Geipräh mit Talleyrand. General Brune
Sandoz fragt Talleyrand nad) dem Schidjal von Piemont. »Vous cherchez en vain«, me dit-il, »un gouvernement plus absurde que le nötre sur la surface de la terre; il est si absurde, que j'ignore parfaitement ce qui est tramé à ce sujet. Je déteste Ginguené et ses manœuvres autant que le roi de Sardaigne peut le faire. J'ai quelques amis dans le Directoire qui se sont bien montrés en ma faveur dans l'occasion; malgré cela, je n'ai pas pu réussir à éloigner cet ambassadeur de sa mission« . ..
L'accueil que le général Brune a reçu du Directoire a été assez froid; il n'a été amical que de la part de Barras, son protecteur et son ami . .. Brune n'était point initié . . . dans le grand plan qui concerne l'Italie, et l'ordre qui l’a appelé ici peut y avoir rapport. Présentement il est occupé à se disculper des dénonciations faites contre lui par le Directoire !eisalpin; ce qui ne sera pas difficile. L'ambassadeur de Sardaigne a eu un entretien avec ce général, dont il m'a confié la sub-
Berichte von Sandoz.Rollin aus Paris. 221
stance. A entendre Brune, les Francais ont sauvé le Piémont d’une insurrection générale; Ginguené et lui ont dénoncé au roi ceux de ses employés qui exciteraient et fomenteraient les troubles avec ses voisins du Milanais et de Gênes . ..
190. uUnterrebung mit Talleyrand über Napoleon Bonaparte. Rewbell.
... Le ministre des relations extérieures a essuyé, au sujet du nouveau plan sur l'Italie, une scène mortifiante : le sieur Larevellière- Lepeaux l'a traité de ministre insouciant, inexact et de républicain douteux, pour n'avoir pas rapporté au jour prescrit le travail qui lui avait été demandé à ce sujet; mais cette scène n’a pas troublé son existence ministérielle . . .
Gefprüd mit Talleyrand. Talleyrand croit le général Bonaparte sorti de Malte et fort exposé, si Nelson n’a pas perdu son temps à croiser devant l'île. Il sent que l’habilité de cet amiral anglais, son courage entreprenant, assurent tout l'avantage à la flotte de ce dernier; mais aussi il tient pour certain que le général Bonaparte ne serait pas pris vivant, mais mort. »Ce n'est pas«, ajouta-t-il en baissant beaucoup la voix, »que le Directoire serait fort affligé de l'échec qu’il pourrait recevoir; la gloire de ce général a trop retenti, et il ne serait pas fâché de la voir un peu terniex. En sortant de cette conférence, j'ai demandé à voir le directeur Rewbell sans y réussir; on me l'a annoncé comme étant toujours en souffrance et en danger. Quelques personnes veulent savoir qu'il éprouve des délires fréquents, et qu’alors il jure de n'avoir point reçu d'argent et de n’en point laisser après sa mort. Le genre de sa maladie est fort incertain encore, car Treilhard, consulté s'il avait la pierre, a répondu en riant que c'était de la bile recuite avec de la colère . .. Le plan de Talleyrand est fait: il aspire à signer la paix continentale; après quoi il postulera l'ambassade de Vienne pour s'y ménager une retraite et y jouir de la grande fortune que sa vénalité lui a procurée . ..
191. Preufifhe Dentfhrift an Sieyes. Berlin 1798 Auguft 3. N Concept von 2. D. Le Coq; ges. Haugwip.
Die Grundlagen für ben rieben zwifhen Franfreih und bem beutjchen Reiche.
Le citoyen Sieyès, envoyé extraordinaire de la République française, ayant témoigné au ministère du Roi le désir que l’on püt tomber d'accord à Berlin des principes fondamentaux de la pacification germanique, de manière à amener ensuite la prompte conclusion de cet ouvrage
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Aug. 5.
Aug. 3.
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222 Urkunden Ro. 191.
salutaire d'après ces mêmes principes, on a cru devoir exposer dans le présent mémoire les principales idées qui, selon le sentiment de S. M., doivent y servir de base.
Le Roi lui-même, ainsi qu'il l'a témoigné en tant d'occasions, n'a pas de plus ardent désir que de contribuer à l’accomplissement du vœu général qui demande le rétablissement de la paix et de la tranquillité. Mais il voudrait surtout que cette paix fût solide et durable et fondée pour cet effet sur des principes qui pussent ramener et affermir la confiance réciproque, et ne pas laisser la partie souffrante dans un état constant d'ombrage et d'appréhension. Telle sera sans doute aussi la façon de penser du Directoire, et certainement, les motifs puissants qui peuvent l'y engager n'échapperont point aux lumières d'un ministre aussi éclairé que le citoyen Sieyès. Le Roi n’a jamais méconnu que la France, dans la position où le succès de ses armes l’a placée vis-à-vis de l'Empire, doit en receuillir des avantages, et, d'après cette considération, 5. M. a éventuellement acquiescé pour elle-même et concouru à déterminer la députation de l'Empire au congrès de Rastatt à souscrire au sacrifice énorme de la rive gauche du Rhin. La mission française à Rastatt doit rendre à cet égard à la sienne une entière justice, et la paix serait signée depuis longtemps si l’on s’en fût tenu strictement à ce premier'principe. En effet, le Roi s'attendait avec toute l'Europe que la République ne pousserait pas plus loin ses prétentions et que, satisfaite enfin de la frontière naturelle qu'elle avait demandée et réalisant ses assurances pacifiques tant de fois répétées, elle ne voudrait point élever de nouvelles difficultés et exciter de nouvelles alarmes, en réclamant sur les possessions de l'Empire et sur les droits de ses membres au delà de cette limite. Personne n’ignore que depuis longtemps, et bien avant la dernière guerre, une chaîne des meilleures forteresses, faciles à approvisionner et à secourir de l'intérieur du pays, rendait déjà la France presque inaccessible à des armées étrangères du côté de l'Allemagne. Depuis cette dernière époque, l'esprit militaire de la nation a pris un nouvel essor. La bravoure de ses troupes, les talents de ses généraux, ont acquis une réputation aussi juste qu'universelle. La réunion de la Belgique a plus que doublé cette force défensive, et en ajoutant maintenant à tant de moyens la frontière du Rhin, toutes les positions fortes que présente la rive gauche de ce fleuve et particulièrement la forteresse de Mayence regardée de tout temps comme le boulevard de l’Allemagne, il ne reste certainement pas le moindre doute que le territoire français ne devienne désormais inattaquable dans toute la force de l’expression.
Il le serait, si même la rive droite du Rhin était occupée par une
Prenbife Dentibrift an Sieyes. 223
puissance en état de réunir promptement ses forces et de les concentrer sur un même point. Mais que l’on compare au tableau précédent celui que présente de ce côté l'Empire divisé en nombre d'états, faibles et isolés, ou du moins éloignés de plus de cent lieues du centre de puissance des deux grandes monarchies de l'Allemagne, l'Autriche et la Prusse! Comment, dans de telles circonstances, concevoir pour les temps à venir le moindre ombrage de quelque entreprise de la part du Corps germanique au préjudice de la République française? et qui ne voit que si jamais, contre toute apparence et même toute possibilité, l'idée pouvait en exister, la France serait toujours à portée d'agir même sur la rive droite, et de prévenir sans effort des mesures qui lui paraitraient dangereuses ?
Qu'il soit permis de le dire: le cas est exactement opposé à l'égard de l'Empire germanique, et quelque opinion qu'on veuille avoir des intentions pacifiques de la France pour l'avenir, il n'est pas possible pourtant de fermer les yeux sur la grande facilité que la réunion d'une masse énorme de forces derrière le Rhin lui donnera dans tout état de cause, pour inonder l'Allemagne de ses troupes. Il est dans la nature humaine que cette situation dispose les esprits à l'inquiétude et à une sorte de défiance; mais cette disposition ne doit-elle pas devenir un sentiment amer et dominant, si, au milieu de tant d'avantages, la France étendant ses demandes à mesure qu’elle en obtient l’objet, passe la ligne qu'ellemême avait indiquée comme tracée par la nature pour former ses frontières, et prétend encore empiéter sur la rive droite? Sa situation défensive étant déjà inexpugnable, il est clair que chaque point qu’elle obtiendrait sur la rive droite paraît entre ses mains un point d’attaque et concourt à lui donner envers l'Empire une attitude offensive. Celui-ci de son côté n'ayant pour sa défense que le Rhin et les places fortes qui se trouvent sur la droite, pour peu qu’on touche à cette barrière déjà si faible, pour peu qu'on réclame sur les possessions et les droits des états sur cette rive, il ne lui reste, et particulièrement à ceux de ses membres que sa défense concerne et intéresse le plus, d'autre parti à prendre, même après la paix conclue, que de se tenir armé dans l'intérieur, de rallier toutes ses parties et de porter constamment leur attention commune sur un même objet d'inquiétude et d'appréhension. C’est à la politique éclairée du gouvernement français qu'on s'en remet avec confiance, pour décider si c'est là ce que ses vrais intérêts exigent, et s'il peut lui convenir de donner à l’Empire la force du désespoir?
En un mot, si la paix doit être appuyée sur des bases solides et permanentes, si la retraite et le désarmement des troupes respectives doit en être l’heureux effet, si la confiance et les relations commerciales
Aug. 3.
224 Urkunden No. 191.
doivent reprendre entre les deux nations pour leur bonheur réciproque, elle doit se fonder sur la base striete de la limite du Rhin, et il importe autant à la France elle-même qu'à l'Empire que les positions que celui-ci conserve sur la droite demeurent absolument intactes, et qu'il ne soit porté aucune atteinte aux droits et possessions quelconques des états sur cette même rive, afin de leur laisser au moins une sorte de ligne de défense; de ménager l'opinion publique en épargnant à la nation le sentiment douloureux et toujours renaissant d’une dépendance humiliante et d'effacer insensiblement le souvenir des sacrifices prodigieux qu’elle est obligée de faire au désir de la paix.
C'est done là le seul principe que le Roi soit en état de proposer pour ramener promptement, entre la France et l'Empire, une paix solide et permanente. Si le Directoire l’accepte, rien n'empêcherait de l'arrêter tout de suite, et le traité de paix pourrait être signé immédiatement après. Quant aux conséquences de détail, elles en découlent d'’ellesmêmes, et il suffira de les indiquer en peu de mots, sans entrer à ce sujet dans tous les motifs amplement exposés par la députation de ’Empire au congrès et appuyés par les représentations des plénipotentiaires prussiens.
19° La République française se bornant à la cession de la rive gauche, se désisterait de ses prétentions sur Kehl et Cassel, comme appartenants à la rive droite.
2° Le cours du Rhin, ou chemin de navigation (Thal-Weg), formerait la limite entre les deux puissances, de façon que les îles sur la gauche resteraient à la France et celles sur la droite à l'Empire, et sauf les arrangements à prendre pour assurer à la forteresse de Wesel l’appartenance de Buderich et tous les ouvrages hydrostatiques qui en dépendent comme indispensables à l'existence de cette forteresse, perpétuellement menacée d'une ruine entière par l'impétuosité du fleuve. Cette modification découle déjà du principe général de la conservation intacte des places sur la rive droite, et dans les relations d'amitié et de bonne intelligence qui subsistent entre S. M. et la République, elle ne doute pas un moment que le Directoire n’y acquiesce d'autant plus volontiers, que cette place sera véritablement entre les mains du Roi un gage réciproque du maintien de la paix et de l'harmonie entre les deux nations. Il s'entend au reste qu'en poursuivant le cours du fleuve depuis Emmerich, le Waal, qui notoirement forme son vrai lit, sera censé former la frontière entre les deux États.
30 La République n’insisterait plus sur la démolition d’Ehrenbreitstein. On allègue à cet égard le danger de Coblence, et en effet, si la forteresse dont il s'agit se trouvait au pouvoir d'une puissance formi-
Preußische Dentidrift an Sieyes. 225
dable, ce motif pourrait mériter considération. Mais qu'on veuille bien se rappeler le tableau trop vrai qui vient d'être tracé de la force des États germaniques bordant la rive gauche du Rhin! Ce n’est pas apparemment de la part du faible possesseur d’Ehrenbreitstein, que la France eraindrait une entreprise quelconque, et qu'on permette de le répéter, à la moindre mesure annonçant une pareille attaque d'une puissance en forces, la République ne serait-elle pas la maîtresse de la prévenir? A la vérité, l'expérience a fait voir qu’Ehrenbreitstein possédé par l'Empire n'empêche point les troupes françaises de pénétrer dans l'intérieur de l'Allemagne. Mais au moins c’est un point de défense de plus, dans la position précaire où elle se trouve déjà vis-à-vis de la France, et les motifs généraux allégués ci-dessus trouvent ici leur plus entière application. Il couvre en quelque manière le Nord de l'Allemagne, dont l'accès serait ouvert aux armées de la République, si les ouvrages de cette forteresse devaient être rasés, en tant qu'ils pourront l'être. C’est principalement sous ce point de vue, que l’objet tient à cœur à S. M. Prussienne, comme intéressant la tranquillité de la partie septentrionale de l'Empire et le système défensif dont elle est le créateur et le garant, et, par cette raison aussi, elle se flatte que la République ne balancera point à y renoncer, pour ne pas mettre le Roi dans la nécessité fächeuse de suppléer par une continuité d'armements défensifs dans le Nord de l'Allemagne, à la privation d’un point d'appui auquel sa sûreté ne laisse pas que de tenir du plus au moins.
49 A l'égard du versement des dettes de la rive gauche sur les indemnités de la rive droite, cet objet est d'une nature trop compliquée, pour qu'on puisse y rien statuer ici d’une manière définitive et générale. On donne cependant à considérer si, même en supposant telle indemnisation des souverains perdants qu'on voudrait admettre, il y aurait une ombre de justice à faire porter à un pays quelconque les charges contractées par un autre et originairement affectées à son profit? Mais dans tous les cas, le Roi croirait faire le plus grand tort aux sentiments d’amitié du gouvernement français, s’il se permettait le moindre soupçon qu'il pourrait être question d'appliquer un tel transport des dettes aux provinces transrhénanes de S.M. A la paix de Campo Formio, la République s'est chargée de celles qui se trouvaient hypothéquées sur les Pays-Bas. S. M. ne rappellera point sous quelles circonstances bien différentes elle a conclu celle de Bâle, et quelles en furent les suites favorables pour la France. Sans doute, et à plus forte raison, la République ne songe point à admettre contre le Roi un principe quelle n'a point fait valoir contre la maison d'Autriche.
5° Pour ce qui concerne les péages sur la droite du Rhin, le Roi ne
Baillen, Preufen u. Grantreid. 1. 15
Aug. 3.
Aug. 3.
Aug. 7.
226 Urtunben No. 191—193.
saurait à la vérité anticiper sur les déterminations de la députation de l'Empire à cet égard. Mais on observera qu'il est infiniment dur de priver d'un trait de plume les états situés le long de la rive droite des revenus plus ou moins considérables que l'exercice de leurs droits incontestables de péages pouvaient leur valoir. Les intérêts de la Prusse s'y trouvent concernés particulièrement et d'une manière très sensible, et loin que dans les contrées soumises à sa domination le commerce ait souffert de cet exercice, il y était en quelque sorte intéressé Ini-même, puisque les revenus dont il s'agit étaient affectés en très grande partie à l'entretien des ouvrages hydrostatiques et de la navigabilité du fleuve, qui bientôt encombrerait son propre cours, sans une surveillance perpétuelle et de très fortes dépenses. Le plus simple serait sans contredit que les choses restassent à cet égard sur l'ancien pied. Il est à prévoir que, dans le cas contraire, les discussions longues et pénibles que l'objet exigerait retarderaient infiniment la signature du traité, et tout au moins faudrait-il le renvoyer à un arrangement ultérieur, soit entre la France et l'Empire en général, soit entre la première et les états riverains, en laissant jusque-là le tout in statu quo. Un tel arrangement pourrait alors embrasser généralement tous les rapports commerciaux respectifs, et le Roi de son côté y serait parfaitement disposé.
6° Il resterait encore à convenir entre la République et l'Empire de quelques points ayant pour objet de fixer les relations respectives et d'assurer les propriétés des habitants de la rive gauche. La justice et l'humanité réclament fortement un régulatif à cet égard et la députation n'a cessé de le rappeler. Cet acte serait accompagné ou suivi d’un acte particulier de cession des provinces transrhénanes de S. M., qui réglerait à leur égard les mêmes objets et pour les stipulations duquel S. M. espère de retrouver les sentiments d'amitié du gouvernement français, qu'elle n’a pu reconnaître jusqu'ici dans la manière dont, sans égard pour des considérations quelconques, on a traité jusqu’à présent ces provinces et leurs malheureux habitants.
Le Roi se flatte que la franchise avec laquelle on vient d'exposer sa façon de penser sur les grands objets dont il s’agit, fournira au Directoire exécutif la meilleure preuve de la pureté de ses vues et de la sincérité de ses sentiments, et S. M. désire que le citoyen Sieyès veuille bien employer ses talents et la confiance dont il jouit à mettre dans tout leur jour la force et la solidité des motifs sur lesquels elle se fonde.
192. Graf Gaugwit an den Grafen Findenftein. Berlin 1798 Auguft 7. F 147 K.
Unterbanblung mit Sieyes.
... M. Sieyès s'est rendu il y a quelques jours chez moi. Il m'a
Haugwig an Findenftein. Bericht von Sandoz-Rollin. 227
parlé de la paix et du désir de ses commettants que le Roi voulüt en 1798 accélérer la conclusion, comme ils étaient persuadés qu'il en avait le br D pouvoir. Je lui ai répondu ce qu'il y avait à dire de notre part sur ce sujet. »Mais«, reprit-il, »pourquoi ne pourrions-nous pas la signer ici %
et comme j'ai vu qu'il appuyait avec complaisance sur cette idée, j'ai
cru devoir entrer dans son sens d’une manière qui, si elle n'avance pas la chose, ne peut du moins pas la reculer. J'ai fait dresser en conséquence
le mémoire ci-joint !) ... Je ne compte nullement que M. Sieyès acquiesce
à son contenu, mais en supposant pour un moment que la France voulät conclure au prix de tous les articles qui y sont contenus, il ne me paraît
pas douteux qu'on ne ratifiät volontiers à Rastatt ce qui aurait été signé
sur ce pied à Berlin . ..
Berichte von Sandoz: Rollin aus Paris.
193. Unterredung mit Roberjot. General Brune. Drobenber Wieberausbruc bes Krieges.
. .. Je sors de mon entrevue avec Roberjot. Son langage n'est pas Aug. 11. celui d’un profond politique, mais d'un homme plein des meilleures dispositions pour rapprocher les parties intéressées à la paix. Il a la confiance de Talleyrand, et il a été parfaitement accueilli du Directoire. Ses instructions étaient aussi conciliatoires qu'elles pouvaient l'être, et il me confia que le seul point sur lequel il se trouverait en opposition absolue, était celui du versement des dettes de la gauche du Rhin à la droite. Le Directoire tenait à dignité à ne pas s'en départir; mais à l'entendre, cet article n'éprouvera pas les mêmes difficultés que par le passé, quand on aura vérifié que ces dettes se montent à une somme peu considérable, Cologne et Trêves étant en effet les deux seules possessions dans cette partie qui en sont grevées . . . Quoi qu'il en soit, Roberjot sera porteur de tous les moyens de rapprochement imaginables pour conclure la paix de l'Empire, et il le sera également d'un terme fixe pour l'acceptation des conditions et pour la elotüre du congrès. Son départ est arrêté à ce soir. J'appris de lui que l'acte de cession à traiter séparément pour les provinces prussiennes n'avait jamais fait le sujet des lettres de Talleyrand; ce qui m'affecta vivement. J'allai avec lui dans le cabinet de ce dernier, à qui je représentai de nouveau la nécessité de ne pas laisser partir ce plénipotentiaire sans lui obtenir le consentement du Directoire pour l'acte de cession en question; je lui fis sentir combien j'étais peiné d’un oubli qui compromettrait ma véracité.
1) Bergl. No. 191.
Aug. 11.
228 Urkunden No. 193—194.
Son embarras fut aussi léger que ses promesses. Le général Brune s’est fait annoncer dans ce moment même chez le ministre des relations extérieures. Il venait conférer avec lui et recevoir ses dernières instructions. Il part demain pour le Milanais. Je l'ai trouvé sérieux, préoccupé et triste. Ce qui se passe en Italie est aussi peu selon les désirs de ce général, que selon ceux de Talleyrand. Leur intention était . . . de sauver le Piémont, et ils n'y réussiront pas!). Un certain David, secrétaire d'ambassade à Milan, a trouvé moyen de traverser toutes leurs idées à ce sujet: fanatique Jacobin, il a représenté que révolutionner le Piémont, était se garantir de la connivence du cabinet de Turin avec l'Empereur en cas de guerre et intimider ce dernier. Les sieurs Merlin et Larevellière-Lepeaux paraissent avoir adopté fortement cette opinion, et vouloir tout disposer pour la mettre en exécution. Brune avait demandé le rappel de l'ambassadeur Trouvé à Milan, celui de Visconti à Paris, et celui de Ginguené à Turin, comme de mauvais tracassiers et brouillons, qui ne feraient que susciter des embarras et jeter les nouvelles républiques dans les bras de l'Empereur. Il avait demandé de plus de pouvoir traiter et terminer ici le rétablissement de la paix entre le Piémont et la république de Gênes, ainsi que la remise de la citadelle sous de certaines conditions; mais tout lui a été refusé. Le Directoire s'est borné à lui dire qu'ayant obtenu sa confiance pour le commandement de l’armée française en Italie, il devait y borner uniquement ses soins. Ce général part navré et presque résolu de donner sa démission. Je tiens ces particularités d'un de ses amis intimes. Croirait-on que Visconti entretenait une correspondance suivie avec les Jacobins de Paris et de Milan, et n’entretenait aucune avec le Directoire eisalpin? »C’est l'homme le plus méprisable et le plus exécrable qui existe«, m'a dit en dernier lieu le sieur Talleyrand. Si les idées du secrétaire d’ambassade David l’emportent en effet, on verra la citadelle de Turin n'être pas rendue au terme stipul& par la convention de Milan; on verra celle-ci annulée sous les prétextes les plus mauvais, et l’on verra Ginguené tra-
vailler à faire insurger le peuple de Turin, et à demander l’abdication du roi de Sardaigne . ..
194, Unterrebung mit Zalleyrand und Agjara. Preufiiche und fpanijge Ver mittelung.
. .. De quel côté sortira done cette paix de l'Empire et de l’Empereur? Le ministre des relations extérieures que j'ai vu ce matin, m’a
1) Rad bem Bericht von Sandoz vom 5. Auguft hätte Brune bem Plane ber Zer: triimmerung Piemont's miberfproen.
Berichte von Sanboy Rollin aus Paris. 229
protesté, ne plus savoir d'où il peut l’espérer; la Prusse, sur laquelle 1798 il comptait, vient, à l'entendre, de lui envoyer un mémoire qui n'est Tus- 19. qu’une répétition de ceux remis en différents temps à Caillard, et qui ne peuvent pas servir aux circonstances présentes !}. »Les événements marchant à pas de géants, observait-il, »d&placent tout; et le cabinet de Berlin parle et s'explique comme si tout était en repos; il ne veut pas voir qu'une nouvelle guerre avec l'Empereur, dans ces temps de fermentation, embraserait l'Europe entière, et qu'il n'est aucune puissance en état de s'en garantir. Jamais l'intervention de la Prusse n'est devenue plus pressante; il faut, en se pronongant pour une neutralité décidée, se prononcer au moins fortement pour le rétablissement de la paix et tenir le langage qui lui est propre. Au lieu de cela, la Prusse nous ramène froidement à des principes qui, s'ils étaient adoptés, recommenceraient les négociations de Rastatt et feraient parcourir de nouveau le même cerele de contestations et de difficultés. La paix demain, ou l'Europe est bouleversée; souvenez-vous de mon malheureux pronosticl« Le sieur Talleyrand débitait tout cela de suite, et avec beaucoup d'action et d'humeur. Reprenant un ton radouci, il me dit: »le chevalier Azara a senti comme moi tout le danger qui menace l'Europe et a considéré la nouvelle lutte prête à éclater comme devant être la mort de plusieurs puissances ; il a proposé formellement, en conséquence, la médiation du roi d'Espagne comme celle qui serait la plus impartiale et la moins suspecte aux deux puissances belligérantes. J'ai accueilli la proposition, sans prendre encore l’assentiment du Directoire, sentant que cette médiation isolée n'aurait pas assez de poids par elle-même . . .
Le chevalier Azara, que j'ai vu hier, m'a dit: »votre cour et la mienne devraient réunir leurs médiations pour une paix qui peut encore sauver l'Europe. Le temps est pressant et critique. Je sens que l'Italie doit faire encore une fois le sacrifice de cette paix, et c'est sur quoi il faut travailler avec célérité. Si votre cour se décide à entrer dans ma proposition, faites-m'en part, et tout sera bientôt préparé et mis en activité. Mais il faut se häter; le feu de la guerre aura éclaté du côté de Naples avec un acharnement terrible avant que nous ayons disposé la médiation que je propose. Vienne, je crois en être sûr, donnera son assentiment à cette proposition, et le Directoire n'y montrera pas moins de dispositions. Si cette occasion est perdue, c'en est fait de l'Italie et d'une bonne partie de l'Allemagne; tout sera révolutionné et anarchise« . ..
1) Es ift bas Memoire vom 3. Auguft. (No. 191.)
230 Urkunden No. 195—196.
195. Aufzeichnung des General: Adjutanten Oberft Zaftrow. Berlin 1795 Auguft 12.
Eigenhändig, obne Unterfchrift und Datum.
Unterrebung mit Sieyes über ben Frieden zwiichen Frankreich unb bem -beutfchen Reiche.
1798 Le ministre de France m'a communiqué, dans un entretien que j'ai Aug. 12. eu avec lui le 12 de ce mois, les observations suivantes relativement à la conclusion de la paix, ainsi que sur le moyen d'y parvenir.
En partant du principe que la France veut la paix, et qu’elle embrassera tous les moyens quelconques pour se la procurer sur le continent, ce ministre m'a fait entrevoir deux chances : l’une, de la faire avec gré et assertion de la Prusse et de l'Empire germanique, et l’autre, sans leur admission, en se concertant uniquement avec la cour de Vienne.
Le penchant, ainsi que l'intérêt de la France, portent son gouvernement à désirer que la première chance puisse avoir lieu, afin que l’équilibre de l'Europe, sans souffrir une altération, soit plus que jamais solidement établi et mette obstacle à toute nouvelle levée de bouclier, au lieu que s'il se voyait contraint d'embrasser la seconde, il s'en suivrait la nécessité d'accorder à la maison d'Autriche tous les nouveaux agrandissements auxquels ses vastes et insatiables projets tendent encore. |Le Directoire exécutif, pour parvenir à son but principal, qui est la” paix continentale, croit devoir souscrire aux vues de l'Autriche, | (quoique ce ne serait pas sans la plus grande répugnance), jugeant ses forces entièrement suffisantes pour balancer sous tous les rapports celles de cette puissance; mais il laisse à considérer si le reste de l'Europe pourrait voir d'un œil indifférent s'élever au milieu d'eux une puissance gigantesque, qui ne rencontrerait plus d’obstacle pour mettre èn exécution ses plans anciennement formés et auxquels la France n'aurait plus ni intérêt ni obligation de s'opposer.\ Le ministre de France conçoit qu'un tel agrandissement de la maison d'Autriche ne saurait convenir ni à la Prusse, ni aux états de l'Empire germanique, et s'empresse d’exposer le moyen de le prévenir, en proposant de se concerter avec le Directoire exdeutif pour cimenter une paix qui, en rendant le calme à l'Europe, mette un frein à tous les projets d’agrandissement ultérieurs
S. M. le roi de Prusse ayant par sa sagesse déjoué une partie du plan de la cour de Vienne, en renonçant à toute indemnité à la charge de l'Empire, a écarté par là la plus grande pierre d’achoppement, et mis le Directoire exécutif à même de refuser à cette cour tout autre genre
Serbanblungen mit Sieyes in Berlin. 231
d'agrandissement, étant plus que suffisamment indemnisée par son extension en Italie. Mais avant de faire à l'Empereur-roi cette déclaration, le Directoire demande à la cour de Berlin et aux principaux états de l'Empire d'y accéder, et de convenir éventuellement des moyens à ettre en usage pour l'engager à y souscrire également. Le point de la question par conséquent est: le roi de Prusse et les | principaux états de l'Empire Youdraient-ils consentir à un nouvel agran- /dissement de la maison d'Autriche, ou voudraient-ils s'entendre avec le gouvernement français pour l'engager à ne pas outrepasser le statu quo actuel, s'entend apres l'évacuation de la partie de la Bavière occupée encore par ses troupes? Dans le premier cas, le gouvernement français n'aurait des arrangements à prendre qu'avec la cour de Vienne, en cédant à ses prétentions afin de prévenir toute nouvelle hostilité, et la paix avec l'Empire n'en serait que dépendante, tandis que dans le second la paix avec l'Empire serait conclue dès le moment où le concert susmentionné aurait lieu, et les différends qui occupent encore le congrès de Rastatt ne seraient à considérer que comme des accessoires entièrement soumis à l'objet majeur.
196. Friedrich Wilhelm III. an das Rabinet&-Minifterium. Charlottenburg 1798 Auguft 17.
Eigenhändig ; gez. Frédéric Guillaume.
Antwort an Sicyes,.
On pourrait exposer au pp. Sieyès qu'on n'était aucunement éloigné, et que ce serait au contraire avec plaisir, qu'on interposerait ses bons offices près de la cour de Vienne quant aux affaires d'Italie, et qu'on croyait être sûr que celle-ci ne se refuserait pas à renoncer à tout agrandissement ultérieur en Italie, en autant, s'entend, que la France renoncerait également à tout agrandissement et toute prétention quelconque à faire sur la rive droite du Rhin, en se contentant toutefois du grand sacrifice que l'Empire venait déjà de faire à la Republique en lui cédant toute la rive gauche du Rhin. On pourrait ajouter à ceci qu'on se persuadait en outre que la cour de Vienne ne se refuserait pas, mais concéderait encore plus facilement, et assurément avec la meilleure volonté du monde, à accéder à un arrangement aussi désirable, qui aurait pour but la pacification et la tranquillité de l'Allemagne et peut-être de l'Europe entière, en se désistant de tout agrandissement qui outrepasserait
8 limites actuelles en Italie, si d'un autre côté la France voulait en Fa , outre ce qui regarde l'Allemagne, y ajouter de son côté quel-
Aug. 12.
Aug. 17.
232 Urkunden No. 196—199,
1798 ques mesures rassurantes quant à la Suisse et à la conservation des États Aug. 17. actuels de l'Italie !).
197. GErlaß an Sandoz -Rollin in Paris. Berlin 1798 Auguft 20.
Unterrebung mit Sieyes.
Aug. 20. ... Dans l'entretien que mon ministère a eu avec le sieur Sieyès en lui remettant cette pièce ?}, celui-ei a témoigné d'une manière plus prononcée qu'il ne l'avait encore fait que le but constant et unique de ses
émarches est de m'entraîner dans une alliance offensive et défensive ee la France contre l'Autriche. Après avoir lu le mémoire, il a même dit en propres termes qu'il ignorait à la vérité s'il existait effectivement encore des différends entre la République et la cour de Vienne, mais qu'en tout cas ce n'était pas de bons offices qu'il s'agissait, mais de se réunir ensemble contre ladite cour pour l'avenir; il a demandé à plusieurs reprises si done mon intention était de m'en tenir uniquement au présent sans contracter un engagement éventuel pour la suite ? Sur quoi on lui a répondu que dans ce moment c'était du rétablissement et de l'affermissement de la paix qu'il était question, et que j'y invitais itérativement le Directoire, afin de terminer le plus tôt possible cet ouvrage salutaire . ..
198. Graf Saugwib an den Grafen Findenftein. Berlin 1798 Auguft 21. F 147 K.
Berhandlungen mit Sieyes. Unterrebung mit Prinz Geinrid.
Aug. 21. ... Lorsque M. Sieyès eut lu le mémoire que je lui ai remis, concernant la paix de l'Empire, . . . il me témoigna que cette pièce ne répondait pas à son attente, que ce n'était que du Rastatt, dont il n'était pas question ici, et qu'il ne pourrait l'envoyer au Directoire. Il battit même étrangement la campagne sur ce qu'il pensait devoir faire entre nous l'objet d'une négociation relative à la paix continentale. Il jugea sans doute de cette tentative, apparemment selon lui manquée, qu'il ne devait pas s'amuser avec le ministère, mais qu'il convenait de suivre une autre marche pour parvenir à ses fins. Il se rendit en con-
/ séqüence chez M. le colonel de Zastrow et le chargea de faire parvenir / au Roi les ouvertures dont V. E. trouvera la substance dans l'exposé ci-
1) Diefem Erlaffe entfprad bie dem Abbe Sieyes am 19. Auguft ertheilte Antwort. 2) Die Note vom 19. Auguft.
Berbanblungen mit Sieyes in Berlin. 233
joint, et dont les propositions fallacieuses reviennent à l'insinuation déjà 1798 / faite sous diverses faces de forcer l'Autriche à main armée de souscrire à "us ?!: / la paix que la France lui dicterait. Sa Majesté, à qui cette marche irrégulière et astucieuse de traiter les affaires a, comme de raison, déplu, a daigné tout de suite me communiquer le susdit exposé, et V. E. verra par le décret ci-joint . . . avec quelle justesse et solidité S. M. m'a fait connaître ses intentions sur la déclaration ministérielle que j'ai remise au sieur Sieyès, et dont la forme lui fera connaître que ce n’est point par des voies détournées que S. M. entend qu'il entame les affaires et que l'on traite avec hi!) ...
Mgr le prince/Henri m'ayant fait dire à son retour qu'il désirait me voir?), je m'y suis rendu, en rencontrant M. Sieyès sortant du cabinet de S. A. Royale./J'ai ouvé le prince aussi français que l'homme qui venait de le quitter pouvait le souhaiter. Je dois réserver à des détails qui ne peuvent se rendre que de bouche tout ce que S. A. R. m'a dit dans un entretien qui a duré près de quatre heures. Je n’en citerai qu'un trait : c'est que le prince a fait tout ce qui a dépendu de lui pour m’engager à disposer le Roi de retirer son corps d'armée de Westphalie et d’abandonner ainsi la ligne de neutralité.
Le sieur Siey&s a reçu la réponse que je lui ai remise relativement à ses ouvertures à M. de Zastrow avec un sentiment concentré de mécontentement, dont il n’a étouffé l'explosion qu'avec contrainte. Il a battu la campagne, comme à son ordinaire, mais il faut s'attendre à des démarches de sa part qui pourront donner lieu à des explications décisives, puisqu'il a fait entendre d’une manière assez prononcée qu'il s’agissait d’arrangements à prendre dans tous les cas contre la maison d'Autriche . ..
199, Note von Sieyes an das preußifche Kabinets-Minifterium. Berlin 1798 Auguft 22.
Dank für die Anerbietung der Bermittelung Preußens. La note remise le 2 fructidor (19 août) à l'envoyé de la République Aug. 22.
1) Findenftein ermwiberte hierauf: il faut convenir que cette marche n'est pas dans l'ordre; ... mais ce ministre s'est apparemment imaginé que ces sortes de détours, auxquels le général de Bischoffwerder avait accoutumé les ministres étrangers sous le règne précédent, lui réussiraient encore sous celui-ci. (24. Auguft.)
2) Prinz Heinridy war in Teplig zur Kur gemelen. — Sieyes freibt am 7. Juli an den Ardivar Resnier in Paris: Üe prince Henri m'a traité avec des égards distingués pour le représentant de la grande nation. Il est étranger à toute espèce d'affaires, mais au moins il ressemble à un homme: il parle et on peut parler avec lui. (Sntercept.) |
Aug. 22.
Aug. 25.
Aug. 27.
234 Urkunden No. 199—202,
française par le ministre d'État et du cabinet ne s'annonce que comme une réponse à l'entretien qui avait eu lieu, huit jours auparavant, entre M. le colonel de Zastrow et le citoyen Sieyès, au sujet de la paix continentale; mais l'envoyé de France ne peut se dispenser d'y voir une offre positive et nouvelle, qui, quoique non provoquée de sa part, exige qu'il la reçoive avec les sentiments d'intérêt et d'amitié qui l'ont dictée. Cette offre est celle des bons offices du Roi pour aplanir des différends ou des difficultés qui, suivant la note, se sont élevés de nouveau entre la République française et la cour de Vienne depuis le traité de Campo Formio. Le soussigné ignore si en effet il s'est élevé entre ces deux puissances des difficultés assez graves pour appeler utilement linterposition des bons offices de S. M. le roi de Prusse; mais il doit se montrer infiniment sensible à une attention qui prouve au moins la part amicale que $. M. serait disposée à prendre aux intérêts de la République française dans le cas où de telles difficultés viendraient à s'élever. Dans cette hypothèse, le soussigné à cru convenable de faire connaître ces bonnes dispositions à son gouvernement, et il a l'honneur d’en prévenir le ministère du cabinet.
Berlin, le 5 fructidor, an VI.
Sieyès.
200. Graf Haugwik an den Grafen Findenftein. Berlin 1798 Auguft 25. F 147 K.
Sieyes,
Sieyts überreicht die Note vom 22. . . . Il faut s'attendre de la part du sieur Sieyès aux démarches les plus étranges et qui pourront couper court à tout moyen de traiter avec lui. Il vient de détacher le sieur Ephraim à M. le comte de Schulenbourg, pour lui dire que, ne voulant pas traiter d’affaires avec moi, il lui demandait de s'adresser pour cet effet à lui dans les ouvertures qu'il aurait à faire à Sa Majesté) . ..
201. Note von Sieyes an das preufifhe Kabinets-Minifterium. Berlin 1798 Auguft 27.
Winfht eine ErMärung Preußens, auf Eutjhäbigungen zu verzichten. L'Envoyé de la République française, au Ministère du cabinet. Office.
Le Directoire de la République veut la paix. Le Roi la veut aussi.
/Dans les communications verbales que mon caractère m'a mis à portée à
1) Bergl. Hüffer 3, 67.
Berbanbiungen mit Sievès in Berlin. 235
recevoir du ministère prussien, j'ai distingué un fait dont la connaissance officielle est propre à accélérer cette paix si ardemment désirée par ceux que la nature n'a pas disgraciés de tout sentiment humain. | Plusieurs fois il m'a été dit que l'Empereur avait fait déclarer à Sa Majesté qu'il abandonnait ses prétentions à de nouvelles indemnités au delà de celles qu'il possède déjà, si le roi de Prusse voulait de son côté renoncer à toute indemnisation pour les pays qu'il perd sur la rive gauche du Rhin. Au nom de la paix, qu'une pareille déclaration peut faciliter, je demande la notification de ce fait, pour être à l'instant transmis au Directoire exécutif, qui la recevra comme un nouveau gage des dispositions pacifiques et amicales de Sa Majesté.
Berlin, le 10 fructidor, an VI (27 août).
Sieyès.
202. Note des preufifhen Kabinets-Minifteriumsd an Sieyes. Berlin 1798 Auguft 31.
Concept von 2. D. Le Eoa; ges. Alvensleben, Haugmwit. Preußen verzichtet unter gewiffen VBorausfeßungen auf Entichäbigungen.
‘ Sa Majesté le Roi de Prusse, pour faciliter le rétablissement d'une Aal prompte et solide, est prête à renoncer à toute indemnité pour la perte de ses provinces transrhénanes, résultant de la cession de la rive gauche du Rhin à la France ;-wais c’est dans la double supposition, d’un côté, que la paix sera effectivement conclue sur cette dernière base et qu'ainsi la rive droite restera intacte, de l’autre, que S. M. l'Empereur renoncera également à toute indemnité aux dépens de l'Allemagne. Elle invite donc le gouvernement français à suivre les sentiments conciliatoires et modérés qui animent le Roi et à porter à son tour les mêmes facilités à la prompte conclusion de la paix. Celle-ci ne saurait sans doute être assez accélérée, et le Roi s'attend qu’elle sera immédiatement suivie de la retraite des troupes françaises de la rive droite, leur séjour prolongé dans l'Empire et les réquisitions sans nombre qu'elles se permettent pesant tellement sur les contrées riveraines, que le fardeau en devient insupportable. Il croit pouvoir s'attendre aussi que la cour de Vienne, qui a souvent manifesté le désir de contribuer de son côté à accélérer la paix de l'Empire, sera prête, tout comme le Roi, à ne former aucune prétention d'indemnité à la charge de l'Allemagne, et S. M. renouvelle encore à cet égard l'offre de ses bons offices}.
1) Haugwit, ber ben Inhalt biefer Note angab, wies ben Eoncipienten berfelben ju: gleih an, nach ber auebrüdlichen Beflimmung bes Königs bem style sec et décharné der Rote von Sieyes fih anzufchlichen.
Aug. 27.
Aug. 31.
Sept. 2.
236 Urkunden No. 203—206.
Berichte von Sandoz -Rollin aus Paris.