I. — Styli exserti
Styles plus ou moins saillants en colonne au-dessus du disque.
Sect. I. — SyNSTYLAE.
Styles agglutinés ou pressés les uns contre les autres en une colonne grêle, égalant ou dépassant les étamines. Stipules supérieures non dilatées. Bractées étroites.
Rosa seligera Mx.
Il. — Styli inclusi.
Styles non saillants au-dessus du disque.
Sect. IT. — ALrinar.
Aiguillons plus ou moins sétacés, tous épars. l'iges entièrement sétigères ou seulement sétigères à la base, sans aiguillons géminés. Sépales entiers, redressés après l’anthèse et persistants. Fleurs solitaires,
ord. munies d’une bractée, ou en corymbe pauciflore.
Rosa acicularis Lindl., Rosa blanda Aït.
Sect. LIT. — Cinxamomear.
Aiguillons de deux sortes, les uns sétacés épars, les autres plus ou moins robustes, droits ou erochus, régulièrement géminés. Tiges ord. sétigères à la base. Sépales entiers, redressés après l’anthèse et
persistants. Fleurs en corymbe pauciflore ou multiflore, ou solitaires munies d’unc bractée.
Rosa nutkana Pres], Rosa aleutensis Crép., — Durandii Crép., — californica Cham. et Schlecht.
Sect, IV. — CaroziNse.
Aiguillons de deux sortes, les uns sétacés épars, les autres plus ou moins robustes, droits ou erochus, régulièrement géminés : rarement les aiguillons faisant défaut. Tiges sétigères ou non sétigères à la base, rarement entièrement sétigères. Sépales tous entiers ou les extérieurs pinnulés, redressés après l’anthèse, caducs à la maturité du
fruit. Fleurs en corymbe pauciflore ou multiflore, ou solitaires munies d’une bractée.
Rosa carolina L., Rosa parviflora Ehrh., — lucida Ehrh., — foliolosa Nutt.
— nilida Willd., Sect. V, — GxmxocarPar.
Aiguillons tous sétacés et épars. Tiges ord. entièrement sétigères. Sépales entiers, caducs à la maturité du fruit. Fleurs solitaires munies ord. d’une bractée, plus rarement géminées. Fruit très-petit et renfermant un très-petit nombre d’akènes.
Rosa gymnocarpa Nutt.
Sect. VI. — Caninas.
Aiguillons épars, ord. plus ou moins crochus et robustes. Tiges entièrement aiguillonnées. Sépales cadues, les extérieurs pinnulés. Fleurs en corymbe ord. pauciflore, ou solitaires munies d’une bractée.
Rosa canina L.
Ur (85)
Sect. VII, — Sinrcae.
Aiguillons erochus, épars, rarement mélangés d’aiguillons sétacés. Tiges entièrement aiguillonnées. Sépales entiers et persistants. Fleurs solitaires sans bractée. Feuilles ord. trifoliolées. Stipules à ailes ord. {rès-courtes, peu apparentes, à oreillettes très-longues.
Rosa laevigata Mx.
La section des Synstylae fait partie d’un groupe spécial qui comprend, outre cette section, les sections que j'ai appelées Jndicae et Stylosae. Par leurs styles longuement exserts, agglutinés ou réunis en une colonne ord. mince et allongée, les Synstylae occupent la tête du groupe des Srvui ExSERTI. Les Zndicae, par leur colonne stylique moins saillante, viennent ensuite, mais elles conservent avec les Synstylae beaucoup d’affinité, à cause de leur inflorescence à bractées étroites et de leurs feuilles à stipules toutes étroites. Enfin les Stylosae établissent en quelque sorte le passage du groupe des STyLi EXSERTI avec celui des Srvui INCLUSI.
Les Synstylae constituent une section naturelle qui pourrait cependant être subdivisée en plusieurs soussections.
La section des Alpinae se rapproche beaucoup de celle des Cinnamomeae ; elle n’en diffère guère essentiellement que par l'absence d’aiguillons géminés.
La section des Cinnamomeae me laisse quelques doutes en ce qui concerne plusieurs types américains. C’est ainsi que le À. Durandii ne parait être connu jusqu'ici qu'avec des aiguillons robustes épars, alors que ces aiguillons devraient être géminés pour que l'espèce puisse prendre définitivement place parmi les Cinnamomeae; mais, ainsi
que je l'ai déjà dit, ilest probable que ce type présente normalement des aiguillons géminés. Le R. aleutensis n’a été recueilli qu'à l'état inerme, mais tout me porte à croire qu'il peut présenter des aiguillons géminés et que ce n’es pas une espèce sétigère de la section A/pinae.
Quant au R. californica, il reste à s'assurer si ses sépales sont bien indéfiniment persistants. Si ceux-ci étaient à la fin cadues, l'espèce devrait passer dans la section des Microcarpae.
La section des Curolinae n’est peut-être pas parfaitement homogène, mais c'est ce que l’on peut dire de presque toutes les sections qu'on a constituées jusqu'à ce jour dans ce genre difficile. Le R. carolina présente un cachet spécial qui n'est pas celui des autres espèces de la section; il se rapproche des R. lucida et R. nilida par ses sépales entiers, et des R. parviflora et R. foliolosa par ses stipules supérieures et ses bractées étroites. Le R. nitida n'est connu jusqu'ici qu'avec des axes sétigères sans aiguillons géminés bien apparents ; mais j'ai fait remarquer que cette absence d’aiguillons géminés est probablement due à la taille réduite de cette forme et qu'il est probable qu'en devenant plus vigoureux, il montrerait, dans la partie superieure de ses axes, les aiguillons géminés propres aux Carolinae. Dans cette section, les R. lucida et R. nitida se distinguent par leurs stipules supérieures et leurs bractées dilatées. En somme, les Carolinae présentent comme caractères communs des aiguillons géminés, des folioles ord. allongées, atténuées à la base, des sépales se redressant après l’anthèse, mais devenant à la fin cadues et laissant le fruit nu à parfaite maturité. Les espèces de cette sec-
tion sont propres à la partie orientale de l'Amérique du Nord.
La section des Gymnocarpae ne se compose jusqu'iei que d'une seule espèce. Si celle-ci présentait des aiguillons géminés combinés avec ses aiguillons sétacés, elle ferait naturellement partie de la section des Microcarpae. Les sépales en tombant laissent à découvert, au sommet du réceptacle fructifère, un disque très-étroit, mince et saillant, bordant le canal très-étroit qui livre passage à un très-petit nombre de styles.
Je n'ai rien de particulier à dire de la section des Caninae, qui est bien connue.
La section des Sinicae ne comprend qu'une seule espèce et il est probable qu'elle restera une section monotype. Dans le 3° fascicule des Primitiae, p. 364, j'ai fait remarquer que le R. laevigata ne pouvait être associé avec aucune autre espèce connue.
Dans les diagnoses des sections qui précèdent, je me suis surtout préoccupé des types américains ; mais lorsqu'il s'agira d'embrasser l'ensemble des espèces qui doivent faire partie de ces sections, les diagnoses de celles-ci devront prendre plus d'extension.
On trouvera peut-être que j'ai trop multiplié les sections, que je ne condense pas assez les espèces en larges groupes. À cette objection, je répondrai que dans le genre Rosa, il n'est pas possible de constituer de grandes sections naturelles, ainsi qu'avaient voulu le faire quelques auteurs. Il y a bien dans ce genre plusieurs sections assez importantes, telles que les Synstylae et les Cinnamomeae; mais la plupart des autres sections doivent ètre très-limitées, sous peine d’être artificielles, et un certain nombre d’entre elles doivent même rester monotypes. C'est ainsi que le R. laevigata doit rester seul dans sa section, de même que les À. sericea, R. mi-
crocarpa et R. Banksiae. Ce que j'avance ici est le fruit d’une longue expérience et de travaux qui reposent sur une masse de matériaux qu'il ne sera peut-être plus donné à un autre botaniste d'examiner comme je l'ai fait.
Certains classificateurs ont tenté de faire reposer toutes leurs sections sur un petit nombre d'organes qui paraissaient offrir des caractères primordiaux, mais ils ne sont parvenus qu'à établir des sections plus ou moins artificielles. Quant à moi, j'ai attaché de l’importance à tous les organes et, selon leur degré de stabilité, je les ai pris en considération pour constituer les sections.
C’est ainsi que les aiguillons, qui ne sont cependant que des organes appendiculaires, ont une valeur de premier ordre. Leur disposition et leur forme correspondent toujours ou presque toujours à certains caractères également de premier ordre. Ils se sont du reste imposés à la plupart des monographes, qui en ont tiré un heureux parti, soit pour la distinction des sections, soit pour la distinction des espèces.
Les sépales peuvent également offrir de bons caractères de sections, selon qu'ils sont cadues ou persistants.