‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 154 sur 174 · HISPIDAE · texte numérisé non relu

HISPIDAE

* Fructibus laevibus.

Les formes appartenant à cette division paraissent rares.

D'après la description qu'en donne M. Déséglise, le R. australis semblerait devoir se ranger dans cette division. Au sujet de cette espèce, Je dois expliquer comment il se fait qu’en 1869 (Conf. Prim. Monogr. Rosar., fase. I, p. 25) je l'ai classée dans la section des Rubiginosae. En 1868, M. Kerner m’a envoyé, sous le nom de R. australis, deux échantillons fructifères d’une vraie Suavifoliae que je considère comme un R. rubiginosa L. à pédicelles et à réceptacles lisses. Ces deux spécimens étaient accompagnés de sept ramuscules foliifères inermes, à folioles glabrescentes à la face supérieure et abondamment glanduleuses en dessous. Leur étiquette portait : « Diese auf den angrensenden Wiesen in grosser Menge wachsenden wehrloser Schüplinge scheinen mir zu R. australis zu gehôren ». J’avais fort bien reconnu que ces ramuscules foliifères n’appartenaient pas à l'espèce représentée par les deux ramuscules fructifères. D'après les termes de la description de M. Déséglise, il parait que le nom de R. australis a été postérieurement appliqué à la forme

représentée par les ramuscules foliifères en question. Je cultive ce nouveau À. australis, mais jusqu'à présent je n'en ai pas encore obtenu de fleurs.

La forme que j'ai autrefois nommée R. proxima (Conf. Prim. Monogr. Rosar., fasc. 1, p. 27) et que M. Déséglise a longuement décrite dans son Catalogue, N° 405, pourrait, à Îa rigueur, trouver ici sa place. Par ses folioles, elle semble cependant se rapprocher du À. pomifera et, pour cette raison, elle trouverait peut-être une place plus naturelle parmi les formes transitoires entre le KR. pomifera et le R. mollis.

* Fructibus parce glandulosis.

Cette division renferme des variétés assez nombreuses et plus ou moins différentes les unes des autres par la forme des folioles et le volume des réceptacles. Leurs pédicelles sont généralement courts.

Le R. venusta Scheutz me parait devoir prendre rang parmi ces variétés. Il est cependant classé par son créateur dans la section du R. tomentosa, ce qui s'explique par son facies qui se rapproche de celui du R. tomentosa. Ses aiguillons grèles à pointe droite, horizontale ou inclinée et la persistance compléte de ses sépales me semblent ètre deux caractères suffisants pour le rattacher plutôt au R. mollis. Ses pédicelles sont assez longs et ses réceptacles sont souvent arrondis.

Les diverses formes du À. mollissima var. nemoralis Lange que son auteur m'a envoyées doivent se classer dans cette division ou dans la division précédente. L'une d'elles est à fleurs blanches.

*#* Fructibus dense glandulosis.

Entre cette division et la précédente, il existe des formes de transition, c’est-à-dire dont les réceptacles sont modérément glanduleux.

Les variétés à réceptacles densément glanduleux sont assez nombreuses et plus ou moins différentes les unes des autres. Elles pourraient peut-être fournir matière à la création d’une douzaine d'espèces.

Le R. Scheutzii Christ, dont M. Scheutz m'a communiqué de beaux spécimens, est curieux par ses fleurs blanches. Ses réceptacles sont aussi densément hispidesglanduleux que ceux du R. pomifera.

Le R. ciliato-petala Besser, qui a également des réceptacles densément hispides-glanduleux, ressemble beaucoup à certaines formes microphylles du R. pomifera. Peut-être ferait-on bien ‘de le considérer comme une variété du type de Herrman.

Le R. Andrzeiovii Steven n'a pas les réceptacles aussi densément hispides-glanduleux que le R. ciliato-petala. I pourrait se ranger parmi les variétés intermédiaires entre les deux dernières divisions.

J’ai autrefois désigné sous le nom de R. etrusca (Conf. Prim. Monogr. Rosar., fasc. I, p. 26) une forme provenant de Boscolungo (Apennins), à folioles allongées, maigrement pubescentes, à pédicelles allongés et à réceptacles assez densément hispides-glanduleux. Depuis 1869, J'ai eu l'occasion de voir, dans l'herbier du Musée de Florence et dans celui de M. Levier, de nombreux échantüillons recueillis à Boscolungo dont la détermination m'a embarassé à eause de caractères qui les rapprochent

tantôt du À. mollis, tantôt du R. pomifera. Ces formes de Boscolungo devraient faire l'objet d’un examen approfondi.

Je n'ai pas cité le R. resinosa Stern., parce que je n'ai pas eu l’occasion de voir des échantillons authentiques de cette forme de la Styrie, qui peut-être doit se ranger dans celte dernière division. La description originale de cette espèce a été publiée dans le Flora de Ratisbonne, année

Le tableau que je viens de tracer des variations du R. mollis et dans lequel j'aurais pu faire entrer les variations du R. pomifera, est artificiel comme le seront, du reste, tous les tableaux systématiques qu'on pourra en dresser en s'appuyant sur d’autres caractères. Quand il s'agit de variations locales ou individuelles, il n'est guère possible, je le répète encore une fois, de ménager toutes les affinités à cause des combinaisons pour ainsi dire sans limites des caractères secondaires.

L'étude que j'ai faite des nombreuses formes qui composent actuellement le groupe désigné sous le nom de Villosae, m'a démontré que du R. pomifera le plus typique, à folioles amples, allongées et glanduleuses en dessous, à gros réceptacles densément hispides-glanduleux, jusqu'aux formes églanduleuses les plus délicates du R. mollis, il existe une chaine ininterrompue de variétés et de variations qu'il n'est pas possible de rompre en plusieurs troncons pour en constituer des espèces.

Les créations spécifiques se sont faites successivement et sans idées d'ensemble, au fur et à mesure des découvertes; elles sont comme autant d'étapes qui ont été faites dans la connaissance des variations. Pour les étayer, on a employé des caractères dout on est bien forcé de reconnaitre aujourd’hui la parfaite inanité.

Mes idées de réduction seront difficilement acceptées par les botanistes qui se bornent à l'étude de flores locales, qui n'ont pu étudier que des tronçons isolés de la longue chaine des variations ; mais quant aux amateurs qui possèdent de riches matériaux qu'ils auront la patience d'analyser avec soin, Je suis intimement convaincu qu’ils arriveront, avec le temps, aux mêmes conclusions que moi. J'ai dit avec le temps, parce qu'il est assez diflicile de rompre brusquement avec les habitudes prises et d'accepter des idées nouvelles qui viennent contrarier les traditions. Je ne suis moi-même arrivé à ces idées de réduction qu'après de longues années d’étude et après avoir éprouvé de nombreuses hésitations.

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