PREFACE
Ce livre est avant tout une sorte d'inventaire de tous les faits positifs que douze années d'études expérimentales m'ont permis de recueillir sur plusieurs milliers de naissances diverses.
J'ai tenu surtout à présenter ces faits sous la forme la plus claire et la plus précise ; puis je me suis permis d'en tirer les conclusions les moins suspectes. Il va sans dire que « l'astrologie » dont je m'occupe ici n'est qu'une « science naturelle » de pure observation et que je laisse de côté toutes les élucubrations, répandues en son nom, qui ont voulu en faire une sorte d'étude magique sans aucune base scientifique.
Quelle que soit l'opinion admise sur l'astrologie, son histoire ne peut laisser indifférent celui qui cherche à connaître l'homme dans son passé. L'astrologie a eu en effet une importance telle dans la plupart des civilisations anciennes, qu'il est in-
concevable que les historiens l'aient si peu étudiée.
D'autre part, on s'explique encore moins qu'après avoir été cultivée par les plus hautes intelligences des temps passés (on est bien forcé de le répéter)^ Tastrologie ait à peu près complètement disparu, depuis deux siècles, des préoccupations scientifiques contemporaines ; étant donné surtout qiCil est impossible de rencontrer nulle part sa ré/alation mise sous forme logiqtie et expérimentale. Il y a là, on peut dire, un fait unique dans Tbistoire des connaissances humaines et une sorte d*offense à la Raison, qu'on a toujours jusqu'ici plutôt cherché à éluder qu'à résoudre. Ceci est tellement vrai que la plupart, — à notre époque pourtant de libre examen, — se sentent froissés ou tout au moins gênés s'ils entendent quelqu'un parler sérieusement d'astrologie devant eux!
Pour rhoniieur même de l'esprit humain, il est à souhaiter que la science moderne s'en occupe et qu'une lumière définitive soit faite là-dessus.
Aussi, celui qui s'intéresse au présent et à l'ave^ nir de Thomme plus encore qu'à son passé, peiàt difficilement éiuder la question de l'astrologie ; rhistorien et le savant sont également intéressés au problème. Tous les mots d'esprit colportés làdessus, — bien avant Voltaire lui-même, — ne
feront d'ailleurs rien pour résoudre celui-ci, et je ne crois pas que ceux qui ont une véritable conscience de savant puissent s'en contenter à notre époque d'analyse scrupuleuse.
Je tiens à déclarer que dans toute discussion ^ relative à ce qui suit, je fais aussi bon marché de mes opinions personnelles que de celles des autres. Une chose compte avant tout en Science : ce sont les faits permettant d'étayer les théories et non ces théories elles-mêmes ; et n'oublions pas qu'il n'est nullement nécessaire d'expliquer un fait pour avoir le droit de l'admettre. Nous employons naturellement ici le mot a fait » dans le sens de fait scientifique et non d'acte personnel qui sert de base au côté anecdotique de la psychologie mondaine.
Ceux qui ne voient dans la Science que sa portée industrielle sont libres de fabriquer de nouveaux produits chimiques, de diriger des ballons, de construire des phonographes ou des navires cuirassés... et de ne pas ouvrir ce livre. Quant aux autres, plus rares mais augmentant chaque jour, qui voient dans \^ vérité scientiflque ellemême un but •^— un but lumineux pour nous éclairer, et un soutien pour nous guider, — je ne crois pas possible qu'ils restent indifférents en face des vérités que l'astrologie enseigne.
Sans éluder les discussions qui s'y ralLachenl
— les mèniei aujourd'hui qu'il y a vingt siècles,
— je crois plus utile d'aller droit au but, c'est-àdifti au fait; je pense ainsi mieux répondre au désir du lecteur juodorne.
C*esl qu'en elTet tous les longs discours, les vraisemblances, les cilations d'auteurs, les phrases bien faites, les anecdotes, les bons mots... et tout ce qui compose le bagage habituel des érudîls ou des littérateurs compte ici pour peu de chose en présence d'un fait scientifiquement prouvé.
Après avoir lu ce livre les « négateurs quand même », s'ils ne veulent pas se dérober complètement devant les faits positifs sur lesquels nous nous basons, auront à chercher des réponses, — peut-être assez embarrassantes pour eux, — aux questions du genre de celles-ci :
Pourquoi la nature, sur les 35 040 quarts d'heure dont se compose une année, choisit-elle souvent celui qui présente le maximum de ressemblance héréditaire vis*à-vis d'un parent proche, pour faire naître l'enfant; et cela de la façon la plus précise au sujet de la répartition des planètes dans le ciel, figurée pour chaque naissance?
Pourquoi, sur cent individus doués d'esprit philosophique prononcé, en trouve-t-on 77 dont les thèmes de nativité présentent un « aspect entre Mercure et la Lune », alors que sur cent indivi-
dus quelconques on en trouve toujours seulemont 50 environ?
Pourquoi, au moment de la mort d'un individu trouve-t-on la planète Mars en conjonction de la place du Soleil de nativité, avec une fréquence trois fois plus grande que s'il s'agit d'un ciel quelconque, ce fait-là étant mis en évidence par des centaines de cas observés ?
Pourquoi, en connaissant une personnalité typique et son jour de naissance, est-il possible en certain cas de déterminer l'heure exacte à laquelle elle a dû naître, par le secours seul des lois de correspondance astrale à vérifier?
^Pourquoi, étant donné deux individus d'une même famille dont l'un est d'une santé et d'une destinée brisées d'avance et l'autre bien bâti, estil possible de les distinguer sans hésiter par la connaissance seule des dates et heures de nativité?
Le présent ouvrage a d'abord pour but d'établir des faits de ce genre avec la méthode scientifique, la plus rigoureuse possible en la matière, puis d'y répondre de la façon qui paraît la plus logique.
On chercherait vainement, je crois, dans les livres anciens le souci de ces preuves, même chez les astrologues les plus autorisés-
Aujourd'hui comme autrefois, la plupart des adeptes de la science astrale se croient dispensés de toute discussion scientifique quand ils ont
« liné lies horoscopes b avec une interprélùtion semblant conforme aux sujets visés, et Targumeut suprême pour eux réside dans les prédictions réalisées. Comme je le montrerai plus loin, aucun caractère vraiment scientifique ne saurait ôtre attribué au système de preuves pat* iriter* prétalion ou par prédiction.
En somme, aujourd'hui comme autrefois : tîôUX qui condamnent l'astrologie Téluderlt avèé des mots d'ospritj et ceux qui la défétideht, ne troU* vant aucune riémonRlratioU à faire et sëiltatit ce» pendant qu'ils n'ont pas tout à fait tort, sô cdtl^ tentent d'invoquer leur soi-disant expérience et de dire aux autres ci alloz-y voir ».
Le défaut de critique semble équivalent deà deux côtés, quoique^ au nom de la science, personne ne soil dispensé de fournir ses preuves.
En comparant ce livre à mes précédents, quelques lecteurs pourront être surprix de la ^ marche en arrière » que je puis senibler avoir suivie dans mes travaU:îc. S'il s'agissait d*Urte étude dont la base n'est pas contestée par là science officielle, il n'y aurait plus en effet d'autre intérêt qu'à marcher de l'avant et à découvrir de nouvelles lois d'interprétation dans rinfluendë astrale. Mais il en est tout autrement pour ce cas unique de la science astrologique que la plupart aujourd'hui considèrent comme une êcience fïioHè
et enterrée à jamais, — c'est-à-dire comme une chimère.
C'est aux racines mêmes de cette science qu'il faut donc descendre, et comme à peu près rien dans les livres anciens ne peut éclairer sur la question, j'ai pensé que le « livre de la nature d, où tout se trouve, permettrait mieux qu'un autre une conclusion. Aussi, après avoir admis provisoirement certaines règles tradilionnelles pour rinterprétation, ai-je abandonné peu à peu celles que robservatioii répétée ne me permettait pas d'accepter comme vraiment fondées. C'est pourquoi, après avoir écrit il y a six années un Traité sommaire d'astrologie scientifique^ — où du reste j'aurais aujourd'hui peu de chose à changer, — ai-je été conduit, par un travail de simplification que je crois nécessaire, à la recherche de bases positivement sûres; bases qui permettront sans doute un. jour d'étayer une astrologie moderne, — science naturelle sans aucun caractère magique et occulte, où la psychologie intégrale poMrrait trouver son vrai terrain, J'ai tenu également à parler de l'esprit de méthode à apporter dans cette étude en insistant sur la méthode expén^e/z/afe que j'avais déjà indiquée dans mes premiers articles parus en 1898, procédé de recherche que la plupart de ceux qui s'occupent de ces travaux ont adopté depuis.
Le lecteur jugera peut-être cette préface trop longue, s'il est impatient d'aller aux faits. Il peut en effet penser avec raison que, si l'on veut parler d'astrologie, la question capitale est de savoir (l'abord si oui ou non il y a quelque chose de vrai là^dedans et comment le prouver ?
ConiinG je suis de cet avis, je m'appuierai sur des preuves, et je ne demanderai au lecteur qu'un peu d'attention pour me suivre en abandonnant provisoiiement, s'il le peut, tout le bagage habituel des préjugés concernant la question.
Toutefois, je tiens à commencer ce livre en disant quelques mots de l'attitude de la science officielle vis-à-vis de l'astrologie : quand on s'avance en effet sur le terraÎQ des autres, il est toujours bon de savoir au préalable comment on y sera reçu.
Estimant que la logique est la bonne foi des philosophes et des savants, je m'efforcerai dans ce qui suit à être aussi clair que le sujet peut le permettre. Cependant, ne voulant pas tomber dans une vulgarisation qui ne profiterait à personne, je liens à n'omettre aucun fait important pour le seul motif de sa complexité ou de son caractère étranger aux idées courantes. Je prie seulement le lecleur de ne pas confondre, en fait de science, « aridité » avec « difficulté ». D'autre part, toute conniïissance humaine repose sur des bases éta-
blies une fois pour toutes et qu'on ne peut songer à « redémontrer » sans cesse au fureta mesure qu'on s'appuie sur elles, au risque d'embrouiller tout ou du moins de perdre son temps, L*œuvre d'un astronome ne gagnerait rien par exemple à prétendre démontrer sans cesse les théorèmes de géométrie sur lesquels il est forcé de s'appuyer à chaque pas...
Je me crois donc dispensé de répéter dans ce livre certains détails développés dans mes ouvrages précédents.
Je tiens enfin à le déclarer ici une fois pour toutes : Non seulement je ne sais pas im « tireur d'horoscopes », mais je prétends qu'il n'est pas nécessaire de l'être pour démontrer que Vastrolo^ gie est vraie et en établir les bases*
Si je ne crois pas au métier de « tireur d'horoscopes » et en général à toute tentative de définition du caractère dans le lamjage humain^ c'est à cause de Vinsuffisance de celui-ci en psychologie, — source de presque tous les malentendus. — Je crois que la psychologie, comme la musique, exige un langage spécial et que ses portraitistes sont les trois quarts du temps dupes des mots.
En psychologie, on pourrait dire que la crainte des « mots » est le commencement de la sagesse.
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