‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 137 sur 174 · XXE. — OBSERVATIONS SUR LE ROSA RUBRIFOLIA VILL · texte numérisé non relu

XXE. — OBSERVATIONS SUR LE ROSA RUBRIFOLIA VILL

Le R. rubrifolia Vill. (vel R. ferruginea Vill.) est une forme extrêmement intéressante. Des Pyrénées, en passant par les Vosges, le Jura et les Alpes françaises, il s’étend jusqu'en Istrie et en Croatie, en conservant, dans toutes ses habitations, un cachet qui ne permet pas de le confondre avee aucune des variétés du groupe des Coronalae.

On s'accorde généralement à lui attribuer le rang d’une espèce de premier ordre, mais on peut, me semble-t-il, élever quelques objections à ce sujet. En effet, le R. rubrifolia, tout en présentant un cachet vraiment remarquable, ne parait pas posséder de caractères spécifiques bien tranchés qui le séparent largement des Coronatae glabrae uniserralae nudae où hispidae. Entre lui et certaines formes du R. Reuteri, il n’y a guère, en apparence du moins, que des nuances. Néanmoins, la constance de ses divers caractères dans l’aire étendue de son habitation et surtout

CN) 759 l'absence de variations qui pourraient le relier plus ou moins intimement aux Coronalae me paraissent autoriser à séparer celte forme des races du À. canina et de lui accorder un rang distinet, supérieur à celui des R. glauca (R. Reuleri), R. Pouzini et R. montana. On peut toutefois supposer avec quelque raison que cette forme est dérivée du R. canina, dont elle se serait isolée par suite de circonstances particulières, sans toutefois perdre les marques de son origine.

Le R.rubrifolia produitordinairementun buisson moins robuste que le R. canina, à aiguillons plus grèles, ord. crochus, mais parfois parfaitement droits sur certains axes. Ses folioles, toujours à dents simples, présentent des formes assez variées, mais jamais plus ou moins arrondies comme dans le À. montana. Ses organes floraux sont beaucoup plus petits que dans les Coronulae et ses sépales, quoique parfois pinnulés, peuvent être considérés comme étant simples. La petitesse des réceptacles et la simplicité des sépales sont les caractères les plus distinetifs et les plus pratiques que l’on puisse invoquer pour maintenir le R. rubrifolia au rang d'espèce.

Jusqu'à présent, on ne lui a pas encore trouvé de variété pubescente.

Le R. rubrifolia a échappé à peu près complétement au démembrement qu'ont subi la plupart des autres espèces. Il serait cependant assez facile de le démembrer en se basant sur la forme des aiguillons et des folioles, sur la présence ou l’absence de glandes et de constituer avec ses variations des créations spécifiques ayant une valeur égale à celle d’une foule de créations spécifiques faites aux dépens des R. canina, R. rubiginosa, R. tomentosa, R. mollis, ete.

Moi-même, trompé par les apparences, j'ai cru voir dans l’une de ses formes une espèce distinete que j'ai décrite sous le nom de R. Ilseana.

XXII. — OBSERVATIONS SUR DIVERSES ROSES HYBRIDES AYANT POUR UN DE LEURS ASCENDANTS LE Rosa ALpiNA L.

Je m'abstiendrai ici de parler des formes hybrides provenant du croisement du R. alpina avec le R. pimpinellifolia, parce que la nature de ces formes est suflisamment démontrée; je me bornerai à quelques Roses dont la nature hybride est moins généralement admise.

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