ROSA ALPESTRIS
Le R. alpestris Rap. tel que je le comprends d’après sa description originale et d'après les échantillons que l’auteur m'a envoyés, est une Rose à sépales relevés après
la floraison, à réceptacles plus ou moins abondamment hispides-glanduleux, à folioles ovales plus ou moins aiguës et à nervures secondaires glanduleuses en dessous.
Je ne m'arréterai pas à décrire les différences que présentent les échantillons authentiques du R. alpestris que je possède et je me contenterai d'affirmer que ce nom désigne non pas une forme nettement caractérisée et toujours la même dans ses représentants, mais bien un petit groupe de formes affines qui relient le R. montana aux Coronatae et qui doivent être incorporées dans celles-ci à la division glabrae biserratae-compositae hispidae glandulosae. Déjà j’ai compris dans cette division une Rose à réceptacles lisses provenant des Alpes de Montbovon et que M. Cottet m'a envoyée sous le nom de R. alpestris.
Le R. alpestris ne doit pas être tenu éloigné du R. montana, car il se relie à cette forme par des variations transitoires, comme, d’autre part, il se trouve relié par diverses variations à des formes appartenant incontestablement aux Coronatae glabrae.
En somme, du R. glauca Vill. (R. Reuteri God.), à dents simples, à pédicelles, réceptacles et sépales lisses, au R. montana Chaix à nervures secondaires glanduleuses, il existe une chaine de formes qu’on ne peut seinder en plusieurs espèces de premier ordre. Les distinctions spécifiques qu'on y a établies successivement ne peuvent résister en présence d’une étude rationnelle des formes transitoires, qui deviennent de iour en jour plus nombreuses et qui renversent toutes ces petites créations artificielles qui encombrent la nomenclature.Ces créations, nécessitées en quelque sorte par les besoins de la science, n'ont pas été inutiles. Au contraire, elles ont aidé à faire
mieux connaitre les modifications des types spécifiques; seulement, il devient urgent qu'elles soient réduites à leur véritable valeur.