MACROPHYLLAE
* FRUCTIBUS OYOIDEIS.
Rosa sepium Thuill. — Je n'ai pas encore cu jusqu'à présent l'occasion d’examiner d'échantillons authenthiques de cette espèce. Il est vraisemblable que Thuillier n’a pas voulu désigner, sous le nom de R. sepium, une forme rigoureusement délimitée, mais bien un groupe de variations glabrescentes à folioles relativement petites.
Tel que je l’ai constitué dans mon herbier, le R. sepium est représenté par des formes à folioles de dimensions moyennes établissant en quelque sorte un passage aux formes vraiment microphylles.
Quoique compris dans des limites fort restreintes, le R. sepium reste encore assez variable et pourrait être assez facilement décomposé en plusieurs espèces secondaires telles que les entendent certains monographes. Ses formes peuvent se ranger en trois groupes : 1° folioles non glanduleuses en dessus et ramuscules florifères aiguillonnés ; 2° folioles non glanduleuses en dessus et ramuseules florifères inermes; 5° folioles plus ou moins glanduleuses à la face supérieure. Dans ces trois séries, les réceptacles florifères sont plus ou moins ellipsoïdes et deviennent à la maturité assez étroitement ovoïdes, tantôt assez petits, tantôt assez gros ; les fleurs sont blanches ou d’un rose très-pèle; les styles sont plus ou moins complétement glabres ou modérément hérissés ; les folioles sont plus ou moine atténuées aux deux extrémités, à face supérieure ordinairement glabre, rarement un peu pubescente, mais devenant promptement glabres, à côte un peu pubescente et devenant plus ou moins glabre, plus rarement glabres dès le jeune âge; les pétioles sont glabres, ou plus ordinairement très-peu pubescents et devenant glabres, à glandes rares ou plus ou moins abondantes. Les formes plus ou moins inermes, à part l’absence des aiguillons, ne différent en rien des formes aiguillonnées.
Rosa mentita Déségl. — Cette Rose paraît être une forme purement locale et peut-être individuelle, qui, Jusqu'à présent, n'a été observée que dans une seule localité. Considérée dans les matériaux que j'en possède, les caractères distinetifs que M. Déséglise lui assigne ne sont pas constants. Si les folioles sont assez grandes sur certains ramuscules, elles peuvent être assez petites sur d’autres; si les dents foliaires sont ordinairement assez larges, parfois elles sont étroites; les ramuseules florifères
sont aussi souvent aiguillonnés qu'inermes. En somme, je ne voit rien dans le À. mentita qui puisse le faire considérer comme une forme distinete du R. sepium.
Rosa arvatica Pug. — Le R. arvatica tel que je l'ai recu de l'Abbé Puget et auquel je n’associe pas le R. canina var. arvatica Baker qui est autre chose, n'est pas une forme rigoureusement délimitée. [l représente un petit groupe de variations qu’on peut distinguer les unes des autres et qui ne répondent pas exactement aux caractères attribués à cette espèce par M. Déséglise. C'est ainsi que sur certains spécimens les folioles sont aussi grandes que dans le R. mentita, tandis que sur d’autres elles sont deux ou trois fois plus petites ; elles sont tantôt absolument semblables à celles du R. sepium, tantôt elles sont largement ovales-elliptiques, moins atténuées à la base et au sommet; elles sont glabres à la face supérieure ou un peu pubescentes, mais à pubescence éphémère, à pubescence bornée à la côte à la face inférieure ou bien étendue aux nervures secondaires. Les pétioles peuvent ètre glabres ou assez pubescents. En somme, la création de Puget est, selon moi, tout à fait artificielle.
Rosa pseudo-sepium Callay in herb. — Cette Rose est une variété robuste que M. Callay a recueillie à Longwé, dans le département des Ardennes, à folioles grandes sur les ramuscules vigoureux et une ou deux fois plus petites sur les ramuscules délicats, largement obovales, obtuses ou subobtuses dans les feuilles inférieures et moyennes, fortement atténuées à la base, à côte seule un peu pubescente en dessous, à face supérieure un peu glanduleuse dans certaines folioles, à réceptac'es florifères ovoïdes, devenant assez gros à la maturité, ovoides ou ovoides-arrondis, à ramuscules florifères
aiguillonnés ou inermes. Cette forme, vraisemblablement locale, ne manque pas de cachet surtout dans ses ramuscules robustes.
Rosa inodora Fries. — Cette Rose est une forme à folioles amples, largement ovales-elliptiques, moins atténuées à la base que dans les variations ordinaires du R. sepium. Par son facies, elle semble s'éloigner beaucoup du type de Thuillier, mais 1l existe des variations intermédiaires qui relient ces deux formes. Dans tous les échantillons que j'ai recus de Suède, les styles sont assez hérissés et à poils visibles entre les stigmates; les réceptacles florifères sont assez gros, ovoides ou ovoïdes-arrondis ; les pétioles sont glabres ou deviennent promptement glabres ; la côte est un peu pubescente et la face supérieure des folioles est parfois couverte d’une pubescence qui disparait bientôt ; la corolle est dite blanche, mais il m'a paru que dans certains eas elle pouvait être légèrement rosée ; les ramuseules florifères sont aiguillonnés ou inermes.
Le terme de inodora employé par Fries pour cette Rose est impropre, car les feuilles sont odorantes. A leur sujet, voici ce que m'écrit M. Scheutz, le savant monographe des Roses scandinaves : « Odor foliorum R. inodorae variat pro ratione vel natura aeris ita, ut folia aere sicco subinodora vel paululum odora sunt, tempestate vero pluvia folia emittunt odorem suavissimum! » D'après ce que m'écrit le même botaniste et d’après ce que je puis voir sur les matériaux que je possède, les sépales restent bien réfléchis après l’anthèse et ne se relèvent pas comme dans les Graveolentes. Au dire de M. Scheutz, le R. inodora parait constant de forme en Suède, mais en Danemark il semble moins stable.
Il est probable que cette espèce est une forme du nord
qui s'éloigne peu des régions de la Baltique. J'en possède un échantillon de la Poméranie. M. Borbas m'a envoyé de la Hongrie une forme assez voisine, mais dont les pétioles sont assez pubescents même au temps d'une maturation assez avancée. Jusqu'à présent, je n'ai rien reeu d'Angleterre qui puisse ètre rapporté au type de Fries.
M. Christ considère le À. inodora comme une forme intermédiaire entre le R. sepium et le R. graveolens. Les matériaux que j'ai étudiés ne me permeltent pas de partager celte opinion. Quant aux pédicelles et aux styles, on observe dans les vraies Sepiaceae des pédicelles aussi courts et des styles aussi hérissés que dans la plante de
Suède.
** FRUCTIBUS GLOBOSIS.
Rosa virgultoruëm Rip. — M. Déséglise distiugne cette forme du R.sepium par ses folioles obovales ou ovales-clliptiques, non aiguës aux deux extrémités, par ses réceptacles florifères subglobuleux et devenant globuleux. Les échantillons que cet auteur m'a envoyés et ceux qu'il a publiés dans son Herbarium Rosarum correspondent à la description qu’il a donnée de l'espèce, mais non pas ceux que jai recusde Ripart. Ceux-ci appartiennent à une forme assez pubescente, à feuilles inférieures et moyenne à folioles petites, obovales, fortement atténuées à la base, obtuses ou subobtuses, à côte et à nervures secondaires un peu pubescentes, à pétioles assez pubescents, à réceptacles fructifères globuleux, à styles glabres au sommet. En présence de ces derniers échantillons, on est à se demander si Ripart n'a pas entendu comprendre, dans son R, virqul-
torum, des formes glabrescentes et pubescentes à réceptacles globuleux.
Le R. virqulitorum, qu'il soit pubescent ou glabrescent, n'est pour moi qu'une variété qui se relie au RÀ. sepium par des formes de transition présentant des réceptacles fructifères ovoïdes-arrondis.