R. rugosa Thunb
Meyer attribue à son À. rugosa six variétés, qui sont les suivantes :
a. Thunbergiana : ramis aculeis subconformibus subaequilongis reetis setacco-subulatis, paucis validioribus sparsis horridis ; aculeis stipu-
aribus nullis ; stipulis acutis acuminatisve.
Hab. in Japonia. Plantam non vidi. Deseriptio ex iconibus et descriptionibus citatis.
8. ferox : ramis aculeis plerumque copiosissimis subconformibus inaequalibus rectis setaceis subulatisque aliis elongatis validioribus sparsis horridis ; aculeis stipularibus distinetis haud ullis; setis glandulosis in ramis raris ; stipulis saepissime latissimis obtusis.— Ab antecedente
. aculeis pro parte validioribus et stipulis saepissime obtusis differt. Sed planta culta interdum inter varietates x et 8 ludit. — Hab. in Kamtschatka.
7. Lindleyana : amis aculeis validis conico-subulatis rectis vel leviter recurvatis stipularibus saepe verticillatis et aliis raris per totum ramum dispersis atque aculeis setaceis paucis armatis setisque glandulosis copiosis instructis; stipulis obtusis acutis acuminatisve. — Aculeis, praeter stipulares, plerisque suppressis ab antecedente differt ; sed altera in alteram transit. — Specimina spontanea non vidi.
. Chamissoniana : ramis aculeis stipularibus validis conico-subulatis rectis vel leviter recurvatis armatis, aculeis setaceis setisque glandulosis in ramo paucis vel vix ullis; stipulis obtusis acuminatisve. — Haec varietas a var. y fere omnium sctarum atque aculeorum abortu,
practer aculeos stipulares, diversa est. — Specimina kamtschatica et alia chinensia in promtu habeo, quae paululum inter se diversa sunt.
. Ventenaliana : ramis aculeis setaceis brevibus raris sparsis setisque hispidis et setulis glandulosis copiosis obtectis, aculeis stipularibus validis nullis; stipulis latis obtusis. — Est À. rugosae mutatio aculeis validis subulatis omnibus suppressis, et solummodo aeuleis setaceis setisque acutis capilatisque copiosis hispida. — Hab. in Kamtschatka.
Vidi specimina spontanea et culta.
. subinermis : aculeis setisque acutis subnullis, setis glandulosis longio-
ribus brevioribusque copiosis ; stipulis vel latissimis obtusis vel aculis acuminatisve. — Est quasi var. : aculeis omnibus orbata. — Hab. in Kamtschatka et culta in China.
Comme on le voit, Meyer a établi ses variétés sur la forme, l'abondance, la rareté ou l'avortement des aiguillons ; or, comme nous allons le voir et du reste comme luimème donne à l'entendre, ces variétés passent de l’une à
l’autre et ne sont souvent que des variations individuelles. Le R. rugosa offre d’autres variétés qui sont ou qui paraissent être plus constantes et dont les caractères peuvent être tirés de plusieurs organes. .
La var. «. Thunbergiana que Meyer à décrite sur les figures publiées par Lindley, Redouté et von Siebold, n’est pas, selon moi, autre chose que la var. £. ferox : les dessinateurs ont plus ou moins égalisé les aiguillons qui sont plus ou moins inégaux et se sont contentés de rendre l'aspect général de l'armature des axes.
La var. L. ferox habite non-seulement le Kamtschatka, où elle parait répandue, mais l'ile Sachalin et le Japon. Cette variété est celle qui représente la forme typique à folioles fortement plissées en réseau et rugueuses ; c’est selle qui est le plus ordinairement cultivée dans nos jardins d'Europe, qui a reçu, dans ces derniers temps, le nom de R. Regeliana André et Linden (Conf. Primitiae Monographiae Rosarum, fase. IT, pp. 55-57) et que tout récemment M. Lange ({ndex seminum hort. bot. Hauniae, 1874, p. 25) a décrite sous le nom de R. Andreae. Des échantillons (herbier de l'Académie de St-Pétersbourg) recueillis par M. Brylkin en 1860, dans l'ile de Sachalin (rivage occidental près de Kussanaï),se rapportent exactement à la forme décrite par M. Lange. Cette mème variété, mais à fleurs blanches, est actuellement cultivée à Segrais chez M. Lavallée.
La var. y. Lindleyana est un acheminement vers la var. Chamissoniana. Elle est représentée vraisemblablement par des ramuscules florifères de pieds cultivés ayant atteint, par la culture, une taille plus élevée que la var. B. ferox. Cette taille plus élevée, comme nous le verrons à propos de la var. 7. subinermis, doit avoir entrainé des
( 45 ) 559 modifications sensibles dans l’armature des axes. Quand les buissons restent bas, comme dans la variété ferox, les aiguillons sont plus nombreux et les stipulaires ressemblent beaucoup aux autres, mais à mesure que les axes s'allongent avec leurs entrenœuds, les aiguillons sétacés épars diminuent en taille, deviennent plus petits ou se transforment en glandes pédieulées et, d'autre part, les aiguillons stipulaires, par une loi de balancement, deviennent plus robustes. C'est du reste, un fait assez fréquent dans les espèces à tiges sétigères.
Cette observation peut s'appliquer aux variétés Chamissoniana et Ventenatiana, qui nous présentent des axes plus grèles et plus allongés que dans la variété ferox. Ces variétés Chamissoniana et Ventenatiana s'observent nonseulement au Kamitschatka, mais aussi en Mandschourie et au Japon.
Quant à la variété subinermis, elle est représentée, dans l'herbier de Meyer, par : 1° deux ramuscules fructifères et un fragment de tige recueillis au Kamtschatka et chez lesquels les axes, qui sont poilus, ne portent que de fines soies glandulifères ; 2° de longs ramuscules florifères d'une forme à fleurs doubles cultivée en Chine. Dans celle-ci, les axes, qui sont à entrenœuds allongés et qui doivent avoir été recueillis sur des pieds élevés, présentent de très-fines soies glandulifères ; mais, chose que ne parait pas avoir remarquée Meyer, ils ont porté des aiguillons stipulaires assez robustes qui ont été enlevés avec soin et dont il ne reste que les cicatrices. Ces échantillons ne peuvent done se rapporter à la variété subinermis, mais se rapprochent beaucoup de la variété Lindleyana.
Des variétés décrites par Meyer, je ne conserverais que deux d’entre-elles : la var. ferox, qui est la forme typique,
à tiges fortement hérissées et poilues, à folioles assez larges, fortement ridées-rugueuses, et à grande corolle, et la var. Ventenatiana, à laquelle j'appliquerais le nom de kamtschalica (R. kamtschatica Vent.) comme étant le nom le plus ancien donné à cette forme, à tiges plus grèles, moins velues-hérissées, à folioles plus petites et relativement plus étroites, moins ridées, à corolle de grandeur moyenne. Il est presque superflu de faire remarquer qu'entre ces deux variétés il se produit des formes intermédiaires.
Outre ces deux variétés, il en existe une troisième que dans les herbiers du Jardin botanique et de l’Académie de St-Pétersbourg, j'ai désignée sous le nom de glabrata, mais qu'on pourrait ne considérer que comme une variation, variation bien remarquable sans doute, qui se présente dans l’une et l’autre des deux variétés précédentes, et qui consiste dans la glabréité parfaite des axes. Cette variation a été recueillie par MM. Brylkin cet F. Schmidt dans l'ile Sachalin et par M. Tschonoski dans la province de Nambu au Japon.
Dans le 2 fascicule, pp. 54 et 55, j'ai fait allusion au KR. coruscans Waitz que je considérais comme une variété glabriuscula du R. rugosa. Tel est encore mon opinion sur cette forme, dont M. Marchal m'a rapporté un bel échanüllon en fruits provenant de Segrais, où cette curieuse forme est cultivée dans le vaste arboretum de M. Lavallée. La plante de Segrais correspond d’une facon complète à l'échantillon de ZX. coruscans que j'ai vu dans l’herbier royal de Berlin.
Primrriae MoxoGraPiaE Rosarum. — Matériaux pour servir à l’Histoire des Roses, par François Crépin.
TROISIÈME FASCICULE (Suite).
Au mois de septembre dernier, ayant été appelé à remplir une mission scientifique en Angleterre, j'ai du interrompre brusquement la publication de la suite de ce troisième fascicule. Cette interruption a été fort heureuse, car, pendant mon séjour à Londres, j'ai pu recueillir de nombreuses observations dans les herbiers du British Museum, de la Société Linnéenne et de Kew. L’herbier du British Museum, que M. Carruthers, avec une rare complaisance, m'a permis de consulter, renferme un assez bon nombre de types authentiques décrits par Lindley dans son Rosarum Monographia; à la Société Linnéenne, J'ai pu examiner les Roses de l’herbier de Linné; enfin à Kew, j'ai étudié les riches séries de Roses de l'herbier général. Le conservateur de celui-ci, M. Oliver, a été pour moi d’une inépuisable obligeance dans les recherches que j'ai dû faire, tant dans les collections que dans la bibliothèque.