PREVOST-PARADOL AU COMTE D'HAUSSONVILLE
Mercredi, l*"" septembre 1863.
Mon bien cher ami,
Merci de votre bonne lettre. Je vous croyais à Broglie et je vous y ai écrit hier, averti par ma fidèle portière du voyage de Gand et hors d'état de vous y suivre. J'ai précisément pour ce moment-là un rendez-vous à l'autre bout du monde, c'est-à-dire à Marseille, et je ne puis le manquer. Ma conscience et mon amitié sont en repos, puisque je vous vois partir fortement et agréablement accompagné; mais je suis au regret de n'être pas du voyage. J'aurais sûrement cédé à l'envie de pérorer et de renouer avec la démocratie notre liaison intermittente, si cette puissante dame avait bien voulu nous sourire. Je regrette donc les discours que j'aurais pu faire et les bonnes causeries qui nous auraient consolés de nos discours. Mais je suis pris à ne m'en pouvoir dédire, et je ne serai libre que lorsque vous serez revenu. — Mille amitiés autour de vous et à vous.