‹ Prières et pensées chrétiennesChapitre 9 sur 18 · PRIÈRE A N.-D. DE LOURDES · texte numérisé non relu

PRIÈRE A N.-D. DE LOURDES

Tout de même, Notre Mère, comme vous êtes étrange! Ici, tout d'abord, je ne vous reconnais pas, dans cette image de fillette d'avant Bethléem et d'avant le Golgotha , vous êtes si différente des Notre-Dame du Moyen-Age et même de toutes celles que les siècles suivants nous montrèrent !

Mais, en y réfléchissant, je comprends cet avatar d'effigie, cette nou%-eauté d'attitude, ce renouveau des traits.

La liturgie de la fête de l'Immaculée Conception parle constamment d'Eve : elle vous oppose l'une à l'autre, et mêle vos deux noms. L'office de ses Matines semble être le développement du « mutans Evae nomen »

de l'hymne de vos vêpres.

Vous êtes évidemment Celle qui se promena, sous des figures, sous des noms divers dans l'Ancien Testament ; Vous êtes — sans crèche et sans croix — la Vierge antérieure aux Évangiles.

. Vous êtesla fille de Timpérissable Dessein, la Sagesse qui est née avant tous les siècles.

Vous même l'avez affirmé, dans l'Épître de vos messes : « Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies, avant qu'il créât aucune chose, au début; j'ai été établie dès l'éternité et de toute antiquité ; les abîmes n'étaient pas encore et j'étais déjà conçue. »

Vous êtes donc, sous un nouvel aspect, la plus ancienne des Vierges ; Vous êtes, en tous cas, la Vierge sage qui se décèle, à Lourdes, plus que partout ailleurs, la remplaçante de la Vierge folle, de la pauvre Eve.

De même que celle-ci fut façonnée d'un corps issu d'une terre vivante, encore impolluée. Vous, vous êtes aussi formée d'une chair que n'entacha pas le péché d'origine.

L'Immaculée Conception nous ramène, à travers la Bible, jusqu'au chaos de la Genèse et, de là, en revenant sur nos pas, jusqu'à l'Éden, et, forcément, je pense à Eve, de-

venue sainte maintenant, et qui, désolée par les douleurs de ses descendants, par ces maladies affreuses qu'ils n'auraient pas connues, sans sa faute, se tient là, près de vous, et vous supplie de payer à ces malheureux sa dette, de les guérir...

Et Vous, qui ne fîtes point, ici-bas, de miracles, de votre vivant. Vous en faites maintenant et pour elle et pour nous, Lumière de bonté qui ne connaît pas les soirs, Havre des pleure-misères, Marie des compatissances, Mère des pitiés ! (Les foules de Lourdes . )

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