A UNE FLEUR MORTE
Rose, un sein palpitant est ma tombe divine.
ANDRÉ ChéInier.
Des gouttes dont l'aurore arrose Le jardin qu'émaillent tes sœurs , Autour de ta corolle rose, Tu te faisais, à peine éclose, Un écrin aux mille couleurs.
Ton urne où vient boire l'abeille Se balançait sous les zéphyrs ; La matinée était vermeille , Et le jardin, fraîche corbeille, Avait dans l'herbe des saphirs.
Je marchais dans Therbe mouillée Enivré de ton chaste encens Et seule avec moi réveillée , Une alouette à la feuillée Modulait ses plus doux accents.
Je brisai la tige élancée Où tu nageais dans le soleil.
Ton étamine nuancée, Au front de Clarice placée , Lui prêta son reflet vermeil.
Pauvre fleur maintenant séchée y Tu lui parlas de mon amour :
De son front t'a-t-elle arrachée , Ou, tout près de son cœur cachée ^ As-tu vécUf dis, plus d'un jour?
Septembre 186)