‹ PrimChapitre 39 sur 41 · IO PRIM · texte numérisé non relu

IO PRIM

Et pourtant, soit défaut d'audace, soit par l'exacte intuition que jamais ses compatriotes n'auraient accepté longtemps la souveraineté d'un homme sorti de leurs ran^s, il n'osa pas tenter la conquête du pouvoir suprême et faire en Espagne l'essai d'un Empire libéral. La révolution faite, il jugea très sainement que l'Espagne n'avait pas encore assez l'expérience de la vie publique pour assurer la stabilité d'un gouvernement républicain. Il voulut donc donner à son pays un roi qui, n'ayant pas l'autorité de la possession immémoriale, ne pourrait se croirez assez fort pour effacer les conquêtes de la révolution et qui, aussi, lui devant tout à lui-même, n'oserait gouverner sans lui. Séduisant les uns et inquiétant les autres, énigmatique pour tous, il tendit avec persévérance toutes ses intrigues et ses négociations vers le but qu'il s'était assigné. Il y touchait au moment où la mort l'emporta.

Peut-être est-il regrettable que Prim, n'ayant ; pu réaliser le rêve de l'Union ibérique, n'ait pas ' eu la hardiesse de restaurer, en exigeant d'elle les garanties nécessaires, la dynastie qu'il avait renversée et qu'avaient assagie pour l'avenir l'expérience des colères populaires, la déchéance et l'exil. Il eût évité à son pays les crises douloureuses qui précédèrent l'avènement d'Alphonse XII et le rétablissement, sous une forme adaptée au progrès accompli, de la monarchie traditionnelle. Celle-ci n'est pas fatalement un

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