‹ Preuves de l'insignificance d'une expérience célèbre de MM. Victor Horsley et Beevor sur les centres appelés moteursChapitre 3 sur 4 · HISTOIRE ET CRITIQUE · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET CRITIQUE

Je dirai d'abord à l'égard de cet argument que l'anatomie démontre positivement qu'il n'y a pas continuité de fibres nerveuses des centres supposés moteurs jusqu'aux muscles. Mais il y a plus, j'ai montré que la parlie du bulbe rachidien et du pont de Varole que les cliniciens considèrent comme contenant les fibres nerveuses motrices des membres, — le cordon pyramidal, — loin de donner lieu à des mouvements en harmonie avec la théorie, lorsqu'on les irrite mécaniquement ou galvaniquement, produisent neuf fois sur dix des mouvements dans les membres du côté correspondant. On peut, comme je l'ai signalé, avoir aisément la preuve que ces mouvements sont des actes réflexes, car après avoir coupé transversalement une pyramide antérieure si on irrite mécaniquement ou galvaniquement (avec toutes les précautions nécessaires) soit la surface de section inférieure, soit la supérieure, on obtient, dans l'un comme dans l'autre cas, neuf fois sur dix, des mouvements du côté correspondant. Or, dans ces deux cas, des expériences décisives m'ont montré que l'irritation passe d'abord dans le côté opposé de l'encéphale et de la moelle, et de là gagne le côté de ce dernier organe qui correspond à celui de l'irritation. Gela démontre bien que les mouvements causés par l'irritation du cordon pyramidal sont de l'ordre des actes réflexes.

Si une partie de l'encéphale étant irritée donne lieu à des mouvements réflexes, il n'y a aucune raison pour déclarer qu'il soit impossible que d'autres parties, comme les prétendus centres psychomoteurs, ne produisent aussi quand on les irrite de simples mouvements réflexes. Je suis loin d'affirmer qu'il en soit ainsi, mais, je le répète : les mouvements dus à l'excitation de ce qu'on appelle centres moteurs peuvent être purement réflexes.

II. — MM. Horsley et Beever, comme tous les cliniciens et nombre d'expérimentateurs, s'imaginent que les mouvements d'un membre ou d'une partie de membre à gauche quand certains points de la couche corticale à droite sont irrités, ont lieu parce que l'irritation a été transmise à la capsule interne, puis au pédoncule cérébral, du côté droit, et de là a passé à la moelle épinière à gauche soit par les fibres de décussation des pyraini les antérieures (suivant les cliniciens), soit par les fibres qui s'enlre-croisent dans le port (suivant quelques expérimentateurs). Or, ainsi que je l'ai trouvé, après la section du pédoncule cérébral droit, la galvanisation des centres dits moteurs à droite, loin d'être devenue incapable de mettre en mouvement les membres et le pouce à gauche, détermine, au contraire, dans ces parties des mouvements plus forts qu'avant cette section. On ne peut donc pas considérer la partie de l'écorce cérébrale qu'on irrite comme douée de puissance motrice volontaire, à moins d'abandonner la notion que lorsque cette puissance est mise en jeu, c'est par des fibres passant de droite à gauche dans le cerveau

Page 1