Unruhen in Piemont, Unterrebung mit Talleyrand
... Les nouvelles tentatives de quelques déserteurs g@nois et cisalpins contre les frontières du Piémont !) ont donné lieu à des conférences et à des notes successives de l'ambassadeur de Sardaigne. Il demandait que le Directoire voulût se prononcer fortement à Milan et à Gênes contre ces hostilités, les notes de cet ambassadeur étaient judicieuses et sages. Il m'a prié de les appuyer dans l'occasion, et je m'y suis porté, n'y voyant aucun inconvénient. Le sieur Rewbell m'a assuré que le Directoire avait été autant surpris que l'ambassadeur de Sardaigne même de ces hostilités; qu'elles étaient faites contre ces intentions et qu'il ne tarderait pas d'y mettre un terme. »Ginguené«?) a-t-il ajouté »fait sottises sur sottises et ne sait ni parler ni écrire convenablement«. Le ministre des relations extérieures m'a répété hier les mêmes assurances. Il avait fait conseiller au roi de Sardaigne d'attaquer et d’exterminer les assaillants, en attendant les démarches ultérieures du gouvernement français. »Quelle diplomatie que la nôtre !« a-t-il ajouté, »nos ministres à Gênes?) et à Turin voient tout cela avec une indifférence et un silence qui n'est pas dans le sens de leurs instructions. N’ai-je pas tout à l'heure reçu une lettre du ridicule Mengaud, dans laquelle il me dit, en parlant des quatre cantons dissidents de la Suisse: laissez faire, citoyen ministre, je leur jouerai un tour de ma façon auquel ils ne s'attendront guère. Cela fait rire le Directoire, au lieu de lui faire pitié«.
Après cette conférence, Talleyrand me confia que le rappel du sieur Caillard était résolu, et qu'il ignorait encore le successeur qu'on lui donnerait‘). Il me prévint qu'il ne me serait plus possible d’y remé-
1) Bergl. Biandi 2, 638 fig.
2) Franzöfiicher Gefandter in Turin.
3) Sotin, ber frühere Bolizeiminifter.
4) In Berlin erwiberte man barauf: la probabilité du rappel du sieur Caillard me fait une véritable peine, puisque je dois à ce ministre le témoignage que, tout en prenant très fort à cœur les principes et les intérêts de son gouvernement, il a mis dans sa conduite toute la sagesse et la prudence possibles. Rien de plus injuste d'ailleurs que le reproche qu'on lui fait d'avoir gardé le silence sur mes liaisons avec la cour de Vienne et sur l'alliance de garantie qui doit en être résultée. Je l'ai répété mille fois: il n'existe ni alliance pareille, ni coalition quelconque. (11. Mai.)
Erlafje an und Berichte von Sandoz.Rollin. 191
dier, ayant été témoin que la majorité du Directoire avait prononcé ce rappel, fondé sur le silence qu'il avait gardé dans les liaisons entre Berlin et Vienne, et de l'alliance garantie qui devait en être résultée ...
167. Unterredung mit Talleyrand. Gieyès zum Gejanbten in Berlin ernannt.
... L'heure où j'écris est celle où le Directoire tire au sort pour savoir qui d'entre eux sortira de la place de chef suprême de la République, pour tomber dans le néant et dans l'oubli. C’est un jour d’angoisse et de peine. Talleyrand que j'ai vu hier, m'a dit que depuis huit jours les têtes directoriales étaient tellement occupées de ce jour fatal, qu'ils avaient suspendu toutes les affaires et avaient laissé les ministres des départements maîtres de toutes les décisions qui en ressortissaient . . .
A la suite de cette même conversation, . .. le ministre des relations extérieures me fit confidence du successeur qu'on donnerait à Caillard. | »C'est un de mes amis, se mit-il à dire, qui a été fort avant dans la révolution, qui en est très dégoûté, et qui est aujourd'hui autant exagéré contre, qu'il était exagéré pour elle; c'est le député Sieyes«. Voyant l’étonnement que me causait cette nomination, il reprit la parole et continua de la manière qui suit: »j'attache beaucoup de prix à ce qu'il soit admis et accueilli avec distinction à votre cour: vous pouvez être assuré qu'il emploiera ses talents et son esprit à complaire et à marquer l'estime particulière qu'il fait d’un gouvernement édifié par Frédéric II, et régi par son successeur avec autant de dignité que de gloire. Désabusé sur les républicains modernes, bien plus encore que sur les républiques, il voudrait s'éloigner de sa patrie qui n’a plus aucun attrait pour lui'). L'abbé Sicyès sera revêtu du caractère d’ambassadeur« . . . En répondant à Talleyrand, je le fis avec tous les ménagements qu'exigeait la personne de l’abbé Sieyès. Je ne lui dissimulai pas qu'il existait beaucoup de préjugés contre ce député dans l'étranger et dont la Prusse n'était pas éxempte, . . . et je l’assurai que l'amitié qui existait entre lui, Talleyrand, et Sieyès, servirait en quelque sorte de responsabilité pour la conduite de cet ambassadeur . . |
Hüffer 3, 64.
Grlaffe aus Berlin an Sandoz -Rollin in Paris. 168. Ehrenbreitftein. Die Abtretung ber linksrheiniichen Befigungen Preußens.
... Vous n'ignorerez pas les prétentions extraordinaires que ceux (les plénipotentiaires) de France viennent encore de mettre en avant à
1) Diefelben Berfiherungen gab aud Merlin.
April 29,
Mai 9.
Mai 11.
Mai 11.
192 Urkunden No. 168—170.
la charge de la rive droite. Elles sont telles, que si le Directoire ne s'en désiste pas en très grande partie, la négociation doit éprouver des difficultés presque insurmontables et conduire, sinon à un bouleversement total de l'Allemagne, du moins à une paix illusoire et mettant l'Empire dans la dépendance entière de la France. L’artiele de ces prétentions qui m'intéresse le plus, c'est la démolition d’Ehrenbreitstein, puisque l'Allemagne restant ouverte et à la merci des Français de ce côté là, le Nord de l'Empire sera continuellement exposé à la possibilité de leurs entreprises et se verra forcé d’être constamment en armes pour sa défense. Il semble que cette réflexion ne puisse échapper au Directoire et doive l’engager à renoncer au moins à cet article, sil desire véritablement de vivre dans la suite dans un état permanent de bonne intelligence avec moi. Vous ferez tout votre possible pour l'y disposer par vos représentations.
Je désire beaucoup aussi qu'il veuille munir sans délai ses plénipotentiaires d'un ordre positif, pour négocier avec les miens, déjà complètement instruits à cet égard, un acte formel relativement à la cession particulière de mes provinces transrhénanes. Ils viennent, à ma grande surprise, de s’y refuser, sous prétexte que les modifications dont on conviendrait avec l'Empire pour la cession de la rive gauche en général, devraient s'étendre aussi à mes États sur cette rive. Il s'entend en effet qu'on ne pourra accorder moins à mes provinces; mais j'ai droit de supposer qu'on ne se refusera pas à quelques stipulations plus favorables à celles-ci et tendantes au soulagement de leurs habitants, puisque le cas de cette cession particulière est très différent de celui de l'abandon du reste de la rive gauche. L'Empire se trouve en quelque sorte jusqu'à ce moment dans un état de guerre avec la France, et c’est pour en sortir qu'il souscrit aux sacrifices en question; au lieu que de ma part, vu la paix subsistante depuis trois ans entre nous, cette cession, quoiqu'éventuellement convenue d'avance, n’en est pas moins volontaire et doit par conséquent être soumise à un arrangement en forme, que d'ailleurs la France elle-même semble avoir intérêt à conclure pour sa propre sûreté future. Ce n'est au reste qu’à Rastatt que ces détails peuvent être réglés, vu leur connexité inévitable avec ceux de la cession du reste de la rive gauche . ..