‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 128 sur 174 · GLA NDULOSAE · texte numérisé non relu

GLA NDULOSAE

Sepalis glandulosis.

A cette division, appartient une forme du Mont Salève que M. Schmidely m'a envoyée sous le nom de R. corüfolia Fries var. cinerea.

Comme on le voit, la race des Coronatae est soumise aux mêmes séries de variations que celle des Eucaninae. Les dents foliaires, de simples, peuvent devenir doubles ou composées; les folioles, de glabres, peuvent devenir plus ou moins densément pubescentes; les nervures secondaires peuvent être lisses ou glanduleuses ; les pédicelles, les réceptacles et les sépales peuvent être, à leur tour, lisses ou glanduleux. Remarquons que ces séries de variations ne sont pas particulières au seul R. canina, mais qu'elles se produisent plus ou moins complétement dans d'autres types. J'aurai l’occasion de démontrer ce fait en m'occupant de l'étude d'autres espèces.

La classification que j'ai établie pour les nombreuses formes du R. canina, à part les trois divisions principales Eucaninae, Coronatae et Meridionales, est tout à fait artificielle et ne ménage pas plus les affinités des formes que les autres classifications connues employées pour les nombreuses races et variétés du type linnéen. Mais si déjà pour le genre tout entier il est difficile, dans une classification, de grouper les vraies espèces selon leurs afinités,

est-il bien autrement difficile de grouper naturellement les formes secondaires des types spécifiques et surtout leurs variations qui ne sont fréquemment que de simples formes individuelles. Dans celles-ci, les caractères secondaires fondés sur la figure des folioles et leur revêtement, sur l'absence ou la présence de glandes sur les organes de l'inflorescence, sur la coloration de la corolle, ete., produisent des combinaisons sans nombre. Ce sont ces combinaisons de caractères qui ont donné naissance à la grande majorité des prétendues espèces qui encombrent la nomenclature. Y a-t-1l lieu de croire que ces combinaisons de caractères secondaires soient propres au genre Aosa et à quelques autres genres réputés polymorphes? Je ne le pense pas; je suis convaincu, au contraire, qu'un très-grand nombre de groupes génériques sont atteints de cette variabilité individuelle. Seulement, dans le genre Rosa, comme dans d’autres genres à espèces ligneuses buissonnantes ou arborescentes, l’individu attire plus l'attention du botaniste et, par suite, joue un rôle plus considérable dans nos herbiers et dans nos livres que l'individu herbacé, dont la fragmentation et la distribution sont infiniment plus limitées. Déjà en 18792, dans le 2e fascicule de mes Primitiae, K IX, j'ai insisté sur cette dernière considération, dont la valeur, en ce qui concerne le genre Rosa, ne cesse de s’accentuer de jour en jour par la découverte de nouvelles formes individuelles.

Avant de passer à la race des Meridionales, je crois devoir dire quelques mots de certaines formes que M. Christ a décrites sous le nom de R. abietina et dont plusieurs m'ont paru devoir être rapportées au groupe des Coronalue du R. canina.

Si j'interprète correctement les formes rangées par M. Christ sous le nom de R. abielina, celui-ei semble être une création constituée par des éléments plus ou moins hétérogènes. Ce type, d'après M. Christ, comprend : 1°leR. rigidula Lag. et Pug., que je crois pouvoir rapporter au groupe des Coronatae et que M. Déséglise assimile à son R. collina (Jacq.); 2° le R. Dematranea Lag. et Pug.; 5° une forme Brueggeri; 4° le R. uriensis Lag. et Pug.; 5° le R. Gisleri Pug.; 6° le R. confusa Pug., que M. Déséglise range dans ses Verae-Tomentosae; 7° une forme orophila; 8 le R. Thomasii Pug., que M. Déséglise est porté à classer dans ses Glandulosae; 9° une forme eglandulosa; 10° une forme glaronensis; 11° une forme Heerii; 12° une forme pycnocephala; 15° le R. clivorum Scheutz, que M. Déséglise range dans ses Collinae; 14° une forme Favrali; 15° une forme Monnieri.

Le type du À. abielina a été décrit par Grenier, dans sa Flore de la chaine jurassique, sous le nom de R. foelida. L'auteur lui attribue des divisions calicinales étalées, puis réfléchies et tombant lors de la coloration du fruit. Dans les échantillons que Grenier m'a envoyés provenant de Le Cerneux et de Pontarlier, les sépales, sur des réceptacles déjà très-développés, ne montrent aucune tendance à se relever, tandis que dans d’autres spécimens récoltés par lui au mois d'août comme les précédents et provenant de La Fresse les sépales sont franchement releves comme dans le R. corüfolia. A part cette particularité fort curieuse, ces derniers échantillons me paraissent identiques aux premiers. En 1869 (Conf. Prim., fase. D), j'avais rapporté le R. abielina à ma section des Tomentosae. Aujourd'hui, j'hésite pour la classer et j'aurais besoin de nouveaux matériaux plus nombreux que les

précédents pour m'éclairer sur la place qu'il doit récllement occuper. Il s'agirait de s'assurer si c’est bien une forme légitime et exempte d’hybridité. Dans tous les cas, je ne puis pas y voir une véritable espèce autonome.

Le R. Dematranca Lag. et Pug. a été distribué par Lagger sous deux formes différentes : l’une à folioles plus ou moins grandes, qui rappelle certaines variétés du R. tomentosa Sm.; l’autre à folioles petites et qui me fait assez l'effet d’être une variété du À. tomentella Lem. Les échantillons que m'a adressés M. Cottet semblent appartenir à la mème forme que celle à grandes folioles envoyée par Lagger. D'après tous ces échantillons, je ne parviens pas à me faire une idée exacte de la forme admise sous le nom de R. Dematranea. Ce que je puis dire, c'est qu'elle est bien différente du R. abietina Gren.

Le R. uriensis Lag. et Pug. que j'ai classé autrefois dans les T'omentosae, a les sépales promptement relevés après l’anthèse et ils couronnent le réceptacle en étant plus ou moins convergents. Si ce n'était ses aiguillons fortement crochus, on serait tenté de rapporter cette forme au R. mollis Sm. Elle rappelle le R. abietina de Grenier à sépales relevés sur les réceptacles.

Le R. Gisleri Pug. que j'ai rangé autrefois dans les Tomentosae, me semble devoir être conservé dans cette section. Il ne parait présenter rien d’essentiel qui le sépare du R. tomentosa Sm.

Le R. confusa Pug., dont je possède une belle série d'échantillons authentiques, me parait devoir rester associé au R.tomentosa, dont il présente les caractères spécifiques.

Le R. Thomasii Pug. reste pour moi une forme obscure que les échantillons que je possède ne me permettent pas de bien apprécier.

Le R. abietina forme glaronensis Christ n’est représenté dans mon nerbier que par un échantillon en fruits. Les caractères offerts par ce spécimen me porteraient assez à classer cette forme dans les Coronatae pubescentes uniserratae hispidae sepalis glandulosis.

Le R. abietina forme pycnocephala Christ, d'après les échantillons que je tiens de son auteur, ne parait avoir aucun rapport avec le R. abietina tel que l'entendait Grenier. Certains échantillons en fleurs ou en fruits peu avancés pourraient, dans le cas où les sépales se redressent, être rapportés aux Coronalae pubescentes biserratae compositae nudae sepalis laevibus et sepalis glandulosis. Si les sépales restent réfléchis, on devra les classer dans le voisinage du R. tomentella Lem.

Il résulte de ce qui précède que le R. abietina tel que l'entend M. Christ, semble être une création artificielle, un groupement de formes, dont les unes dérivent soit du R. canina L., soit du R. tomentosa Sm., dont les autres sont obscures et exigent de nouvelles études avant d’être définitivement classées.

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