MICROPHYLLAE
Les formes glabrescentes ou glabres à folioles plus ou moins petites sont nombreuses. Elles habitent de préférence les régions méridionales de l'Europe.
Le R. Lemanii Boreau n’est probablement pas une
forme rigoureusement délimitée. Il est vraisemblable que Boreau et M. Déséglise ont compris sous ce nom toute une association de variétés affines qui pourraient, sans aucun doute, être démembrées.
Je ne possède du R. Lemanii qu'une seule forme authentique et qui se trouve représentée par le N° 71 de l’'Herbarium Rosarum de M. Déséglise. Les folioles peuvent être dites petites, ainsi que les décrivent Boreau et M. Déséglise; elles sont ovales-elliptiques, ordinairement assez atténuées à la base dans les feuilles inférieures et moyennes, à côte un peu pubescente, mais devenant presque glabre. Les pétioles sont très-maigrement pubescents, mais ils deviennent bientôt glabres. Boreau et M. Déséglise ne parlent pas de l’état pubescent ou glabre des pétioles. Ces deux auteurs attribuent au R. Lemanii des réceptacles florifères oblongs. Dans la forme des Vosges représentant le N° 71 dont il vient d’être question, les réceptacles florifères, au moment de l’anthèse, sont ovoides et deviennent à maturité plutôt ovoïdes-arrondis que simplement ovoides.
A côté de cette forme du R. Lemanii des Vosges, viennent se ranger, dans mon herbier, plusieurs variétés très-affines, à feuilles parfaitement glabres dès le jeune âge.
Le R. delphinensis Chabert, dont je possède des spécimens authentiques, doit se classer près du R. Lemanii, dont il diffère par des folioles un peu plus pubescentes et des réceptacles fructifères relativement plus étroits et par conséquent plus étroitement ovoïdes.
Le R. lactiflora Déségl. appartient à la présente division. Sous le rapport des feuilles, il se distingue du R.Lemantii par ses folioles relativement larges, ordinairement ovales arrondies-atténuées à la base et non ovales-elliptiques et
assez sensiblement atténuées à la base. Ses ramuscules florifères sont aiguillonnés ou inermes; ses réceptacles fructifères sont ovoides ou ovoiïdes-arrondis ou mème globuleux.
D'après les échantillons que je possède des environs de Lyon, j'estime que sous le nom de R. lactiflora on a réuni diverses formes microphylles à fleurs blanches plus ou moins différentes les unes des autres.
M. Cariot (Conf. Études des fleurs, I, p. 187) a décrit avant M. Déséglise le R. lactiflora sous le nom de R. Vaillantina Boreau, en lui rapportant le À. rubiginosa Vaillantiana de Redouté. La plante représentée par Redouté, à en juger d'après la figure et la description, n'est pas une Micranthae, mais bien une Suavifoliae à fleurs blanches. J'ai déjà fait remarquer que le dessinateur a représenté les pédicelles lisses au lieu de glanduleux comme ils le sont réellement.
D'après M. Déséglise, le R. Vaillantiana de Boreau serait une forme du groupe Graveolentes.
Les Micranthae à fleurs blanches paraissent extrèmement rares. M. Costa m'en a envoyé deux formes récoltées par M. Trémols au Mont Serrat et dans une autre localité de la Catalogne. Elles se distinguent du R. lactiflora par leurs pétioles glabres, par leurs folioles plus atténuées à la base, par leurs réceptacles florifères plus petits, ordipairement abondamment hispides-glanduleux, par leur corolle plus grande et par leurs ramuscules florifères ordinairement sétigères. H y a là matière à une eréation nouvelle.
Je possède en herbier de nombreuses variétés ou variations microphylles qui ne peuvent être rapportées aux formes précédentes. Les unes sont déjà nommées, d’au-
tres sont inédites. Elles se répartissent en deux groupes caractérisés par la forme de leurs folioles, qui sont arrondies-atténuées à la base ou assez sensiblement atténuées.
Ces formes microphylles paraissent en général constituer des arbrisseaux plus délicats, moins élevés et plus touffus que les formes du nord connues sous les noms de R. permixta et R. septicola. Leur facies semble les rapprocher plus ou moins du À. Pouzini et c’est ce qui explique la confusion qu’on à parfois faite de ces Micranthae avec les variations glanduleuses de l'espèce de Trattinnick.
Les variations du groupe à folioles arrondies-atténuées à la base sont ordinairement glabrescentes, à pétioles, dans le jeune âge, maigrement pubescents, rarement glabres. D'autre part, leurs styles sont ordinairement un peu hérissés vers le sommet, mais cette villosité ne parait pas être associée à des différences particulières, car j'ai vu des formes à peu près identiques offrir des styles à sommet glabre ou un peu hérissé. Il sera cependant nécessaire de tenir compte de cette villosité de la partie supérieure des styles, quand on fera une étude approfondie des formes microphylles des régions méridionales.
Chez les variations de ce groupe, les ramuscules florifères sont sétigères ou non sétigères ; les branches portent rarement de petits aiguillons sétacés; les réceptacles florifères sont ovoiïdes ou elliptiques-allongés, lisses ou abondamment hispides-glanduleux, devenant à la maturité ovoides ou arrondis. Soumises à une analyse très-minutieuse, ces variations pourraient être distinguées avec autant de raison que beaucoup d'autres auxquelles on a accordé le rang spécifique ; mais ce serait bien certainement
là des créations basées sur des fories individuelles ou très- Ilccales. MM. Gandoger et Debeaux ont du reste commencé à faire ce démembrement, qui compte déjà, dans mon herbier, les R. mutabilis, R. corbariensis, R. oblongicalyx et À. aspericalyx.
Le R. micrantha 8. calvescens 2. conferta Burnat et Gremli (Conf. Supplément à la monographie des Roses des Alpes maritimes, p. 10) appartient à ce groupe. MM. Burnat et Gremli voient dans cette forme un passage évident au À. rubiginosa. Malgré toute la confiance que m'inspirent les travaux si consciencieux de ces deux savants et quoique je n’aie examiné leur plante que sur des spécimens desséchés, je ne puis partager leur opinion sur la forme conferta, dans laquelle je vois une vraie WMicranthae. Les formes méridionales microphylles du R. micrantha ont un cachet assez particulier qui les distingue des formes du nord. Constitueraient-elles une race qui serait aux Micranthae du nord ce que, dans les Caninae, les Meridionales sont aux Eucaninae ? La culture dans un sol fertile est une épreuve à laquelle on devra les soumettre pour bien juger de leur valeur relative. D'après les cas d'hétérophyllie que j'ai observés, je suis porté à croire que cette culture madifierait assez promptement le facies et les caractères de ces variétés microphylles.
Le R. meridionalis Burnat et Gremli qui est devenu le R. lantoscana, ajpartient peut être à ce petit groupe de microphylles. Les deux petits spécimens que j'en ai actuellement sous les yeux, ne me permettent pas un examen suffisant de cette forme, qui pourrait bien n'être qu’une simple variation individuelle.
Le R. parvula Gren. est trop incomplétement représenté dans mon herbier pour faire l’objet de nouvelles obser-
vations de ma part (Conf. Prim. Monogr. Rosar., fase. LE, p. 68). Il semble faire partie du présent groupe.
Dans mon herbier, le second petit groupe de mierophylles à folioles assez fortement atténuées à la base cet simulant plus ou moins celles du À. sepium Thuill. ne compte que trois formes du département de l'Hérault, que M. Loret m'a envoyées, et plusieurs formes de la Gironde que je dois à M. Clavaud. Elles paraissent être moins trapues que les formes précédentes. Leurs pétioles sont glabres ou deviennent promptement glabres; leurs réceptacles fructuifères sont ovoides ou ovoïdes-allongés, lisses ou modérément hispides-glanduleux ; leurs styles sont glabres au sommet et leurs ramuscules florifères ne sont pas sétigères. Presque toutes les folioles sont petites, mais j'ai observé quelques feuilles à folioles deux ou trois fois plus amples et qui semblent annoncer que les axes en devenant plus robustes pourraient ramener ces formes microphylles à des variétés macrophylles. En somme, les variations de ce second groupe sont assez voisines du R. Lemanii.
Les nombreuses variétés du R. micrantha qui viennent d'être passées en revue, nous offrent à peu près Îles mêmes séries de variations que celles qui ont été constatées chez le R, rubiginosa. Les formes macrophylles passent insensiblement aux formes microphylles et la pubesence, après avoir été assez prononcée, disparait graduellement des feuilles qui peuvent ètre complétement glabres dès leur première jeunesse. Dans les Micranthae comme dans les Suavifoliae, toutes leurs prétendues espèces ne sont que de simples chainons détachés d’une chaine ininterrompue.
Il me reste maintenant à examiner plusieurs autres formes qui présentent des caractères appartenant aux Micranthae, mais dont l'identité spécifique ne n'est pas encore sullisamment démontrée.
Rosa Lusseri Lagg. et Pug. — M. Déséglise cite cette forme en simple synonyme de son R. permixta ; M. Christ la rapporte également aux Micranthae. D'après les matériaux que je possède, il ne m'est pas permis de me prononcer sur cette espèce, dont le facies fait penser à certaines variations du À. tomentosa. J’estime qu'elle doit être soumise à une nouvelle étude faite sur le vif.
Rosa vallesiaca Lagg. et Pug. — M. Déséglise classe cette Rose parmi ses Tomentellae, tandis que M. Christ la considère comme une variété du R. micrantha. Moi-mème autrefois je l’ai rangée parmi les formes Scabratae du R. canina (Conf. Prim., fase. L. p. 20). Après avoir réexaminé avec la plus grande attention les spécimens authentiques que jai reçus de Lagger et Puget, je suis à me demander si cette Rose est bien une véritable Wicranthae, comme le pense M. Christ. Il y a dans la forme des folio les et dans le facies général de cette Rose quelque chose qui me fait hésiter à y voir une Micranthae. Comme le R. Lusseri, cette espèce exige, selon moi, de nouvelles études.
Rosa sylvicola Déségl. et Rip. — M. Déséglise énumère cette Rose parmi ses Verae-rubiginosae, entre le kR. echinocarpa et le R. iberica. Cet auteur lui attribue des aiguillons caulinaires inclinés ou droits, non crochus. Les aiguillons sont tels sur certaines tiges ou branches assez délicates, mais je les ai vus bien franchement crochus sur les axes robustes d'échantillons que Ripart m'a envoyés. Si cette forme est légitime, si elle n'est pas
atteinte d’hybridité, elle sera à classer dans le voisinage du R. permixta, dont elle n’est peut-être qu'une simple varialion.
Dans mon premier fascicule des Primiliae, p. 70, j'ai émis quelques considérations sur la Rose que Boreau et M. Déséglise rapportaient au À. Klukii et qui est devenue, dans le Catalogue de M. Déséglise, le R. subdola. C'est une forme ou peut-être des formes, car J'ai tout lieu de penser que ce n'est pas une espèce constituée par des éléments parfaitement homogènes, qui ne peuvent être rattachées au R. micrantha. L'identité spécifique du R. subdola reste encore pour moi douteuse et j'ai besoin, pour me prononcer sur lui, de nouveaux éléments d'étude. Je ne serais nullement surpris que cette forme ou ces formes fussent entachées d'hybridité. J'aurai plus tard l’occasion d’en reparler et de les traiter avec les formes suisses que M. Christ désigne sous le nom de KR. anisopoda.
Grovre III. — GRAVEOLENTES.
Grenier est peut-être le premier botaniste qui ait attiré l’attention sur les formes de ce groupe (Conf. Flore de France, 1, p. 568, 1848). Seulement cet auteur, sous Île nom de R. graveolens, avait associé à une vraie Graveolentes deux Roses bien différentes pour en constituer ses variétés 5 et y. À M. Déséglise revient l'honneur d’avoir mieux distingué les premières Graveolentes connues lors de la publication de son Essai monographique, en 1861. Ces premières formes étaient les À. lugdunensis Déségl. et R. Jordani Déségl.
Malgré la confusion faite par Grenier, je conserverai le
( 171) 851 nom de R. graveolens pour désigner l'espèce dont les variations vont être examinées ci-dessous. Cet auteur avait du reste reconnu la confusion qu'il avait faite et, dans sa Flore de la chaine jurassique, il se borne à décrire deux variétés propres au groupe des Graveolentes sous le nom de À. graveolens.
Les Graveolentes tiennent d’une part aux Suavifoliae et de l’autre aux Sepiaceae. Elles se rapprochent des premières par le caractère touffu et compact de leurs buissons, par leurs pédicelles ordinairement courts, par leurs styles fortement hérissés ou velus et par le redressement des sépales après l’anthèse ; elles se rapprochent des secondes par leurs folioles ordinairement atténuées à la base, par la nudité des pédicelles, des réceptacles et des sépales, et par la coloration habituellement päle de leurs pétales. Elles forment en quelque sorte le trait d'union entre les Suavifoliae et les Sepiaceae.
Dans les Graveolentes, comme dans les Micranthae et les Sepiaceae, il y a des variétés pubescentes et des variétés glabrescentes entre lesquelles on observe des variations intermédiaires, qui ne sont ni franchement pubescentes, ni franchement glabrescentes. Quant aux divisions en Macrophyllae et Microphyllae, je n'en ferai pas provisoirement usage à cause des nombreux cas d'hétérophyllie présentés par les diverses formes de ce groupe.
A. Pubescentes.
Pétioles plus ou moins densément pubescents ou tomenteux, à pubescence disparaissant parfois avec l’âge ; folioles plus ou moins pubescentes en dessus, au moins dans le jeune âge, à côte et souvent à nervures secondaires pubescentes, à poils interposés rares ou nuls.
892 ( 172 ) * FRUCTIBUS OVOIDEIS.
Rosa Billetii Pug. — Dans cette Rose, la pubescence est très-accentuée. Elle est assez dense à la face supérieure des folioles et persiste jusqu'à la maturité; à la face inférieure, la côte et les nervures secondaires sont pubescentes etil y a des poils sur le parenchyme. Les pétioles sont densément pubescents et abondamment glanduleux; les stipules supérieures et les bractées sont un peu pubescentes en dessous et glanduleuses ; la villosité s’étend sur les pédicelles. Les fleurs sont roses; les réceptacles, tout d’abord ovoïdes, restent ovoïdes à la maturité ou deviennent plus ou moins arrondis. Les folioles sont de dimensions moyennes ou petites, selon que les ramuseules sont assez robustes ou délicats.
Jusqu'à présent, le R. Billetii ne parait pas avoir été observé en dehors de quelques localités de la Savoie (Moùtiers, Salins, Brides, Aigueblanche). La localité de Toulouse citée par M. Déséglise doit se rapporter à une Sepiaceae à pédicelles pubescents, dont 1l sera question plus loin.
Puget m'a envoyé de Moutiers une Rose qu'il rapprochait du R. Jordani, mais qui est bien plus voisine du R. Billetii, dont elle ne semble différer que pour sa pubeseense moins marquée et par ces pédicelles glabres du moins pendant la maturation.
M. [aussknecht m'a envoyé des environs d'Iéna une forme à fleurs d’un rose pale (fl. pallide carneis) assez voisine du À. Billetii. Ses pédicelles sont en partie un peu pubescents et sa pubescence foliaire est moins dense que dans la plante de Savoie. Cette Rose parait devoir être
rangée parmi les variations du R. lugdunensis. Ses réceptacles florifères sont ovoïdes-arrondis et deviennent globuleux à la maturité.
Rosa lugdunensis Déségl. — Selon M. Déséglise, le type de cette espèce serait caractérisé par des folioles petites, ovales-clliptiques, aiguës aux deux extrémités, parsemées de poils apprimés en dessus et pubescentes en dessous, par ses pétioles pubescents, ses fleurs roses et ses réceptacles sphériques.
D’après les échantillons authentiques que j'ai vus et ceux non authentiques que j’ai réunis sous le nom de R. lugdunensis, j'estime que nous n'avons pas affaire à une forme rigoureusement délimitée, mais à un petit groupe de formes affines, chez lesquelles il y a une variabilité assez sensible. Les réceptacles peuvent être simplement petits ou bien très-petits; les folioles peuvent être simplement petites ou bien très-petites, plus ou moins fortement atténuées aux deux extrémités, à pubescence assez marquée à la face supérieure ou très-faible. Les stipules supérieures sont lisses ou glanduleuses en dessous. |
Dans son Catalogue, M. Déséglise attribue à son R. lugdunensis une variété macrocarpa. Celle-ci se relie au type par des formes intermédiaires ; elle est assez variable dans la forme et la pubescence de ses folioles. D’autre part, selon que les ramuseules sont plus ou moins robustes ou délicats, la même tige peut offrir à la fois la variété typique et la variété macrocarpa.
Rosa Vaillantiana Boreau. — Le R. Vaillantiana se distinguerait du R. lugdunensis par ses folioles non petites, par ses réceptacles florifères ovoïdes, devenant gros et arrondis et par ses fleurs blanches. Ses feuilles inférieures présenteraient parfois des glandes suprafoliaires.
Les formes nombreuses à fleurs blanches que je possède en berbier me paraissent démontrer que le À. Vaillanliana comprend des variations très-diverses, pubescentes ou glabrescentes, macrophylles ou microphylles, à réceptacles petits ou gros, ovoïdes, ovoïdes-arrondis ou globuleux, c'est-à-dire des variations à fleurs blanches des R. lugdunensis, R. cheriensis et R. Jordani.
Parmi les formes à fleurs blanches, l’une des plus remarquables est une Rose recueillie par M. le D' Bouvier à La Puya et dans la vallée de Leschaux près d’Annecy, à laquelle j'ai donné autrefois le nom de À. Bouvieri. Folioles généralement assez grandes, largement ovaleselliptiques, peu atténuées à la base, obtuses, subobtuses ou brièvement aigües au sommet, à glandes très-abondantes, très-odorantes, un peu pubescentes et souvent glanduleuses à la face supérieure; pétioles assez densément pubescents, très-glanduleux ; stipules supérieures glanduleuses en dessous; réceptacles florifères ovoïdes, devenant gros et ovoïdes à la maturité sans être allongés comme dans le R. cheriensis, ou ovoïdes-arrondis. Dans celte forme, les glandes en s’écrasant produisent sur les feuilles ou sur les ramuscules des taches vernissées comme dans le R. iberica.
B. Glabriusculae.
*FRUCTIBUS OVOIDEIS.
Rosa chericensis Déségl. — Le R. cheriensis, de mème que les Z*. lugdunensis et R. Vaillantiana, n’est pas une forme précise et nettement délimitée; il représente un groupe de variations à réceptacles fructifères ovoïdesallongés.
D'après sa description originale, il devrait avoir des
folioles glabres en dessus et des pétioles pubérulents, or dans les spécimens publiés par M. Déséglise dans son Herbarium Rosarum, N° 54, les folioles sont peu pubescentes en dessus, mais bientôt glabres, et les pétioles ont une légère pubescence qui disparait avec l'âge. M. Déséglise attribue à son R. cheriensis des styles hérissés, au lieu d’être velus comme dans les À. lugdunensis et R. Vaillantiana, mais cette différence n’existe réellement pas : dans ces trois prétendues espèces, les styles sont également fortement hérissés-velus.
Dans le R. cheriensis publié sous le N° 110°% par la Société Dauphinoise et dont les échantillons ont été authentiqués par M. Déségiise, un certain nombre de folioles sont glanduleuses à la face supérieure.
Dans mon herbier, j'ai rapproché du R. cheriensis diverses formes recueillies dans le département de l'Isère par M. Moutin, dont les réceptacles fructifères, ellipsoïdes-allongés, sont relativement fort petits; les folioles sont très-petites ou de dimensions moyennes.
A la suite de ces formes, j'ai rangé : 1° une variation microphylle recueillie par M. Ozanon le long de la route Gap à Barcelonnette, dont les folioles sont restées pubescentes en dessus jusqu'à la maturité; 2 le R. sparsiflora Gdgr qui est à grandes folioles et à pédicelles allongés, et 5° une forme très-voisine de ce dernier, à grandes folioles et à pédicelles allongés, récoltée par M. Schmidely au bas de la Croisette au Mont Salève.
** FRUCTIBUS GLOBOSIS.
Rosa Jordani Déségl. — D'après M. Déséglise, le R. Jordani serait une forme à folioles obovales, rétrécies à la base ou arrondies, glabres en dessus, à pétioles
glabres, à fleurs roses, à réceptacles florifères subglobuleux devenant gros et arrondis. Ainsi caractérisé, il ne se distinguerait guère du R. lugdunensis var. macrocarpa que par l'absence de villosité sur les pétioles et à la face supérieure des folioles.
Les formes que j'ai rapportées à cette espèce et les échantillons authentiques que j'ai vus dans l’herbier de M. Déséglise, m'ont démontré que nous n'avions pas affaire ici à une forme précise, mais à un groupe de varialions plus ou moins aflines, chez lesquelles la glabréité des pétioles et de la face supérieure des folioles n’est souvent acquise que par les progrès de l’âge.
Malgré les analyses les plus minutieuses et qui ont exigé beaucoup de temps, je ne suis point parvenu à découvrir de caractères plus ou moins constants pour maintenir les formes précédentes même au rang d’espèces secondaires. Ces prétendues espèces ne sont que des chainons qui s'unissent les uns aux autres pour constituer une série continue où rien ne se détache nettement. Les formes pubescentes passent graduellement aux variations glabrescentes; les fleurs passent du rose au rose carné et aux blanc; les réceptacles passent de la forme globuleuse à la forme ellipsoïde par des transitions ; les folioles sont petites, amples ou médiocres et souvent sur le même pied coexistent les états mierophylle et macrophylle; la glandulosité est abondante ou modérée. in somme, il n'y a aucune solidarité entre les caractères que l’on invoque pour étayer les créations spécifiques établies dans le groupe du Graveolentes. Ces créations sont tout à fait artificielles et peuvent être décomposées chacune à leur tour en d’autres créations artificielles.
La Rose si intéressante que M. Moutin a décrite sous le nom de R. pseudo-graveolens (Conf. Bulletin de la Société dauphinoise, fase. IX, 1882, p. 574) me parait devoir se ranger parmi les formes du R. graveolens. Elle est caractérisée par ses pédicelles souvent hispidesglanduleux, par ses sépales souvent un peu glanduleux sur le dos et par ses styles modérément hérissés. Ce n’est pas une simple forme individuelle comme beaucoup de ces espèces créées dans ces derniers temps, mais une variation dont les individus sont dispersés dans un rayon de 700 à 800 mètres.
Groupe IV. — SEPIACEAE.
A. Pubescentes.
Pétioles plus ou moins densément pubescents ou Ltomenteux ; folioles plus ou moins pubescentes en dessus, à pubescence persistant ou disparaissant plus ou moins complétement, à face inférieure complétement pubescente ou à pubescence hornée à la côte et aux nervures secondaires.