Cryptogamic literature
La courte analyse qui précède montre que cette nouvelle publication est un supplément indispensable aux Flores cryptogamiques anglaises et américaines, et qu’elle est en outre d’un très-grand intérêt pour les botanistes du continent, par les éléments précieux qu’elle renferme pour l’étude de diverses familles de la Cryptogamie : aussi la recommandons-nous vivement à tous ceux de nos confrères qui s'occupent de cette partie de la botanique.
É. MarcHa.
Monographie der Gattung SaxirraGa L. mit besonderer Berücksichtiqung der geographischen Verhältnisse, von D' A. Engler!().
L'auteur a déjà publié, sur le genre Saxifraga, plusieurs mémoires importants qui attestent que depuis longtemps il se préparait à cette remarquable monographie, entre autres :
1° Beiträge zur Naturgeschichte und Verbreitung des Genus SAx1FRAGA L. (Linnaea, 1866, t. XXXV, 124 p. ct 2 cartes.) — M. Engler y passe d’abord en revue ce que les auteurs ont dit des Saxifrages depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours; puis il répartit les 98 espèces d'Europe en 14% sections et étudie spécialement la section Dactyloides Tausch; enfin il entre dans diverses considérations sur la diffusion du genre.
(1) Un vol. in-8, de IV-292 pages avec une carte; Breslau, 1872.
2 Beobachtungen über die Bewequrg der Staubblätter bei den Arten des Genus SaxirraGa L. und Begründung der Annahme des Genus BEerGexia Mônch. (Botanische Zeitung, 1868, pages 855-842, 1 pl.). — Deses études sur la fécondation de 40 espèces de Saxifrages, l'auteur conclut à l'adoption du genre Bergenia, qui a pour type le Saxifraga crassifolia L., parce que, dans cette espèce, c'est l'organe femelle qui se développe le premier, tandis que dans les vraies Sa xifrages ce sont les étamines. Il décrit ensuite quatre espèces de Bergenia.
5° Index criticus specierum atque synonymorum genus SAxIFRAGA L. (Verh. der zool.-bot. Gesellsch. in Wien, 1869).
Il s'est d’ailleurs trouvé dans les meilleures conditions pour traiter avec autorité ce genre si difficile : outre les Saxifrages des Musées botaniques de Berlin, de Vienne et de Munich, il a eu à sa disposition celles'des principaux herbiers particuliers d'Allemagne et de Suisse. Il a tiré un excellent parti de ces riches matériaux etsa monographie nous paraît très-savamment traitée.
L'ouvrage est divisé en deux grandes parties.
La première comprend toutes les généralités et est trèsdévelopée, car elle n'occupe pas moins de 71 pages. Après quelques mots sur l’ensemble de la famille, l’auteur étudie successivement les différents organes et leurs modifications dans les diverses espèces du genre, puis il s'occupe de la distribution géographique. Ce dernier chapitre est tout particulièrement soigné. Dans une série de tableaux, l'auteur donne la dispersion de chaque espèce et de ses variétés les plus notables dans les 50 principales régions où croissent les Saxifrages, puis, le nombre d'espèces de chaque section que l’on trouve dans ces différentes régions. Enfin pour faire saisir d’un seul coup d'œil la dispersion géné-
rale du genre, une carte des plus curieuses nous montre tous
les pays habités par des Saxifrages, et chacun d'eux est figuré par une teinte d'autant plus foncée qu'il nourrit plus d’espèces. Nous voyons immédiatement que ce genre est répandu dans toute l’Europe, dans le nord de l'Asie et l'Himalaya, en Afrique (le long de la Méditerrannée, dans les montagnes de l’Abyssinie et dans les îles du Nord-Ouest), en Amérique (tout le nord jusqu'aux États-Unis, et les Cordillères du Chili). Nous voyons aux teintes sombres des montagnes qu’elles sont beaucoup plus riches en espèces que les plaines : ainsi les Alpes ont jusqu’à 42 espèces, les Pyrénées en ont 50, les Apennins, 19, les Carpathes, 25 et l'Himalaya, 55.
La seconde partie est consacrée à la description des espèces, qui sont au nombre de 166, plus 149 variétés, 14 hybrides et 2 formes insuffisamment connues; le tout est distribué en 15 sections dont 5 établies par l’auteur, lequel a en outre déerit 2 espèces nouvelles, 25 variétés et 2 hybrides. Remarquons en passant que le nombre des espèces serait plusieurs fois aussi considérable, si M. Engler avait sur l’espèce les mêmes idées que beaucoup de botanistes modernes; mais il l’envisage au contraire d'une manière extrêmement large, comme la plupart des auteurs anglais. Ainsi pour donner comme exemple une espèce de notre flore, voici les synonymes qu’il rapporte au S. decipiens Ehrh. et à ses variétés :
S. caespitosa Koch; — S. petraea Roth, S. villosa Willd., S. Lapeyrousii Sternb., S. latifida Don, S. tridentala Don, S. denudata Don, S. latifolia Ser., S. Steinmanni Tausch, S. hypnoides d villosa Walk.-Arn. et Ser., S. atropurpurea Hort. Jen., S. geranioides Hort. Goett., S. serrata Hort. Paris., S. Stephaniana Hort. Bruxel. (non Sternb.); — S. palmata Panz., S. Sternbergii Willd., S. elongata Panz., S. palmata Sm., S. hirta Don, S. hibernica Haw., S. incurvifolia Don, S. intermedia Tausch, S. aeranioides Hort. Turic., S. laevis
Mack.; —S. quinquefida Haw., S. sponhemica Gmel., S. condensata Gmel., S. hypnoides Dub., S. platypetala Sm., S. elongata Sm., S. decipiens var. acutiloba Sternb., S. laeuis Haw., S. hirta Don, S. hirta et S. trifida Haw., S. caespitosa 7 sponhemica Koch, S. affinis et S. luetaevirens Don, S. sedoides Hort., S. ceratophylla Hort. Hamb., S. pedatifida Hort. Goett.; — S. groenlandica L.; — S. caespitosa L., S. uni- [lora R. Br.
En tête du genre, se trouvent deux tableaux analytiques des sections et, à chaque section, le tableau analytique des espèces qu’elle renferme, ce qui abrège beaucoup les déterminations. Après le nom de chaque espèce, vient d’abord la synonymie établie avec soin et très-souvent basée sur l'examen d’échantillons authentiques, puis la description, l'indication des figures, des exsiccata, la dispersion. Enfin de longues remarques critiques ou un complément de la description termine l’article.
Nous pensons que la dispersion générale des espèces indiquées dans les Flores belges, donnée d’une manière trèssommaire, intéressera nos confrères :
S. tridactylites L. — Toute l'Europe, mais assez rare dans le Midi ; Asie mineure et Sibérie ; Amérique anglaise.
S. granulata L. — La plupart des contrées de l'Europe, mais M. Engler ne l'indique ni en Belgique, ni en Hollande ; en Afrique, près d’Alger; en Asie, dans l'Himalaya, de 5000 à 4500 m. d'altitude.
S. rotundifolia L. — Régions subalpine et alpine : des Pyrénées au Caucase et de la Sicile aux Vosges.
S. decipiens Ehrh. var. quinquefida (la synonymie est rapportée plus haut). — Dans le Jura, les Vosges, les contrées Rhénanes, la Belgique, les Iles Britanniques.
S. hypnoïdes L. — Deux habitations en Portugal, quatre en en Espagne; France, le Midi depuis la Méditerranée jusqu'à l'Auvergne et le Dauphiné : région montagneuse.
D'après ce qui précède, il y aurait lieu de ne considérer que comme naturalisés chez nous, les S. rotundifolia et S. hypnoides; mais n'est-il pas étrange de voir notre pays exclu de l'aire de dispersion du S. granulata? C'est évidemment un oubli. Nous constatons aussi l'absence, dans la synonymie, des S. palmata Lej. FI. Spa, S. confusa et S. aggregata Lej. Revue. M. Engler n’a pas non plus relevé les espèces décrites par M. Jordan et figurées dans ses magnifiques Icones ; notons encore l’omission du S$. tellimoides Maxim., du Japon (in Bull. Acad. imp. des Sc. de St-Pétersbourg, t. XVI, février 1871) et du S. Maweana Baker, du Maroc (Gardener’s Chronicle, 1871, n° 42); il est vrai que la publication de ces deux espèces a précédé de très-peu le livre de M. Engler, puisque sa préface est datée du 51 décembre 1871.
Malgré ces légères erreurs ou omissions, inévitables dans un ouvrage qui a nécessité des recherches immenses, nous n’hésitons pas à répéter que la monographie des Saxifrages est digne des plus grands éloges et est indispensable à tous ceux qui veulent étudier ce genre important.
ALFRED COGNIAUX.
HEPATICAE GaALLICAE. — Herbier des Hépatiques de France, publié par Th. Husnot. Fascicule IT, n° 26-50.
Le second fascicule de cette intéressante publication n’est, sous aucun rapport, inférieur au premier, dont nous avons parlé précédemment; le même soin a présidé au choix des échantillons, souvent fructifiés et parfois donnés de plusieurs localités sous le même numéro. Nous nous bornerons done à énumérer les espèces qu'il renferme,en indiquant les localités belges d’où proviennent certaines d’entre elles :
Scapania compacta, S. nemorosa Y. gemmifera (de Louette-
St-Pierre), Jungermannia obtusifolia, J. Dicksoni, JT. exsecta, J. crenulata (éch. (B) de Maeseyck), “7. Hornschuchiana, J. ventricosa, J. ventricosa v. gemmifera, JT. minuta, J. divaricata, J. bicuspidata (éch. (A) de Maeseyck), J. connivens, J. setacea v. Schultzii (de Maeseyck), J. trichophylla, Sphagnoecetis communis (de Maeseyck), Lophocolea bidentata, *Lepidozia tumidula Taylor, Ptilidium ciliare (de Lanklaer), P. ciliare v. ericetorum, Madotheca laevigata, M. Porella, Marchantia polymorpha, Targionia hypophylla, Anthoceros laevis.
. La plupart de ces espèces se trouvent en Belgique ; il n'y a que les deux marquées d’un astérisque qui n’y ont pas encore été observées. Nous croyons utile de rappeler la synonymie du Lepidozia tumidula Taylor, renvoyant, pour les autres espèces, à notre Catalogue des Hépatiques de Belgique :
Jungermannia reptans 5 pinnata Hook. Brit. Jung. (1817). Pleuroschisma reptans 5 pinnata Dmrt. Sylloge (1851). Lepidozia pinnata Dmrt. Rec. d'obs. (1855).
Lepidozia tumidula Taylor MSS. in Synop. Hep. (1845).
Il en résulte que le nom qui a la priorité est Lepidozia
pinnata Dmrt.
ALFRED COGNIAUX.
Catalogue de la flore de Belgique, par F. Crépin, F. Gravet et C. Delogne (1).
Sous ce titre, vient de paraitre un petit travail réellement utile et qui comble chez nous une véritable lacune. Depuis nombre d'années, nous nous servions d’un ouvrage analogue, le Catalogue des plantes vasculaires de M. Lamotte ; mais ce
(1) Grand in-$o, de 52 pages; Bruxelles, Mayolez, rue de l’Impératrice.
dernier opuseule, spécialement écrit pour la France, l’Allemagne et la Suisse, renfermait pour nous {rop et trop peu. En effet, nous n'avions pas à nous occuper des espèces du Midi, et d’un autre côté bien des types de notre pays ny étaient pas renseignés. Il nous manquait donc un catalogue des plantes de Belgique, soit pour favoriser nos échanges en nous dispensant de dresser de longues listes manuscrites, soit pour servir de répertoire à nos herbiers ou de recueil d’annotations de toute espèce. Le catalogue que nous recommandons à. l'attention de nos confrères atteint parfaitement ce but. Il contient, outre les Phanérogames et les Cryptogames vasculaires, les Mousses et les Hépatiques, et peut donc convenir au bryologue aussi bien qu’au phanérogamiste. Nous ne doutons point du succès de ce petit travail et nous nous permettons d'émettre un vœu : c’est que dans une prochaine édition qui ne tardera pas, nous l’espérons, à être nécessaire, les auteurs compléteront leur œuvre par le catalogue des Lichens de notre flore.
Louis PIRE.
Introduction to the Study of Palæontological Botany, by John-Hutton Balfour (1).
Comme la paléontologie végétale tend à se populariser, qu'elle n’est plus seulement étudiée par quelques rares adeptes, le besoin d'ouvrages élémentaires se faisait de plus en plus sentir. M. Schimper, en publiant son beau Traité de Paléontologie végétale, a voulu répondre à ce besoin; mais ec traité est volumineux; il est en outre d’un prix relativement
(1) Un vol. in-8e, de 118 pages, avec # planches et 102 figures intercalées dans le texte; Edinburgh, 1872.
élevé, ce qui fait qu’il y avait place pour un manuel élémentaire destiné à l’enseignement. M. Balfour a fait prendre cette place par son petit traité.
Dans son Introduction à l'étude de la paléontologie botanique, M. Balfour traite, dans une suite de paragraphes, de la détermination des plantes fossiles, de leurs divers modes de conservation, de leur structure, des roches fossilifères, des classes auxquelles appartiennent les plantes fossiles; puis il passe en revue la flore des diverses époques géologiques, et il termine par une récapitulation succincte des points principaux concernant les végétaux fossiles. A la suite de cette récapitulation, se trouve le catalogue des ouvrages les plus utiles à consulter pour étudier la paléontologie végétale.
Dans les chapitres consacrés aux flores anciennes, l’auteur ne donne pas la description des espèces, cc qui du reste ne pouvait se faire dans un manuel, mais il entre dans des détails suffisamment étendus pour qu’on puisse apprécier le caractère de chaque flore; il nous y montre les différences ou Îles ressemblances qui existent entre les groupes anciens et les groupes encore vivants.
Les figures intercalées dans le texte permettent au commençant de se faire promptement une idée des caractères et du facies des genres les plus richement représentés dans les flores anciennes.
Nous sommes convaincu que le petit traité de M. Balfour deviendra classique et qu'il sera bien accucilli non-seulement des étudiants, mais des professeurs et des spécialistes.
De quelques Juxcus à feuilles cloisonnées et en particulier des J. LAGENARIUS el FonTaNEsi Gay et du J. STRIATUS Schsb., par J. Duval-Jouve (1).
Dans ce nouveau mémoire, M. Duval-Jouve poursuit ses études sur les Glumacées en employant, pour la distinction des espèces, les caractères fournis par la structure anatomique des tissus. La première partie de son travail concerne les Juncus lagenarius Gay et J. striatus Schsb., dont l’histoire est exposée avec beaucoup de clarté et d’érudition. Les recherches auxquelles s’est livré l’auteur lui ont démontré que le J. lagenarius n’a été fondé que sur une déformation du J. Fontanesii Gay, duc à la présence d’un insecte dans la capsule.
Un paragraphe est consacré à l’étude des stolons et des rhizomes au moyen desquels se propagent les Juncus vivaces à feuilles cloisonnées. Au sujet des rhizomes, nous croyons devoir reproduire textuellement une observation d’un grand intérêt :
« Ce qui a été attribué aux rhizomes comme caractère général, savoir : que, « en raison de leur structure anatomique », ils sont de la nature des tiges, n’est pas entièrement confirmé par la structure des rhizomes des Joncs et des Graminées ; car ces rhizomes, bien que portant des écailles ou expansions foliacées, n’ont point l’organisation de leurs tiges, mais bien plutôt, par leurs deux zones concentriques, celle des racines des Palmiers et autres Monocotylédones, décrite par plusieurs auteurs. De plus, les rhizomes des J'uncus que j'ai pu examiner n’ont point de cloisons transversales vers le point où nait une feuille-écaille; et, en cela, leur structure ressemble plus à celle des extrémités des rhizomes de l’Arundo Donax qu'à celle des rhizomes de la plupart des Graminées. »
(1) In-4£0, de 40 pages, avec 2 planches; Paris, 1872. (Extrait de la Revue des Sciences naturelles, Septembre 1872.)
Fr
Le dernier paragraphe se compose d'un tableau synoptique des espèces francaises appértenant aux Juncus vivaces à feuilles cloisonnées. Nous allons en reproduire ce qui concerne nos espèces belges.
, A. Se propageant par stolons.
J. supinus Mônch Enum. Hess., 296, tab. 5 (1777). «. Tiges jeunes non stolonifères, un peu gazonnantes, étalées. « Culmo erecto humiliore » Willd. — J. supinus Mônch. 8. Tiges décombantes, radicantes et prolifères. « Culmo folioso repente, ad florum glomerulos prolifero. » = J. uliginosus Roth Tent. fl. germ., I, 405-406.
. Tiges allongées et flottantes. — J. fluitans Lmk Dict. Enc., II, 270. . Six étamines ; capsule plus courte, plus ventrue, subdéprimée au
sommet. — J. nigritellus Koch Syn., ed. 1, 750 (non Don), ramené par l’auteur au J. supinus (Syn., ed. 5, 654). Chaque forme varie à glomérules petits et gros.
B. Se propageant par rhizomes.
J. lampocarpos Ehrh. (:).
z. Glomérules nombreux et petits; forme la plus ordinaire.
8. Glomérules peu nombreux et très-gros. — J. tricephalos Gay in Lah. Mon. Jonc., 44; J. macrocephalus Viv. Diagn. Cors., 5; Boreau 1re Not. Cors., 9.
7. Tiges couchées et radicantes. C’est à cette forme que Laharpe, loc. cit., 57, rapporte le J. repens DC. F1. Fr., VI, 508; ramenant à tort Le J. repens Req. de l'herbier de Gay au J. acutiflorus Ehrh.
. Forme un peu fluitante. — Var. fluitans Koch Syn., ed. 5, 655, à laquelle M. Duby (Bot. Gall., 477) rapporte à tort le J. heterophyllus Duf.
Os
(1) Ebrhart a écrit J. lampocarpos, et comme ce nom est étymologiquement correct, en doit, selon M. Duval-Jouve, l’adopter au lieu de J. amprocarpus employé par beaucoup d’auteurs récents.
J. acutiflorus Ehrh. (1.
æ. Anthele assez dense, brune.
8. Anthèle dense, brune, à glomérules plus gros; capsules à bec moins long. — dJ. brevirostris Nees ab Es. in Bluff Comp. fl. germ., ed. 1, 884.
7. Anthèle très-diffuse, pale et presque verte. — Var. pallescens Koch.
J. alpinus Vill.
«. Anthèle diffuse; glomérules petits et noirs. — J. fusco-ater
Schreb.; J. atratus Hoppe; J. alpestris Hartm. 8. Anthèle réduite. — J. nodulosus Wahlnbg.