‹ Prévost-Paradol; étude suivie d'un choix de lettresChapitre 24 sur 42 · COMTE DE MONTALEMBERT A PREVOST-PARADOL · texte numérisé non relu

COMTE DE MONTALEMBERT A PREVOST-PARADOL

30 mai 1860.

Cher défenseur, Je vous ai lu avec bonheur et admiration, comme toujours, et, peut-être, plus que jamais, car je ne trouve pas même une ombre de réserve à faire*.

1. L'écrit auquel Montalembert fait allusion est la brochure sur les Anciens Partis.

Vous me disiez, un jour, que vous écriviez pour cinq cents personnes, et vous aviez tort. Dieu vous a donné une plume, et, ce qui vaut bien mieiiv encoi'e, un cœur dont vous devez rendre compte à votre temps. Vous êtes, à la fois, l'espoir et l'ornement de ce paiti libéral dont vous avez raison de réhabiliter le nom, mais dont il faut confesser les fautes, pour sauver l'avenir.

Quant à moi, qui n'écris pas même pour les cinq cents âmes sympathiques dont vous parliez, je n'écris plus jamais quoi que ce soit sans penser à vous, et j'espère que, dans les dernières pages de l'article que je vous envoie sur le Vrai et le Faux Moyen Age, vous trouverez, à propos de la mission de l'historien dans le monde moderne, quelques accents qui vous iront.

Tout à vous, avec mille sincères amitiés,

Ch. de Montaleubert.

PREVOST-PARADOL A M. BORÉLY

25 juin 1800.

Vous connaissez déjà sans doute, mon cher ami, le jugement rendu contre ma brochure. Je n'ai point l'intention d'en appeler. Ce n'est pas que je reconnaisse le moins du monde l'exactitude des considérants qui le précèdent; je trouve qu'ils vont bien au delà non seulement des termes — cela va sans dire — mais môme de la pensée de ma brochure. Je n'ai point demandé le moins du monde dans ce travail que les anciens partis se réunissent pour détruire l'empire; je les ai engagés à réclamer en comnmn et à poursuivre d'un même effort l'application de certains principes libéraux, dont j'ai donné le programme; je n'ai dit riun de moins, ni rien de plus.

Le jugement m'en fait dire bien davantage et constitue à lui seul une nouvelle brochure, bien autrement factieuse que la mienne. Cependant je n'en appellerai pas, d'abord parce qu'on m'a appliqué le minimum de la peine, ce qui est une sorte de succès S si l'on songe à l'acharnement et à la puissance de mes adversaires; ensuite, parce que les magistrats sont enclins, en ces matières, à se donner raison les uns aux autres et que j'aime mieux me débarrasser de ma prison, pour aller vous embrasser au mois de septembre.

A vous de cœur, Prevost-Paradol.

21 juillet 1860.

Mon cher ami,

J'ai eu tant à faire ces jours derniers que je n'ai pu loger dans le temps qui me restait une seconde visite à Passy^. N'y voyez ni tiédeur, ni oubli, mais impossibihté. Vous savez combien je vous aime et m'intéresse à ce qui vous touche. Je pars pour Anzin, et si, à votre retour, vous êtes encore avec les fous, quoique fort sage, j'irai vous serrer la main bien affectueusement.

Tout à vous, A. Thiers.

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