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RÉCOLTE ET PRÉPARATION DES ÉCHANTILLONS DE ROSES

Les soins qu'on attache à la préparation des plantes d’herbier ont suivi les progrès de la phytographie. Autrefois, les récoltes étaient généralement faites d'une façon extrémement parcimonieuse et les collections ne renfermaient guère que des brins de plantes ou des spécimens fort incomplets. A mesure qu'on a mieux étudié les espèces et leurs formes, on a senti de plus en plus le besoin de posséder celles-ci en beaux et nombreux échantillons. Pour le genre Rosa, dont les espèces ou les formes sont considérables et distinguées par des caractères subtils ou minutieux, 1l faut, plus que pour tout autre groupe, apporter une grande attention à la récolte et à la préparation des échantillons, prendre ceux-ci à divers états, afin de pouvoir suivre l'évolution de tous les organes. Si l'on fait des échanges, on ne doit pas borner ses récoltes à quelques rameaux, mais recueillir abondamment et autant que chaque buisson le souffre. Le botaniste doit employer un petit sécateur de poche, au lieu de la serpette; le premier instrument est d'un usage plus commode et permet de récolter vite et bien, sans craindre de s'égratigner cruelle-

ment. Avec le sécateur, il est facile de préparer des fragments de tige pourvus de deux ou plusieurs rameaux florifères ou fructifères, ce qui vaut mieux que de simples rameaux florifères ou fructifères isolés de la tige. Ces sortes de spécimens, munis d'aiguillons caulinaires , montrent comment sont insérés les rameaux sur la tige. Toutefois, pour compléter, on pourra toujours détacher de simples rameaux. Quand la chose sera possible, on recueillera en même temps des rejets radicaux stériles et des rameaux foliacés, qui seront divisés en fragments de deux ou plusieurs entrenœuds.

Pour qu'une Rose puisse être dite bien préparée, il faut qu'elle soit représentée :

1° par des rameaux florifères, avec fleurs épanouies et boutons ; 2 par des rameaux fructifères à fruits verts assez développés; 5° par des rameaux fructifères à maturité complète ;

4 par des fragments de rejets radicaux et de rameaux foliacés.

Après avoir lu ce que j'ai dit dans les considérations générales sur les organes, on comprendra immédiatement la nécessité de tous ces éléments d'étude.

Il va sans dire que ce genre de préparation ne peut être fait complétement que pour les formes qu'on a sous la main pendant toute la belle saison. Lorsqu'on herborise au loin, on doit souvent se contenter d'un ou de deux états.

Les étiquettes doivent porter quelques détails sur les caractères qui peuvent disparaitre par la dessiecation ou qui ne peuvent être constatés sur les spécimens, et aussi des renseignements sur diverses circonstances.

1° Souche traçante ou cespiteuse ;

20 Plante sociale ou non sociale ;

5° Forme ou aspect du buisson et sa hauteur ; 4 Teinte des tiges et de la face supérieure des folioles ;

PO Te

5° Coloration des pétales et odeur de la fleur et des glandes ; 6° Station (ombragée ou non, etc.), nature du sol et altitude.

La plupart de ces détails ne sont pas toujours nécessaires, surtout s'il s'agit d'une forme ordinaire appartenant à un groupe bien connu.

Une chose que l'on ne doit pas perdre de vue, c'est de ne jamais mélanger les échantillons de formes affines provenant de deux ou de plusieurs buissons différents; il faut toujours tenir séparés et avec des étiquettes distinctes les spécimens de chaque buisson, quand bien même il semblerait y avoir identité. Il s'agit ici de formes appartenant à des sections où les buissons sont plus ou moins grands ; car pour certaines espèces ou formes à tige solitaire, comme les Pimpinellifoliées, les Sabines, les Alpines, il faudrait souvent une étiquette à chaque spéermen. Cette séparation des spécimens de provenances diverses rend le contrôle des observations possible, contrôle qui ne pourrait être rigoureux, sil y avait mélange d'échanüllons. Je recommande vivement cette prescription aux amateurs qui voudraient m'envoyer des Roses à l'examen. Pour les espèces non sociales, il est bien difficile de rencontrer, de la mème forme, deux buissons parfaitement identiques et ceux qui récoltent des Roses pour les collections publiées devraient, en quelque sorte, s'abstenir de faire distribuer certaines formes qu'ils ne peuvent pas recueillir sur le même buisson. En agissant autrement, il peut se faire que diverses nuances de formes ou mème plusieurs formes soient distribuées sous le mème numéro, sous le mème nom. Dès lors, la critique, le contrôle sévèrement rigoureux, n'est plus possible. Pour les plantes sociales, les Pimpinellifoliées, les Alpines, les Sabines, par exemple, il est à peu près impossible de publier la

102 ( 325.) même forme à un nombre assez considérable d’exemplaires. C'est là ce qui peut expliquer les contradictions que lon constate entre les plantes publiées par un auteur et les descriptions faites par celui-ci.

J'ai pris pour habitude de marquer les buissons, dans les champs et les bois, au moyen de lames en plomb portant un numéro. Deux lames reçoivent le même numéro : l’une est enroulée autour d'une tige ou d’un rameau du buisson, l’autre sert à marquer, dans la boîte d'herborisation ou dans le sac, la forme récoltée. Par cette pratique, on n'a pas à craindre les confusions de formes, soit dans les récoltes faites successivement aux diverses époques de Ta saison, soit pour l'étiquetage ou pour la dessiccation.

Ayant beaucoup de Roses à récolter et en grand nombre d'échantillons, j'ai, pour mes herborisations de l’automne, fait confectionner, en toile vernie (verte), connue dans le commerce sous le nom de cuir américain, une sorte de sae qui m’a rendu de bons services. Ce sac, formé d'un mètre de toile, de trois courroies (larges rubans en laine) transversales avec boucles, de deux cordons passés dans des coulisses et enfin d’une quatrième courroie eroisant les autres pour porter le sac à l'épaule ou sur le dos, ce sac, dis-je, peut se gonfler beaucoup, ou se resserrer selon qu’on roule les deux bords de la toile laissés libres en les fixant aux moyens des trois courroies. Léger au départ, il ajoute très-peu au poids des récoltes, qui peuvent être fort considérables. J'ai rapporté, dans cette toile, des fagotins de -Rosiers qui n'auraient pu entrer dans une demi-douzaine de boîtes ordinaires. Non-seulement, elle peut avantageusement servir à la récolte des Roses, à celle des Ronces, mais à toute autre récolte botanique.

S'il s'agit des Roses en fleurs, on pourra employer le cartable, afin de préparer les échantillons sur place. Pour faire de belles préparations, il faut s'y prendre dans la matinée et avant la dissémination du pollen. Après la déhiscence des anthères, les pétales adhèrent moins au réceptacle et s'en détachent facilement.

DESCRIPTION DE QUELQUES ESPÈCES NOUVELLES, FORMES INÉDITES OÙ PEU CONNUES.

Rosa spinosissima X coronata Crép. — Sousarbrisseau de # à 6 décimètres, à tiges isolées. Aiguillons caulinaires grèles et droits, étalés horizontalement ou un peu inclinés, mélangés d’aiguillons sétacés plus ou moins nombreux ou rares, ou bien aiguillons caulinaires grèles, franchement crochus ou arqués, non mélangés d’aiguillons sétacés, ou ceux-ci rares. Rameaux florifères ordinairement inermes, où munis de quelques rares aiguillons grèles, droits et plus ou moins sétacés. Folioles 7, ovaleselliptiques, celles des feuilles inférieures et moyennes obtuses, non tronquées, celles des feuilles supérieures brièvement aiguës, à dents en grande partie régulièrement simples, quelques-unes doubles avec le denticule terminé par une glande, à côte un peu velue-laineuse sur toute sa longueur et églanduleuse. Pétioles un peu velus à l'origine des folioles, avec quelques rares poils sur le reste, à bords du canal un peu glanduleux, ordinairement églanduleux en dessous, rarement un peu glanduleux, presque toujours inermes. Stipules à ailes étroites, les moyennes s'élargissant assez brusquement pour former des oreillettes assez divergentes un peu denticulées-glanduleuses aux

bords. Fleurs solitaires. Pédicelles lisses, assez allongés (10-20 mill.), munis à la base d'une feuille florale à stipules étroites. Réceptacle florifère lisse, ovoide-subglobuleux, un peu contracté au sommet, se desséchant habituellement après la floraison. Sépales entiers, plus courts que la corolle, églanduleux, pubescents-laineux

sur les bords et en dessus. Corolle assez petile, à pétales

d'un rose assez prononcé à onglet un peu jaunàtre. Styles velus. Fruits petits, ovoïdes, arrondis à la base, assez longuement contractés au sommet, couronnés par les sépales relevés et persistants.

Hab.— Côte rocailleuse boisée (terrain argilo-caleaire).

— Han-sur-Lesse (province de Namur). — Fleurit à la fin de mai.

Obs. — Des caractères obscurs, intermédiaires, joints

à l’atrophie des grains polliniques me donnent la conviction que cette forme est bien une hybride. J'en ai observé 12 à 15 pieds, qui formaient une petite association sur quelques mètres de terrain, en compagnie d'une masse de R. coronala. Plus haut, sur la côte, se groupaient des masses de R. spinosissima. Comme, dans cette localité, les R. coronala et R. spinosissima sont les seules espèces fleurissant en même temps et d'aussi bonne heure, que les formes de Canines et de Rubigineuses se trouvant là fleurissent plus tard, j'estime que, n'appuyant en outre sur d'autres circonstances, l'hybride a bien pour ascendants ces deux types. Il est a remarquer que la forme ou variété du R. coronala croissant en cet endroit est celle à folioles extrèmement glanduleuses en dessous(1), à fleurs d’un rose pâle un

(1) Les glandes sont tellement nombreuses que les folioles, pendant la

te ide à

( 526 ) 105 peu orangé et blanchissant à la fin, à pédicelles et réceptacle florifère hispides-glanduleux ; d'autre part, que le R. spinosissima de la mème localité est la forme la plus ordinaire, à folioles petites, glabres, à pétioles glabres, églanduleux et ordinairement inermes, à pédicelles florifères lisses, à tige et rameaux florifères chargés de nombreux aiguillons sétacés : inutile d'ajouter que la corolle est blanche, sans trace de rose.

Le R. spinosissima X coronata présente tellement le facies général du R.spinosissima qu'il serait très-facile, en herborisant, de le confondre avec ce dernier, à moins de jeter les yeux sur les individus à tige peu aiguillonnée et munie d'aiguillons crochus. C'est done ce dernier type qui a donné à l'hybride son prineipal cachet, qui a prévalu dans le mélange des deux essences, sorte de faits qui n'est pas très-rare dans la science. Le R. coronata semble peu se révéler à nos yeux et cependant il pouvait ou aurait pu imprimer plus fortement certains caractères. Ses dents foliaires très-composées-glanduleuses n'ont provoqué que l'apparition de quelques denticules accessoires glanduleux ; son abondante pubescence n'a laissé que de faibles traces sur la côte et sur les pétioles; sa glandulosité infrafoliaire n'a pas marqué; mais la forme des folioles a rendu les feuilles supérieures à folioles évidemment aiguës; les stipules ont un peu modifié la forme si caractéristique des Pimpinellifoliées; ses rameaux florifères plus allongés et moins aiguillonnés ou inermes ont étendu ceux de l'hybride

dessiceation, s'attachent fortement, à plusieurs reprises, sur les feuilles de papier, comme cela a lieu pour certaines Villeuses, le R. pomifera, par exemple, et certaines Rubigineuses.

et les ont laissé inermes ou à peu près; enfin sa corolle à teinte rosée a déteint sur celle l'hybride, mais, chose singulière, les pétales de celle-ei étaient d’un rose assez vif, tandis que tous les R. coronata que j'ai vus dans cette même localité étaient à fleurs d’un rose pâle. Qu'on sache cependant que ce type, a d’autres endroits de l'immense côte où ses associations sont disséminées, se montre çà et là avec des fleurs d’un rose plus ou moins vif, soit dans sa variété genuina, soit dans sa variété subnuda. Ce qu'il y a d'étrange sur certains pieds de cette hybride, ce sont des aiguillons franchement ecrochus, mélangés toutefois à des aiguillons assez robustes, mais comprimés et parfaitement droits comme ceux du R. coronata. On sait que celui-ci a presque toujours les aiguillons parfaitement droits et ce n’est guère que dans sa variété subnuda que les aiguillons raméaires s'incurvent assez souvent un peu. Cette incurvation se produit parfois au sommet de tiges à végétation exagérée par la culture(1).

L'hybride en question se distingue du R. spinosissima : 1° par ses folioles moins petites, généralement plus allongées, les supérieures aiguës et non obtuses ou obtusiuscules, à dents moins rarement doubles, à côte un peu velue; 2° par ses stipules à oreillettes moins étalées; 5° par sa corolle d’un rose assez vif; 4° par ses rameaux florifères plus allongés et ordinairement inermes. Dans le R. spinosissimu, 1l arrive que le pétiole est légèrement laineux (poils crépus) à l'origine des folioles et que la villosité s'étend un peu, dans le jeune âge, à la base de la côte foliaire.

1) Voir Motes, fase 2, p. 55.

Rs

En juillet 1858, j'ai récolté, sur la même côte de Hansur-Lesse, deux spécimens sans fleurs et sans fruits d’un Rosa qui me fait l'effet d’être une autre forme hybride des À. spinosissima et R. coronata. Les folioles sont toutes obtuses, à dents composées-glanduleuses, à côte velue et glanduleuse avec quelques rares glandes sur les nervures secondaires; les pétioles sont un peu velus et glanduleux ; les stipules sont très-glanduleuses en dessous; enfin les branches et leurs rameaux sont tout à fait inermes. Cette forme a le cachet du R. spinosissima et on serait tenté de la rapporter au R. Ripartii Déségl. A voir la figure de ses stipules, je pense que c'est bien une forme hybride.

Rosa rubella Sm. et Rosa reversa W.ctK.

Après la découverte du R. spinosissima X coronata, je pensai un instant que le R. rubella Sm. pouvait être la mème forme ou une forme voisine, puisque, le R. alpina ne paraissant pas croître en Angleterre, le R. spinosissima avait bien pu se croiser avec l’une ou l'autre variété du R. Sabini. Mais, après avoir examiné attentivement les figures de l'English Botany, éd. 2, t. 2521-2601, éd. 5, t. CCCCELXIT, et comparé les descriptions qui ont été données, j'ai reconnu que l'assimilation n'était pas possible. M. Godet a, parait-il, constaté l'identité du À. rubella avec une forme jurassique que l'on a décrite sous les noms de R. alpino-pimpinellifolia et R. pimpinellifolio-alpina. En effet, la figure de English Botany et les descriptions de Smith semblent bien convenir à l'une ou l'autre de ces formes qui, dans le Jura, les Alpes et autres montagnes, semblent le produit de lune ou l'autre Pimpinellifoliée croisée avec lune ou l'autre Alpine. Mais explique qui

pourra l'existence de ce produit hybride en Angleterre, où le R. alpina n'a pas été jusqu'ici constaté à l’état indigène.

Le R. reversa, que j'ai reçu en nombreux échantillons de l'Istrie, pourrait fort bien être aussi une hybride d'une Alpine et d’une Pimpinellifoliée. Déjà cette idée a été émise par divers auteurs. M. Tommasini, auquel j'ai manifesté ce soupcon, n’est pas disposé à voir dans cette forme une hybride. Lorsque j'aurai recu de nouveaux spécimens et que j'aurai pu examiner le pollen, je m'étendrai longuement sur cette Rose et sur le R. rubella.

Du moment que l’on aura constaté le fait de l'hybridité, on devra rechercher avec soin les formes d’Alpines et de Pimpinellifoliées qui produisent les hybrides. Cellesei paraissent assez variables dans leurs divers organes, ce qui tient à la prépondérance d'un type ou d’une forme sur l’autre dans l'acte du croisement. Il faudra se mettre en garde contre les variations en voie de retour. De ce que certaines formes fructifient plus ou moins bien, il serait imprudent de conelure à la légitimité spécifique de ces formes, car si le pollen des hybrides est stérile, atrophié, les ovules peuvent être fécondés par le pollen des ascendants qui vivent dans le voisinage.

Rosa Hampeana Griseb.

La connaissance de cette curieuse forme reste bien imparfaite, et même en présence d'échantillons que son auteur à eu la bonté de m'envoyer, je ne puis encore élucider la chose. Mon intention, en parlant iei de cette Rose, est de provoquer des éclaireissements qui mettent à même de la classer à son rang naturel. M. Garcke, dans son Flora von Nord-und Mittel-Deutschlard, la décrit

très-imparfaitement et se trompe sans doute en la mettant à côté du R. alpina. A mon sens, cette forme ne peut appartenir à la section des Alpines, et encore moins à celle des Pimpinellifoliées. Voici la copie textuelle de notes d’herbier que m'a copiées M. Grisebach : « Rosa Hampeana Grisb. in Act. Soc. nat. curios. Germ. Syn. R. alpina Hampe ex tab. PI. Herc. R. alpina hercynica Koch FI. Germ. quoad comm. In rupibus Rosstrappe Hercyniae graniticis et in agri Gottingensis saxis calcareis prope Heiligenstadt. — R. Hampeana a R. alpina differt : carpidiis mediis saepius stipitatis, peduneulis fructiferis strictis, calyeis segmentis appendiculatis; a R. canina: caule humili fere inermi, calycis segmentis et peduneulis glandulosis, corolla odora (an forma ejus rupestris?) — Proxima R. montanae Chaix, differt foliolorum forma, aculeis subnullis, sepalis demum reflexis. Glandulae quoque in calyeis tubo fere nullae. Specimen Croaticun R. montanae comparo, quod foliolis nostrae accidit, caeterum characteribus R. montanae consentaneum. »

Voici la description que je puis faire sur les spécimens en fleurs et en fruits que m'a communiqués M. Grisebach.

Sous-arbrisseau. . . . . . . , à tiges. . . . . . . . Aiguillons . Rameaux florifères inermes. Folioles 5-7, ovales-ellip-

…. Ps. celles rs feuilles inférieures petites (5-10 mill. de largeur, sur 5 à 20 mill. de longueur), obtuses ou subobtuses, celles des feuilles supérieures beaucoup plus amples (8-15 mill. de largeur, sur 15-50 mill. de longueur), longuement aiguës, toutes un peu atténuées-arrondies à la base, ou la terminale assez sensiblement atténuée, parfaitement glabres, à dents composées-glanduleuses, à nervures secondaires assez saillantes, à côte un peu glanduleuse. Pétioles glabres, finement aiguillonnés en dessous, glanduleux, à glandes se prolongeant jusqu’à sa base entre les ailes stipulaires dans les feuilles inférieures. Süpules assez étroites, ciliées-glanduleuses, les supérieures peu dilatées, les

inférieures un peu glanduleuses en dessous sur les oreillettes ; celles-ci étroitement triangulaires-cuspidées, étalées-dressées. Bractée solitaire ou nulle, ovale, lancéolée, égalant le pédicelle, ciliée-glanduleuse. Fleurs ordinairement solitaires. Pédicelles florifères et fructiferes dressés, à la fin roides (10-25 mill.), ordinairement plus longs que la stipule florale, un peu glanduleux, à glandes assez rares et disparaissant en grande partie à la maturité. Réceptacle florifère un peu hispide-glanduleux à la base, ovoïde-allongé, contracté au sommet. Sépales pinnatifides et entiers, ciliés-glanduleux aux bords, hispides-glanduleux sur le dos, pubescents à la face supérieure, égalant ou un peu plus courts que la corolle, réfléchis après la floraison et cadues avant la maturité. Corolle médiocre. . . . . . . Disque assez épais, un peu bombé. Styles velus. Fruits médiocres, ovoïdes, arrondis à la base, un peu atténués au sommet,

Pour autant que je puis en juger sur des matériaux fort incomplets, j'estime que cette forme n'appartient nullement à la section des Alpines, dont elle n’a aueun des caractères essentiels : forme des stipules, persistance des sépales. Ce qui a provoqué le rapprochement fait par MM. Grisebach et Garcke, c'est probablement l'inermité complète ou presque complète de la tige et la petitesse de la plante. Elle ne peut non plus être rapprochée du vrai R. montana Vill. A quelle section peut-on la rapporter ? Si c'était un arbrisseau plus ou moins élevé et aiguillonné, sa place semblerait marquée dans les Caninae, tribu des Hispidae. Chose assez curieuse, elle paraît avoir beaucoup d’aflinité avec le R. djimilensis Boiss., forme que M. Boissier était disposé à rapprocher du R. alpin&, mais qui n’est pas une Alpine.

Afin d'arriver à une conclusion satisfaisante, il faut que la plante soit réétudiée sur place, qu’on sache quelle sorte de souche elle produit, quelle est la teinte des pétales, si elle est sociale ou non, si sa petitesse et son inermité ne sont

pas le fait d'une station excessivement aprique. M. Grisebach m'écrit qu'elle croit sur des rochers presque inaccessibles.

Rosa inelinata Kerner Msc.; R. rubescens Kern. Pl. exsicc. olim non Ripart. — Arbrisseau........, à tiges florifères peu arguillonnées. Aiguillons caulinaires grèles, petits, à pointe inclinée et un peu arquée; les raméaires gréles, à pointe inclinée, ordinairement droite, plus rarement un peu arquée, les uns et les autres à empâtement court et étroit. Écorce des rameaux florifères et foliacés verte et glauque. Rameaux florifères assez grèles, allongés (10-25 cent.), inermes dans leurs entrenœuds supérieurs. Folioles 7, assez grandes, minces, d'un vert assez gai et non luisant en dessus, glaucescentes en dessous, à dents composées-glanduleuses (2-4 denticules glanduleux à la marge inférieure de chaque dent et parfois une glande à la marge supérieure) se prolongeant jusqu'au pétiolule, glabres, à l'exception de la base de la côte munie de poils, à nervures secondaires peu ou pas saillantes, à côte blanchätre, très-peu glanduleuse, ovales-arrondies souvent suborbiculaires, brusquement atténuées à la base ou arrondies, sensiblement pétiolulées (1 1/2 mill.); les inférieures obtuses, les supérieures très-brusquement atlenuées en une pointe aiguë courte; celles des rameaux foliacés un peu moins brusquement atténuées au sommet. Pétioles verdàtres, grèles, maigrement velus tout autour, es inférieurs ordinairement inermes, les supérieures un peu et finement aiguillonnés comme ceux des rameaux foliacés, faiblement glanduleux tout autour, à glandes se prolongeant, dans les feuilles inférieures, sur la portion interstipulaire. Süpules variant beaucoup dans leur lar-

geur selon les rameaux florifères, tantôt assez étroites, tantôt assez larges, les supérieures médiocrement dilatées, glabres et églanduleuses sur les faces, finement et abondamment ciliées-glanduleuses, les moyennes et les supérieures à oreillettes triangulaires-cuspidées, dressées ou

un peu divergentes, à bord extérieur en retraite ou non.

Bractées étroitement ovales-lancéolées, glabres, églanduleuses sur les faces, ciliées-glanduleuses, les plus grandes égalant ou dépassant les pédicelles. Fleurs ordinairement nombreuses (4-12) en corymbe fourni et composé, plus rarement géminées ou solitaires. Pédicelles gréles, assez allongés, glabres, lisses, dressés. Réceptacle florifère glauque(1), assez petit, ovoïde ou ovoïde-arrondi, contracté au sommet. Sépales églanduleux sur le dos, tomenteux-blanchâätres en dessus, les uns entiers, les autres à 1-4 pinnules étroites, entières ou munies de quelques rares denticules glanduleux, à pointe allongée égalant ou dépassant la corolle, étroite et entière dans les fleurs latérales, élargie et denticulée dans la fleur centrale. Corolle médiocre. Pétales d’un rose vif, à onglet jaunàâtre. Disque florifère étroit un peu relevé au bord de l'ouverture, le fructifère un peu déprimé au-dessous du niveau des sépales relevés. Styles nombreux, velus-hérissés, à stigmates formant un assez gros capitule. Fruits assez petits (10-15 mill. de longueur, sur 10-15 mill. de largeur). fortement étranglés au sommet, couronnés jusqu'à la malurilé par les sépales redressés-étalés ou plus ou moins connivents, à la fin dénudés, les médians ovoïdes-arrondis brusquement atté-

(1) Sur le vif, les réceptacles florifères, les pédicelles et peut-être le sommet des rameaux florifères semblent étre un peu violacés sous la glaucescence.

( 554 ) 115 nués aux deux bouts, les latéraux turbinés, presque aussi larges que longs, largement arrondis à la base, contractés au sommet.

Hab. — Tyrol central. — Mühlau près Innsbruck et entre Matrey et le Brenner (A. Kerner).

Obs. — Cette forme, que j'ai décrite sur de beaux et nombreux spécimens, est très-caractéristique et c'est une des meilleures acquisitions qu'ait faites le genre dans ces derniers temps. Elle se rapproche du R. rubrifolia Vill., mais s’en distingue par des caractères que je ferai ressortir dans une étude approfondie de la section des Hontanae. M. Kerner aura à nous apprendre quelle sorte de buisson produit cette belle espèce et quelle est son aire de distribution dans le Tyrol. Il est à remarquer que le pollen est bien organisé.

Rosa Ilseana Crép. — Arbrisseau..…..., à rejets radicaux stériles violacés, très-glauques, abondamment aiguillonnés, à tiges florifères devenant brunes. Aiguillons caulinaires médiocres, ordinairement fortement crochus, à empâtement court ou très-allongé et assez étroit; les raméaires semblables, mais plus petits. Rameaux florifères assez allongés, assez abondamment aiguillonnés jusqu'au sommet, un peu glaucescents. Folioles 7, rarement 9, médiocres, épaisses, coriaces, glauques, d’un vert pàle en dessus, plus pâle en dessous, complétement glabres et églanduleuses, les terminales munies sur la côte d’un ou deux petits aiguillons, à nervures secondaires peu saillantes, simplement et régulièrement dentées, à dents églanduleuses, ne se prolongeant pas ordinairement dans le quart ou le tiers inférieur de la foliole, pétiolulées, ovales-elliptiques,

un peu atténuées à la base, les inférieures obtuses ou tronquées, les supérieures graduellement et assez longuement atténuées-aiguës, comme celles des rejets radieaux stériles. Pétioles d'un vert blanchâtre, assez épais, églanduleux et parfaitement glabres mème dans le canal, munis en dessous de petits aiguillons blanchâtres assez robustes ou inermes à la base des rameaux florifères. Stipules d'un vert clair, tout à fait glabres et églanduleuses même aux bords, entières ou un peu denticulées au bord externe des oreillettes, assez étroites, les supérieures peu dilatées, à orcillettes étroitement triangulaires-aiguës, les inférieures un peu divergentes, les supérieures dressées ou un peu divergentes. Bractées ovales-lancéolées, glabres, à bords églanduleux entiers ou un peu denticulés, dépassant longuement les pédicelles. Pédicelles fructifères très-courts (5-5 mill.), glabres, lisses. Réceptacle florifère.

Sépales tout à fait églanduleux, tomenteux-blanchâtres en dessus, presque tous entiers, l’un ou l’autre pourvu d'une ou de deux pinnules très-étroites et entières, à pointe étroite et entière, se relevant après la floraison, connivents et couronnant le fruit pendant la maturation. Fleurs 5-2 ou solitaires. Corolle . . . . . Pétales + : : "DISQUE fructifère étroit, déprimé. Styles très-velus. Fruits (encore verts, mais assez avancés) assez petits, lisses, les médians et les solitaires ovoides un peu pyriformes, atténués à la base, les latéraux ovoides-arrondis, non atténués à la base, tous brièvement et fortement étranglés au sommet, couronnés par les sépales encore verts et vivants.

Hab. — Bois (terrain calcaire). — Au lieu dit Wisloukts au-dessus de Hradek dans la vallée du Waag (Hongrie. H. Ilse, 18638).

Obs. — Cette forme curieuse, pour laquelle M. Ilse

( 556 ) 115 notait sur l'étiquette : « Viva ramis annuis glaucis et rormis (ut Salix daphnoiïides) valde insignis ! Habitu gracillimo ab omnibus Rosis germanicis mihi notis valde alieno ! », me parait appartenir à la section des Montanae et devoir se ranger au voisinage du R. Reuteri. Je l'ai déerite sur deux beaux spécimens fructifères et sur un assez long fragment de rejet radical. Plus tard, j'en reparlerai, quand je m'occuperai spécialement de cette section.

Rosa vinodora Kerner Msc. — Aiguillons plus ou moins robustes, tous crochus. Rameaux florifères assez allongés, plus ou moins flexueux en ZigZag, INERMES, rarement aiguillonnés. Folioles ASSEZ GRANDES, à poils apprimés plus ou moins nombreux en dessus, plus abondants sur le trajet de la nervure médiane où ils dessinent parfois une ligne blanchâtre, à côte et à nervures assez abondamment velues, à poils épars entre elles plus ou moins nombreux, à GLANDES FINES ET MODÉRÉMENT ABONDANTES sur les nervures et le parenchyme ; les inférieures ovales-elliptiques, un peu atténuées à la base, obtusiuscules ou brièvement aiguës ; les suPÉRIEURES ovales-elliptiques, rétrécies à la base, s’aT- TÉNUANT A PARTIR DE LA MOITIÉ SUPÉRIEURE ET AIGUES; DENTS composées, ciliées-glanduleuses, À MARGE SUPÉRIEURE SOUVENT ÉGLANDULEUSE. PÉTIOLES DENSÉMENT VELUS-TOMENTEUX blanchâtres, ux PEU GLaxpuLEux, les inférieurs inermes, les supérieurs aiguillonnés. Stipules glanduleuses en dessous, au moins les inférieures et les moyennes, les supérieures étroites ou peu dilatées. Fleurs solitaires ou réunies par 2-4. Péniceces florifères et fructifères lisses, ORDINAIRE- MENT GLABRES, rarement un peu velus, plus ou moins allongés (10-20 mill.). Réceptacle florifère lisse, ordinairement

ellipsoïde-oblong (8-9 mill.), longuement atténué à la base. Sépales lisses sur le dos, pubescents-tomenteux en dessus, à pinnules et à pointe assez abondamment ciliéesglanduleuses, égalant ou dépassant un peu la corolle. Corolle médiocre. PÉTALES BLANCS. DISQUE ASSEZ SAILLANT ET CONIQUE. STYLES GLABRES. Fruits...

Hab. — Tyrol septentrional. — Buchsenhausen, Fragenstein près de Zirl, Galzein (4. Kerner).

Obs. — A Galzein, m'écrit M. Kerner, cette forme croît

dans la région subalpine à 4000 pieds et dans un sol calcaire; à Fragenstein, elle est très-abondante sur les rochers calcaires. Je l'ai décrite sur de nombreux échantillons. Elle est toujours à fleurs blanches.

Rosa Billietii Puget in Flora exsiccata de Billot, N° 5594. — Aiguillons plus ou moins robustes, tous erochus. Rameaux florifères assez courts, plus ou moins flexueux en zigzag, inermes ou aiguillonnés. Folioles ASSEZ PETITES, & poils apprimés plus ou moins nombreux en dessus, à côte el à nervures assez abondamment velues, à poils épars entre elles plus ow moins nombreux, à GLANDES GROSSES ET ABONDANTES sur les nervures et le parenchyme; les inférieures étroitement obovales, fortement atténuées à la base, tronquées ou obtuses; les supé- RIEURES Ovales-elliptiques, rétrécies à la base, ÉLARGIES VERS LES DEUX TIERS SUPÉRIEURS, SUBOBTUSES OU BRIÈVEMENT AIGUES ; DENTS composées, très-glanduleuses-ciliées , A MARGE SUPÉ- RIEURE PORTANT 1-5 GLANDES. PÉTIOLES ASSEZ ABONDAMMENT VELUS, TRÈS-GLANDULEUX, les inférieurs inermes, les supérieurs aiguillonnés. Stipules glanduleuses en dessous, au moins les inférieures et les moyennes, les supérieures

( 358 ) 117 étroites ou peu dilatées. Fleurs solitaires. Pénicees florifères et fructifères lisses, ASSEZ ABONDAMMENT VELUS jusqu'au sommet ou dans les deux tiers inférieurs, modérément allongés (8-15 mill.). Réceptacle florifère lisse, ellipsoïdeoblong, plus petit, moins longuement atténué à la base. SÉPaLes lisses sur le dos, pubescents-tomenteux en dessus, à pinnules et à pointe abondamment ciliées-glanduleuses, égalant la corolle, SE RELEVANT APRÈS LA FLORAISON, ÉTALÉS UN PEU DRESSÉS, COURONNANT LE FRUIT VERT. Corolle médiocre. PéTALES....... ? Disque PRESQUE PLAN. STYLES VELUS. Fruits (encore verts) ovoïdes, un peu renflés aux deux tiers supérieurs, brusquement atténués à la base, ou ovoïdes-arrondis, arrondis à la base.

Hab. — Commun parmi les broussailles. — Salins près Moütiers (Savoie. Abbé Puget).

Obs. — M. Puget m'écrit que cette forme se reconnait

facilement à dix pas de toutes les formes aflines et voisines par sa couleur de rouille.

Les deux plantes précédentes appartiennent à la tribu des Sépiacées et, avec le R. lugdunensis Déségl., elles se distinguent de toutes les autres formes connues de cette tribu par la villosité plus abondante des folioles et des pétioles. Le R. vinodora se sépare du R. Billielii Pug. par ses styles glabres et non velus, par sa grandulosité bien moins abondante, probablement par la teinte de ses pétales et aussi probablement par des sépales restant réfléchis après la floraison. M. Kerner aura à nous apprendre comment se comportent les sépales de son R. vinodora après l’anthèse. Sur deux fruits verts de cette forme, fruits ovoides-arrondis, il n'existait plus

aucune trace de sépales, ce qui me fait supposer que ceux-ci sont assez promptement cadues.

Je l'ai déjà dit, ma tribu des Sépiacées, telle qu'elle est composée, est artificielle et doit renfermer des formes qui, tout en se rapprochant du R. sepium et des espèces aflines par la lévité des pédicelles, rappellent les Suavifoliées par leurs styles velus, le relèvement des sépales après la floraison, leur abondante glandulosité. Ceux qui peuvent étudier ces plantes sur le vif devront les examiner à ce point de vue, voir si le buisson est plus ou moins compact, les glandes très-odorantes, les sépales d’un rose assez vif, comme dans les Suavifoliées. Les caractères biologiques ne peuvent pas être appréciés sur des échantillons d'herbier. Mon espoir est qu’un jour la tribu des Sépiacées, qui pour le moment est un véritable chaos, deviendra plus homogène par le passage de plusieurs de ses formes actuelles, soit dans la tribu des Micranthées, soit dans celle des Suavifoliées.

Dans les deux descriptions précédentes, j'ai rigoureusement opposé les différences qui séparent le R. vinodora du R. Billietii au moyen de l'impression en capitales.

M. Kerner me demandait si son R. vinodora ne devait pas se rapporter au R. mentita Déségl. Celui-ci se distingue du premier : 1° par ses tiges et rameaux florifères beaucoup plus grèles; 2° par ses folioles minces, glabres ou presque glabres en dessus, à côte presque glabre, à dents plus larges, plus profondes et souvent munies d’une ou deux glandes à la marge supérieure; 5° par ses pétioles plus gréles, très-peu velus, presque glabres, les supérieures plus finement aiguillonnés; 4° par ses stipules plus étroites, à oreillettes plus longuement acuminées ; 5° par son disque moins saillant.

La description du R. mentita, dans le Büillotia, p. 45, laisse un peu à désirer. C’est ainsi que certaines folioles portent quelques rares poils apprimés en dessus, que le disque est assez saillant, un peu conique, et que les styles tout en étant glabres vus du dehors sont munis de quelques rares poils apprimés dans le canal réceptaculaire, que les folioles inférieures sont obtuses ou obtusiuscules.

C'est ici le lieu de parler du R. brevistyla glandulosa que Seringe a publié sous le N° 47 de ses Roses desséchées. Un accident de dessiccation a induit cet auteur, qui, soit dit en passant, connaissait bien les Roses pour son temps, à rapporter cette forme aux Stylosées. Il avait cependant des doutes sur l'assimilation faite, car, dans ses Mélanges botaniques, p. 51, il remarque que sa plante ressemble beaucoup au R. sepium. Les styles font un peu saillie au-dessus du disque sous l'apparence d’une colonne courte, mais c'est là le pur résultat de la dessiceation. Ce N° 47 est incontestablement une Sépiacée à folioles pubescentes sur les deux faces et qui, avec les idées qui règnent actuellement, mérite un nom spécial ; il se distingue des F. vinodora, R. Billietii et R. lugdunensis. Ses styles paraissent être parfaitement glabres, du moins vus de l’extérieur.

Rosa Boissieri Crép. — Arbrisseau (probablement assez élevé). Tiges florifères roides, parfaitement droites, glabres, ainsi que les rameaux, à écorce brunâtre, assez abondamment aiguillonnées. Aiquillons caulinaires épars, assez gréles, mais néanmoins robustes, élalés horizontalement, ordinairement à pointe droite, longue et effilée-subulée, rarement un peu arquée au sommet, comprimés à la

base, à empâtement court, ovalaire, devenant d'un blanc grisätre ; les raméaires grêles, petits, à pointe très-effilée, droite ou très-légèrement arquée au sommet (1). Rameaux florifères plus ou moins longs (8-15 cent.), roides, trèsdroits, non flexueux, assez abondamment aiguillonnés, à écorce verdâtre un peu glaucescente. Feuilles assez grandes (5-10 cent. de longueur), ordinairement à trois paires de folioles. Folioles pétiolulées, assez épaisses, assez grandes, d’un vert-jaunàtre (sur le sec); un peu veloulées en dessus par la présence de nombreux et courts poils, tomenteuses en dessous, à côte et nervures secondaires assez saillantes, blanchâtres, églanduleuses et inermes, rarement avec quelques très-rares glandes sur la côte, largement ovales-elliptiques, les impaires tendant à devenir subarrondies, brusquement atténuées-arrondies à la base, généralement brièvement aiguës au sommet, simplement dentées, à dents églanduleuses à la pointe, assez étroites, incombantes, rarement pourvues d’un denticule non glanduleux. Pétioles tomenteux, inermes, églanduleux, rarement munis de quelques rares et très-petits aiguillons sétacés, courts, églanduleux à la pointe ou à peu près, parfois chargés de glandes Jaunâtres assez nombreuses. Stipules très-dilatées, chaque aile mesurant souvent cinq millimètres dans sa plus grande largeur, pubescentes en dessous, glabres en dessus, les moyennes et les supérieures à oreillettes larges, ovalestriangulaires (5-6 mill. de longueur), assez longuement acuminées, dressées, non divergentes, à bord extérieur en retraile, ciliées-glanduleuses, à glandes très-fines, jaunâtres

(1) Les aiguillons caulinaires et raméaires des Tomenteuses devenus droits par accident ne ressemblent pas à ceux du À. Boïsseri.

Rs

et nombreuses, se prolongeant jusqu'à la base des ailes stipulaires. Fleurs ordinairement solitaires. Pédicelles assez courts (6-15 mill.), glabres, lisses, completement cachés par les stipules de deux feuilles florales (\) presque opposées, stipules qui égalent ou dépassent plus ou moins le réceptacle florifere. Réceptacle florifere glabre et lisse, glauque, gros, ovoide-arrondi, arrondi à la base ou trèsbrièvement atténué. Sépales complétement églanduleux, blanchätres-tomenteux aux bords et en dessus, ovaleslancéolés, deux entiers, deux autres avec une paire de pinnules très-étroites et entières, tantôt occupant le milieu de la portion élargie du sépale, tantôt le sommet, le quatrième à une seule pinnule, à pointe très-lonque (les sépales mesurant 25 à 50 mill. de longueur), linéaire, un peu élargie. Corolle grande, mesurant 5-6 cent. de diamètre (peut-être d’un rose päle devenant blanchätre). Disque presque plan. Styles velus, à stigmates formant un assez gros capitule. Fruit... Fleurit en juillet.

Hab. — Vallée de Djimil (Laristan), vers 2000 m. d'altitude.

Obs. — J'ai décrit cette forme splendide sur un beau et grand fragment de tige florifère, muni de nombreux rameaux florifères, conservé dans l'herbier de M. Boissier avec une étiquette portant le N° 514 et le nom faux de R. Kotschiana. Je n'en connais pas le collecteur. M. Boissier est disposé à la prendre pour une variété (leiocarpa) du R. tomentosa.

On me jugera peut-être trop hardi en créant une espèce en présence d'un seul spécimen ; on m'objectera que la plu-

(1) Parfois l’une de ces feuilles est réduite à une seule foliole ou es remplacée par une très-large bractée.

122 ( 545 ) part des caractères que je souligne pourraient n'être que des notes individuelles. Ma très-longue pratique du genre m'a donné un flair, peut-on dire, qui me permet de n'être point ordinairement dupe de simples accidents et prendre ainsi des variétés pour de bonnes espèces. Dans ce cas-ci, j'estime que nous avons affaire à un type bien distinct), qu'on ne peut réunir aux Tomenteuses, mais qui est peut-être une Villeuse et appartenant à une tribu n'ayant pas de représentants en Europe. Pour la classer définitivement, il faudrait surtout connaitre le mode d’'évolution des sépales jusqu'à la maturité du fruit, connaitre le facies du buisson et la couleur des pétales.

Si je l’ai décrite avec autant de minutie, c'est pour permettre de l'identifier un jour sans grande difficulté, lorsqu'on parviendra à la retrouver dans les contrées orientales.

La dédicace que j'en fais est un témoignage de ma reconnaissance à M. Boissier. L'auteur du Flora Orientalis a bien voulu me confier toutes les Roses de son herbier oriental, Roses que j'ai étudiées avec som et sur lesquelles j'ai rédigé un volumineux cahier de notes accompagnées de figures. Elles m'ont permis d'apprécier la grande richesse de l'Orient en fait de Roses et me font penser que l'Asie Mineure, la Perse, etc., doivent encore recéler bien des formes curieuses et inédites. J'engage les voyageurs à porter une sérieuse attention sur les diverses formes qu'ils pourraient rencontrer et à recueillir des renseignements sur l'habitus du buisson,

(1) 11 va sans dire que par types distincts je n’entends pas cette foule de petites espèces européennes, dont l'existence sera probablement éphémère et dont plusieurs ont été créées (provisoirement) par moi pour les besoins d’une future démonstration.

sur la souche, la couleur des pétales, l'odeur des glandes, etc., tous caractères qui disparaissent ou qu'on ne peut reconnaitre sur des échantillons d'herbier.

Rosa Aucheri Crép.

Cette forme a été distribuée par Kotschy (PI. Pers. boreal., 1846), sous le N° 276 et sans détermination. Elle a été recueillie sur le mont Elbrus près de Passgala, le 9 juin 1845. M. Boissier la rapporte au R. rubiginosa L. II est possible qu’au fond ce soit un forme orientale du type linnéen, mais je la distingue provisoirement et en parlerai plus tard, quand je traiterai la section des Rubigineuses.

Rosa arabica Crép.

Cette forme, qui est une Rubigineuse, a été publiée deux fois par l'Union d’Esslingen en fleurs, sous le N°446, avee le nom arabe de Wrt berri, et en fruits, N° 725, sous celui de R. rubiginosa. M. W. Schimper l'a ré coltée sur le mont Ste-Catherine (Arabie Pétrée). Elle se rapproche, par certains caractères, du ÆR. Aucheri, et, comme celui-ci, elle n'est peut être qu’une variété orientale du R. rubiginosa.

Rosa intermedia Carrière Revue Horticole, 16 juillet 1868, N° 14, pp. 269-270, fig. 29-50. — Arbrisseau (très-vigoureux, grimpant), à tiges peu aiguillonnées, à écorce glabre (luisante), à rameaux foliacés flexueux en zigzag. Aiguillons caulinaires et raméaires géminés sous les

feuilles, petits et crochus. Folioles 7-9, ovales-elliptiques, assez fortement atténuées à la base et pétiolulées (1-2 mill.), celles des rameaux foliacés et des rejets stériles assez brièvement aiguës au sommet, les supérieures de chaque feuille aiguës presque cuspidées, simplement dentées, à dents plus ou moins larges ou étroites, non glanduleuses à la pointe, d'un vert gai en dessus (paraissant être ternes sur le vif), tomenteuses en dessous sur toute la surface, d’un vert cendré, à nervures secondaires assez saillantes, à côte ordinairement églanduleuse. Pétioles à canal assez large, pubescents-tomenteux, abondamment glanduleux tout autour jusqu’à la base, avec quelques rares très-petits aiguillons en dessous. Stipules glabres en dessus, très-glanduleuses en dessous, ciliéesglanduleuses au bord, profondément laciniées jusqu'à la base, à pinnules très-étroites, ciliées-glanduleuses sur les tiges et les rameaux foliacés, à oreillettes longues, étroites, subulées, pectinées à la base, étalées-dressées. Bractées (laciniées ou pectinées) ; bractéoles (entières). Fleurs (odorantes), très-nombreuses, en grappe-corymbiforme très-composée, à rameaux se subdivisant plus ou moins régulièrement en eymes bi-trichotomes. Pédicelles fructifères lisses, un peu velus, assez allongés (10-15 mill.), les latéraux des cymes un peu arqués-ascendants. Réceptacle florifère lisse, glabre, très-petit (1 ‘/2-2 mill. de largeur, sur 2 ‘/2-5 mill. de longueur), ellipsoïde. Sépales (entiers, larges, ciliés, égalant ou un peu plus courts que la corolle, réfléchis), caducs avant la maturité du fruit. Corolle (très-petite, d’environ 15 mill. de diamètre). Pétales d’un blanc rosé, selon M. Boreau, d’un blane pur selon M. Carrière. Étamines (à filets courts et blanes, à anthères jaunes). Disque fructifère saillant, conique

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