‹ Primevères: poésiesChapitre 30 sur 42 · LE FIGUIER MAUDIT · texte numérisé non relu

LE FIGUIER MAUDIT

Malade et centenaire au fond de la forêt,

Sans amis, sans parents, le figuier se mourait :

r< ciel, si tu pouvais, disait-il, de ta voûte,

(( Pour apaiser ma soif, laisser choir une goutte ! »

Le ciel inexorable, ouvrant son grand œil bleu :

« Point de larmes sur toi, figuier, maudit de Dieu ! »

Le paria se penche à la source prochaine ;

Mais Peau, comme un serpent, de glisser sur l'arène.

« Soutenez votre frère, arbres, dit le chétif, « Je meurs! » L^acacia montre ses piquants; l'if Ne bouge pas. Alors, tendant son bras énorme : « Autour de moi, vieillard, enroule-toi, » dit l'orme. Une fois enroulé, notre arbrisseau caduc Se gonfle et de son hôte absorbe tout le suc : « Malheur à moi! dit l'orme exténué. Du crime « Je me suis fait l'appui ; m'en voici la victime 1 »

Mai 1865

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