INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES EN CAS D'EMBOLIE PULMONAIRE
La mort subite par embolie peut survenir à a
suite de diverses manifestations cliniques. Il est évident que dans chaque tableau clinique le traitement ne sera pas le même. Nous allons dégager brièvement et très schématiquement quatre éventualités cliniques et le traitement qui nous semble le plus appro-
prié à chacune d’elles.
Il est bien entendu que la symptomatologie de ces accidents graves est faite de la juxtaposition ou de la superposition de ces différents tableaux pathologiques.
1) En premier lieu nous envisagerons le cas de malades en état de mort subite, c’est un fait très rare Car il est exceptionnel que l’on succombe brus-
quement à une embolie pulmonaire, et, peu nom? :
breuses sont les observations qui signalent la mort du malade en quelques secondes.
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Si l’on se trouve en présence de syncope, il faut pratiquer immédiatement la respiration artificielle ; chez ce malade en état de mort apparente, cette pratique donne le temps nécessaire pour administrer les injections d’atropine, d'adrénaline, d’analeptiques respiratoires,
1) Dans un second ordre de faits, le tableau clinique est caractérisé par l’angoisse. Le point de côté est atroce et le malade a l'impression de mort imminente. Fait capital sa face est pâle et non cyanosée. Sa respiration est superficielle et il meurt en quatre ou cinq minutes avec des symptômes rappelant l’angine de poitrine.
Dans cette forme angineuse le médicament de choix est la morphine à laquelle on joindra l’atropine et peut-être l’anesthésie stellaire.
IIT) Dans cette troisième éventualité, c’est l’asphyxie qui domine le tableau clinique, L'accident se déroule plus lentement que dans les formes précédentes, la mort ne survient qu'au bout d’une demiheure, une heure au plus. Le malade est cyanosé, la dyspnée est intense, l'examen du poumon et l'évolution clinique rappellent en tous points l’œdème aigu du poumon.
Contre le syndrome asphyxique la première drogue à employer est, d’après toutes les publications faites par les chirurgiens étrangers, la papavérine ; on lui associera immédiatement les sympa-
thomimétiques et les analeptiques respiratoires soit séparément, soit sous la forme combinée.
IV) Enfin, dernier tableau symptomatique, le patient présente un état de collapsus cardio-vasculaire grave pendant plusieurs heures, deux jours quelquefois, le cœur est complètement affolé, le pouls extrêmement rapide, la tension artérielle effondrée est imprenable, le sujet meurt si un traitement très énergique n’est pas institué d'urgence.
En présence d’un tableau de collapsus, les médicaments qui s'imposent sont surtout l’adrénaline, l'éphédrine, tous les sympathomimétiques actuellement en usage, en y associant l’ouabaïne et les analeptiques respiratoires, surtout la caféine.
I nous semble superflu d'insister sur l'accident relativement banal qu'est l’infarctus hémoptoïque avec son point de côté, sa dyspnée, ses hémoptysies, mais tout rentre habituellement en ordre, quand on aura recours à la morphine et à la papavérine.
Voilà comment, dans la pratique courante, en se basant sur la clinique, il nous paraît qu'on doive conduire à l'heure actuelle, le traitement des différentes formes d’embolie pulmonaire et prévenir ainsi l'issue fatale.