ÉPILOGUE
Muse, tu vas donc remonter vers les deux !
Ta lyre en frémissant sous mes doigts s'est brisée; Adieu !... Laisse mes pleurs baigner tes longs cheveux, Et ma lèvre effleurer ta main blanche et rosée.
Bien longtemps j'ai vécu dans un rêve enchanté : Les vers sont mal venus dans ce siècle de prose Qui , jetant les autels de Pantique beauté , Du Réalisme affreux a fait l'apothéose.
Sous tes pieds cependant il naissait tant de fleurs! Le rossignol jaloux se taisait pour t*entendre , Et quand ton œil plus triste épanchait quelques pleurs , Les calices s'ouvraient, 6 Muse> pour les prendre.
Tu fus naïve et bonne — Ah ! folle, comme au champ Nous faisions des bouquets de fraîches primevères! ... Je vois grandir ton ombre aux clartés du couchant , Et dans For s'encadrer tes lignes peu sévères.
Adieu! Pars sans regrets. Mais. du moins, quelquefois, Qu'un rayon de tes yeux me tombe des étoiles , Que la brise m'apporte un écho de ta voix , El que je voie encor passer au ciel tes voiles.