LA CONFESSION
La confession, elle est une trouvaille admirable, car elle est la pierre de touche la plus sensible qui soit des âmes, l'acte le plus intolérable que l'Église ait imposé à la vanité de l'homme.
Est-ce étrange ! — On parle aisément de ses fredaines, de ses turpitudes, à des amis, voire même, dans la conversation, à un prêtre ; cela ne paraît pas tirera conséquence et peut-être qu'un peu de vantardise se mêle aux aveux des péchés faciles, mais raconter la même chose à genoux, en s'accusant, après avoir prié, cela diffère ; ce qui n'était qu'une amusette devient une humiliation vraiment pénible, car l'âme n'est pas dupe de ces faux semblants ; elle sait si bien, dans son for intérieur, que tout est changé, elle
sent si bien la puissance terrible du sacrement, qu'elle qui, tout à l'heure souriait, tremble maintenant dès qu'elle v pense. (Eti route.)
l'eucharistie, remède spirituel
Durtaly avant de se décider à partir pour la Trappe, s'effraie de Vohligation où V sera de se confesser et de communier. La caMmunion surtout lui paraît être un act^ très redoutable. Mais il se remémore une parole de son confesseur, Vahhé Gévresin, et il prend confiance dans Vinépuisàble charité divine.
Le point douloureux, c'est celui-là: communier ! Raisonnons pourtant : il est certain que je serai turpide en proposant au Christ de descendre ainsi qu'un puisatier, dans ma fosse : mais si j'attends qu'elle soit vide, jamais je ne serai en état de le recevoir, car mes cloisons ne sont pas étanches et toujours des péchés s'y infiltrent par des fissures !
Tout bien considéré, l'abbé était dans
le vrai, lorsqu'il me répondit un jour : Mais, moi non plus, je ne suis pas digne de L'approcher; Dieu merci, je naipas ces cloaques dont vous me parlez, mais le matin quand je vais dire ma messe et que je songe aux poussières de la veille, pensez-vous donc que je n'aie point de honte ? Il convient, voyez-vous, de toujours se reporter aux Évangiles, de se répéter qu'il est venu pour les infirmes et les malades, qu'il veut visiter les péagers et les lépreux ; enfin il faut se convaincre que l'Eucharistie est une vigie est un secours, qu'elle est accordée, comme il est écrit dans l'ordinaire de la Messe « ad tutamentum mentis et corporis et ad medelam percipiendam « ; elle est, lâchons-le mot, un médicament spirituel ; on va au Sauveur de même qu'on se rend chez un médecin ; on lui apporte son âme à soigner et il la soigne. (En route.)