Rosa Banksiae R. Br
Le R. Banksiae à été décrit pour la première fois en 1811 (Hortus Kewensis, ed. IL, p. 258), et la description en fut faite sur la plante cultivée introduite par William Ker en 1807. L'espèce était dite originaire de la Chine.
Depuis R. Brown, tous les auteurs qui ont donné une description de l'espèce ne l'avaient vue qu’à fleurs pleines. Moi-mème, jusqu'à ces derniers temps, je ne l'avais connue également qu'à fleurs pleines et c’est seulement à partir de 1872 que je pus l’étudier à fleurs simples. Ce fut tout d’abord sur de beaux spécimens que m'avait envoyés le regretté Hanbury. Ces spécimens, qui provenaient du jardin du palais Orengo, à la Mortola près de Mentone, m'ont permis de bien me rendre compte de la forme normale des réceptacles florifère et fructifère qui n'était pas connue. Enfin, l’année dernière, il m'a été donné d'étudier, au Jardin des Plantes de Paris, des échantillons spontanés à fleurs simples que M. l'abbé David a recueillis en Chine, dans le Shensi meridional en 1875.
A part la forme normale des réceptacles florifère et fructifère qu'on n'avait pu décrire, les caractères de l'espèce ont été suffisamment décrits pour qu'il ne soit pas besoin d'en parler ici longuement.
Les axes sont presque toujours inermes et je n'ai vu d’aiguillons que sur un grand échantillon à fleurs simples récolté par M. Kirilow près de Pékin en 1841 (Herb. Hort. bot. Petrop.). Les aiguillons n'existent que sur la branche ou tige ; ils sont rares, un par entre-nœud, petits, assez courts et crochus à la facon de ceux du R. arvensis.
Les réceptacles florifères des fleurs simples sont trèspetits, larges de 1 1/2-2 mill., ovoiïdes-arrondis, assez fortement contractés au sommet. Dans la forme à fleurs pleines, ils sont beaucoup plus gros et largement campanulés.
Les sépales restent réfléchis après l’anthèse et tombent avant la maturité du réceptacle.
Les styles sont inclus et leurs stigmates forment un petit capitule sessile.
Le réceptacle fructifère est de la grosseur d’un petit pois, de forme globuleuse ou subglobuleuse.
Le R. Banksiae reste jusqu'ici seul pour composer la section des Banksiae.
Ainsi que Je l'ai déjà marqué ci-dessus, à part les échantillons à fleurs simples recueillis par M. l'abbé David et qui paraissent provenir de pieds spontanés, tous ceux que j'ai vus dans les herbiers ont été récoltés dans les jardins. Voici la liste des pays ou localités de l'extrême Orient qui ont fourni des échantillons à fleurs pleines que j'ai étudiés : Japon (sub nom. R. Viola). Coll. von Siebold. Japon. Coll. Bürger. Nagasaki. Coll. Maximowiez. Pékin. Coll. Skatschkoff. Sung kiang. Com. M. de Montigny.
D'après ce qui précède, il n'est guère possible de marquer l'aire de dispersion de cette curieuse espèce et on ne peut lui assigner jusqu'ici pour patrie que le Shensi méridional d'après M. l'abbé David.
Observations supplémentaires.
L'étude que j'ai faite dans les herbiers du Jardin des plantes de Paris, de St-Pétersbourg, de Kew et de
EU
Londres, m'a fourni des éclaireissements et des renseignements nouveaux qui me permettent de compléter ou de corriger les descriptions ou les indications concernant quelques-unes des espèces traitées dans les deux premières parties de ce 5° fascicule.
Je vais reprendre ces espèces d'après l’ordre de leurs numéros, et, en outre, j'ajouterai quelques remarques sur diverses formes que j'avais passées sous silence.
Rosa microcarpa Lindi.
Dans l'herbier du British Museum, j'ai vu l'échantillon sur lequel Lindley a décrit son espèce. Get échantillon recueilli par Stauton dans la province de Quang Tung, en Chine, est bien le type que j'ai décrit à mon tour.
La figure de Petiver (Gazophylacium naturae et artis, ST, t. 59, fig. 11) représentant son Rosa cheusan glabra, juniperi fructu, parait bien représenter le R. microcarpa.
Les spécimens du R. amoyensis Hance n° 5690 conservés dans l'herbier de Kew sont des R. microcarpa. Dans ce même herbier, se trouvent d’autres échantillons du R. microcarpa envoyés par M. Hance avec cette étiquette : € N° 102925. Rosa multiflora Thbg(?). Hong-Kong. »
Dans l'herbier du British Museum, j'ai vu des échantillons du R. microcarpa recueillis par Lord Macartney en Chine, et dans l'herbier de Kew, j'en ai vu d’autres avec cette étiquette : « N° 48. Rosa sp. In hedges very abundant. 6/61 Near Ningpo. R. Oldham. » Enfin dans l’herbier du Jardin des plantes de Paris, se trouvent des spécimens récoltés par les pères Helol et d'Argy, en 1865, à Schangbai, et d’autres recueillis par M. l'abbé David, sans indication de localité (probablement du Shensi).
Les indications précédentes nous montrent done que le R. microcarpa parait être répandu sur une vaste étendue de l'empire chinois. Peut-être le trouvera-t-on dans l'ile Formose.
Le R. fragariaefolia que Seringe (Prodr., IH, p. 601, n° 19) a décrit sur une figure chinoise publiée dans le recueil intitulé : Icones plantarum sponte China nascentium, etc., ne doit être rien autre que le R. microcarpa.
Rosa multiflora Thunb.
Depuis mes dernières études sur les À. multiflora et R. Luciae, j'ai examiné un grand nombre d'échantillons de ces deux formes et le résultat de mon examen fera l'objet d’une note qui sera publiée dans le prochain fascicule et dans laquelle j'aurai à m'étendre longuement sur ces deux espèces et sur le R. moschata.
Rosa platyacantha Schrenk.
L'étude d’une forme extrèmement curieuse du R. pèmpinellifolia recueillie en Mongolie par M. Przewalski m'a amené à ne voir dans le R. platyacantha de Schrenk qu'une variété du R. pimpinellifolia, variété sans doute remarquable, mais qu'avec mes principes de spécification je ne puis séparer du type linnéen.
Cette variété, que j'appellerai platyacantha, poursuit son aire de dispersion à travers la Mongolie, toutefois en se modifiant un peu. C'est elle que M. Przewalski a recueillie en 1871, dans les monts Alaschan aux alen-
370 (1667) M tours de Kalgan et entre cette ville et le mont Inschan (Mongolie).
A première vue, la forme récoltée par M. Przewalski et dont il existe une belle série d'échantillons florifères dans l'herbier du Jardin botanique de St-Pétersbourg, parait constituer un type bien distinet du R. pimpinellifolia. Elle diffère du R. platyacantha par ses folioles souvent beaucoup plus petites, par ses rameaux florifères ordinairement chargés sur toute leur longueur de très-courts ramuseules florifères, plus ou moins pressés les uns contre les autres et formant une sorte de grappe continue. L'aspect de ces rameaux florifères m'avait fait donner à cette forme le nom de R. pimpinellifolia var. densiflora (in Herb. Hort. bot. Petrop.). Comme dans le R. platyacantha, les axes paraissent être complètement privés d’aiguillons sétacés ; les aiguillons sont, selon les axes, plus ou moins robustes ou plus ou moins délicats ; ils sont horizontaux d'ordinaire, mais vers le sommet de certaines branches, ils sont à pointe plus ou moins relevée. D'autre part, les folioles ont une consistance plus ou moins coriace comme dans le À. platyacantha.
Il semblerait que le R. pimpinellifolia, parvenu en Asie vers le 100: degré de longitude, poursuit sa marche vers l’extrême Orient en se subdivisant en deux races : l’une sétigère qui gagne l’Altaï et parvient jusqu'en Mandschourie, l’autre qui diverge un peu vers le midi pour traverser la Mongolie. De la Mandschourie, j'ai vu de beaux échantillons recueillis par M. Maximowiez, en 1860, dans le bassin supérieur de l'Usuri.
Il est à remarquer que la Rose pimprenelle que l’on cultive à Pékin et qui est semi-pleine, appartient à la variété densiflora dont il vient d’être question.
Rosa macropbrylila Lindi.
Jusqu'à présent, le R. macrophylla n'avait pas été signalé en dehors de l'Himalaya et du Thibet occidental. Aujourd'hui, je puis mentionner l'existence de cette espèce en Chine, en m'appuyant sur les découvertes faites par M. Przewalski et par M. l'abbé David. Le premier à recueilli le R. macrophylla, en 1872, dans la province de Kansu (Chine boréo-occidentale), et le second, à Ipehcachan, en 1865.
Les formes chinoises diffèrent des formes de l'Himalaya par plusieurs caractères, qui n'ont toutefois rien d'essentiel au point de vue spécifique. Le botaniste qui ne connaitrait pas suffisamment les nombreuses variations de ce type, pourra prendre les échantillons récoltés en Chine par MM. David et Przewalski et qui sont conservés dans les herbiers du Muséum de Paris et du Jardin botanique de St-Pétersbourg, pour au moins deux types distinets de celui décrit par Lindley.
Rosa Beggeriana Schrenk.
Dans l'herbier de Kew, j'ai recueilli une nouvelle indication géographique concernant le R. Beggeriana. Sous le nom de R. Brunonii, j'ai vu dans cet herbier un échantillon de la varièté genuina du R. Beggeriana récolté en 1870 par M. le D' Henderson dans son expédition à Yarkand.
Rosa indica L.
La patrie du R. indica continue à rester à peu près inconnue. Les herbiers que j'ai étudiés jusqu’aujourd’hui ne m'ont pas offert de matériaux capables de me faire découvrir d'une facon certaine le lieu d’origine de cette Rose. Celle-ci est cultivée de temps immémorial en Chine, au Japon et dans l'Inde, d’où elle nous est venue en Europe sous d'assez nombreuses variétés à fleurs pleines, doubles et rarement à corolle presque simple. Tous ou à peu près tous les échantillons conservés dans les herbiers proviennent de pieds cultivés. J’ai dit tous ou à peu près lous, parce que j'ai vu, dans plusieurs herbiers, des spécimens d’une espèce de la section Indicae recueillis par MM. Hooker et Thomson dans le Nila-Girr (Péninsule de l'Inde) et qui ont l'air de provenir d’une plante spontanée. Je ne suis pas éloigné de croire que celle-ci est le type de plusieurs de nos Rose:de Bengale cultivées.
Rosa viminea Lindl.
Dans l'herbier du British Museum, j'ai vu l'échantillon sur lequel Lindley a établi son R. viminea. Cet étantillon, recueilli dans un jardin et provenant de l'herbier de Pallas, ne peut laisser aucun doute sur son identité spécifique. C’est une simple forme du R. pimpinellifolia, à axes très-grêles et allongés, à pédicelles et réceptacles lisses. Le R. viminea ne représente done plus qu'un simple synonyme.
MATÉRIAUX
POUR SERVIR A
| L'HISTOIRE DES ROSES
PAR
FRANÇOIS CRÉPIN
Directeur du Jardin botanique de MÉtat, à Bruxelles, membre de l'Académie royale de Belgique et Secrétaire zénéral de la Société royale de Botanique de Belgique