XXV. — OBSERVATIONS SUR LE ROSA INVOLUTA Sx
(Rosa Sagixi W oops)
La forme la plus anciennement connue du petit groupe dont il va être question est le À. involuta que Smith a décrit, en 180%, dans son Flora Britannica, p. 1398. Le R. Sabini, qui appartient au même groupe, n’a été décrit par Woods qu'en 1816. Si l’on considère les diverses formes qui sont énumérées ci-dessous comme appartenant au même type spécifique, on doit done donner à celui-ci, ainsi que l’a fait M. Baker, le nom de R. involuta.
C'est Woods qui le premier a attiré lattention sur les diverses formes du R. involuta. Dans son mémoire intitulé : À Synopsis of the British Species of Rosa (in Transactions of the Linnean Society, volume XII, 1818) il propose comme espèces nouvelles les R. Doniana, R. gracilis et R. Sabini. Voici de quelle façon 1l analyse ces formes dans le tableau synoptique des espèces.
(115) 775 a. Foliis supra glabris . . . . . . . . . . R.invorura. b. Foliis utrinque hirsutis . . . . . . . . . * Laciniis calycinis integris. - + Aculeis reetis. . - . . . . . . . KR. Donan.
++ Aculeis faleatis . - . . . . . . . KR. cnacuus. #** Laciniis calycinis divisis . . . . . . . . R. Sami.
Ainsi qu'on va le voir, le R. involuta produit des variations analogues à celles des À. tomentosa et R. mollis.
a. Uniserratae.
Glabriusculae.
HISPIDAE.
Le R. Wilsoni Borrer, qui appartient à cette division, est une forme délicate. Folioles largement ovales, arrondies à la base ou obseurément cordées, à face supérieure glabre ou devenant glabre, à face inférieure pubescente sur la côte et les nervures secondaires ; réceptacles petits, lisses ou très-peu hispides ; sépales extérieurs entiers ou presque entiers, glanduleux sur le dos; corolle d'un rose très-vif ou purpurine. Les rameaux et les ramuscules florifères sont sétigères.
Le R. involuta var. occidentalis Baker parait devoir se classer ici. Je n'ai pas vu d'échantillons de cette forme.
b. Biserratae.
A. Glabriusculae.
HISPIDAE.
La forme type du R. sabauda Rap., quoique n’étant pas à dents foliaires régulièrement doubles, peut être rangée dans cette division. J'ai dit la forme type, parce que nous allons voir que le R. sabauda est sujet à varier.
Comme cette espèce est assez mal connue et qu'elle est très-peu répandue dans les herbiers, il ne sera pas inutile de l'examiner de nouveau avec soin.
M. Rapin a primitivement décrit son R. sabauda dans les termes suivants :
Tiges de #4 à 5 pieds ; aiguillons des surgeons larges, comprimés, atténués en pointe droite et dure; feuilles à pétioles pubescents, à 5-7 folioles elliptiques, pointues, glabres, simplement dentées; fruit sphérique, rouge pâle, coriace, hérissé, ainsi que son pédoncule droit, d’aiguillons glanduleux, lobes du calice dressés, persistants, glanduleux, les extérieurs pennatipartiles (Bulletin de la Société Hallérienne, No 4, p. 178, 1854-1856).
Dans la 2° édition de son Guide du botaniste dans le canton de Vaud (1862), M. Rapin donne à son R. sabauda une variété tomenteuse qui est mon À. coronata et qu’il distingue de la forme typique de son espèce de la façon suivante :
Feuilles cendrées, poilues et veloutées, à folioles doublement dentées.
En 1865, Grenier, dans sa Flore de la chaîne jurassique, donnait une nouvelle description du ÆR. sabauda plus complète que celle de M. Rapin. Cette description, faite sur des spécimens authentiques, attribue à l'espèce des aiguillons frês-inégaux, passant insensiblement de la forme robuste-subulée à l'élat de soies parfois glanduleuses, des folioles simplement dentées ou assez obscurément surdentées, et à dents secondaires terminées cà et là par une glande.
Je vais maintenant examiner les spécimens authentiques que j'ai actuellement sous les yeux. Ces échantillons sont les suivants : 1° un rameau florifère et un fragment de tige stérile avec étiquette de M. Rapin (de mon herbier); 2° deux rameaux fructifères accompagnés d'une tige stérile avec étiquette de M. Rapin (herbier de M. Désé-
(#17) 777 glise); 3° deux rameaux florifères envoyés par Puget et recueillis par M. Rapin (de mon herbier); 4° deux rameaux florifères de mème provenance que le N° 5 (herbier de M. Déséglise).
Le N° 2 est celui auquel la description originale de l'espèce convient le mieux. Les dents foliaires sont souvent doubles dans les ramuseules florifères et souvent simples dans la tige stérile, mais il n’est pas rare de voir des dents accompagnées de deux et mème de trois denticules glanduleux. Dans la tige foliifère, les jeunes folioles sont un peu pubescentes en dessus et sur la côte, mais la villosité disparait avec l’âge; les pétioles sont plus ou moins densément pubescents, puis deviennent glabres ou glabriuscules. Les feuilles des ramuscules florifères sont 7-foliolées, tandis que celles de la tige sont souvent 9-foliolées. Les nervures secondaires sont parfaitement églanduleuses.
Le N° 5 présente, dans l’un de ses rameaux florifères, des feuilles parfaitement glabres. Un ramuscule florifère terminal a toutes ses folioles à dents composées-glanleuses et à nervures secondaires glanduleuses en dessous ; deux ramuscules florifères latéraux ont les feuilles inférieures à dents modérément composées et à nervures secondaires un peu glanduleuses, et les feuilles supérieures à dents simples ou doubles et à nervures secondaires églanduleuses. Le même spécimen présente done une singulière variation dans ses dents foliaires et ses nervures.
L'autre rameau florifère a les folioles à nervures secondaires églanduleuses et les dents foliaires presque toutes simples.
Le N°2a les folioles de son rameau florifère à dents très-composées-glanduleuses, et à nervures secondaires
glanduieuses. Le fragment de tige présente des folioles à dents doubles ou simples et à nervures secondaires non glanduleuses.
Le N° 4 représente une forme identique aux deux ramuscules latéraux florifères du N°5.
Comme on le voit, le R. sabauda n'avait pas été examiné avec assez d'attention; 1l est constitué par plusieurs formes très-affines qui peuvent se répartir dans trois subdivisions du groupe : Uniserratae, Biserratae, Biserrataecompositae glandulosae hispidae.
Sur les divers spécimens que je viens d'examiner, je n’ai vu aucune trace de sétules sur les axes comme on en observe dans les formes anglaises. Seulement, les aiguillons deviennent ordinairement plus grèles sur les ramuscules florifères.
B. Tomentosae.
HISPIDAE,
Je range dans cette division plusieurs formes recueillies par M. Schmidely au Mont Salève (aux environs des carrières du Pas de l'Échelle) et qu’il m'a envoyées sous le nom de R. Sabini var. Wilsoni. Les dents foliaires, tout en étant assez irrégulières, sont en grande partie doubles et mélangées à des dents simples ou un peu composées. Folioles assez amples, largement ovales, arrondies à la base ou obscurément cordées; réceptacles modérément hispides ; sépales extérieurs à 1-4 pinnules étroites; corolle paraissant d’un rose päle. Les rameaux et les ramuscules florifères sont sétigères ou non sétigères. Les tiges foliifèéres présentent assez souvent des feuilles 9-foliolées.
c. Biserratae-compositae A. Glabriusculae.