‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 159 sur 174 · HISPIDAE · texte numérisé non relu

HISPIDAE

Cette division comprend la forme la plus commune du R. coronata de Belgique, qui est rarement à folioles églanduleuses en dessous, certaines formes du R. coronata du Mont Salève et du R. involuta var. Sabini Baker d'Angleterre.

M. Déséglise dit, dans son Catalogue, qu'aueun des spécimens du À. Sabini qu'il possède en herbier ne présentent de glandes à la face inférieure des folioles. Je ne contesterai pas la vérité de cette assertion, mais Je puis dire que les deux spécimens qui représentent, dans mon herbier, le N° 2 de l’Herbarium Rosarum de M. Baker, ont des glandes, peu abondantes, il est vrai, et assez difficiles à voir, à la face inférieure des folioles.

Le R. Sabini var. Ravellae Christ ne parait pas différer des formes du À. coronata de Belgique comprises dans cette division.

R. Braunii Keller est une variation du À. involuta qui

doit se ranger ici. Ses ramuscules florifères sont assez abondamment sétigères, à petites soies glanduleuses.

Le R. involuta var. Moorei Baker, que je ne connais pas, parait devoir prendre place dans cette division.

On sera peut-être surpris de ne pas voir le À. gracilis Woods classé dans l’une des divisions précédentes. Cette forme m'embarrasse beaucoup à cause de ses aiguillons robustes plus ou moins crochus ou plus ou moins arqués. Serait-elle réellement une variété légitime du R. involuta? Je n'ose pas me prononcer sur cette question délicate. Les nombreux échantillons que m'a envoyés M. Baker et provenant de Cliffrig Ayton (North Yorkshire) paraissent correspondre assez bien à la description de Woods; seulement les aiguillons crochus ou arqués qui sont nombreux, assez robustes ou grèles, ne sont sur aucun des axes mélangés d’aiguillons sétacés ou de soies comme le marque la description de Woods; en outre, je n'y vois aucune feuille 9-foliolées. Tout bien considéré, je ne sais que faire de cette forme d'Ayton. C’est peutètre un produit hybride. M. Baker m'a envoyé une autre Rose également sous le nom de R. grazilis qui ne peut ètre qu'une variété du R. mollis Sm.

En l'absence de spécimens que je puisse rapporter sans hésitation au type de Woods, je ne discuterai pas plus longuement la nature de celui-ci, et je le laisserai provisoirement de côté.

En rapportant toutes les formes précédentes à un seul el unique type spécifique, j'ai suivi l'exemple qui a été donné par MM. Baker et Christ. L'étude que j'ai faite pendant de nembreuses années sur les riches colonies du

R. coronata qui existent aux alentours de Han-sur-Lesse (province de Namur), m'a démontré que les caractères fondés sur la glabréité ou la pubescence, sur la présence ou l'absence de glandes sur les divers organes ne pourvaient avoir aucune valeur spécifique, de même que la couleur de la corolle. La petitesse des arbrisseaux ou leur taille élevée dépend du terrain. Sur les collines arides et calcaires des environs de Han-sur-Lesse, le R, coronata reste souvent chétif ou du moins peu élevé, à tige souvent solitaire; mais, transporté dans le sol fertile d’un jardin, il peut produire un énorme buisson pluricaule atteignant jusque trois et quatre mêtres de hauteur.

Il est à remarquer que la plupart des formes anglaises, pour ne pas dire toutes, ont leurs divers axes chargés de nombreux aiguillons sétacés mêlés aux aiguillons robustes, et que leurs folioles sont ordinairement largement ovales et tendant à prendre la forme suborbiculaire. Dans le R. coronata de Belgique, 1l n’y a guère que sur les tiges et surtout dans la partie inférieure de celles-ci que les aiguillons robustes soient mélangés d'aiguillons sétacés ; cependant parfois ceux-e1 se prolongent sur les axes secondaires et même sur les ramuscules florifères, mais en petit nombre. Les folioles sont relativement plus étroites que dans les plantes anglaises et plus atténuées à la base; toutefois, on trouve des individus à folioles largement ovales et plus ou moins arrondies à la base. Les formes du Mont Salève semblent être, pour la forme des folioles et l'armature des axes, intermédiaires entre les variations de Belgique et les variations anglaises. Plusieurs des formes tomenteuses da Mont Salève ont des dents foliaires peu composées, mélangées de dents doubles ou simples.

Maintenant quelle est la valeur relative et la place natu-

relle du À, involuta ? M. Baker l'admet comme un type primaire d’égale valeur aux R. pimpinellifolia, R. tomentosa, R. canina, ete. ; tandis que M. Christ ne le considère qu'à titre d’espèce secondaire ou dérivée.

Ilest difficile de s’accorder sur ce que l'on peut entendre par espèces secondaires, mais je suis porté à admettre, avec M. Christ, que le R. involuta ne présente pas ces caractères distinctifs que possèdent les vrais types cardinaux. C’est ainsi que privés de leurs aiguillons sétacés, les échantillons de R. involuta sont assez difficiles à bien distinguer de certaines formes du R. mollis. Néanmoins, à part les aiguillons sétacés, le R. involuta présente des caractères, les uns très-secondaires, les autres plus importants, qui le distinguent des nombreuses formes du R. mollis. L'aspect des folioles, peut-être la coloration de l'écorce, la coloration habituelle de la corolle, la longueur des pédicelles, la consistance du réceptacle fructifère qui est plus sec et qui devient rarement pulpeux, sont autant de notes distinctives, mais qu'il est difficile de bien apprécier et plus difficile encore d'exprimer clairement. Un caractère d'une valeur supérieure réside, me sembletil, dans les stipules supérieures et les bractées. Chez le KR. involuta, les stipules des feuilles supérieures, ainsi que les bractées, quand il en existe, sont presque toujours notablement plus étroites et moins dilatées que dans les variétés du R. mollis. Mais ce dernier caractère reste encore assez difficile à bien apprécier.

J’ai autrefois établi pour les diverses formes du R. involuta une section désignée sous le nom de Sabiniae. Aujourd'hui, j hésite à conserver celle-ci et je serais assez disposé à classer le type de Smith à côté du R. mollis, dont 1l semble partager une partie des caractères.

XX VE. — OBSERVATIONS SUR LE Rosa ALPINA L.

En présence des variations du À. alpina L., on se demande pourquoi ce type n'a pas été démembré en un plus grand nombre d’espèces secondaires. Comme on va le voir, il offre plusieurs séries de variétés qui pourraient fournir matière à au moins deux douzaines de formes d'une valeur égale aux espèces qui ont été démembrées du À. canina. La raison d'un moindre démembrement me parait résider dans la petitesse ordinaire de larbrisseau et dans le rapprochement des individus qui forment habituellement des colonies. Celles-ci permettent aux botanistes de reconnaitre plus aisément, sur le mème point, les variations qu'éprouve l'espèce et ils ont été moins tentés de subdiviser; d'autre part, la petitesse des arbrisseaux, qui ne fournissent bien souvent qu'un nombre très-restreint d'échantillons et parfois un seul, n’a pas offert les mèmes facilités pour la diffusion, dans les herbiers, du mème individu, et de là moins d'importance attachée aux variations. Il est même à peu près impossible aux botanistes qui publient des exsiccata, de distribuer une forme parfaitement identique dans tous les numéros de leurs collections. Il me parait vraisemblable que si le R. alpina, au lieu de former un maigre arbuste, produisait un buisson vigoureux comme le À. canina, par exemple, nous verrions bientôt ce type démembré à l’égal des À. canina, R.tomentosa, R. mollis et R. rubiginosa.

Voici la facon dont j'ai distribué les variations du R. alpina. |

a. Uniserratac.

Glabrae.

R, alpinoides Déségl. (R. alpina L. var. simplicidens Schmidely). — Malgré la présence d’un ou deux petits appendices sur certains sépales extérieurs, il est probable que le R. alpinoides est bien une variété du R. alpina. Ses pédicelles sont complétement lisses ainsi que les réceptacles, ou bien sur les uns et les autres, il existe de rares soies glanduleuses. Les sépales sont modérément glanduleux sur le dos. La tige, les rameaux et parfois les ramuscules florifères sont un peu aiguillonnés.

Je comprends également dans cette division une forme de Monthovon (Suisse) que M. Cottct m'a envoyée en mélange avee deux autres formes. Feuilles inférieures à dents munies de 2 ou 5 denticules glanduleux; feuilles moyennes et supérieures à dents simples, mêlées à quelques rares dents doubles ; stipules inférieures un peu glanduleuses en dessous; pédicelles lisses ou hispides; réceptacles et sépales glanduleux. Cette variété est différente de la précédente par la forme des folioles et de leurs dents, qui sont larges et assez ouvertes.

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