HISTOIRE ET CRITIQUE
(au-dessus de la base de l'encéphale) qu'elle agit pour mouvoir les membres gauches.
III. — A propos du centre moteur du pouce (pour lui, du reste, comme pour les autres centres moteurs), je rappellerai les faits que j'ai récemment signalés à Société de biologie et à l'Académie des sciences, et qui montrent que, suivant la position de la tête d'un mammifère (dans certaines circonstances), la même excitation au même point de la zone excito-motrice corticale détermine des mouvements dos membres du côté opposé ou du côté correspondant à celui de l'irritation. Toute la valeur des faits d'irritation de la zone dite motrice de l'écorce cérébrale, d'après les expériences de Fritsch et Hitzig, de David Ferrier, de Horsley etBeevor et tant d'autres, est certainement annulée par des expériences démontrant que la même partie d'un côté de cette zone est capable de produire, suivant les circonstances, des mouvements identiques, tantôt dans les membres du côté opposé, tantôt dans ceux du côté correspondant. Si l'on veut persister à considérer les mouvements produits comme la preuve que la partie du cerveau irritée est le centre psycho-moteur des membres ou de la partie d'un membre, mis en action, il faut alors admettre que chacune des zones motrices, celle de gauche comme celle de droite, possède deux centres psycho-moteurs : l'un pour les membres droits, l'autre pour les membres gauches. Je ne repousserais pas cette conclusion si je ne savais que la destruction de ces prétendus centres moteurs des deux côtés, chez l'homme comme chez les animaux, peut ne pas causer de paralysie.
IV. — Il ressort des différents faits et arguments que j'ai exposés que l'expérience de MM. Horsley etBeevor est absolument insignifiante en tant que fait à l'appui de la doctrine des centres psycho-moteurs, et que l'explication probable du mouvement du pouce, que ces habiles expérimentateurs savent produire, est que c'est un pur acte réflexe.