V- FUN
dacieux d'essayer d'intervenir directement sur l’imbolus lui-même. Tredelenburg n’a pas hésité d’intervenir directement sur l'artère pulmonaire. Son opération pratiquée en 1907 fut un échec.
Depuis 1908 à 1924, d’autres chirurgiens non moins téméraires ont pratiqué 19 semblables opérations avec 19 échecs. Malgré ces résultats désa:treux il faut croire que l’idée était bien tentante puisque 140 observations ont été publiées par les auteurs allemands et nordiques et dans toute cette série on ne note que dix opérations réussies.
Néanmoins, il faut reconnaître en toute objectivité qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune autre thérapeutique qui puisse être tentée dans les cas d’embolie massive. Il y a encore deux facteurs qu limitent l'exécution de cette périlleuse opération ; ;! faut d’abord trouver un opérateur très expérimenté dans ce genre d'intervention et ensuite avoir sous la main des aides et une instrumentation appropriés, car il faut enlever l’embolus dans les sept à huit minutes sous peine de mort.
Nous voyons donc que cette opération est pratiquement inopérante. F
Enfin, un dernier obstacle à cette opération, c’est le fait que l’on ne sait jamais s’il s’agit véritablement d’un gros embolus obstruant toute la lumière de l’artère pulmonaire ou bien d’un de ces petits embolus réflexogènes qui peut déterminer exactement les mêmes symptômes. En effet, nous n’avons
cessé de répéter qu'il n'existe aucun parallélisme
entre l'importance de l’embolus et les phénomènes cliniques constatés. Et la moralité de cette thérapeutique chirurgicale c’est qu'il ne faut jamais l’instituer en premier, mais toujours tenter la thérapeutique médicale infiniment moins dangereuse et qui compte à son actif un pourcentage de guérisons infiniment supérieur.