L HOMME ET L ŒUVRE 2O
tuantes quelle fut sa part personnelle. Il n'a rien (lu génie administratif d'un Napoléon. Maître indiscuté de l'Espagne, il laisse la Constitution s'élaborer, sans intervenir directement. Pour les hommes qui s'efforcent de réaliser l'idéal de la révolution de septembre, Prim n'est pas un inspirateur. Si Ton eût voulu lui décerner un titre, c'est celui de « Protecteur » qu'il eût fallu choisir. On le voit assister, sans y prendre part, il ces grands débats sur les droits de l'individu, la liberté de la pensée et de la conscience, qui passionnent l'Assemblée. C'est à se demander s'il n'y est pas indifférent, par une sorte de mépris des théories et de leur discussion. Dans ce démocrate, de goûts autoritaires et aristocratiques, auquel déplut le portrait magistral tracé par Regnault, parce qu'il s'y trouvait « dépeigné, indécent, » peut-être aussi parce qu'il y avait autour de lui trop de plèbe débraillée, on devine un dédain pour cette besogne méticuleuse de légistes : on sent qu'il lui sufTit au fond que les grands principes du credo libéral aient été proclamés et que, sans s'embarrasser de tant (le lois et de procédures, il saura les faire respecter. Contre quicon({ue voudrait détruire les libertés acquises par la révolution ou en abuser, il est prêt à sévir, fût-ce par les moyens extralégaux, que réprouve la doctrine même : peu de chose le ferait pencher vers un nouvel absoluti^riK éclairé » exercé dans un esprit moderne de plus de justice et de liberté sociales. Léo5ARDo:<. 1'»