MACROPHYLLAE
*FRUCTIBUS OVOIDEIS.
Rosa vinodora Kcrner. — Cette forme, dont j'ai reeu de nouveaux spécimens depuis que j'en ai fait la description en 1869 (Conf. Prim., fase. 1, p. 118), appartient bien aux Sepiaceae. D'après les matériaux que j'ai sous les yeux, je suis porté à croire que, sous le nom de R. vinodora, M. Kerner a réuni sinon plusieurs formes, au moins deux variations : l’une subinerme, à ramuscules florifères inermes, à réceptacles florifères ellipsoïdes et à styles glabres ; l’autre aiguillonnée, à ramuseules florifères aiguillonnés, à réceptacles florifères ovoïdes et à styles un peu hérissés. La première de ces variations produit des
réceptacles fructifères ovoïdes, tandis que la seconde parait donner des réceptacles fructifères plus ou moins arrondis. Dans l’une et dans l'autre, les pédicelles florifères sont glabres, presque glabres ou assez pubescents ; les stipules supérieures sont pubescentes ou glabres, glanduleuses ou non glanduleuses à la face inférieure.
En 1864, M. Timbal-Lagrave a envoyé à M. Déséglise deux échantillons d’une Rose des environs de Toulouse qui se rapproche du À. vinodora. Ramuseules florifères inermes ou aiguillonnés, folioles en général plus étroites que dans le R. vinodora, stipules supérieures plus ou moins pubescentes en dessous, pédicelles florifères un peu pubescents, réceptacles florifères ovales, styles glabres au sommet. Peut-être les réceptacles fructifères sont-ils arrondis et, dans ce cas, cette variété devra trouver sa place dans la division suivante.
Dans l’herbier de M. Déséglise, j'ai vu une autre forme des environs de Toulouse envoyée par M. Timbal-Lagrave sous le N° 8 et avec le nom de R. inodora Fries, qui se rapproche beaucoup de la forme précédente. Elle n’est pas aussi pubescente ; ses styles sont abondamment veluslaineux, ce qui est chose rare dans les Sepiaceae; ses réceptacles fructifères sont assez gros, ovoïdes, assez allongés. Les pédicelles sont glabres et les ramuscules florifères sont souvent inermes. Cette forme curieuse mérite d’être étudiée avec soin. Sous le rapport de la pubescence, elle constitue un passage aux Glabriusculae.
Dans les départements de la Saône-et-Loire et de la Côte-d'Or, M. Ozanon a fréquemment observé des Sepiaceae pubescentes, parmi lesquelles il distingue deux formes principales : l’une à réceptacles fructifères ovoïdes et à ramuscules florifères inermes, l’autre à réceptacles fructi-
fères arrondis et à ramuscules florifères aiguillonnés. La première a été publiée par la Société dauphinoise sous le N° 5290 avec le nom de R. sepium Thuill. B. pubescens; la seconde a été publiée par la même Société sous le N° 2844 ct dans l’exsiccata de M. Magnier sous le N° 58 avec le nom de R. belnensis Ozan. Celui-ci a été décrit dans le Bulletin de la Societé dauphinoise, fase. VII, p. 526 (1881).
Le N° 5290, authentiqué par M. Déséglise, répondrait, d’après ce botaniste, à la variété pubescens de son BR. sepium. M. Ozanon n'avait envoyé autrefois des environs de Rougeon et de Meursault sous le nom de R. speudo-mentita (in herb.) de nombreux spécimens en fruits de variations qui rentrent dans sa variété pubescens. Ces variations sont robustes, à tiges peu aiguillonnées, à ramuscules florifères presque toujours inermes, à folioles grandes ou assez grandes, largement ovales-elliptiques, à pubescence suprafoliaire persistant jusqu'à la maturité, à stipules supérieures pubescentes et glanduleuses en dessous, à réceptacles fructifères ordinairement gros, largement ovoides, parfois un peu arrondis, à styles glabres au sommet ou un peu hérissés. A part la pubescence, ces variations se rapprochent assez par leur facies du R. virgultorum Rip.; leurs folioles sont à peu près de méme grandeur et de mème forme que celles du R. inodora Fries. Elles s’éloignent du À. sepium Thuill. non-seulement par leur pubescence, mais encore par leurs folioles plus grandes, largement ovales-elliptiques, moins atténuées aux deux bouts et par leurs réceptacles fructifères plus gros et relativement moins allongés.
D'autre part, M. Ozanon m'avait autrefois envoyé de Rougeon et de Meursault, sous le nom de À. mentita,
d’autres formes pubescentes, mais à villosité moins dense que chez les précédentes, à folioles ordinairement un peu moins grandes et plus étroites se rapprochant de celles du R. sepium. Les réceptacles fractifères sont largement ovoïdes, parfois un peu arrondis. Plusieurs de ces formes peuvent être considérées comme des variations pubescentes du À. sepium.
J'ai observé en Belgique, où les Sepiuceae sont extrèmement rares, une forme pubescente à folioles de forme identique à celles du À. sepium type.
Le R. brevistyla glandulosa N° 47 de la ceullection Seringe est, me semble-t-il, un vrai R. sepium pubescent.
** FRUCTIBUS GLOBOSIS.
Rosa belnensis Ozan. — Selon M. Ozanon, cette forme pubescente diffère du R.sepium B. pubescens par ses ramuseules aiguillonnés et ses réceptacles fructifères globuleux. Je ne pense pas qu'il y ait une corrélation constante entre la forme des réceptacles et la présence des aiguillons. J'ai autrefois reçu de M. Ozanon des formes pubescentes provenant de Rougeon et de Meursault, sous le nom de R. sepioides (in herb.), chez lesquelles des réceptacles franchement ovoïdes étaient associés à des ramuseules florifères aiguillonnés.
Je possède en herbier des spécimens d’Angleterre ct du Mont Salève à réceptacles fructifères plus ou moins arrondis et à ramuscules aiguillonnés représentant des formes différentes du R. belnensis.