MACROPHYLLAE
* FRUCTIBUS OVOIDEIS.
Le R. operta Pug appartient à cette division. Cette forme telle que je l’ai reçue de Puget en beaux et nombreux spécimens, provenant de Thonon, présente : 1° des ramuscules florifères aussi souvent aiguillonnés qu'inermes, à entrenœud supérieur assez souvent plus ou moins sétigères ; 2° des feuilles à pétioles glabres ou devenant bientôt glabres, et des folioles à côte très-peu velue. Ces caractères ne eoncordent pas avec la description qu'a donnée M. Déséglise sous le N° 350 de son Catalogue. Le vrai R. operta n’est au fond qu’une variété glabrescente du R. permixta. Parfois certains rameaux délicats représentent une forme microphylle.
La Société Dauphinoise a distribué sous le N° 3281 avec le nom de R. operta des échantillons identifiés par M. Déséglise; or cette forme est différente de la plante de Thonon dont il vient d'être question. Sous le rapport de la pubescence, elle établit un passage entre les Pubescentes et les Glabriusculae.
L'inermité des ramuscules florifères a eonduit, d'autre part, M. Déséglise à rapporter au R. operta une forme recueillie par M. Ozanon, à Rougeon, aussi pubescente que que les R. permixta et R. septicola, et à laquelle j'avais donné autrefois en herbier le rom de R. septicoloides.
Celui-ci est presque complétement dépourvu d'aiguillons et ses réceptacles fructifères sont largement ovoïdes se rapprochant de la forme arrondie.
Le R. Pommaretii Pug. ne diffère guère du R. operta que par ses réceptacles florifères et fructifères ellipsoïdesallongés et non simplement ovoïdes. Les deux échantillons authentiques que j'en possède ont les ramuscules inermes. Une forme à peu près complétement identique a été reeueillie par M. Lange près d’Escorial (Espagne); elle n'en diffère que par les feuilles inférieures des ramuscules florifères à pétioles et à côte un peu moins maigrement pubescents.
**FRUCTIBUS GLOBOSIS VEL SUBGLOBOSIS.
Le R. subspoliata Déségl. et Ozan. vient se ranger en partie dans cette division. Je dis en partie et voici pourquoi. Les ramuscules allongés et robustes portent des folioles aussi grandes que celles du R. Pommarelii, tandis que les ramuscules courts naissant de branches délicates ont des folioles au moins une fois plus petites et semblables à celles de Microphyllae. Ces deux sortes de ramuseules peuvent coexister dans le voisinage les uns des autres sur les mêmes tiges. Isolés, ces deux sortes de ramuseules pourraient faire croire à deux formes tout à fait différentes. Ce cas d'hétérophyllie se présente dans d’autres formes, ainsi que nous l'avons déjà vu précédemment. L'inermité est très-prononcée dans le R. subspotiata, non-seulement sur les ramuscules, mais encore sur les branches ; il est rare d’observer sur les ramuseules quelques petits aiguillons erochus. L'entrenœud supérieur est parfois un peu sétigère et sur une certaine partie d’une branche j'ai constaté la présence de fins aiguillons sétacés.
Jusqu'à présent (Conf. Bulletin de la Société dauphinoïse, fase. IX, p. 577, 1882), le R. subspoliata nest encore connu que par deux buissons. On peut dire que cette espèce est au À. Pommaretii ce que le R. septicola est au R. permixta.
Dans la description du R. subspoliata, les styles sont dits obscurément hérissés à la base, presque glabres. C'est le cas le plus ordinaire dans les Micranthae. Vers le sommet, les styles sont très-souvent glabres et le capitule stigmatique n'est, dans ce cas, jamais dépassé par des poils; mais à quelque distance du stigmate, sur la partie incluse des styles, il existe ordinairement des poils qui, étant très-étroitement appliqués sur les styles, se découvrent.assez difficilement lorsque les styles restent serrés les uns contre les autres. Ce n'est que dans le cas où les styles sont séparés les uns des autres que la villosité devient clairement apparente. Entre les styles complétement glabres et ceux qui sont un peu hérissés jusqu'au sommet, il existe des transitions insensibles. Il est toutefois à remarquer que la villosité des styles, dans les Micranthae, n’est jamais dense comme dans les Suavifoliae et les Graveolentes.
M. Clavaud m'a envoyé de la Gironde une forme à réceptacles fructifères subglobuleux qui est différente du R. subspoliata et qu'on pourrait distinguer à aussi juste titre que celui-ci.