L.V REVOLUTION
binet impérial. On lui donna à entendre qu'on pénétrait les motifs de ce départ prématuré, mais que l'Empereur n'avait aucune intention d'intervenir, à condition cependant qu'il fût assuré que le mouvement prévu ne se ferait pas en faveur du
lue de Montpensier. Prim aurait pris alors un en- ,^agement positif à cet égard et le fait est que par ia suite il considéra toujours la candidature du
lue de Montpensier au trône d'Espagne comme particulièrement désagréable à Napoléon III.
Or c'était déjà sur cette candidature que se divisaient les unionistes et les progressistes, et leur ac-
ion s'en trouvait entravée. Dès ce moment l'Union 1 ibérale avait arrêté le projet de mettre doîia Maria- I.uisa sur le trône à la place de sa sœur. Restait à savoir jusqu'à quel point les progressistes se prêteraient à cette combinaison. Eux ne parlaient
[ue de révolution et si leurs chefs n'étaient pas <nns arrière-pensées sur le choix futur d'un monarque, du moins n'en faisaient-ils rien connaître. On avait dû ajourner le pronunciamiento prémédité pour le 9 août. Topete voulut utiliser le délai imposé par les circonstances pour sonder les intentions de Prim au sujet du duc et de la
luchess»? de Montpensier. Prim répondit évasivoment que le point essentiel du programme révolutionnaire était la réunion des Cortes constituantes : le pays, librement consulté, déciderait de son sort. Cette déclaration, peu compromettante, n'interdisait aucun espoir au duc, cl, faute de pouvoir s^entendre sur un programme plus
précis, progressistes et unionistes s'en tinrent au thème unique de la consultation nationale.
Le 8 septembre, un vapeur, la Buenai^entiiro, partit de Câdiz pour aller aux Canaries chercher les généraux exilés. De son côté Prim, refusant l'ofFre d'un bateau frété aux frais du duc de Montpensier, quittait Londres, déguisé en domestique, à bord de la Malle des Indes, le 12 septembre ; le 17 il débarquait à Gibraltar. Il y trouva un conjuré démocrate, PaulyAngulo, que Topete avait chargé d'insister auprès de lui pour qu'il demeurât h Gibraltar jusqu'à l'arrivée des généraux venant des Canaries. Le conseil était insidieux. Rien ne faisait prévoir que la Buenaventurn n'arriverait pas exactement le 18. L'amiral cherchait donc à empêcher Prim d'être là au moment décisif, dans la crainte qu'il ne s'attribuât un rôle trop important au gré des généraux unionistes. Paul y Angulo dissuada Prim de se rendre au conseil de Topete et réussit à trouver un petit vapeur pour le conduire à Câdiz. Vers le milieu de la nuit, Prim accostait le navireamiral, Zaragoza.
Topete dut accepter cette collaboration qui s'imposait. Ils eurent pendant le reste de la nuit un long entretien où Topete déclara qu'il était partisan résolu de la duchesse de Montpensier et qu'il entendait que la haute direction du mouvement insurrectionnel fût aux mains de Serrano. Prim lui répondit qu'il ne prétendait pas à la première place ; quant à la duchesse, il