ROSA SALEVENSIS RAP
(R. alpina X R. canina.)
M. Christ est peut-être le premier botaniste qui ait dévoilé la nature hybride du R. salevensis Rap.
Cette Rose décèle d’une façon extrèmement remarquable des attaches très-étroites avec le R. alpina; il est même tels spécimens inermes de certaines de ses formes qu'on est presque tenté d'identifier avec l’espèce de Linné.
La riche série d'échantillons que je dois à la générosité de mes correspondants, me permet de partager l'opinion de mon savant ami M. Christ et d'affirmer que l’un des ascendants de À. salevensis est bien le R. alpina. Quant à son autre ascendant, il ne peut guère être que le ñ. canina, mais sont-ce des Coronalae plutôt que des Eucaninae qui ont concouru au croisement hybride ? On peut vraisemblablement présumer que les deux races sont
intervenues dans le croisement, mais ce n’est guère que sur les lieux, en considérant les associations d'espèces légitimes au milieu desquelles se trouvent les pieds du R. salevensis, qu’on parviendra à savoir quelle est la race du À. canina qui a joué le rôle d’ascendant.
Le R. alpina étant très-variable et le À. canina l'étant plus encore, on doit s'attendre à voir leurs produits hybrides varier dans une large mesure, et d'autant plus large que ces produits étant fertiles leurs descendants ont dù se rapprocher à des degrés divers de leurs ascendants. Il existe des formes, qui sont peut-être en retour vers le R. canina, qu'on a quelque peine à distinguer des variétés de la race des Coronatae.
Je ne tenterai pas de faire la monographie des nombreuses variations du R. salevensis, parce que cela m'entrainerait trop loin ; je me contenterai de faire remarquer, en peu de mots, quelles sont leurs principales modificaions.
Le R. salevensis peut être glabre ou pubescent, à folioles à dents simples, doubles ou composées, à pédicelles, réceptacles et sépales lisses ou hispides-glanduleux. Ses variations pourraient être rangées dans un cadre à peu près semblable à ceux que j'ai dressés pour Îcs races du k. canina. Il serait assez facile d’en faire plusieurs espèces secondaires pouvant être mises sur le même rang que les nombreuses espèces artificielles démembrées du R. canina.
Le À. salevensis doit ordinairement beaucoup au BR. alpina : plus ou moins la forme de ses folioles, assez souvent une quatrième paire de folioles à ses feuilles, un réceptacle assez allongé et contracté en col, une assez grande persistance des sépales, des axes peu aiguillonnés ou incrmes. Il doit principalement au R. canina sa taille
plus ou moins élevée et assez robuste, des aiguillons assez souvent plus ou moins crochus et des sépales plus ou moins abondamment pinnulés.
Le R. Perrieri Songeon n'est qu’une forme du R. salevensis à dents foliaires doubles ou plus ou moins composées-glanduleuses.
Le R. stenosepala Christ, que son créateur considère actuellement comme un R. alpino-coriifolia, est probablement encore une forme du À. salevensis, représentée par deux variations assez différentes, l’une provenant des Bains de Loesch, l’autre de Vercorin.
Le R. Berneti Schmidely est vraisemblablement encore une forme du R.salevensis à folioles pubescentes et à nervures secondaires glanduleuses.
Le R. Mureti Rap. me parait, à son tour, devoir encore faire partie de la série des variétés du À. salevensis ; seulement, celte forme tend à se rapprocher du À. canina.
Le R. Lereschii Rap. se place à côté du R. Mureti et semble avoir la même origine que ce dernier.