‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 147 sur 174 · C. Gladulosae · texte numérisé non relu

C. Gladulosae

HISPIDAE.

R. omissa Déségl. — Cette forme parait être assez largement répandue. Elle existe en France, en Savoie, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre et en Scandinavie et est assez fréquemment confondue avec les variétés du R. mollis. La Rose du Creux de la Buse qui a donné lieu à une observation de la part de M. Lamotte, dans son Prodrome de la Flore du plateau central de la France, p.275, appartient, du moins en partie, au ZX. omissa. En s'appuyant sur de minimes modifications, il n'est pas impossible de démembrer le R. omissa.

R. Gillotii Déségl. et Luc. — Quand on confronte les descriptions originales des R. Gillotii et R. omissa, on peut croire qu'il existe des différences assez sensibles entre ces deux espèces; mais si l’on rapproche des échantillons authentiques des deux formes, on reconnait que les différences sont à peine appréciables. Le R. Gillotii est décrit avec des aiguillons dégénérant en soics au sommet des ramuscules et avce des pétales ciliés à la base. Dans les beaux et nombreux échantillons authentiques que m'a envoyés M. Ozanon, auquel je dois des matériaux très-pré-

cieux pour mes études, je ne parviens pas à découvrir la moindre trace d’aiguillons sétacés. Dans ces mêmes échantillons, on aperçoit bien quelques rares poils vers l'onglet des pétales, mais cette villosité fugace qui se retrouve au dos de certains pétales, n'est qu'un simple accident qu'on peut observer dans divers types spécifiques dont les sépales sont abondamment tomenteux à la face interne. Une particularité concernant les pétales qui n’a pas été relevée dans la description de l'espèce, c’est la présence de cils glanduleux au bord supérieur. En somme, le R. Gillotii rentre dans le groupe des formes du À. omissa. Les sépales ont les mêmes allures que ceux des À. omissa et R. tunoniensis.

R. resinosoides Crép. — Ce nom a été donné par moi à des formes que l’on confondait sous le nom de R. resinosa. M. Déséglise admet ce nom dans son Cataloque, N° 595, mais il a continué à associer à cette variété du À. tomentosa des variétés glanduleuses du R. mollis. Le R. resinosoides Crép. ne représente pas une forme rigoureusement délimitée, mais bien un groupe de variations affines se distinguant diflicilement du À. omissa.

Les variétés du groupe Coronatae m'ont pendant longtemps causé des incertitudes sur la place qu’elles doivent occuper ; ces incertitudes étaient augmentées par la confusion faite par d’excellents observateurs qui prenaient plusieurs de ces formes pour des variétés glanduleuses du À. mollis. Elles troublaient profondément mes idées sur la valeur de la forme des aiguillons dans les Villosae. En présence de la figure des aiguillons dans le petit groupe des Coronatac, j'en étais venu à me demander si

celles-ci ne devaient pas leur origine à des croisements hybrides entre les R. mollis et R. tomentosa. C’est en faisant une nouvelle étude des très-nombreuses formes du À. tomentosa de mon herbier, que le groupe des Coronalae s’est dévoilé et s'est élucidé dans mon esprit. Je suis porté à croire que les mêmes idées s’imposeront aux spécialistes qui compareront attentivement les Tomentosae coronatae aux véritables Villosae à aiguillons parfaitement droits ct à sépales indéfiniment persistants et jamais caducs. Dans les Coronalae, les aiguillons sont ceux du À. tomentosa; ils sont parfois presque droits, comme ils peuvent l'être aussi dans les Eutomentosae, mais ils n'ont jamais la rectitude et la gracilité de ceux des Villosae ; les axes tant florifères que foliifères sont toujours plus ou moins flexueux et ne sont pas droits ou presque droits comme dans les Villosae. L'obscurité qui a régné sur le groupe du Coronalae témoigne bien que la distinction n'est pas toujours facile à établir entre leurs formes et celles des Villosae, surtout quand il s’agit d'échantillons d’herbier qui ne présentent pas réunis tous les éléments d'une analyse complète. Dans certains cas, on pourra hésiter et même rester dans le doute faute de documents suffisants. Ajoutons, en terminant, que les Coronatae, sans se confondre avec les Villosae, tendent à se rapprocher de celles-ci et à marquer peut-être ainsi d’anciennes relations généalogiques.

XXIV. — OBSERVATIONS SUR LES FORMES BUROPÉENNES DE LA SECTION DES VILLOSAE.

Je vais passer successivement en revue les diverses formes européennes que l'on peut classer dans la section

des Villosae, puis je dresserai le tableau synoptique des variations du R. mollis.

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