Rosa bracteata Wendi
Le R. bracteata a été décrit et figuré par Wendland vers la fin du siècle dernier (Verzeichniss der Pflanzen zu Herrenhausen, 1797-1798 et Hortus Herrenhusanus, 1798-1801). Depuis lors, cette remarquable espèce a été l'objet de descriptions et de figures nouvelles qui sont eltées en majeure partie dans la monographie de Lindley.
Ce type est éminemment caractéristique et appartiént à
une section bien tranchée que Lindley a désignée sous le nom de Bracteatae. Cette section, très-naturelle du reste, n'a été qu'imparfaitement délimitée par le monographe anglais, qui la caractérisait par la phrase diagnostique suivante : « Rami fructusque tomentoso persistente vestiti. » Le caractère tiré de la pubescence ne manque pas de valeur, mais comme une pubescence, moindre il est vrai, s’observe sur les axes florifères, sur les pédicelles et les réceptacles d’autres espèces appartenant à diverses sections, il est nécessaire que la diagnose de la section des Bracteatae soit enrichie d’autres notes distinetives. Celles-ci pourront être tirées des aiguillons régulièrement géminés sous les stipules, des stipules profondément laciniées, des bractées laciniées, des pédicelles très-courts, du très-grand nombre d'étamines, etc. Lindley avait du reste appuyé sur les principales particularités qui distinguent cette remarquable section.
Le botaniste anglais avait distingué deux variétés, dont l'une, constituant le type, est à ramuscules non sétigères, à aiguillons géminés plus ou moins robustes et crochus, et l’autre, D. scabricaulis, présente des entre-nœuds chargés de soies glanduleuses, à aiguillons géminés plus délicats et droits. Le type se produit surtout dans les jardins, où la plante devient plus vigoureuse, à tiges et branches plus allongées. Ge sont surtout des échantillons provenant de la plante cultivée que l’on voit dans les herbiers. Remarquons que la forme typique peut croitré dans la patrie de l'espèce en compagnie de la variété scabricaulis et d’une variation intermédiaire offrant des aiguillons plus grèles que dans le type, un peu arqués ou presque droits et sans soies glandulifères sur les entre-nœuds.
Lindley fait des réserves au sujet de la var. scabricaulis
et dit que des observations nouvelles pourraient bien y faire découvrir des caractères suflisants pour l'élever au rang d'espèce distincte. Depuis que cet auteur a écrit sa monographie, de nouveaux matériaux sont venus enrichir nos herbiers, et ces matériaux, étudiés avec soin, établissent la complète identité spécifique des deux variétés.
A l'ile Formose et dans les régions chinoises voisines, la variété scabricaulis se présente parfois sous une forme microphylle bien curieuse à cause de la petitesse des folioles, qui peuvent être jusqu'à 5 ou 10 fois plus petites que celles de la variété constituant le type.
D'après ce que j'ai constaté dans les herbiers, le R. bracteata est une espèce qui habite le sud-est de la Chine, (provinces de Kuang-Tung et de Fu-kian), l'ile Formose et le groupe d'iles compris entre cette dernière et la côte chinoise. Lindley signale sa variété £. scabricaulis dans la province de Tsche-Kiang, d’après un échantillon recueilli par Sir Stauton que j'ai vu dans l'herbier du British Museum. Quant à l'existence de la variété type dans le nord-est de l'Inde anglaise (prov. de Bhotan), où l'indique Lindley, elle est peut-être bien douteuse, du moins à l'état indigène. Roxburgh, sur la foi duquel s’est reposé Lindley, avait tout d'abord confondu le R. involucrata avec le R. bracteata ; or, il est bien possible que c’est une confusion d'espèces qui a donné lieu à l'indication rapportée par Lindley. Roxburgh n'est du reste pas le seul qui ait fait confusion entre les R. bracteata et R. involucrata, et des voyageurs modernes ont tantôt pris le R. bracteata pour le R. involucrata, et vice-versà, confusion qui pourrait donner lieu à de graves erreurs de géographie botanique. Je suis donc porté à croire que le R. bracteata n'existe pas dans l'Inde, où il est remplacé par le R. involucrata.