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Rosa involucrata Roxb

Le R. involucrata a été décrit par Lindley en 1820 (Ros. Monogr., p. 10). Cet auteur a pris le nom d’énvolucrata dans la Flore manuscrite de Roxburgh. Le D" Buchanam, qui semble avoir été le premier inventeur de cette espèce, lui avait donné le nom de R. palustris (herbier du British Museum).

Le R. involucrata a été admirablement représenté dans les {cones plantarum Indiae orientalis de Robert Wight (1820).

Cette Rose présente des aflinités extrèmement étroites avec le R. bracteata, et, si l’on admet la doctrine du transformisme, on peut dire que ces deux formes ont une origine commune et que leur isolement géographique n'a pas encore produit entre elles des différences très-profondes.

Voici comment Lindley les différencie :

(A. bracteaia) R. foliolis oblongis obtusis glaberrimis, bracteis appressis pectinatis.

(R. involucrata) R. foliolis lanceolato-ellipticis, infra tomentosis, bracteis contiguis pectinatis.

Cet auteur ajoute que le À. involucrata se distingue en outre par ses rameaux longs et grèles.

L'étude des matériaux d’herbiers m'a permis de constater les différences déjà signalées par Lindley.

Les folioles, dans le À. involucrata, sont relativement plus étroites que dans le R. bracteata; elles sont plus allongées et on peut les dire lancéolées-elliptiques, à sommet plus ou moins atllénué, tandis que celles du R. bracteata sont obovales, ordinairement arrondies-obtuses

au sommet. Dans le À. inrolucrata, les folioles ne paraissent pas aussi épaisses ni aussi nerveuses que dans le R. bracteata ; elles sont ordinairement velues-tomenteuses sur toute la face inférieure, tandis que dans le R. bracteata, elles n'ont que la côte velue.

Les stipules sont, me semble-t-il, un peu différentes dans les deux types. Dans le R. involucrata, les ailes sont plus longues ct par conséquent plus longuement adhérentes au pétiole.

Ainsi que l'avait fait remarquer Lindley, les pédicelles florifères sont moins courts dans le R. involucrata, de facon que les fleurs sont moins rapprochées des bractées.

J'ai cru remarquer qu'en général la fleur, dans ses différents organes, est moins forte dans le R. involucrata et que, toutes conditions égales d’ailleurs, le fruit devient plus gros dans le À. bracteata.

Comme l'avait du reste marqué Lindley, les divers axes du À. involucrata semblent être plus allongés ; 1ls sont moins contournés en ZIgzag.

Dans le R. involucrala, du moins si j'en juge par les matériaux d’herbiers, l'écorce devient noiràtre avec l'âge, ce qui ne parait pas se produire d’une façon aussi marquée dans le À. bracteata.

Enfin dans le À. involucrata, les aiguillons sont toujours à pointe droite et plus ou moins relevée, tandis que dans le À. bracteata, la pointe est ordinairement plus ou moins arquée ou crochue et ce n’est guère que sur les axes florifères délicats que les aiguillons ont parfois la pointe droite, tantôt étalée horizontalement, tantôt un peu relevée.

Pour bien apprécier les différences qui séparent ces deux types, il me reste à les étudier sur le vivant, chose que je n'ai encore pu faire Jusqu'ici.

Lindley, postérieurement à la publication de sa monographie, a distingué les variétés suivantes du R. involucrata : B. burmana, y. parvifolia, d. glabra, €. acutifolia.

Dans le R. involucrata, j'ai observé une particularité qui lui est commune avec le R. bracteata, c’est de produire à l’aisselle des feuilles, sur les branches de l’année, des ramuscules florifères. Cette production d'au moins deux générations d’axes, la même année, a-t-elle pour cause le climat ? Est-elle commune à des arbrisseaux appartenant à d’autres familles ? ou bien est-elle une particularité : spécifique ? J'ai remarqué que le À. bracteala peut produire, dans nos jardins d'Europe, plusieurs générations d’axes la mème année.

C'est, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus, le D' Buchanam qui, le premier, a découvert cette Rose ; il l’avait observée dans le Népaul et, semble-t-il, dans des stations marécageuses. Si cette espèce végète dans de telles conditions, elle nous offrirait ainsi une nouvelle note pour la distinguer du À. bracteata, qui parait habiter les collines et probablement des lieux secs. On a observé en outre le R. involucrata dans les provinces de Kamaan, Sikkin, Assam, dans le district de Silhet, sur les bords de l'Irawaddi dans le Birma anglais. Lindley, se basant sur un dessin chinois, le signale en Chine. Dans le recueil de planches publié sous le titre de : fcones plantarum sponte China nascentium, e bibliotheca Braamiana excerptae (London, 1821), il existe une planche représentant le À. involucrata, ee qui paraitrait done dénoter que cette espèce existe bien en Chine. Reste à rechercher dans quelle partie de ce vaste empire. C’est probablement dans la région sudo-occidentale, vers les régions montagneuses qui touchent à l'Himalaya. Je dois ajouter que j'ai vu,

dans l'herbier de l’Académie de St-Pétersbourg, un échantillon du À. involucrata provenant de l'herbier Chamisso, portant l'indication : « China. »

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