‹ Primitiae monographiae rosarumChapitre 82 sur 174 · CM · texte numérisé non relu

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de mon propre herbier m'ont offert les entre-nœuds de leurs branches et de leurs ramusceules florifères chargés de nombreuses soies glanduleuses. Dans ces spécimens, les stipules sont moins profondément pectinées que dans la figure de Lindley ; les pédicelles sont chargés de glandes pédiculées, glandes qui se retrouvent en plus ou moins grande abondance sur le réceptacle et les sépales; les réceptacles sont plus petits et moins arrondis que dans la forme décrite par Lindley ; les sépales extérieurs (2 ou 5) sont munis en dessous de leur moitié inférieure de 1 ou 2 petites pinnules ; enfin les bractées inférieures présentent quelques laciniures qui, dans les bractées supérieures ou bractéoles, sont à peu près transformées en glandes pédiculées.

Je n'ai pas vu, dans l'herbier de Kew, de spécimens se rapportant exactement à la description et à la figure de Lindley, mais cet herbier renferme une série de formes qui me font suspecter la légitimité de l'espèce créée par Lindley. C'est ainsi que les échantillons distribués dans l'Herbier des Indes orientales de MM. Hooker et Thomson, présentent le facies général du R. moschata. Ce sont de mêmes échantillons que J'ai pris dans l'herbier du Muséum de Paris et dans celui de St-Pétersbourg, pour une variété du À. moschata. L'inflorescence et les feuilles différent assez peu de celles du À. moschata; les sépales sont pinnatifides, les bractées sont laeiniées, et les axes sont glanduleux.

Deux autres échantillons recueillis par M. Stocks présentent des sépales extérieurs un peu pinnulés, des bractées laciniées et des axes sétigères-glanduleux ; la corolle parait ètre simple; les sépales, les réceptacles et les pédicelles sont hispides-glanduleux.

Trois longs ramuscules florifères provenant de l’herbier de Royle et recueillis dans la partie nord-ouest de l'Inde, ont la corolle doublée, le réceptacle assez gros et des sépales pinnulés; des glandes recouvrent les pédicelles, les réceptacles et les sépales.

Des échantillons provenant du Népaul distribués par Wallich (1829 H. L., 682) ont les fleurs presque pleines, les pédicelles glanduleux et les axes sétigères-glanduleux.

Il existe encore d’autres échantillons et ceux-ci présentent à peu près les caractères des spécimens que je viens de décrire brièvement.

Quoique les styles ne paraissent pas être saillants et semblent avoir leurs stigmates sessiles au-dessus du disque, comme dans le R. involucrata, je suis porté à voir dans le R. Lyellii une hybride des R. moschata et R. involucrata, produite peut-être spontanément, mais plus probablement dans les cultures, ainsi que semble le témoigner la duplicature de la corolle de la plupart des échantillons conservés dans les herbiers.

J'ajouterai que les aiguillons du R. Lyelliï ne sont pas régulièrement géminés comme dans le R. involucrata.

Avant de se prononcer d’une facon définitive sur la nature de cette Rose, il est nécessaire que les voyageurs ou que les botanistes habitant l'Inde nous fassent connaître dans quelles conditions végète cette plante, si elle croit en compagnie des À. moschata et R. involucrata, si elle ne se produit pas parfois dans les cultures et si son pollen est bien ou mal conformé.

A propos de l'opinion que j'émets ci-dessus, je dois me défendre contre l'accusation d’hybridomanie qu'on pourrait porter contre moi. Îl me parait incontestable qu'il se produit des hybrides entre de vraies espèces de Roses,

par exemple entre les R. alpina et R. pimpinellifolia, entre le À. gallica et diverses espèces, que le R. tvara est sans aucun doute le produit d’un croisement entre le R. multiflora et une autre espèce qui très-probablement est le R. rugosa. Ayant fait une étude approfondie du genre, ayant longtemps médité sur la valeur des caractères spécifiques des types de ce groupe ardu, ce n'est qu'après mures réflexions que J'invoque l'hybridité pour juger de la valeur de certaines formes obseures qui, par leurs caractères vacillants, ressemblent tantôt à un type spéeifique et tantôt à un autre type, sans qu'il soit permis de voir en elles un type intermédiaire ou une variété établissant une transition. :

Si le R. Lyellii vient à disparaitre comme espèce légitime, la section des Bractealae ne pourra plus se composer que de deux types : À. bracteata et R. involucrata.

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