délibérer sur les mesures à prendre dans cette
Bericht von und Erlaf an Sandoz-Rollin. 189
circonstance, et je crois être parvenu à calmer un peu la grande irritation où j'ai trouvé les directeurs à la lecture de ces dépêches. Les guerres seraient trop fréquentes, ai-je dit, si, à chaque insulte que reçoit un ambassadeur, on prenait les armes pour la venger. Je suis occupé présentement de rédiger une note du Directoire à l'Empereur, pour demander la réparation de ce qui a été commis, c'est-à-dire la punition exemplaire des chefs des mutins, et le déplaisir formel et publie de l'Empereur des faits qui y ont donné lieu, et je l'ai rédigée de manière à conjurer plutôt l'orage qu'à l'exciter. Mon opinion est que le Directoire doit donner dans ce moment un grand exemple de modération, afin de détruire la mauvaise idée qu'on a pu prendre de ses mœurs et de ses principes politiques. Ce soulèvement populaire contre l'hôtel et le drapeau de l'ambassadeur français était l'effet des trames de l'Angleterre et de la Russie, et nullement celui d'aucune vengeance de l'Empereur.
J'en étais ici de cette affaire lorsque le secrétaire d'ambassade Fréville est arrivé de Vienne. Le récit qu'il a fait de vive voix au Directoire de l’outrage commis envers la personne de l'ambassadeur a enflammé de nouveau son courroux. Il faudra voir s'il y persévérera . .
Hüffer 2, 266, 267.
165. Grlaß an Sandoz-Rollin. Berlin 1798 Mai 4. Das Reid und Preußen bei Erneuerung bes Krieges.
Drohende Erneuerung des Krieges zwifchen Frankreich) und Dfterreich. Dans ce cas il est au moins bien à désirer que le congrès de Rastatt ne soit point rompu et qu'on parvienne, même au défaut de l'Autriche, à neutraliser l'Empire moyennant que la France reste provisoirement en possession de la rive gauche et retire par contre toutes ses troupes de la rive droite. Je mande à mes plénipotentiaires à Rastatt de travailler sur ce principe, et de votre côté vous ne négligerez rien pour le faire goûter au gouvernement français . .. A en juger d'après les derniers rapports de mes ministres à Rastatt, je dois croire même que les plénipotentiaires français ne m&connaissent pas que la France y trouverait son intérêt; il est sûr au moins qu'il lui resterait en Italie et en Suisse assez de points d'attaque où il pourrait employer ses troupes plus avantageusement qu'en Allemagne ...
Vous pouvez être complètement sûr que je suis très éloigné, quelques offres qu'on püt me faire, de donner les mains à une . . . coalition contre la France, tant que celle-ci de son côté ne portera point atteinte au système de neutralité stricte et impartiale que je me suis prescrit et
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que je ne demande pas mieux que de pouvoir maintenir. C’est de quoi vous pouvez avec sûreté répéter en toute occasion les plus fortes assurances .
Berichte von Sandoz- Rollin aus Paris.