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Rosa microphylla Roxb

Le R. microphylla a été décrit pour la première fois par Lindley en 1820 (Ros. Monogr., p. 9) d’après une figure chinoise, et son nom a été extrait de la Flore inédite de Roxburgh. Le monographe anglais avait tout d’abord classé cette forme dans la section des Bracteatae, entre les R. involucrata et R. bracteata; mais pendant le cours de’ l'impression de son ouvrage, ayant été mis à même d'étudier la plante sur des échantillons secs, il reconnut que celle-ci devait être rangée dans le voisinage du R. sericea, et page 146 il en donne une nouvelle des-

cription.

Trattinniek, qui ne paraît pas avoir vu l'espèce, influencé par l'opinion de Lindley, constitue avec le R. sericea, qu'il appelle R. Wallichii, et le R. microphylla, une section sous le nom de Lindleyana (Rosac. Monogr., IE, p. 192). Seringe, qui a cependant vu des spécimens, maintient le R. microphylla dans la section du R. bracteata (Prodr., IX, p. 602).

Nous allons voir que les auteurs cités ci-dessus n’ont pas apprécié à leur juste valeur les caractères de cette espèce et l'ont comprise dans des sections auxquelles elle n'appartient en aucune façon.

Le R. microphylla est une des espèces les mieux caractérisées du genre et on ne peut la confondre avec aucun autre type.

Lindley et Seringe n'avaient pu l’étudier que sur des échantillons provenant de pieds cultivés dans l'Inde; j'ai été plus heureux, car, outre des échantillons provenant de pieds cultivés en Europe, dans l'Inde, en Chine et au Japon, j'ai pu étudier de beaux spécimens de la plante spontanée, recueillis aux bords du lac Hakone (Japon central) par MM. les Docteurs Savatier et Maximowiez. Les bords du lac Hakone sont encore jusqu'ici la seule habitation connue où le R. microphylla ait été observé à l'état sauvage. Dans les cultures, soit en Europe, soit dans l'Inde, en Chine ou au Japon, ce type perd un peu de son cachet original : l'arbrisseau devient plus élevé, et les fleurs, au lieu d'être solitaires, sont assez souvent groupées par 2 ou 5.

Je crois bien faire en rédigeant iei une nouvelle description sur des matériaux de la plante spontanée.

Rosa microphylla Roxb. in Lindl. Ros. Monogr., pp. 9 et 146. ARBRISSEAU, « Arbrisseau dressé, très-rameux, pouvant atteindre

jusqu’à 8 pieds, à tige (probablement partie inférieure) épaisse de 2 pouces. » (Dr Maximowiez, in litt.).

Tices. Tiges rameuses, un peu flexueuses en zigzag, à écorce devenant brunâtre, lisse, finissant par s’effeuiller, aiguillonnées, à aiguillons tous géminés, épaissis à la base, les uns à pointe un peu arquée, horizontale ou un peu inelinée, les autres (et c’est le plus grand nombre) à pointe droite, relevée et formant un angle ouvert avec l’axe de la tige.

Ramuscuces FLoRIFÈRES. Ramuscules florifères souvent courts, flexueux en zigzag, à écorce glabre, à aiguillons tous géminés, à pointe droite et relevée.

Feurcees. Feuilles 9-15-foliolées. Stipules courtes, toutes à ailes trèsétroites et presque nulles et n’étant en quelque sorte formées que par une étroite décurrence des oreillettes, bordées de quelques rares cils glanduleux, à oreillettes étroites, lanccolces-linéaires, ciliées-glanduleuses, étalées ou divergentes. Pétioles velus, finement aiguillonnés. Folioles tantôt très-petites, tantôt de dimension moyenne, ovaleselliptiques, plus ou moins atténuées à la base, plus ou moins longuement atténuées-aiguës au sommet, plus ou moins velues à la face inférieure, glabrescentes en dessus, à dents fines, cuspidées et simples.

Ixrcorescence. Fleurs ordinairement solitaires et dépourvues de bractées. Pédicelles courts (10-15 mill.), portant à leur base une feuille multifoliolée, chargés de nombreux petits aiguillons jaunâtres, ord. étalés horizontalement. Réceptacle florifère (probablement globuleux ou subglobuleux). Sépales (à la maturité ou pendant la maturation) redressés sur le fruit et persistants, formant une cupule foliacée rappelant le sommet de l’involuere de la noisette, épais et coriaces, muriqués sur le dos par de petits aiguillons jaunâtres, les 5 extérieurs découpés sur les bords en larges expansions foliacées irrégulières et ineisées, les deux intérieurs largement spatulés, entiers, terminés brusquement par une assez longue pointe filiforme, blanchâtres-tomenteux aux bords. Corolle. ...:... Disque large, un peu relevé autour de l’ouverture qui est assez étroite, portant à son pourtour une large ceinture marquant sans doute la place de nombreuses étamines. Capitule stigmatique velu, sessile, assez petit, quoique composé de nombreux stigmates. Réceptacle fructifère gros, suborbiculaire-déprimé, plus large que haut, plus ou moins incliné, chargé de nombreux petits aiguillons jaunâtres aplatis. Floraison..... (La maturité parait se faire en septembre et octobre.)

Aire DE Dispersion. Comme localités certaines, je ne connais que les. bords du lac Hakone dans le Japon central, où M. le Dr Maximowiez a recueilli l'espèce en 1862 et M. le Dr Savatier, en 1871. Les échantillons que j’ai vus dans les herbiers et provenant de la Chine, de l’Inde, et même du Japon, mais d’autres localités que le lac Hakone, sont tous à fleurs plus ou moins pleines et proviennent des cultures. Il est done probable que ce type intéressant est propre au Japon, où il pourrait bien être localisé dans les régions montagneuses.

Voici ce que M. le Dr Savatier avait écrit sur ce Rosier à son ami M. Franchet : « je ne l’ai pas vu en fleurs. Le fruit est acidule et les Japonais le mangent. Je l'ai goûté moi-même et je ne l'ai pas trouvé mauvais. Les fruits étaient verts quand je les ai cueillis. Je ne crois pas qu'ils changent beaucoup de couleur en muürissant, mais je ne puis l’aflirmer. »

Quant à la couleur des fruits, à voir ceux des échantillons desséchés par M. Savatier, on dirait qu'ils deviennent ou peuvent devenir rougeûtres, mais il est cependant probable que le fruit reste longtemps verdâtre, car M. le D' Maximowiez, qui croyait l'espèce inédite, a désigné (in Herb. hort. bot. Petrop.) celle-ci sous le nom de R. chlorocarpa. Parmi les échantillons récoltés par ce dernier botaniste, il en est un, du 50 octobre, qui porte un gros fruit mür, plus ou moins comprimé par la dessiccation (ce qui semble dénoter un état mou ou pulpeux), qui est devenu rougeàtre. Reste maintenant à voir si la teinte rougeàtre ne se produit que bien tard dans la saison ou ne se produit que par la dessiccation.

Sur l'étiquette qui accompagnait les échantillons du R. chlorocarpa Maxim. mss., M. Maximowiez a écrit : « F1. sulfureus. » Ai-je mal lu ou bien les fleurs sont-elles réellement jaunâtres ? Lindley attribue cependant à son

espèce, qui est certainement celle que j'ai décrite cidessus, des fleurs roses (pale red).

A l’état sauvage, les feuilles de ce type sont plus ou moins velues, mais j'ai remarqué que dans les cultures, elles peuvent devenir tout à fait glabres.

Roxburgh n'avait sans doute vu que la variété microphylle, quand il a appliqué le nom de R. microphylla, nom qui est loin d’être toujours juste, car dans les cultures, comme aux bords du lac Hakone, les folioles de l'espèce sont souvent d'une dimension qui ne justifie pas le nom de microphylla.

Se présente maintenant la question de classification. Il ne faut certes pas songer à rapprocher le R. microphylla du R. sericea, type isolé dans le genre par ses caractères et qui constitue à lui seul une section bien tranchée, que j'ai appelée Ebracteatae; il ne peut pas non plus être rapproché des R. bracteata et R. involucrata, dont il diffère par de vrais caractères de section et dont il ne rappelle en rien le facies. On peut dire qu'à la façon des R. laevigata, R. Banksiae et R. sericea, il forme une section à part, une section Jusqu'iei monotype et dont la diagnose sera en quelque sorte formée par les caractères spécifiques : aiguillons géminés, feuilles 9-15-foliolées, stipules toutes à ailes très-étroites, longuement adhérentes au pétiole, à oreillettes étroites et divergentes, réceptacle fructifère chargé d’aiguillons aplatis, sépales persistants, les extérieurs profondément déchiquetés sur les bords et probablement étamines extrèmement nombreuses.

C'est l'espèce dans laquelle les feuilles comptent le plus grand nombre de folioles.

Le fruit est extrèmement remarquable par ses petits aiguillons, très-roides et piquants, aplatis de bas en haut

et qui ressemblent à de petits dards fermement implantés dans l'écorce du réceptacle,

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